(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Histoire naturelle des oiseaux d'Europe"

LllUiAlUlK K. SWV. 'it, UnE 11 AUTEFEUILUK 



EXTRAIT DU CATALOGUE 



fol cxlrait de catalogue conli.Mil un coiiain nombre de publications sur l Entomo- 
lo"ie et ^'Urnitliologie que l'on peut trouver à notie librairie, spécialement consacrée 
aux sciences naturelles. Les personnes qui désiieraient recevoir nos catalogues périodiques 
pourront nous en faire la demande. Elles y trouveront annoncées les publications de 
7nnlo-ie. de Botanique, de Géologie ou de l'aléonloloyie publiées dans tous les pays. 



HARVARD UNIVERSITY. 




LIBRARY 



MUSEUM OF COMPARATIVE ZOOLOGY 

BeQUEST OF 

WALTER FAXON 



Sjbjlti/rJiriA^ 



tlynchotes, méthode mononymique. Taris, 1848. 
8 fr. 

DES INSECTES HÉMIPTÈRES (Cigales, Punaises, 
12 fr. 50 

ISIBLES A LA VIGNE, et particulièrement de la 
nls. avec l'indication des moyens qu'on doit ein- 

4 avec 'lô planches col. (72 fr.) SO fr. 

c FiiDADicnDiiiui I cnmrkDTcortoiiiu^ Parisiis, 

. . 5 fr. 

18 fr. 50 
. 69 fr. 

ivec 80 pl. 
. 100 fr. 

isi DEGLI 

^ !. 400 fr. 



lûmes de 
|. 225 fr. 

IS. Paris, 
r. . 5fr. 

1. 450 fr. 
1838-184G. 
. 30 Ir. 

de la mé- 
vol. in-i 
. . 15 Ir. 



JCRIPT>C AC DEPICT/E. Lipsiœ, 1840. lri-4 avec 

28 fr. 

)siae, 1845. ]n-4 avec 60 pl. col 2S Ir. 

, INSECTORUM QU/E IN MUSEIS PARISIANIS 
'ABRICIUS, pi;i;inissis ejusdem descriptionibus ; 
cognilai. l'arisiis, an. VIII ; {^rand in-4 cartonné, 
ésentant plus do 500 espèces. (C5 Ir.). ... 35 fr. 
bis PARTIES DU MONDE : l' .Asie, l'Afrique et l'A- 
nlément par Stoli,. 1787-1791. 1 vol. ~ Ensemble, 
2îi0 fr. 



>, par Auiioui.N, 

„!. ^laiid in-8 avec 202 jd, gravées 

Mf «I., li;.'nies coloriées 

LtS CISEAUX, par i.'diiiiioNv. 2 vol. grand in-8 avtc 102 pl. 
MK, li^'iJi es tolonée.s 



lîi.ANciiAiii», Doïi;nE, Milne Edwahds. 

!.. 124 fr. 

275 fr. 

gravées • • CO fr. 

135 1 1 . 



DEJEAN. EOISDUVAL ET AUBE. - ICONOGRAPHIE ET HISTOIRE NATURELLE DES COLEOPTERES 

D'EUROPE. !',.ris, IS'.I. 5 vul. in-S avec 269 pl. col. (336 fr.) I-'IO f'' 

CATALOGUE DES COLEOPTERES. 3* édition. Paris, 1837. 1 vol. 



DEJEAN. 

DiXON'S DOVECOTE AND AVIARY, compris 



ng thc ISalural History and Treatment of Pigeons and 



|p. lu lu. -tir l!ipl-, I.ondoii. 1 vol. iri-8 avec grav. 



6 fi 



SEP 20 192Î 



OJ^ . -L 



LIBRAIRIE F. SAVY, 24, RUE HAUTEFEU ILLE 



DROUET (H.). — COLEOPTERES AÇOREENS. Paris, 1859. ln-4 de 22 p 2 Ir. 

DRURY (D.). — ILLUSTRATIONS OF NATURAL HISTORY, according to thtir différent gênera; very 
few of which have hillierto been figured by any aulhor, wilh a particular description of each 
insecl ; interposed wilh remarJis and reflections on the nature and properlies of many of them. 
London, 1772-1782. 3 v. in-4 avec 150 pl. gravées sur cuivre et coloriées avec soin. (120 fr.). 80 fi . 
La Iradiiction française de ce bel ouvrage est en regard du texte. 

DUFOUR (LÉON). — RECHERCHES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES SUR LES HÉMIPTÈRES, 

accompagnées de considérations relatives à l'histoire naturelle et à la classification de ces insectes. 
Paris, 1855. 1 vol. in-4 avec 19 pl. gr. (25 fr.) 22 ir. 

DUMÉRIL (C. — ENTOMOLOGIE ANALYTIQUE. Paris, 1860. 2 vol. in-4 avec de nombreuses 
planches 28 fr. 

EDWARDS ET CATESBY. - RECUEIL DE DIVERS OISEAUX ÉTRANGERS et peu connus qui se 
trouvent dans les ouvrages d'EDWAiiDs et Catesbv, traduit par Hutii. TSurnberg, 17C8-1776. 9 tomes 
en 5 vol. in-folio reliés avec 402 pl. gr. et col. avec soin 70 fr. 

ERICHSON. — GENERA ET SPECIES STAPHYLINORUM INSECTORUM COLEOPTERORUM FAIVIILI>E:. 

Berolini, 1840. In-8 avec 5 pl 24 fr. 

ERNST ET ENGRAMELLE. — PAPILLONS D'EUROPE, peints d'après nature. Paris, 1779-1 79-i. 8 vol. 
in-4 avec 550 fi g. col 200 fj-. 

FABRICIUS. — ENTOMOLOGIA SYSTEMATICA, emendata et aucta secundum ordines, gênera, 
classes, species cuni supplemento et indicibus. Hafnise, 1792. 7 vol. in-8 45 fr. 

FAUVEL (A.) — LES LÉPIDOPTÈRES DU CALVADOS. Manuel descriptif contenant des tableaux 
dichotomiques de toutes les divisions, la synonymie d'EN(;RAMELLE, et des remarques sur les espèces 

nuisibles. 1" Partie : Dilh.mcs et CRÉi'LScuLAinEs. Caen, 1865. ln-4 de 74 pages 5 fr. 

L'ouvrage aura 4 pailies. 

CATALOGUES DES INSECTES RECUEILLIS A LA GUYANE FRANÇAISE. Caen, 18.2. 2 parties 

in -S 1 fr. 25 

NOTICES ENTOMOLOGIQUES. 1" Partie : Goléoptèhes de la INoijvelle-Cai.édomie. 1 aris, 1862, 

ln-8 de 68 pages et 5 pl 2 fr. 

SYNOPSIS DES ESPÈCES NORMANDES DU G. MICROPIPLUS (Staphylinides). In-8 de 

25 pages 75 c. 

FRITSCH (ANTON.). — NATURGESCHICHTE DER VŒGEL EUROPA'S. Prag, 1856-1861.1 vol. in-tbiio 
avec 52 pl. col. représentant 5(X) sujets et texte en 5 cahiers in-8 150 fr. 

GEOFFROY. — HISTOIRE ABRÉGÉE DES INSECTES QUI SE TROUVENT AUX ENVIRONS DE PARIS. 

An VU. 2 vol. in-4 avec 22 pl. col 2U Ir. 

GODARD ET DUPONCHEL. — HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES, ou Papillons de la 
France. Ouvrage basé sur la méthode de M. Latueille, avec des figures de chaque espèce dessinées 
et coloriées d'après nature, avec le supplément et le catalogue. Paris, 1821-1845. 18 vol. in-8 avec 
548 pl. gravées et coloriées. (892 fr.). 400 fr. 

ICONOGRAPHIE ET HISTOIRE NATURELLE DES CHENILLES, avec les figures de chaque espèce 

dessinées, gravées et coloriées d'après nature. Paris, 184". 2 vol. in-8 cartonnés, avec 92 pi. 
col. (93 fr.) 50 ir. 

GŒDART (S.). — MÉTAMORPHOSES NATURELLES, ou Histoire des insectes, observée très-exacte- 
ment suivant leur nature et leurs propriétés. Amsterdam, 1700. 5 vol. in-12, avec 126 pl. gravées 
et coloriées avec soin. ("0 fr.) 15 fr. 

GOULD AND MARTIN. - A GENERAL HISTORY OF THE TROCHILID^E OR HUMMING BIRDS. 

London. 1861. 1 vol. in-12 avec 16 pl. col 15 fr. 

GRAVENHORST. — ICHNEUM0L06IA EUROPEA. Vratislaviaî, 1829. 5 vol. in-8. (40 fr.). . . 50 fr. 

HAGEN (H. A.). — BIBLIOTHECA ENTOMOLOGICA, ou Bibliographie complète de tous les ouvrages, 
journaux ou brochures publiés sur l'Entomologie depuis le xviii' siècle jusqu'à l'année 1861. 
Leipsig, 1865. 2 vol. in-8 de 1,200 pages 27 fr. 50 

HAHN ET HERRICH-SCH/EFFER.— DIE WANZENARTIGEN INSECTEN. Nurnberg, 1851-1855. 9 vol. 
in-8 avec 524 pl. col. (220 fr.). . . • 160 fr. 

HARRIS. — A NATURAL HISTORY OF ENGLISH MOTHS AND BUTTERFLIES, containing a 
complète Modem Nomenclature of ail the Species figured in the work. London, 1840. 1 v. in-fol., 
demi-rel. mar. 44 pl. col. containing 400 fig. after the original drawings. (210 fr.). . . . 105 fr. 

HERRICH SCHAEFFER. — SYSTEMATISCHE BEARBEITUNG DEN SCHMETTERLINGE VON EU- 
ROPA. Regensburg, 1845-1855. Ouvrage complet en 65 livraisons avec C46 pl. in-4 coloriées. Prix 
de chaque livraison 15 fr. 50 



MUKAIRIK F. S.WY, Uri-] HAlîTEFKllLLK 



HEWITSON (W. C). — EXOTIC BUTTERFLIES. Lomlon, ISol-ISfiô. 2 vol. in-i, denii-rol. chaf^r , 
avec ôQP fig. col. avec soin 250 fi . 

JAUBERT (J. B.) ET BARTHÉLEMY-LAPOMMERAYE — RICHESSES ORNITHOLOGIQUES DU MIDI 
DE LA FRANCE. Paris, ISG^. I vol. in-i, avec 25 planches coloriées, représentant les oiseaux dans 
leur grandeur naturelle 40 fr. 

JURINE. — NOUVELLE MÉTHODE DE CLASSER LES HYMÉNOPTÈRES ET LES DIPTÈRES. Genève, 

180". In-i avec U pl. (50 fr.) 20 fr! 

HISTOIRE DES MONOCLES QUI SE TROUVENT AUX ENVIRONS DE GENÈVE. Genève, 1820. 

1 vol. in4 avec 22 pl. col. (50 fr.) 20 fr. 

KIRBY AND SPENCE, - AN INTRODUCTION TO ENTOMOLOGY or Eléments of the natural histoiy 
of Insects. édition, augmentée. London, 18G0. I vol. in-18 7 fr. 50 

LACORDAIRE. — INTRODUCTION A L'ENTOMOLOGIE, comprenant les principes généraux de l'Ana- 
tomie, de la Physiologie des insectes, des détails sur leurs mœurs, et un résumé des principaux 
systèmes de classification, etc. Paris, 1854-1838. 2 vol. in-8 et 24 pl. col 22 fr- 

HISTOIRE NATURELLE DES INSECTES COLÉOPTÈRES (Cantharides, Charançons, Hannetons, i^ca- 

rabées, etc.). Paris, 1854-1859. 6 vol. avec 40 pl. col. . 65 fr. 

LAMY (R. P. . — OBSERVATIONS SUR LA STRUCTURE DES YEUX DE DIVERS INSECTES et sur la 

trompe des papillons. Lyon, 1706. ln-12 de 157 pages et 15 lig 2 fr. 

LATREILLE. — HISTOIRE NATURELLE GÉNÉRALE et particulière des Crustacés et des Insectes. 

Paris, an X-XIII. 14 vol. in-8 avec 110 pl 40 fr. 

COURS D'ENTOMOLOGIE, ou Histoire naturelle des Crustacés, des .Arachnides, des Myriapodes 

et des Insectes. Paris, 1851. 1 vol. in-8 avec 14 pl. (15 fr.) 12 l'v. 

LES CRUSTACÉS, les Arachnides et les Insectes distribués en familles naturelles. Paris, 1829- 

2 vol. in-8 (24 fr.) 10 fr. 

LEPELLETIER DE SAINT-FARGEAU ET BRULLÉ. — HISTOIRE NATURELLE DES HYMÉNOPTÈRES 

(Abeilles, Guêpes, Fourmis, etc.). Paris, 1856-1846. 4 vol. in-8 avec 48 pl. col 50 fr. 

LESSER. — THÉOLOGIE DES INSECTES, ou Démonstration des perfections de Dieu dans tout ce 
qui concerne les insectes, avec des notes par P. Lyonnet. La Haye, 1742. 2 tomes en 1 vol. in-8 avec 
flg. (Sfi-.) 5fr. 

LESSON. - HISTOIRE NATURELLE DES OISEAUX-MOUCHES. Paris. 1 vol. grand in-8 avec 85 pi. 
gravées et coloriées avec soin 55 fr: 

HISTOIRE NATURELLE DES COLIBRIS, suivie d'un supplément à Phistoire naturelle dos 

Oiseaux-mouches. Paris, 1851. 1 vol. grand in-8 avec 65 pl. grav. et col . 55 fr. 

HISTOIRE NATURELLE DES TROCHILIDÉES, ou les Colibris et les Oiseaux-mouches; suivi 

d'un index général dans lequel sont décrites et classées méthodiquement toutes les races et es- 
pèces du genre Trochilus. Paris, 1852. 1 vol. in-8 avec 66 pl. gr. et col 55 fr. 

— HISTOIRE NATURELLE DES OISEAUX DE PARADIS ET DES ÉPIMAQUES. l'aris, 1855. 1 vol. gi . 

in-8 avec 40 pl. grav. et col 55 ir. 

CENTURIE ZOOLOGIQUE, ou Choix d'animaux rares nouveaux ou imparfaitement connus. Paris, 

1830. 1 vol. in-8 avec 80 planches inédites, dessinées d'après nature par 31. Piîêtre. (j^O fr.). 25 fr. 

Le MÊ.ME OUVRAGE , figurcs coloriées. 

ILLUSTRATIONS DE ZOOLOGIE, ou Recueil de figures d'animaux peintes d'après nature. Paris, 

1851. In-8 avec 60 pl. gr. et col 45 fr. 

MANUEL D'ORNITHOLOGIE, ou Description des genres et des principales espèces d'oiseaux. 

Paris, 1828. 2 vol. in-52 7 fr. 

LEVAILLANT (F.). - HISTOIRE NATURELLE DES PERROQUETS. Paris, 1805. 2 vol. in-folio, avec 
144 pl. col 150 fr. 

ET BOURJOT SAINT-HILAIRE. - HISTOIRE NATURELLE DES PERROQUETS, IIP volume 

(pour faire suite à la publication de Lev.ullant), contenant les espèces laissées inédites par cet 
auteur ou découvertes récemment, destiné à compléter une monographie tigurée de la famille des 
Psiltacidés, avec la classification, la synonymie et la description de chaque espèce. Paris, 1857. 1 v. 

avec 111 pl. col. in-folio 150 fr. 

in-i 100 fr. 



LYONET. — TRAITE ANATOMIQUE DE LA CHENILLE QUI RONGE LE BOIS DE SAULE. La Haye, 
1762. in 4 avec 18 planches. (56 fr. i 27 fr 



HISTOIRE NATURELLE 



OISEAUX D'EUROPE 



L I It R A I R I E n K F. S .\V If 



HISTOIRE ^ATlKELLE DES OISEAUX D'EUROPE 

PAR FLORENT PRÉVOST 

Aiilc-Jinlur.tlisle de Zoi)logio au Muséum d'IIisloire ualurrllc. cIkm alicr de la Lrgion d'Iionneui 

ET C. L. LEMAIRE 

Ddcleur en Mi-dei iiH' 

AVI-.C SO IM.ANCIIKS H K P U ÉSRN T A ÎS T 200 SUJETS 

CnA'«KES suit ACIER PAU •■AIQl'ET 

1 volume grand iii-8 carlomié en loile anola'se. — Prix : 25 fr. 



HISTOIRE NATURELLE DES OISEAUX EXOTIQUES 

PAR FLORENT PRÉVOST 

Aide-.\aluralisl(! de Zooliigit' au Miisrimi d'Ilisloiic nnlurcllc. Cliovalii'i' de la Légion d'honneiii 

ET C. L. LEMAIRE 

Doctcui- en Médecine 

Wïïr. 80 1 LANGUES REPRÉSENTANT 200 SUJETS 

vriNTES d'aPIIÈS XATI'liE 

CRAI'ÉE!! SUR ACIER PAR PAI^OUET 

1 volume grand in-8 cartonné en loile anglaise. — Prix : 25 fr. 



HISTOlliE NATURELLE DES LÉPIDOPTiRES D EIROPE 

PAR H. LUCAS 

AIIIH-NATUIIAI IsTi: llENTOMOI.OGIE AU MUSÉUM n'HISTOlRr. N \TU lU' l.l,F. 
MKMnkK m: la société I.NTOMOLOGIQUK UK KnANCH, CHLVALIKK de I A I.KCION O'IIONNFUR 

AVEC SO PLANCHES REPRÉSENTANT 400 SUJETS 

PKIM ES d'après nature 
VRAVÉES SUR ACIER PAR PAUOUEX 

^ 1 volume grand in-8 cartonné en toile anglaise. — Prix : 25 fr. 



IIIsrolUE NATURELLE DES LKI'IDOPTÈRES EXOTIQUES 

PAR H. LUCAS 

Mlti:.NATl'RAI.ISTK I)F.NT0M0I.0(;IE AU MUSEUM ISTOl R E NATUnEI.tl' 
Ml MllliK l»|; i,x SOCIÉTÉ. ENTOllOLOU 1 «tJE DE FRANCE, CHEVALIER DE I.A LÉ(;i(tN D IIONMEUÎI 

AVEC SO PLANCHES RE l'R É SE N T A N T 400 SUJETS 
i'i;iNTi;s d'aimiès natijiif, 

Il AlIER PAR l'AtlOliET 



1 volume grand in-8 cartonné en loile anglaise. — Prix : 25 fr. 



IAI;I~. 



iMi' ^iMri\ isACdN i;t cinii'., i;i r. i)'i:iiri;iiïii, I 



HISTOIRE NATUKELLE 



DES OISEAUX 

D'EUROPE 

FLOllENÏ FKÉVOSÏ 

VinF-NATUn Al. ISTK riF, ZOOI.OfME AU Mtl S É U M P ' H I S T 1 fi K \ A T T F; F T. F. T , 

c II i: V A 1. 1 R R nio I, A I, KGiON n'iiowF. rii , 
ET 

c. L. LEMAIRE 

IlOCTFI'Ii F. y MÉDECIN F 

WVA: 8(1 TLANCIIES REPRÉSENTANT ^200 SUJETS 

PEINTES d'après NATl'P.F 

GRAVÉES SUR ACIER PAR PAUQUET 



PARIS 

F. SAVy, LIBRAIRE-ÉDITEUP, 

2 V , n u E II A u T E F E u 1 1, 1, E 
Tons tlrc ils réservé-; 



AVANT-PROPOS. 



Forcé de ne point dépasser les limites qui nous furent tracées à 
l'époque où loii nous confia la rédaction du texte pour l'ouvrage 
des Oiseaux Exotiques , ce ne fut pas sans quelque difficulté que 
nous parvînmes à ranger dans un ordre un peu méthodique , les 
cent-quarante-quatre espèces qui composent le troisième volume 
de la Bibliothèque Zoologique. 

Aujourd'hui , nous avons un cadre bien plus vaste à remplir. Nous 
nous sommes engagé à donner à nos lecteurs une description aussi 
exacte et aussi complète que possible de tous les oiseaux d'Europe. 

Or, plus de quatre cents espèces sont répandues sur cette partie 
du globe appartenant à l'ancien continent. Il nous reste parconsé- 
quent beaucoup plus de latitude , et nous pourrons , dans les excur- 
sions lointaines que nous nous proposons de faire , parcourir à 
loisir et dans toutes les directions ce vaste et riche domaine de 
l'ornithologie. 

Nous ne serons plus ici condamné à choisir ça et là quelques unes 
des espèces les plus propres à fixer l'attention par la bizarrerie de 
leur forme ou la vivacité de leurs couleurs. Le nombre des espèces 
que nous avons à décrire est déterminé d'avance , et chacune des 
grandes divisions de Cuvier, Oiseaux de proie , Passereaux , Griuir 
peurs, Gallinacés, Echassiers et Palmipèdes , sera chargée de nous 
les fournir. De cette manière , il nous sera permis enfin de faire 
cboix d'une méthode, de suivre une classification empreinte de quel- 
que esprit pbilosopbique. 

Ois. d'Eur. i*". Liv. 



Laissons donc pour quelque temps loin de nous les régions brûlan- 
tes des tropiques, et dirigeons nos pas vers des climats plus tempérés. 

Désormais l'Europe entière va nous appartenir avec ses monta- 
gnes couvertes de neige , ses lacs , ses étangs , ses forêts d'oliviers 
et ses riantes prairies. Nous visiterons ces lieux , et si les oiseaux 
qui les habitent ne sont point, ainsi que ceux des forêts du Bré- 
sil, parés d'un aussi brillant plumage, si nos yeux ne sont plus 
éblouis par les reflets de l'or et des pierres précieuses dont nous vî- 
mes étinceler la poitrine des Colibris et des oiseaux-mouches , en re- 
vanche notre oreille sera plus d'une fois charmée par d'harmonieux 
concerts ; car la nature a donné à plusieurs de nos espèces euro- 
péennes un gosier flexible , une voix pleine de charme et de douce 
mélodie. 

Ce sont surtout les mœurs et les habitudes que nous serons à 
même d'étudier avec fruit. De son côté , le lecteur ne sera plus 
obligé de s'en rapporter aux descriptions souvent bien arides et bien 
pâïes du naturaliste ; il aura chaque jour la nature vivante sous les 
yeux, chaque jour il pourra la consulter, méditer sur ses admirables 
instincts , ses harmonies , ses immuables lois , et décider enfin si 
nous nous sommes écarté de la vérité , ou si cette même nature a 
été décrite et interprétée par nous d'une manière exacte et fidèle. 

Quant aux figures qui doivent accompagner noire texte, nous pou- 
vons répondre d'avance du soin et de la vérité avec lesquels elles se- 
ront exécutées par le crayon habile des artistes à qui l'ouvrage 
des Oiseaux Exotiques a déjà valu des éloges flatteurs et si bien mé- 
rités. Notre classification sera calquée sur celle de M. Temminck; 
les planches auront le même format que son Manuel d'Ornithologie , 
et les personnes entre les mains desquelles se trouve cet ouvrage , 
pourront, si elles le désirent, les y intercaler. Le besoin d'une publi- 
cation de ce genre se faisait depuis longtemps sentir; et, sous ce rap- 
port , les éditeurs auront, je crois , rendu un service réel aux amis 
de la science. 



GÉNÉRALITÉS 

SUR L'ORNITHOLOGIE. 



L'ornilliologie (de o^vic, opr.ôoa-y Oiseau, et Xoyoff-, discours) est celle 
branche de riiistoirc naturelle quia trait à l'organisalion des oiseaux, 
à leur^ mœurs et à la classification des espèces. 

Nous nous occuperons surlout ici de l'organisation. 

Nous parlerons d'abord des principales parties qui concourent à 
former le squelette. Nous noierons ensuite les particularités les plus 
saillantes que présentent l'anatomie et la physiologie des organes, et 
nous terminerons en disant un mot de la classification que nous 
nous proposons d'adopter. 

Les oiseaux font partie de la grande division des vertébrés : ils 
sont bipèdes et ovipares. De même que chez l'homme, on distingue 
chez les oiseaux des membres supérieurs ou ihoraciques , et des 
membres inférieurs ou pelviens. Les supérieurs sont formés par le 
bras , Tavant-bras , la main et quelques vestiges de doigts. Le bras 
se compose d'un seul os, l'humérus; l'avaut-bras de deux os, le ra- 
dius et le cubitus , et la main d'une seule rangée d'os du carpe , d'un 
seul métacarpe, d'un os styloïde qui représente le pouce, d'un doigt 
à deux phalanges et d'un second os styloïde plus petit que le pre- 
mier. La réunion de ces différentes pièces osseuses recouvertes de 
plumes constitue TatYc de Toiseau . 

Le membre inférieur est formé par la cuisse , la jambe , le tarse et 
les doigts. 



„ 4 — 

La cuisse se compose du fémur y la jambe du tibia et du péroné. Le 
fémur est toujours plus court que le tibia , et celui-ci plus long que 
le péroné qui est ordinairement très grêle. A la suite du tibia est un 
autre os que Cuvier a considéré comme le tarse , parce qu'il fait 
suite au tibia. Les oiseaux sont plus ou moins haut perchés sur 
leurs jambes , suivant que les os du tarse sont plus ou moins allon- 
gés. Il y a ordinairement trois doigts en avant, dont le médian est 
le plus long , et un quatrième en arrière qui est le pouce. 

La tête s'articule avec la colonne vertébrale. Les vertèbres cervi- 
cales, dont le nombre varie suivant les espèces, sont très mobiles 
et permettent à l'oiseau de tourner facilement la tête. Les côtes 
sont au nombre de sept de chaque côté. Le sternum consiste en 
une large plaque osseuse , concave en arriére et convexe en avant , 
sur les parties latérales de laquelle viennent s'articuler les preinières 
côtes. Du milieu sternum s'élève une crête longitudinale à laquelle 
on donne le nom de bréchet et dont la grandeur est proportionnée à 
la puissance du vol. Chez les oiseaux qui ne volent pas , ou dont le 
vol est très imparfait , le sternum est dépourvu de cette crête os- 
seuse. 11 y a deuK omoplates et deux clavicules. Ces dernières se 
réunissent par une de leurs extrémités au dessus du sternum, en pre- 
nant la forme d'un V ou d'une espèce de fourchette, nom sous lequel 
on désigne vulgairement cette disposition des clavicules. La partie 
appelée moelle, que l'on trouve dans l'intérieur des os chez les 
mammifères , existe aussi chez les oiseaux , mais seulement dans le 
jeune âge. Plus tard , cette moelle est remplacée par de l'air qui pé- 
nètre dans le système osseux. 

Passons maintenant à l'étude des principaux organes conteims dans 
les cavités splanchniques. 

Système nerveux. — Le cerveau des oiseaux est assez volumineux , 
moins cependant que celui des mammifères. Les détracteurs de 
la phrénologie ont avancé, mais à tort , que les oiseaux n'avaient 
qu'un très petit cervelet et que cependant ils étaient très amoureux. 
Il est au contraire démontré que cet organe acquiert chez eux un vo- 



luiiie considérable. Ajoutez à cela le degré puissant de vitalité dont 
ils jouissent, et vous concevrez sans peine leurs brûlans amours. 

Appareil respiratoire. -^11 y a deux larynx : un supérieur dont la 
composition est fort simple , et un inférieur, situé à la bifurcation 
de la trachée artère. C'est dans ce dernier, qui représente une véri- 
table glotte , que se forme la voix. La trachée artère , dont les an- 
neaux sont complets et les muscles très puissans , contribue par ses 
dilatations et ses retractions successives à modifier et à faciliter le 
chant. Les poumons , ordinairement très volumineux, s'enfoncent 
entre les espaces intercostaux et restent adhérens aux côtes. Ils se 
prolongent jusque dans la cavité abdominale ; car il n'existe pas de 
diaphragme , ou du moins il est réduit à quelques faisceaux de fibres 
latérales. Les bronches se terminent dans de larges cellules à air, qui 
s'étendent partout le corps et jusque dans l'épaisseur des os. 

La surface du poumon ainsi que la plèvre , qui chez les oiseaux 
se continue avec le péritoine, sont criblées de petits trous; de sorte 
que l'air pénètre dans toutes les cavités du corps , dans le tissu cel- 
lulaire et jusque dans l'intérieur des plumes et des os. L'air ingéré 
dans ces différentes parties , va se mélanger avec le sang qui sort des 
poumons et qui est déjà oxigéné ; il exerce parconséquent son action 
sur le sang des artères aussi bien que sur celui des vaisseaux pulmo- 
naires. Il y a, comme on voit , double oxigénation, et c'est ce qui 
explique ce surcroît de vitalité si remarquable chez les oiseaux. 
Outre que cette respiration si active prête à tout leur système 
musculaire une énergie assez grande pour les soutenir au milieu 
de leur marche aérienne , il faut encore remarquer que l'existence 
de l'air dans l'intérieur des os doit alléger leur corps et rendre 
leur vol plus facile. 

Organe de la circulation. — Le cœur des oiseaux est très vaste et 
très puissant. Il y a deux ventricules et deux oreillettes. 

Canal alimentaire. — Le pharynx forme la première partie de ce 
canal. L'œsophage fait suite au pharynx ; son diamètre est plus 
grand que chez les mammifères. Parvenu près de la clavicule , il 



— 6 — 

présente un renflement appelé jabot, qui est un second estomac; 
c'est un magasin où l'animal entasse sa nourriture, et qui , lorsqu'il 
est plein, fait saillie à l'extérieur. Au dessous du jabot, Tœsophage re- 
prend son calibre ordinaire pour se dilater encore près du cœur et 
former le ventricule suecinturié, autre jabot garni de cryptes, dans 
lequel les alimens sont soumis à un nouveau degré d'humidité et de 
ramollissement. Vient enfin le gézier, troisième dilatation de l'œso- 
phage, qui peut être considéré comme le véritable estomac et dont 
les fibres musculaires sont extrêmement vigoureuses. Les oiseaux 
avalent souvent de petites pierres qui , arrivées dans le gézier, 
opèrent une espèce de trituration et facilitent leur digestion. Le 
injlore et le cardia sont dépourvus de valvules et aboutissent l'un à 
l'autre : cette disposition explique la sortie de certaines graines qui, 
traversant rapidement le pylore, sont rejetées par l'anus sans éprou- 
ver aucune altération, et conservent encore la propriété de germer. 
C'est sans doute à cette cause que doit être attribuée la germination 
féconde d'un grand nombre de graines et l'apparition soudaine de 
plusieurs plantes sur des montagnes et dans des pays où l'œil du bo- 
taniste ne les avait jamais aperçues. La digestion de l'oiseau se ter- 
mine dans le canal intestinal et le cœcum qui est presque toujours 
double. Le cloaque est une espèce de poche où sont renfermés les or- 
ganes de la génération et dans laquelle vient aboutir le rectum. 

Appareil urinaire. — Les reins, dont la structure est la même que 
celle des mammifères, sont appliqués immédiatement sur les os. 11 
n'existe point de vessie. Les urines sont versées dans le cloaque où 
elles se mélangent avec les matières fécales. 

Organes de la génération. — Ils consistent chez le mâle en une 
espèce de tubercule placé dans l'abdomen, et en un ovaire situé chez 
la femelle, au dessus de l'anus. Les organes qui chez le mâle pré- 
sident à la formation de la liqueur fécondante, sont au nombre de 
deux, et se trouvent au dessus des reins. Très volumineux à l'époque 
de la ponte, ils demeurent comme atrophiés tout le reste de l'année. 
Le mâle n'est ordinairement propre à la fécondation qu!une seule fois 



par an. Il n'y a parconséquent qu'une seule ponte. L'état de domesti- 
cité, l'abondance et la richesse de la nourriture sont la cause des 
pontes multipliées des poules de nos basse-cours. 

Appareil de la vision. — Le sens de la vue est très développé chez 
les oiseaux. La cornée transparente offre une convexité très con- 
sidérable. Le cristallin est plat et le corps vitré petit. Il y a trois 
paupières , une supérieure , une inférieure et une troisième appelée 
membrane clignotante , mue par un appareil musculaire tout par- 
ticulier, situé dans l'angle interne de l'œil. Cette membrane, qui 
jouit d'une certaine transparence , sert à diminuer l'action trop vive 
des rayons lumineux et permet à l'oiseau de fixer le soleil. 

Sens de Vouie. — L'oreille est dépourvue de conque , excepté chez 
les oiseaux de nuit. Après la vue, l'ouie est le sens qui jouit le plus de 
délicatesse. 

Sens de l'odorat. — La disposition peu favorable de l'appareil ol- 
factif doit faire supposer que le sens de l'odorat est très peu déve- 
loppé. Il existe cependant des espèces qui sont attirées de très loin 
par des émanations cadavériques. 

Sens du goût. — Les papilles cornées dont la langue est enveloppée, 
ne doivent pas permettre que ce sens soit aussi exquis que les autres. 

Sens du toucher, — La peau étant revêtue de plumes insensibles , 
le sens du toucher ne peut exister chez les oiseaux. 

Étudions maintenant la surface de la peau , c'est-à-dire les plumes 
qui la recouvrent ; mais avant tout indiquons les noms sous lesquels 
sont désignées vulgairement les principales régions du corps. 

La face se compose : 1° ï^qs joues, qui occupent l'espace compris 
entre l'œil, le front et la base du bec ; 2° du capislrum, représenté par 
la partie inférieure du front; 3" de l'auréole ou région ophthalmique ^ 
consistant en un cercle qui environne le globe oculaire; 4° des tempes 
ou régions temporales, limitées en bas par l'oreille et en haut par 
l'œil et le vertex. On désigne sous le nom de lorum la ligne qui s'é- 
tend de l'angle du bec à celui de l'œil. 

Le sinciput est la partie antérieure et supérieure de la tète, et s'é- 



— 8 — 

tend jusqu'au vertex qui en est le point le plus élevé. Au dessous et 
en arrière du vertex est l'occiput, partie la plus postérieure de la tête. 
La nuque représente la partie la plus inférieure de l'occiput. Le cou 
commence là où finit la nuque. Le dos s'étend depuis la partie in- 
férieure du cou jusqu'au croupion. Les rectrices viennent s'implan- 
ter sur l'extrémité obtuse de ce dernier qui est parsemé de glandes. 
On en aperçoit deux plus volumineuses que les autres dans lesquelles 
l'oiseau vient souvent puiser, au moyen de son bec, une matière 
graisseuse dont il enduit ses plumes afin de les rendre moins per- 
méables à l'eau et à l'humidité. Les épaules forment la partie anté- 
rieure des ailes, depuis l'articulation jusqu'à l'extrémité de l'humé- 
rus. La poitrine est représentée par cette portion de peau qui recou- 
vre toute la région antérieure du sternum et qui , se prolongeant 
sous les ailes, constitue les aisselles. L'abdomen ou le ventre fait suite 
à la poitrine et s'étend jusqu'à l'anus; ses parties latérales et supé- 
rieures prennent le nom de flancs. 

Les plumes portent différens noms suivant le siège qu'elles oc- 
cupent. 

hes pennes alaires ou rémiges sont les plus grandes plumes de l'aile. 
Elles sont raides et élastiques ; leurs barbes sont plus courtes du côté 
externe. 

On les subdivise en rémiges primaires ; celles-ci toujours au nombre 
de dix, sont attachées à la main; en régimes secondaires , -prenâTit 
leur point d'attache sur l'avant-bras : leur nombre est indéterminé. 
On trouve encore quelques rémiges bâtardes , au nombre de quatre , 
s'insérant le long du pouce; elles forment l'aileron ou fouet de Taile. 

Les pennes caudales ou rectrices , implantées sur le croupion , ont 
des barbes presque égales des deux côtés de la tige. Leur nombre va- 
rie depuis dix jusqu'à dix-huit. 

Les tectrices ou couvertures se distinguent en tectrices alaires et tec- 
trices caudales, suivant qu'elles recouvrent ou les ailes ou la queue. 
Elles sont dites supérieures quand elles sont placées au dessus de 
l'aile ou de la queue, et inférieures quand elles garnissent le dessous 



de ces organes. Les tectrices caudales supérieures sont encore con- 
nues sous le nom d'uropygiles, et les inférieures sous celui de sub- 
caudales ou anales. 

On nomme grandes tectrices alaires, celles qui, après les rémiges, 
sont les plus grandes plumes de Taile. Les petites tectrices sont celles 
qui garnissent le pli de l'aile, et les moyennes tectrices^ celles qui se 
trouvent placées entre les grandes et les petites. 

Les plumes scapulaires ont leur point d'attache sur l'humérus. Elles 
unissent l'aile avec le dos, mais s'étendent davantage sur cette der- 
nière partie. Elles sont moins fortes que les rémiges et les tectrices. 

Mue des oiseaux. — La mue consiste en un changement qui s'opère 
dans le plumage de l'oiseau à une certaine époque de Tannée. Tous les 
oiseaux muent régulièrement en automne. Parvenu à son entier déve- 
loppement, le plumage reste ordinairement invariable; chez quelques 
oiseaux, cependant, ses couleurs changent deux fois pendant l'année. 
Dans d'autres espèces, le mâle seul quitte son vêtement et prend en 
hiver le plumage de la femelle. 

CLASSIFICATION ORNITHOLOGIQUE. 

De toutes les classifications du règne animal, celle des oiseaux est 
sans contredit la plus difficile à établir. Une classification naturelle 
dans ce cas, nous paraît une chimère , une véritable pierre philo- 
sophale pour la découverte de laquelle on se consumera toujours en 
efforts impuissaiis. 

Nous avons indiqué dans notre Avant- Propos les motifs qui nous 
ont déterminé à suivre la classification de M. Temminck. Nous 
allons en présenter les principales divisions; mais avant, qu'il nous 
soit permis de mettre sous les yeux de nos lecteurs un tableau de la 
classification de Cuvier. 

Cet auteur a groupé tous les oiseaux dans six grands ordres distincts. 
Cette classification est fondée sur les différentes formes que présen- 
tent le bec et les pattes. 

Ois. d'Eur. 2« livraison. 



— 10 — 



PREMIER ORDRE. OISEAUX DE PROIE. 

Leurs caractères consistent en un bec et des ongles crochus, très 
forts. Ceux-ci portent le nom de serres. Les ailes sont très longues. 

Les oiseaux de proie se divisent en diurnes et nocturnes. 

Les premiers ont les yeux dirigés sur les côtés. Une membrane ap- 
pelée cire, couvre la base du bec dans laquelle sont percées les nari- 
nes. Trois doigts devant, un derrière, sans plumes, les deux externes 
presque toujours réunis à leur base par une courte membrane. 

Les seconds ont de très grands yeux dirigés en avant, entourés d'un 
cercle de plumes effilées. La pupille est d'une grandeur démesurée, 
de telle sorte que les rayons lumineux arrivent en trop grande quan- 
tité sur la rétine , et ne permettent pas à ces oiseaux de supporter 
réclat de la lumière. 

DEUXIÈME ORDRE. — PASSEREAUX. 

Cet ordre comprend un très grand nombre d'espèces qui ont beau- 
coup de ressemblance entre elles. 

Première grande division des Passereaux. — Elle comprend les espè- 
ces qui ont le doigt externe réuni avec l'interne seulement par une 
ou deux phalanges. Ces espèces sont reparties en quatre familles. 

1'^^ famille. Les Dentirostres. — Bec échancré aux côtés de la 
pointe. 

famille. Lgs Fissirostres. — -Bec court, large, aplati horizon- 
talement; légèrement crochu , sans échancrure, fendu très profon- 
dément. 

S""^ famille, hes Conirostres. — Bec robuste, conique, sans échan- 
crure. 

4'"'= famille. Les Tenuirostres, — Bec grêle, allongé, plus ou moins 
arqué, sans échancrure. 



Deuxième grande division des Passereaux. 

Elle ne comprend qu'une famille , celle des Syndactiles formée 
d'espèces dont le doigt externe, presque aussi long que celui du 
milieu, lui est uni jusqu'à l'avant-dernière articulation. 

TROISIÈME ORDRE. GRIMPEURS. 

Contient les espèces dont le doigt externe se dirige en arrière 
comme le pouce. 

QUATRIÈME ORDRE, GALLINACES. 

Les oiseaux de cet ordre ont les doigts antérieurs réunis à leur base 
par une courte membrane. Mandibule supérieure voûtée. 

CINQUIÈME ORDRE. ÉCHASSIERS. 

Ils ont pour caractères : des tarses ordinairement très hauts et le 
bas des jambes nu. Cet ordre comprend cinq familles. 

1"^^ famille. Les Brévipennes. — Leurs ailes sont très courtes. 

2"^'^ famille. Les Pm5îVo5/m.— Jambes hautes , sans pouce ou dont 
le pouce est trop court pour; toucher le sol. Bec médiocre , mais 
assez fort. L'oiseau s'en sert pour chercher sa nourriture dans la 
terre. 

3"^*^ famille. Les Cultirostres . — Bec gros, long et fort, souvent 
même tranchant et pointu. 

4"'*= famille. Les Longirostres. — Bec grêle, long et faible, no 
permettant à l'oiseau que de fouiller dans la vase. 

5'"'^ famille. Les Macrodactijles. — Doigts de pieds très longs, 
sans membranes entre les bases de leurs doigts ou plus ou moins 
comprimés sur les côtés. 

SIXIÈME ORDRE. — PALMIPÈDES. 

Les oiseaux de cet ordre ont^des tarses courts, comprimés et pal- 
més entre les doigts. Ils sont divisés en quatre familles. 

1'* famille. Les plongeurs. — Jambes implantées plus en arrière 
que dans tous les autres oiseaux; mauvais voiliers, nageant sous l'eau. 



s*"'" famille. Les Longipemes. — Vol étendu; ailes très longues; 
bec sans dentelure, crochu chez les uns, pointu chez d'autres. 

o*"^ famille. Les Totipalmes. — Pieds courts. Pouce réuni avec 
les autres doigts dans une seule membrane. Malgré cette conforma- 
tion, les totipalmes peuvent se percher sur les arbres. 

4"'^ famille. Les Lamellirostres . — Bec épais , revêtu d'une peau 
molle plutôt qu'une véritable cire ; ses bords garnis de petites dents. 

CLASSIFICATION DE M. TEMMINCK, COMPAREE AVEC CELLE DE CUVIER. 

L'auteur du Manuel Ornithologique divise tous les oiseaux en seize 
ordres principaux qui sont 1° les rapaces, 2" les omnivores, 3° les in- 
sectivores, 4° les granivores, 5° les zygodactyles, 6° les anisodactyles, 
7° les alcions, 8" les chélidons, 9° les pigeons, 10° les gallinacés, 11° les 
alectorides, 12" les coureurs , 13° les gralles, 14° les pinnatipèdes , 
15° les palmipèdes, 16° les inertes. 

Les rapaces de M. Temminck représentent les oiseaux de proie de 
Cuvierj il n'y a que le nom de changé. 

Les omnivores , les insectivores , les granivores, les zygodactyles , 
les anisodactyles , les alcions et les chélidons renferment toutes les 
espèces composant l'ordre des passereauœ . 

Les gallinacés de Cuvier répondent aux gallinacés de M. Tem- 
minck, moins les pigeons dont ce dernier fait un ordre à part. 

Les alectorides, les coureurs, les gralles et les pinnatipèdes représen- 
tent l'ordre des échassiers. 

Les palmipèdes de M. Temminck répondent aux palmipèdes de 
Cuvier. 

Quant à l'ordre des inertes, il se compose de deux espèces dont 
l'existence n'est pas encore bien démontrée. 

Nous devons prévenir le lecteur, que nous avons été obligé de transporter l'or- 
dre des rapaces au commencement du second volume, c'est-à-dire après les sept 
premiers ordres de M. Temminck, formant les anciens passereaux de Cuvier. 

Cette transposition est devenue indispensable afin de permettre aux artistes 
d'apporter tous leurs soins aux études des différentes poses des oiseaux de proie 
dont la physionomie, les habitudes et les mœurs offrent plusieurs particularités 
plus ou moins remarquables. 



ORDRE DES OMNIVORES. 



Caractères des omnivores d'après M. Temminck. 

Les omnivores, ainsi nommés parce qu'ils tirent également leur 
nourriture du règne animal et du règne végétal, ont le bec fort, ro- 
buste et tranchant sur ses bords. La mandibule supérieure est plus 
ou moins échancrée à la pointe. Les pieds ont quatre doigts, trois 
devant et un derrière; les ailes de médiocre longueur. 

L'ordre des omnivores se compose d'oiseaux qui ordinairement 
voyagent par troupes. Ils construisent leur nid sur les arbres, dans 
les trous des masures et des vieilles tours ; dans des fentes de rochers 
et quelquefois dans des trous pratiqués naturellement sur des troncs 
d'arbres. Une seule femelle suffit à un mâle. Leur chair est générale- 
ment dure et de mauvais goût. 



GENRE CORBEAU. 

CORVUS (lïnn.) 

Les corbeaux, de la famille des corvidés et de la section des 
conirostres , ont pour caractères : un bec gros et fort , droit à 
sa base, aplati par les côtés, à bords tranchans et courbé vers la 
pointe. Les plumes de la partie antérieure du front, fermes et sans 
barbules, s'avancent sur les narines qu'elles recouvrent entièrement. 



— 1 4 - 

Celles-ci, ovalaires, sont placées à la base du bec. La structure de ces 
plumes très fines, avait fait dire mal à propos que les narines des cor- 
beaux étaient recouvertes par des crins. Ily a quatre doigts aux pieds, 
trois devant et un derrière, presque entièrement divisés. La première 
rémige de moyenne longueur, les deuxième et troisième plus courtes 
que la quatrième qui est la plus longue. 

Les corbeaux, oiseaux bavards, pétulans et taquins se laissent faci- 
lement élever en domesticité. Leurs facultés intellectuelles parais- 
sent être très développées. Ils parviennent souvent à retenir des mots 
qu'ils ont entendu répéter plusieurs fois et imitent aussi la voix des 
autres animaux. Ils sont très rusés et savent éviter les pièges; ils dis 
tinguent de très loin un bomme armé d'un fusil, et dans ce cas ne se 
laissent jamais approcher. Ils amassent des provisions qu'ils cachent 
avec le plus grand soin ainsi que des objets inutiles qu'ils dérobent 
souvent à leur maître. C'est sans doute à la finesse de leur odorat 
qu'il faut attribuer cette facilité avec laquelle ils devinent à des dis- 
tances quelquefois très considérables la présence des cadavres de 
nos bêtes de somme abandonnées au milieu des champs et des prés. 

Toute nourriture leur est bonne, et souvent ils font beaucoup de 
dégâts dans les champs ensemencés, dans les vergers et les nouvelles 
plantations ; mais d'un autre côté ils rendent quelques services en 
détruisant une grande quantité de larves; c'est ce qui fait que dans 
certains pays on les protège, tandis que dans d'autres ils sont pour- 
suivis comme des ennemis très dangereux. Suivant M. Dupont de 
Nemours, les corbeaux auraient la faculté de communiquer entre eux 
par un langage très expressif, tout-à-fait digne de fixer l'attention 
des naturalistes. Ils sont répandus dans tous les pays du globe. 

PREMIÈRE SECTION. — CORBEAU PROPREMENT DIT. 

Leur queue, de médiocre longueur, est carrée ou presque carrée ; 
bec gros et fort; mandibule supérieure arquée sur une grande par- 
tic de sa longueur. 



— 15 — 



CORBEAU NOIR. 

Corvus corax. linn. — Le Corbeau, hvff. Ois. v. 3. p. 13. t. 2. Id. pl. 

enl. 495'*. 

Tout le corps d'un beau noir brillant, avec des reflets mélangés de 
bleu et de violet sur le dessus du corps ; pennes de la queue ar- 
rondies à leur extrémité ; bec et pieds noirs ; mandibule supérieure 
recourbée à son extrémité; l'iris blanc et brun. 

Les oiseaux de cette espèce n'approchent des villes et ne des- 
cendent dans les plaines que lorsqu'ils sont pressés par la faim. Ils 
ne se séparent jamais de leur femelle, avec laquelle ils vivent retirés 
dans les rochers ou les montagnes couvertes de forêts. Ils se nourris- 
sent de petits mammifères, tels que taupes, souris, jeunes lièvres ; 
les petits poulets, les jeunes canards et les œufs de toutes espèces 
ne sont pas non plus épargnés. Ils mangent aussi des fruits, des 
grains, des poissons morts et tou tes sortes de viandes putréfiées. 

Ils nichent sur les arbres les plus élevés, dans les masures et les 
rochers les plus inaccessibles. Ils pondent de trois à six œufs d'un 
vert sale, tachetés et rayés de brun noirâtre. 

CORNEILLE NOIRE. 

Corvus corone, linn. — Corneille noire ou Corbine, buff. Ois. v. 3, 
p. 45, l. 5. Id. pl. enl. 483. 

Cette espèce, que l'on confond mal à propos dans nos contrées avec 
le corbeau noir dont elle porte le nom, est d'une taille plus petite que 
ce dernier. Corps d'un noir foncé, avec des reflets violets assez vifs 
sur le cou elles ailes; bec et pieds noirs, iris brun. 

Les corneilles noires sont répandues *en grand nombre sur toutes 
les parties de l'Europe occidentale. 

Elles s'abattent par bandes au milieu des prairies et des champs 
où, ditBuffon, on les voit errant pêle mêle avec nos troupeaux et nos 

* Nous entendons par nos citations de Buffon, indiquer l'édilion de Paris, in-4*'. 



— IC — 

bergers; sautant quelquefois sur le dos des cochons et des brebis avec 
une familiarité qui les ferait prendre pour des oiseaux domestiques 
et apprivoisés. 

Souvent aussi elles apparaissent au sein de nos villes, planant au 
dessus des clochers et des tours des églises. 

Depuis quelques années, le jardin des Tuileries à Paris est envahi 
par des nuées de corneilles. Peu soucieux de troubler la demeure 
des rois, ces sinistres oiseaux ont placé leurs nids sur la cime des 
vieux maronniers, et dès l'aube du jour, font retentir les airs de leur 
croassement insupportable. 

C'est probablement à cette espèce de corneille qu'il faut rapporter 
les nombreuses anecdotes racontées par les historiens et parmi les- 
quelles nous en choisirons une dont nous nous garderons bien de ga- 
rentir l'authenticité. Sous l'empire de Tibère, une corneille allait, 
dit-on, tous les matins saluer l'empereur à la tribune, ce qui avait 
amené de nombreuses pratiques à Téchoppe du savetier, maître de 
la corneille ; mais un voisin jaloux ne tarda pas à empoisonner l'oi- 
seau à qui l'on fît de magnifiques funérailles. Une foule immense 
l'accompagna jusqu'à sa dernière demeure ; et longtemps après sa 
mort on parlait encore à Rome de la corneille de Tibère. 

La corneille noire est omnivore. Elle niche sur les arbres et pond 
quatre ou six œufs d'un vert bleuâtre marqué de taches d'un gris cen- 
dré et de couleur olivâtre. 

CORNEILLE MANTELÉE. 

Corvus cornix. linn. — La Corneille mantelée. blff. Ois. v. 3, p. 61, 
t. 4. Id. pl. enl. 76. 

La tête, la gorge, les ailes et la queue sont noires, avec des reflets 
bleuâtres. Le dos, le ventre et la poitrine d'un gris cendré. Pennes de 
la queue arrondies. On la voit souvent dans nos climats se mêler aux 
Freux avec lesquels elle passe l'hiver pour regagner les pays septen- 
trionaux. 



— 17 — 

Elle est omnivore ; se nourrit de coquillages, de poissons ou bien 
encore de grenouilles, suivant qu'elle habite les bords de la nier ou 
des marais. 

Elle niche sur les arbres ; pond quatre ou six œufs d'un vert clair 
avec des taches et des raies d'un brun foncé. 

FREUX. 

Corvus Frugilegus. linn. — Le Freux ou Frajoiine, buff. Ois. v. 3. 
p. 55. Ici. pl. enl. 484. 

Le bec blanchâtre à sa base et environné d'une peau rugueuse non 
garnie de plumes, est noir dans le reste de son étendue. L'oiseau en- 
fonce son bec tout entier dans la terre pour y chercher des insectes et 
des graines. C'est à cette habitude que doit être attribuée la dénuda- 
tion de la base des deux mandibules qui, chez les jeunes freux, est 
encore recouverte de plumes comme dans les espèces précédem- 
ment étudiées. Tout le plumage est d'un beau noir avec des reflets de 
pourpre et de violet. Pieds noirs ; iris d'un gris blanc. 

Ils se nourrissent exclusivement de grains et d'insectes, mais jamais 
ils ne recherchent les voieries ni aucune chair, à moins qu'ils ne 
soient bien tourmentés parla faim. 

Ils volent par troupes nombreuses et placent leurs nids les uns 
auprès des autres, de sorte que le même arbre en contient quelquefois 
dix ou douze. 

Les freux habitent l'Europe. Aldrovande doute qu'ils se trouvent 
eu Italie. Ils restent toute l'année en Angleterre, mais en France et 
dans plusieurs autres contrées ils sont oiseaux de passage. Ils se 
mêlent pendant l'hiver à nos corbines ; leur chair est assez bonne à 
manger. 

Ils pondent trois ou cinq œufs oblongs, d'un vert pâle avec des 
grandes taches d'un cendré olivâtre et d'un brun foncé. 



Ois. d'Eur. 



3". Liv. 



— 18 - 



CHOUCAS. 

Co7viu monedula, linn. — Les Choucas, buff. Ois. v. 3. p. C». pl. 

enl. 523. 

Le sommet de la tête est d'un noir violeté ; l'occiput et la partie 
supérieure du cou d'un gris cendré ; les ailes et le dos d'un noir of- 
frant à peu près les mêmes reflets que le dessus de la tête; la poitrine, 
le ventre et la queue sont tout-à-fait noirs. Le bec beaucoup plus 
court que dans les espèces précédentes est également noir ainsi que 
les pieds ; iris blanc. 

La femelle est d'un noir moins brillant. 

Les choucas habitent les champs et les villes ; ils restent plus long- 
temps dans nos contrées que le freux et la corneille ; on en aperçoit 
un assez grand nombre pendant l'été. Très répandus en Hollande. 
Ils nichent dans les trous des vieux édifices, et quelquefois aussi dans 
les trous de gros arbres. ïls sont très abondans sur les tours de Vin- 
cennes qu'ils ne quittent jamais. 

Leur nourriture consiste en insectes, œufs de perdrix, grains et 
fruits. 

Les œufs, au nombre de cinq à six , ont un fond verdâtre mar- 
qué de quelques taches brunes. 

DEUXIÈME SECTION. PIES. 

Les pies se distinguent des corbeaux proprement dits par la forme 
de la queue qui est toujours étagée ; c'est-a-dire que les rcctrices du 
centre sont plus longues que celles des côtés. Le bec est toujours droit 
dans toute sa longueur. 

PIE. 

Corvus Pica, linn. — La Pie. p.tjff. Ois. v. 3. p. 85. Id. pl. enl. 488. 

Tête, gorge, haut de la poitrine, cou, dos et tectrices supérieures 
de la queue d'un beau noir; ventre blanc ; rémiges primaires verdâ- 



— 19 — 

1res , blanches dans leurs parties internes ; rémiges secondaires 
bleues avec une teinte violette ; scapulaires blanches ; (a queue d'un 
assez beau vert avec des reflets violets et cuivrés ; bec, iris et pieds 
noirs. 

La femelle ne diffère du mâle que par des reflets un peu moins bril- 
lans. 

La pie qui dans plusieurs de nos provinces a été baptisée du nom 
de Margot qu'elle articule avec beaucoup de facilité, imite aussi la voix 
des autres animaux et la parole de l'homme ; elle parle avec une très 
grande volubilité. Les objets polis et brillans attirent surtout son at- 
tention ; elle s'en empare avec toutes les précautions d'un voleur 
et court, remplie de joie, cacher aussitôt son larcin dans les lieux 
les plus secrets. Elle saute plutôt qu'elle ne marche ; son vol est 
moins élevé que celui des corbeaux. Elle ne fait guère que de volti- 
ger d'arbre en arbre et n'entreprend jamais de voyages de long 
cours. 

Cet oiseau est très commun en France, en Angleterre, en Allema- 
gne , en Suède et dans toute l'Europe, en général , excepté dans les 
pays de montagnes où il est très rare. 

Il est omnivore et cause souvent de grands dommages dans les 
vergers ; se nourrit aussi d'œufs et de petits oiseaux. 

Il construit son nid avec beaucoup de soin et de solidité sur la 
cime des arbres, et montre une grande tendresse pour ses petits 
qu'il défend quelquefois avec une audace et un courage bien re- 
marquables contre les attaques d'oiseaux de proie beaucoup plus forts 
que lui. 

Les œufs, au nombre de cinq à six, sont d'un bleu verdâtre ta- 
cheté irrégulièrement de noir. 

TROISIÈME SECTION.— -GEAIS. 

Queue tantôt ronde, tantôt étagée, mais plus courte que celle des 
pics; bec plus court, presque droit jusqu'à la pointe qui s'infléchit 
un peu. 



LE GEAL 



Corvus glandarius, linn. — Le Geai. buff. Ois, v. 3. pag.107. t. 8. Id. pl. 
enl. 481. — LEVAILL. Ois. de parad. et geais, pl. 40 et 41. 

La tête est surmontée d'une huppe formée de plumes très fines, 
légèrement tachetées de noir et de bleu. Deux moustaches noires 
prennent naissance de chaque côté à la base de la mandibule infé- 
rieure. Tectrices alaires rayées de bleu, de blanc et de noir ; rémi- 
ges noires dans leur partie interne et blanches du côté externe ; tout 
le reste du plumage d'un cendré lie de vin ; bec noir ; iris bleu ; pieds 
brunâtres. 

Le geai est un oiseau très vif, très curieux de son naturel ; sa pé- 
tulance est telle qu'il est bien difficile de le conserver en cage sans 
voir bientôt toutes ses plumes brisées et privées de leur éclat. Il ac- 
court au moindre bruit, mais se hâte de fuir quand il y a pour lui 
quelque apparence de danger. Les geais ont l'habitude de s'appeler 
les uns les autres. « Cet instinct, dit Buffon, qu'ils ont de se réunir 
à la voix de l'un d'eux, offre plus d'un moyen pour les attirer dans 
les pièges, et il ne se passe guère de pipée qu'on ne prenne plu- 
sieurs. » J'ai été à même dans ma jeunesse de constater ce que dit 
ici Buffon. Je me rappelle en effet que dans une seule soirée , dix 
geais tombèrent en notre pouvoir ; mais ce qui me frappa par dessus 
tout, c'est que dans les douze ou quinze chasses à la pipée auxquelles 
je pris part pendant mes deux mois de vacances, le premier oiseau 
qui vint s'abattre sur l'arbre au pied duquel était construite notre 
cabane fut toujours un geai. 

Ces oiseaux nichent dans les bois, sur les chênes les plus touffus, 
quelquefois aussi dans les buissons ; leurs nids sont bien loin d'être 
construits avec autant d'art et autant de précaution que ceux des pies. 
Ils vivent dans presque toutes les contrées de l'Europe; on en trouve 
juissi dans l'Asie. 

Leur nourriture principale consiste en noisettes; châtaignes, glands. 



pois, groseilles, cerises, vers et insectes; ils dévorent quelquefois 
les petits des autres oiseaux. Ils font des provisions comme les pies, 
mais oublient souvent le lieu de leur cachette. 

Les œufs, au nombre de cinq à sept, sont d'un gris verdatre fai- 
blement tacheté de brun. 

GEAI IMITATEUR. 

Corvus infaustus, lath. — Geaide Sibérie, buff. Ois. v. 3. pag. 118. Id. 
pl. enl, 608. — levaill. Ois. de paradis et geais^N. 1. p. 131. pl. 47. 

La tête, couronnée d'une huppe, est noirâtre avec quelques légères 
teintes de violet foncé. Gorge, cou, dos et scapulaires d'un gris cendré; 
poitrine, ventre et croupion d'un gris roussâtre ; une partie des rémi- 
ges et des tectrices alaires d'un gris cendré, Tautre partie d'un roux 
assez vif ainsi que les pennes latérales de la queue ; les deux pennes 
du milieu de cette dernière d'un gris cendré ; bec noir; pieds bruns. 

Il niche dans les bois et les buissons ; habite les parties septentrio- 
nales de l'Europe, en Norvège, en Suède et dans le nord de la Russie. 



GENRE CASSE-NOIX. 

NUGIFRAGA. (briss.) 

De la famille des corvidés et de la section des conirostres, ce genre 
se distingue par un bec épais, sensiblement droit sur toute'sa longueur, 
convexe en dessus, comprimé par les côtés , effdé à sa pointe. Mandibule 
supérieure arrondie, sans arête saillante, plus longue que l'inférieure; 
narines situées à la base du bec, rondes, ouvertes, cachées par des 
poils dirigés en avant ; trois doigts devant et un derrière, l'extérieur 
soudé à la base. Les deuxième et troisième rémiges plus courtes que 
la quatrième qui est la plus longue. 



— 22 — 

Le genre casse-noix dont la seule espèce est européenne , a été 
ainsi nommé à cause de l'habitude qu'à l'oiseau d'ouvir les noix en 
frappant dessus à coup de bec, après les avoir préalablement assujéties 
dans un sillon. Il va aussi à l'exemple des pics rechercher les insectes 
placés sous l'écorce des arbres qu'il brise avec son bec. Il vit et 
émigré en grandes bandes; il niche dans les trous naturels des 
arbres. 

LE CASSE.NOIX. 

Niicifraga carjocatactes, biiiss. — Le Casse-Noix. blff. Ois. v. 3. pl. 
122. t. 9. Ici. pl. eni. 50. 

La base du bec et les narines sont couvertes de plumes blanches; 
tout le plumage est d'un brun couleur de suie sur lequel tranchent 
assez agréablement des mouchetures d'un beau blanc, plus larges sur 
la poitrine et le ventre que partout ailleurs. Le dessus de la tète, les 
rémiges et les grandes tectrices alaires n'ont point de taches blanches. 
Les rectrices sont blanches à leur extrémité ; bec et pieds couleur 
de corne; iris brun. 

Le cassc-noix est d'un naturel moins défiant et moins rusé que celui 
des pies et des corbeaux. 

Il habite principalement les montagnes qu'il ne quitte que lorsqu'il 
est pressé par la faim. Il se trouve en Auvergne, en Savoie, en Fran- 
che-Comté, en Suisse, en Autriche, sur les montagnes couvertes de 
forêts de sapin , ainsi que dans la partie méridionale de la Suède. 

Il se nourrit de larves, d'insectes, de noisettes, quelquefois déjeu- 
nes oiseaux et d'œufs ; mais ce qu'il recherche surtout et ce dont il 
mange avec avidité ce sont les pignons renfermés dans les cônes de 
pin. Les œufs, au nombre de cinq à six, sont d'un gris fauve. 



GENRE PYRRHOGORAX. 



PYRRHOCORAX. (cuv.) 

Bec médiocre, comprimé, arqué et tranchant, avec une très petite 
échancrure à la pointe ou sans échancrure ; narines situées à la base 
fîu bec, latérales, ovoïdes, couvertes de plumes courtes dirigées eu 
avant; pieds forts, quatre doigts presque totalement séparés ; la qua- 
trième et la cinquième rémiges les plus longues. 

Les mœurs de ces oiseaux sont les mêmes que celles de nos corbeaux, 
seulement elles sont plus sauvages. Ils vivent en grandes troupes et 
ne quittent jamais la cime des montagnes couvertes de neige et de 
glace; ils nichent dans les fentes des rochers, dans les trous de vieux 
bâtimens déserts, souvent aussi dans les tours des églises, quelquefois 
mais bien rarement sur les arbres ; ils se nourrissent de graines, do 
baies, d'insectes et de voieries. 

PYRRHOCORAX CHOQUARD. 

Pyrrhocorax-Pyrrhocorax. cuv. — Corvus pyrrhocorax. gmel. p. 376. 
sp. 17. — Le Choquar ou Choucas des Alpes, buff. Ois. v. 3. p. 76. 
t. 6. Ici, pl. enl. 531, 

Tout le plumage est d'un beau noir avec des reflets verts principa- 
lement sur les ailes ; la queue un peu arrondie ; bec d'un jaune orangé ; 
iris brun ; pieds rouges. Il habite le plus ordinairement les hautes 
Alpes du nord et celles de l'Helvétie; ne se montre qu'accidentellement 
dans le Jura, les Apennins et les Vosges pendant les hivers rigoureux. 

Les œufs, au nombre de quatre, sont blancs, tachés de jaune. 

PYRRHOCORAX CORACïAS. 

Pyrrhocorax graculus. (temm.) — Le Coracias et le Coracias huppé ou 
sonneur, buff. Ois.v. 3. p. 1 et 9. t. 1. Id. pl. en]. 255. 

Plumage généralement noir avec des reflets violets sur la tète, le 
dos, la gorge et le ventre, et verdâtres sur les ailes et la queue; celle-ci 



— 24 — 

est carrée. Bec et pieds d'un rouge vermillon; iris brun. Il se distingue 
du choquard par un bec plus long que la tête, effilé à la pointe et 
sans échancrure ; tandis que le choquard a le bec plus court que la 
la tète et muni d'une très faible échancrure à la pointe. 

Il habite les hautes Alpes de la Suisse, de l'Italie, du Tyrol et de la 
Bavière. 

Les œufs, au nombre de trois à quatre, sont d'un blanc sale avec 
des taches brunes. 



GENRE JASEUR. 

BOMBYCIVORA. (temm.) 

Ge genre, de la famille des tyrannidés et de la section des denti- 
rostres, est caractérisé par un bec petit, droil, assez élevé, légère- 
ment recourbé. La mandibule supérieure présente un petit crocheta 
sa pointe avec une dent assez prononcée; narines situées à la base du 
bec , ouvertes et cachées par des poils ; trois doigts en avant et un 
derrière; le doigt extérieur soudé à celui du milieu ; les première et 
deuxième rémiges les plus longues. 

Les mœurs des jaseurs ne sont pas bien connues. Il n'en existe 
qu'une espèce en Europe et une autre dans l'Amérique septentrionale. 

GRAND JASEUR. 

Bomhycivora garrula temm. — Le Taseur. buff. Ois. v. 3. p. 429. t. 261. 
LEVAILL. Ois. deparad. geais et rolliers. v. 1. p. 137. pl. 49. 

Le nom latin Bombycivora donné au grand jaseur, semblerait 
indiquer qu'il se nourrit habituellement de papillons de nuit, tandis 

* Dans sa première édition, M. Temminck avait rangé le choquard et le cora- 
cias, ainsi que le casse-noix dans le genre corvus. Cuvier place le premier avec 
les merles dans sa division des dentirostres et le second avec la huppe, dans celle 
des tcnuirostres ; il fait, comme on le voit, de ces deux espèces, deux genres dis- 
tincts. 



qu'il ne recherche celle nourrilure que lorsque les baies elles graines 
viennent à lui manquer. Son nom français ne paraît pas lui convenir 
beaucoup mieux, puisque son gazouillement consiste seulement en 
un petit cri (zi, zi, ri) qu'il répète, il est vrai, assez fréquemment. 
Quelques auteurs lui accordent la faculté d'imiter la voix humaine ; 
d'autres, au contraire, prétendent qu'il est très silencieux. 

La tête du jaseur est surmontée d'une huppe formée de plumes très 
fines, dont le fond grisâtre est mélangé de brun rouge; gorge noire; 
une bande de la même couleur s'étend au-dessus des yeux. La poi- 
trine, le derrière de la tête et du cou, la partie supérieure du dos, les 
scapulaires et les couvertures des ailes sont d'un brun clair rous- 
sâtre, tirant sur la couleur de noisette. Le croupion, les couvertures 
supérieures de la queue, le ventre et les flancs sont d'un gris cendré. 
Les rémiges primaires sont noires, terminées de blanc et de jaune. 
Les rémiges secondaires, marquées de blanc à leur extrémité, se ter- 
minent par de petites palettes d'un très beau rouge. Tectrices infé- 
rieures de la queue d'un brun marron ; les pennes de celle-ci sont 
jaunes à leur extrémité. Bec et pieds noirs ; iris rouge. 

Les jeunes avant leur première mue^ n'ont aucune espèce d'appen- 
dice aux rémiges secondaires. 

Le grand jaseur que l'on a aussi appelé le jaseur de Bohême, bien 
qu'il ne soit pas plus nombreux et qu'il ne séjourne pas plus long- 
temps dans ce pays que dans d'autres contrées, habite le nord de 
l'Europe; il se montre accidentellement, et seulement depuis le mois 
de novembre jusqu'au commencement de janvier, au nord de l'An- 
gleterre , en France et en Italie. Un abaissement excessif de tempé- 
rature force souvent ces oiseaux d'abandonner les contrées septen- 
trionales , et de passer dans des climats plus tempérés ; voilà sans 
doute la cause de leur présence parmi nous. Ils émigrent à la ma- 
nière de certains mammifères, c'est-à-dire qu'il restent trois ou 
quatre ans dans un pays, puis au bout de ce temps, ils se rendent par 
milliers dans d'autres régions. 

Leur nourriture consiste en insectes, mais principalement en baies 
Ois. d'Eub. 4* Liv. 



— 26 — 

de toutes espèces ; raisins, baies de genièvre, de laurier, groseilles 
sauvages, etc. 
Propagation inconnue. 

Il paraît qu'il niche dans les fentes des rochers. 



GENRE ROLLIER. 

CORACIAS. (LiNN.) 

Les rolliers, de la famille des rollidés et de la section des coni- 
rostres, ont le bec droit, plus ou moins renflé à sa base , comprimé 
sur les côtés et dans toute sa longueur. La mandibule supérieure est 
courbée vers la pointe; narines situées à la base du bec, latérales, li- 
néaires. Les plumes de la partie antérieure du front ont une direction 
particulière qui fait que les narines ne sont recouvertes qu'à moitié; 
c'est ce qui distingue les rolliers des corbeaux. Trois doigts devant 
et un derrière , entièrement divisés; première rémige un peu plus 
courte que la deuxième qui est la plus longue. 

Les mœurs de ces oiseaux ne sont pas connues ; ils vivent relégués 
dans répaisseur des forêts, et sont d'un caractère très sauvage. Des 
auteurs prétendent cependant qu'on peut les apprivoiser et leur 
apprendre à parler. 

ROLLIER VULGAIRE. 

Coracias gajrula.vxsi^. — Le Roll. buff. Ois. v. 3. p. 135. t. 70. 
Ici pl. enl.486. 

Dos , scapulaires et rémiges secondaires d'un brun fauve ; petites 
tectrices alaires d'un bleu violet ; les grandes et les moyennes d'une 
couleur d'aigue-marine , ainsi que le dessus de la tête, le haut du 
cou, la gorge, la poitrine, le ventre et la queue; la première rectrice 



* M. Temminck a placé les rolliers parmi les omnivores, et pourtant il les 
indique comme se nourrissant exclusivement d'insectes. 



^•-27 — 

de chaque côté, plus longue que les autres, est noire à son extrémité. 
Bec noir; pieds jaunâtres ; iris brun et gris. 

Il se trouve dans les grandes forêts de chênes et de bouleaux ; 
en Allemagne, en Suède, en Danemarck, dans les provinces méri- 
dionales de la Russie et dans d'autres contrées de TEurope. Il n'est 
pas très commun en France. 

Se nourrit de hannetons, de sauterelles , de vers et de limaçons. 
On en a vu se réunir aux corneilles dans les terres labourées, pour y 
ramasser des grains et des insectes. Il niche dans les trous des arbres. 

Les œufs, au nombre de quatre à sept, sont d'un blanc lustré. 



GENRE LORIOT. 

ORIOLUS. (temm.) 

Les loriots, de la famille des mérulidés et de la section de den- 
tirostres, ont le bec en cône allongé, tranchant, comprimé ho- 
rizontalement à sa base; mandibule supérieure relevée par une arête, 
échancrée vers le bout oii elle se recourbe sur l'inférieure qui a la 
pointe aiguë ; narines placées à la base du bec, percées horizontale- 
ment dans une grande membrane, et non recouvertes de plumes ; 
trois doigts devant et un derrière, l'extérieur soudé au doigt du mi- 
lieu ; la première rémige très courte , la deuxième moins longue que 
la troisième qui est la plus longue. 

Ils vivent dans les bois et les broussailles ; ne se réunissent en 
troupe que lorsqu'ils veulent quitter un pays, autrement ils sont ac- 
couplés deux à deux. Ils apportent beaucoup d'industrie dans la con- 
fection de leur nid qu'ils attachent ordinairement à la bifurcation 
d'une petite branche , au moyen de longs brins de paille ou de chan- 
vre qui , allant d'un rameau à l'autre, lui donnent une très grande 
solidité. 



— 28 — 



LORIOT. 

Oriolus galbula, LiiMV. — Le Loriot^ buff. Dis. V. 3, p, 254, l. 17. 
Id. pl. enl. 26. 

Ailes et queue noires; reclricés terminées de jaune; le reste du 
corps d'un jaune doré ; un petit trait noir entre l'œil et la Lase du 
bec, celui-ci d'un brun rougeâtre ; iris rouge ; pieds gris. 

La femelle est d'un vert olivâtre sur la partie supérieure du corps, 
et d'un gris blanc, teint de jeaunâtre en dessous. Les jeunes de l'an- 
née ressemblent à la femelle. 

Cette espèce qui se trouve aussi aux Indes orientales et en Chine, 
ne paraît dans nos contrées que vers le milieu du printemps, et va 
passer l'hiver en Afrique ; elle se trouve rarement en Suède et en 
Angleterre; assez abondante en Hollande et plus encore en France et 
en Italie. Elle se nourrit de vers, de chenilles et de différentes sortes 
de baies sauvages. Toutefois elle préfère les fruits aux insectes. 

Elle place son nid sur la cime des arbres les plus élevés. Les œufs, 
au nombre de quatre à cinq, sont d'un blanc pur avec quelques 
taches brunes ou noires toujours isolées. 



GENRE ÉTOURNEAU. 

STURNUS. (linn.) 

Les étourneaux, de la famille des sturnidés et de la section des co~ 
nirostres, ont le bec en forme de cône allongé, ne se terminant pas 
par une pointe, mais bien par une portion aplatie. La mandibule supé- 
rieure s'avance sur le front et dépasse l'inférieure dont la surface est 
plane. Les narines placées près de la base du bec, ont une ouverture 
longitudinale à demi-fermée par une mambrane ; trois doigts devant 
et un derrière; le doigt extérieur soudé à sa base à celui du milieu. 
La deuxième et la troisième rémiges sont les plus longues. 



— 29 r- 

Les étourneaiix sont des oiseaux turbulens et querelleurs. Ils vi- 
vent en grandes troupes. Ils ont l'habitude de voler serrés les uns 
contre les autres, formant une espèce de tourbillon qui s'agite avec 
rapidité dans les airs. 

Cette façon de voler les défend de l'agression des oiseaux de proie 
qui sont tout à la fois effrayés du nombre de leurs ennemis et étour- 
dis par leurs cris et leur battemens d'ailes. 

La chasse se fait de différentes manières. Nous citerons les deux 
plus remarquables. La première consiste à lâcher au milieu d'une 
bande d'étourneaux un ou deux oiseaux de leur espèce, portant aux 
pattes des ficelles enduites de glue, dans lesquelles plusieurs étour- 
neaux viennent bientôt s'empêtrer. Leurs mouvemens sont dès 
lors paralysés, le vol devient impossible , et l'oiseleur ne tarde pas 
à les voir culbuter à ses pieds. Une seconde manière de les chas- 
serj moins employée, il est vrai, mais qui ne laisse pas d'avoir son côté 
plaisant, mérite d'être mentionnée. On prépare une peau de vache 
ou de bœuf que l'on dresse dans une prairie au milieu d'un troupeau 
de bêtes à cornes. Le chasseur se met à l'affût dans le corps de la vache 
postiche, et peut à son aise décharger son fusil sur les bandes nom- 
breuses qui viennent se nourrir d'insectes voltigeant sans cesse 
près des troupeaux ou se trouvant naturellement dans leur fiente. 
L'habitude qu'ont ces oiseaux de voler autour de celui qui est tombé 
sous le plomb meurtrier, permet facilement de les tirer à plusieurs 
reprises et d'en faire une riche collection. Les étourneaux se nourris- 
sent de vers, de chenilles, de limaçons et de différentes espèces de se- 
mences qu'ils cherchent dans les fumiers et les crottins des animaux. 
Ils mangent des cerises, des raisins et du chenevis.Une fois établis dans 
les lieux qu'ils affectionnent, il est bien rare qu'ils les abandonnent. 
Ils apportent fort peu de soin dans la construction de leur nid qui 
se compose de quelques brins de paille et d'un peu de coton. Ils le 
placent dans le voisinage des colombiers, sous les toitures des mai- 
sons et dans des trous d'arbres. 



— 30 — 



ÉTOURNEAU VULGAIRE. 

Stur/ius vulgaris. linn. — Vétourneau ou Sansonnet, buff. Ois, v. 3. 
p. 176. l. 15. Id, pl. enl.75. 

Le plumage est généralement noirâtre avec des reflets violets sur 
la gorge et le haut de la poitrine. Le dessous du corps et les flancs ont 
des reflets verdâtres. Le cou, le dessus de la tète et du dos sont mar- 
qués de petites taches triangulaires d'un blanc un peu roussâtre. Les 
rémiges sont liserées de brun roux. Les tectrices sub-caudales sont 
bordées de blanc. Le bec est jaune ; les pieds couleur de chair. 

La femelle a beaucoup de points blancs sur les parties inférieures et 
le bec moins jaune. L'étourneau vulgaire ou sansonnet se distingue de 
la plupart des autres oiseaux d'Europe par ces reflets métaUiques que 
nous avons vus si brillans chez les oiseaux exotiques et que nous ne 
retrouverons plus que dans un très petit nombre de nos espèces 
européennes. Son gozier très flexible lui permet, quand il est jeune, 
d'apprendre à siffler des airs et prononcer plusieurs phrases de suite. 

Il habite presque toutes les contrées de l'Europe. 

Les œufs, au nombre de quatre à sept, sont d'un gris nuancé de 
vert cendré. 

ÉTOURNEAU UNICOLORE. 

Sturnus unicolor. (le chev. de la marmora.) 

Tout le plumage, y compris les ailes et la queue, est noir, avec 
quelques reflets assez ternes de vert et de violet. La base du bec est 
noirâtre; celui-ci est jaune dans le reste de son étendue. Les pieds 
sont d'un jaune terreux. 

Cet oiseau habite la Sardaigne. 11 place son nid dans les fentes de 
rochers ; s'approche aussi des maisons de campagne et se pose sur 
les toits. 

Les œufs ont la même forme et la même couleur que ceux du san- 
sonnet. 



— 31 — 



6£NRE MARTIN. 

PASTOR. (temm.) 

Bec en cône allongé, un peu arqué, très comprimé latéralement; 
mandibule supérieure un peu écliancrée ; narines ovales, ouvertes 
dans de longues fossettes à la base du bec, et à moitié fermées par 
une membrane garnie de plumes très petites. Première rémige pres- 
que nulle, les deuxième et troisième les plus longues. 

Ces oiseaux ont les mêmes mœurs que les étourneaux ; ils vivent 
comme eux en troupes nombreuses. On les voit très souvent se poser 
sur le dos des moutons ou des vaches pour y chercher des insectes 
dont ils font leur principale nourriture ; ils se nourrissent aussi de 
fruits et de semences. L'assiduité très marquée de ces oiseaux auprès 
des troupeaux, a engagé M. Temminck à leur donner le nom de pas- 
tor. Les martins sont d'un caractère peu craintif. Ils répètent assez 
facilement les sons qui viennent frapper leurs oreilles. Ils nichent 
dans les trous d'arbres et dans les masures. 

MARTIN ROSELIN. 

Pastor roseus. temm. — Turdus roseus. gmel. Syst. 1. p. 819. sp. 15. 
— Le Roselin. levaill. Ois, d'Afr, v. 2. p. 96. pl. — Le Merle couleur 
derose. buff. OzV.v. 3. p. 348. t. 22. Id. pl. enl. 251. 

Tête surmontée d'une huppe ; celle-ci, la tête, le cou, la gorge et 
le haut de la poitrine d'un noir à reflets violets ; le ventre et le dos 
d'un joli rose; rémiges d'un brun violeté avec des reflets verdâtres ; 
tectrices alaires liserées de rose; les rectrices de la même couleur 
que les rémiges ; les couvertures inférieures de la queue, noires, 
rayées de blanc ; bec jaunâtre ; pieds jaunes ; iris brun. 

La femelle n'a point la huppe aussi longue ; ses couleurs sont 
moins vives , le rose est quelquefois mélangé de brun. 



— 32 — 



Habile les parties chaudes de l'Asie et de l'Afrique; de passage 
dans le midi de l'Italie et de l'Espagne. 

On ignore la couleur des œufs qui sont au nombre de six. 



Bec médiocre ou court, droit, arrondi, faiblement tranchant ou 
en alêne ; mandibule supérieure courbée et échancrée vers la pointe, 
le plus souvent garnie à sa base de quelques poils rudes , dirigés 
en avant ; pieds à trois doigts devant et un derrière, articulés sur le 
même plan , l'extérieur soudé à la base ou uni jusqu'à la première 
articulation au doigt du milieu. 

La voix de ces oiseaux est assez harmonieuse; ils se nourrissent 
principalement d'insectes, quelquefois aussi, mais bien rarement, de 
baies et de fruits. 



Les piegrièches,de la famille des lanidés et de la section des denti- 
rostres, ont le bec robuste, de médiocre longueur, comprimé latéra- 
lement dans toute son étendue, courbé seulement vers la pointe où 
il forme un crochet précédé d'une échancrure semblable à une petite 




ORDRE DES INSECTIVORES. 



GENRE PIEGRIÈGHE. 



LANIUS. (linn.) 



— 33 — 

dent; mandibule inférieure droite ; trois doigts devant et un derrière 
entièrement divisés; première rémige de moyenne longueur, deuxième 
un peu plus courte que les troisième et quatrième qui sont les plus 
longues. 

Le caractère des pies-grièclies est fier et plein d'intrépidité ; sou- 
vent elles s'élancent avec rage contre les pies ou les cresserelles qui 
passent trop près de leur nid. Véritables pygmées à côté du superbe 
milan , les pies-grièches ne craignent pas toutefois de se mesurer 
avec ce redoutable ennemi : une fois le combat engagé, elles mon- 
trent un acharnement vraiment incroyable, lui enfoncent leurs on- 
gles dans les entrailles, et à coup de bec le forcent souvent à lâcher 
prise. Cette lutte se termine quelquefois par la mort des deux cham- 
pions, et l'on voit le milan culbutant au milieu des airs, entraîner 
dans sa chute son implacable ennemi qui reste accroché après lui 
comme s'il voulait même après sa mort le poursuivre encore de toute 
sa fureur. 

Ce penchant carnassier qui distingue les pies-grièches les a souvent 
fait regarder comme des oiseaux de proie; et M. Temminck, dans la 
première édition de son ouvrage, les avait placées à la suite de l'ordre 
des rapaces dont elles diffèrent par la conformation de leurs ongles 
qui ne sont point rétractiles, et celle de leurs doigts nullement faits 
pour saisir. 

La voix cadencée des pies-grièches, leur nourriture qui consiste prin- 
cipalement en gros insectes, et les lieux qu'elles ont coutume d'habi- 
ter, ce sont là autant de points de contact qui les rapprochent des 
oiseaux chanteurs et justifient la place qu'on leur a assignée dans l'or- 
dre des insectivores. 

Le vol de ces oiseaux est prompt et irrégulier ; leur queue est 
sans cesse en mouvement. Ils nichent dans les bois , en plaine et 
dans les buissons. 



Ois. d'Eur. 



5^ Liv. 



— 34 — 



PÏE-GRIÈCHE GRISE. 

Lanius exctibitor. linn. — Pie-grièche grise, buff. Ois. v. 1. p. 296. 
t. 20. Id. pl. enl. 445. 

Dessus de là tête et du cou, dos et croupion d'un joli gris cendré; 
un cercle noir autour des yeux; une bande de la même couleur se 
prolonge derrière ceux-ci ; ailes noires et blanches ; parties latérales 
du cou, gorge, ventre et poitrine d'un blanc pur; les deux pennes ex- 
térieures de la queue blanches, les deux du milieu entièrement noi- 
res ; les autres blanches et noires ; bec et pieds noirs. 

Très répandue dans presque toute l'Europe ; sédentaire dans plu- 
sieurs contrées, de passage dans d'autres. 

Les œufs, au nombre de cinq à sept, sont blancs, marqués de ta- 
ches d'un brun sale. 

PIE-GRIÈCHE MÉRIDIONALE. 

Lanius meridionalis. temm. Man, Orn. 2^ édit. v. 1. p. 143. 

Le dessus de la tête, du cou, du dos et du croupion d'un gris cendré 
très foncé; une large bande noire s'étend sur les côtés de la tête et 
se prolonge en pointe au devant de l'œil ; gorge et parties latérales du 
cou d'un blanc grisâtre; poitrine et ventre d'un gris légèrement teinté 
de rose ; les scapulaires de la même couleur que le dos; ailes noires; 
origine des rémiges d'un blanc pur; grandes tectrices marquées de 
blanc à leur extrémité; les quatre pennes du milieu de la queue toutes 
noires, les autres comme dans l'espèce précédente; pattes grises. 

Elle habite la Provence, l'Italie, îa Dalmatie, l'Espagne et l'Egypte. 

On n'est pas encore parvenu à découvrir les œufs de cette espèce. 



— 3,5 — 



PIE-GRIÈCHE A POITRINE ROSE. 

Lanius minor. linn. — La Pie-grièche d'Italie, bijff. Ois. v. 1 pag. 298: 
Id. pl. enl. 32. f. 1. 

Un bandeau noir sur le front, occupant la région ophtbalmique et 
se prolongeant sous la forme d'une bandelette sur les parties latérales 
de la tête; le dessus de celle-ci, l'occiput, la nuque et le dos d'un gris 
bleuâtre; gorge et parties latérales du cou blancbes; poitrine et ven- 
tre d'un rose tendre ; ailes noires ; un miroir blanc sur le milieu des 
rémiges ; grandes tectrices alaires blancbes à leur extrémité ; les 
quatre pennes du milieu de la queue entièrement noires; la pre- 
mière de cbaque côté est blanche, les autres sont noires et blanches; 
pattes grises. 

Elle habite l'Italie, l'Espagne, et apparaît quelquefois dans le nord 
de l'Europe, jusqu'en Russie. On la trouve aussi^ mais assez rarement 
dans quelques provinces de France. 

Les œufs, au nombre de six, sont oblongs, d'un vert blanchâtre. Ils 
ont vers le centre une zone formée de petits points d'un gris oli- 
vâtre. 

PIE-GRIÉCHE ROUSSE. 

Lanius rufus. briss. — La Pie-grièche rousse, buff. Ois, v. 1. p. 301. 
Id. pl. enl. 9. f.l. Ze m<T/<?.— LEVAI LL. Ois. d'Jfr. v. 2. pl. 63.„ 

Front d'un brun noirâtre très foncé ; une large bande de Fa même 
couleur s'étend depuis la partie postérieure de l'œil jusqu'à la partie 
inférieure du cou. Derrière de la tête et du cou d'un roux très vif ; 
gorge, poitrine et ventre d'un beau blanc ; la partie supérieure du 
dos et les ailes noires; un miroir blanc sur les rémiges; l'extrémité 
des tectrices alaires et des rémiges secondaires également blanche 
ainsi que la partie inférieure du dos; les deux pennes du milieu de la 
queue noires; les autres noires et blancbes; bec noir; pattes d'un brun 
foncé. 



— 36 — 

Cette espèce habite la France , l'Italie, la Suisse et l'Allemagne. Très 
rare en Hollande; elle est abondante en Afrique. Elle niche dans les 
buissons. Les œufs, au nombre de six, sont d'un vert blanchâtre par- 
semé de grandes et de petites taches cendrées. 

PIE-GRIÈCHE ÉCORCHEUR. 

Lanius collurio, briss. — La Pie-grièche écorcheur, buff. Ois. v. 1. pag. 
304. t. 21 . Id. pl. enl. 31. f. 2.— levaill. Ois. d'Afr. v. 2. pl. 64. f. 1 et 2. 

Le front, le dessus de la tête, la nuque, le haut du dos et le crou- 
pion d*un cendré bleuâtre ; l'œil entouré de noir ; cette couleur se 
prolonge en avant jusque sur la mandibule supérieure, et en arrière 
jusque sur roriftce des oreilles. Gorge blanche ; poitrine et ventre 
rose; dos et tectrices alaires d'un roux marron; rémiges noirâtres, 
bordées de roux foncé; les deux pennes du milieu de la queue noires, 
les autres blanches et noires ; bec noir, pattes brunes. 

Chez la femelle, la nuque et le croupion sont d'un roux cendré; 
plumes des côtés du cou, de la poitrine et des flancs entourées de 
fines raies brunes; les deux pennes latérales de la queue rayées dans 
leur longueur de brun et de blanc jaunâtre j les quatre pennes du 
milieu d'un brun roux uniforme. 

Elle fréquente surtout la lisière des bois où existent des bruyères; 
elle se trouve dans toute l'Europe, et place son nid dans les enfour- 
chures des branches des buissons à épines. 

Les œufs, au nombre de cinq à six, sont roses avec des taches rou- 
geâtres, ou bien jaunâtres avec des taches d'un gris-cendré verdâtre. 



— 37 — 



GENRE GOBE-MOUGHE. 

MUSCICAPA. (linn,) 

Les gobe-mouches , de la famille des tyrannidés et de la section 
des dentirostres , ont pour caractères : un bec triangulaire, déprime 
horizontalement, élargi vers sa base et terminé par une pointe forte, 
plus ou moins crochue et échancrée ; narines ovoïdes couvertes en 
partie par des poils dirigés en avant ; trois doigts devant et un der- 
rière , le doigt extérieur soudé à sa base au doigt du milieu ; ongle 
postérieur très arqué ; la première rémige très courte , la deuxième 
moins longue que les troisième et quatrième qui sont les plus longues. 

Les gobe-mouches, d'un caractère en général sauvage et solitaire, 
d'une voix triste et peu mélodieuse , sont des oiseaux voyageurs , 
beaucoup plus nombreux dans les pays dont la température élevée 
favorise la multiplication des insectes. Ils se nourrissent exclusive- 
ment de mouches et d'autres insectes ailés qu'ils n'attrapent ordinaire- 
ment qu'au vol, d'où leur est venu le nom qu'ils portent aujourd'hui. 

Ces oiseaux sont très utiles à l'homme, en purgeant la terre d'une 
grande quantité de petits animaux destructeurs. 

Ils se perchent à la sommité des arbres et nichent sur les plus 
grosses branches , quelquefois dans les trous naturels de celles-ci et 
dans les fentes des rochers. 

GOBE-MOUCHE GRIS. 

Muscicapa grisola. linn. — Le Gobe-Mouche proprement dit. buff. 
Ois. v. 4. p. 517. t. 25. f. 2. Id. pl. enl. 565. f. 1. 

Le dessus de la tête est varié de gris et de brun. Le dos, les ailes 
et la queue sont bruns; rémiges et tectrices alaires bordées de blanc; 
gorge et ventre de celle dernière couleur; les côtés du cou , la poi- 



Irine el les flancs sonl marqués de petites taches brimes existant au 
centre de chaque plume. Pattes d'un brun jaunâtre. 

Il habite les forêts et rarement les jardins ; répandu jusqu'en Suède 
et dans les provinces tempérées de la Russie; rare en Hollande. 

GOBE -MOUCHE A COLLIER. 

Muscicapa albicolis, temm. Man. Orn. 2e édit. v. 1. p. 1. 153. — Le 
Gobe-Mouche à collier , de Lorraine, buff. Ois. v. 4. p. 52a. t. 25. f. 
1. Le vieux mâle. Id. pl. enl. 565. f. 2. 

Le front blanc, le sommet de la tète, les joues, le dos, les rémiges 
et les petites couvertures des ailes noires; un large collier blanc qui 
s'étend jusque derrière la nuque; gorge, devant du cou , poitrine et 
ventre de cette dernière couleur. Un miroir blanc à l'origine des ré- 
miges; couvertures des ailes blanches ainsi que quelques rémiges secon- 
daires dont les barbes intérieures sont noires ; toutes les pennes de 
la queue sont noires, à l'exception de la première et quelquefois des 
deux premières qui ont quelques taches blanches. La vieille femelle 
diffère du vieux mâle du printemps par le gris cendré des parties 
supérieures, les rémiges secondaires qui sont blanches extérieurement 
et les deux pennes latérales de la queue qui sont liserées de blanc. 
Chez le vieux mâle la queue est toute noire ; le collier blanc est chez 
la femelle très faiblement indiqué. 

Le gobe-mouche à collier habite principalement les provinces du 
centre de l'Europe, ne se rencontre jamais dans le nord et dans le 
midi de la France ; il n'existe pas en Hollande. Il niche dans les trous 
d'arbres, au sein des plus vastes et des plus épaisses forêts. 

Les œufs, au nombre de cinq à six, sont d'un bleu verdâtre, poin- 
tillés au gros bout de fines taches grises. 



— 3^ — 



GOBE-MOUCHE BECFIGUE. 

Muscicapa luctuosa, temm. Man, Orn. 2^ édit. v. 1. p. 155. 

Un bandeau blanc couvre le bas du front. La tête , le derrière du 
cou , le dos et le dessus de la queue entièrement noirs; les ailes de 
cette dernière couleur ; les grandes tectrices alaires et les rémiges 
secondaires sont blanches ; ces dernières terminées de jioir sur leurs 
barbes intérieures; gorge, poitrine et ventre d'un blanc pur; bec 
noir; pattes grises. 

La vieille femelle diffère du mâle par le manque du miroir, par le 
cendré brun très uniforme des parties supérieures et par les trois 
pennes latérales de la queue dont les bords sont blancs. 

Cette espèce est très répandue dans les provinces méridionales, le 
long de la Méditerranée et dans toute l'Italie où elle fréquente les bois 
d'oliviers et de figuiers. Elle se trouve aussi dans les provinces du 
centre de la France et de l'Allemagne; on ne l'a jamais vue en Hol- 
lande 

Elle vit habituellement dans les bois , en plaine , dans les parcs et 
les vergers. 

Les œufs, au nombre de six, sont d'un bleu verdâtre très clair. 
GOBE-MOUCHE ROUGEATRE. 

Muscicapa parva. bescht. Naturg. dent, v. 3. p. 442. 

La tète, le dessus du cou et le dos d'un cendré rougeâtre; pennes 
des ailes d'un brun foncé; la gorge et le haut de la poitrine d'un roux 
très vif; cette couleur est séparée du cendré rougeâtre de la tête et 
du dessus du cou par une bande de gris bleuâtre qui s'étend depuis 
l'œil jusqu'au niveau du pli de l'aile ; flancs d'un roux clair ; partie 
inférieure de la poitrine et ventre blancs; les quatre pennes du milieu 



_ 40 — 

de la queue sont noirâtres, les autres sont blanches dans la plus grande 
partie de leur étendue et noirâtres à leur extrémité; bec et pied bruns. 

De passage annuel dans les forêts de l'Allemagne , assez commun 
dans les parties orientales. 

GENRE MERLE. 

TURDUS (linn.) 

Les merles, de la famille des mérulidés, delà section des dentiros- 
tros, ont pour caractères : un bec comprimé latéralement, à mandi- 
bule supérieure arquée et échancrée vers sa pointe ; mandibule infé- 
rieure droite; narines de forme ovoïde, situées à la base du bec, en 
partie couvertes d'une membrane nue ; des poils à l'ouverture du bec ; 
trois doigts devant et un derrière ; le doigt externe soudé à la base 
du doigt médian; la première rémige très courte, les autres variant 
de longueur. 

Parmi ces oiseaux les uns émigrent en grandes troupes, les autres 
sont sédentaires et ne quittent jamais le canton qu'ils habitent, 
pourvu qu'on ne vienne pas les y troubler. Leur chair est en général 
très succulente. 

M. Temmiuck à divisé le genre merle en deux sections d'après les 
différences d'habitudes que présentent ces oiseaux. 

PREMIÈRE SECTION. SYLVAINS. 

Les oiseaux de cette section nichent toujours dans les bois , les 
jouissons, les parcs ou les jardins. Ils voyagent par bandes et se nour- 
rissent principalement de baies, excepté pendant le temps de l'édu- 
cation des jeunes ; ce sont alors les insectes qui deviennent leur 
principal aliment. 



— 41 — 



MERLE DRAINE. 

Turdus viscivorus, lath. Ind.y. 1. p. 326. — Le Draine, bïîff. Ois. 
V. 3. p. 295. t. 19. f. 1. Id. pl. enl. 489. 

Le dessus de la tête, du cou , les ailes et la partie supérieure du 
dos d'un brun cendré, le reste du dos et le croupion d'un brun rous- 
sâtre; tectrices alaires bordées de blanc. Il existe entre le bec et 
l'œil un espace d'un gris-blanc. La gorge, la poitrine et le ventre 
d'un blanc jaunâtre, sont marqués de taches brunâtres, en forme de 
fer de lance sur la gorge et ovales sur le ventre et la poitrine. Le bec, 
brun à sa base, est noirâtre à sa pointe ; pieds jaunes ; ongles noirs. 

Cette espèce connue aussi sous le nom de grosse grive, grive de gui, 
parceque le gui fait une partie de sa nourriture, se plaît surtout dans 
les forêts où croissent les genévriers. Le draine ne quitte pas TAngle- 
terre; il est oiseau de passage dans quelques contrées de la France; 
très rare en Hollande; il niche dans le nord sur des pins et des sapins. 

Les œufs, au nombre de trois à cinq, sont d'un vert blanchâtre , 
marqué de quelques grandes taches violettes et de points roux. 

MERLE LITORNF. 

Turdus pilaris. limv. — La Litorne ou Tourdelle. iîtjff. Ois. v. 3. p. 301 

Jd. pl. enl. 490. 

Un trait blanc au dessus de Toeil ; le dessus de la tête, le derrière 

du cou, le bas du dos et le croupion d'un gris cendré tacheté de noir 

à la partie supérieure de la tète ; le haut du dos, les scapulaires et les 

tectrices alaires d'un brun peu foncé; rémiges noirâtres; queue noire; 

tectrices sub-caudales blanches; gorge, poitrine d'un roux assez vif, 

parsemé de taches noires; ventre blanc; plumes des flancs tachées do 

noir et bordées de blanc; bec jaunâtre; pieds d'un brun foncé. 
Ois. D EuR. 6* Liv. 



— 42 — 

les oiseaux de cette espèce apparaissent dans nos contrées au mois 
de novembre, époque à laquelle ils quittent les forêts noires du nord 
qu'ils habitent de préférence ; ils sont très communs surtout au prin- 
temps dans les plus hautes vallées des Alpes suisses. 

Les œufs, au nombre de quatre à six, sont d'un vert de mer poin- 
tillé de roux. 

MERLE GRIVE. 

Tardas masicus, linn. — La Grive^ buff. Ois. v. 3. p. 280. 
Id. pl. enl. 40G. 

La tête, le cou, le dos, les ailes et la queue d'un brun olivâtre ; tec- 
trices alaires bordées de jaune roussâtre; les côtés du cou et la poitrine 
d'un jaune un peu roux, semé de taches brunâtres de forme trian- 
gulaire; ventre et flancs blancs, marqués de taches ovoïdes de la même 
couleur que celles de la poitrine; bec brun; pieds d'un gris brunâtre. 

Cette espèce, qui est assez abondante dans presque toute l'Europe, 
visite nos contrées vers la fin de septembre oii elle séjourne peu après 
les vendanges; mais elle revient au printemps et niche alors sur les 
pommiers et les pruniers; son chant est fort agréable. 

Les œufs, au nombre de trois à six, sont d'un bleu foncé avec de 
grands et petits points i "uns. 

MERLE MAUVIS. 

Tardas iliacus. linn. — Le Mauvis. buff. Ois, v. 3, p. 309. 
Td. pl, eul. 51. 

Les parties supérieures sont d'un brun olive. Cette espèce assez sem- 
blable à la précédente, s'en distingue facilement 1" par deux traits 
longitudinaux, dont Fun blanc est situé au dessus des yeux, et l'autre 
noir s'étend de la base du bec à la partie antérieure de l'œil; 2-^ par la 
forme des taches du cou, de la poitrine et des côtés du ventre, qui sont 
longitudinales et non triangulaires; enfin par le roux vif dont sont 



— 43 — 

colorés les flancs et les tectrices alaires inférieures. Il faut noter 
plus que les tectrices supérieures ne sont pas bordées de jaune roux 
comme dans l'espèce précédente. Bec brun; pieds d'un gris clair. 

Ces oiseaux arrivent dans nos contrées au mois de septembre et 
émigrent vers le midi au milieu de novembre. Us reviennent en- 
suite vers le nord de l'Europe, et notamment en Suède où ils nichent 
dans les touffes de sureau et de sorbier dont ils aiment beaucoup 
les baies, et souvent aussi dans les buissons de bouleau; leur chair 
est très délicate. 

Les œufs, au nombre de six, sontd'un bleu verdâtre taché de noir, 
MERLE A PLASTRON. 

Turdus torquatus. linn. — Le Merle à plastron blanc, êuff. Ois, v. 3. 
p. 340. t. 31. Id, pl. enl. 516. 

Tout le plumage est noir à l'exception de la poitrine^ qui est tra- 
versée par une large bande d'un blanc pur. Les plnmes sont bor- 
dées de gris blanc. Iris couleur noisette ; bec jaunâtre dans un tiers 
de son étendue; pieds bruns. 

Cette espèce qui porte aussi le nom de merle terrier ou buisson - 
nier, sans doute à cause de l'habitude qu'elle a de nicher contre 
terre et au pieds des buissons, ne se montre dans nos contrées qu'à 
l'automne et au printemps. Elle habite aussi la Suède et l'Ecosse; 
niche en Allemagne ; très rare en Hollande. 

Le plumage du merle mauvis présente des variations accidentelles; 
îl est tantôt tout blanc, tantôt blanchâtre ou bien tapiré de blanc. 

Les œufs, au nombre de quatre à six, sont d'un vert blanchâtre 
marqué de points d'un brun roux. 



— 44 — 



MERLE NOIR. 

Turdus tnerula. linn. — Le Merle^ buff. Ois. v. 3. p. 330. t. 20. 
Ici. pl, enl. 2. 

Tout le plumage d'un noir profond ; bec et tour des yeux jaunes ; 
iris et pieds noirs. Le plumage varie quelquefois du blanc pur au blanc 
jaunâtre. Le dicton populaire relatif aux merles blancs ne saurait 
donc être raisonnablement admis. 

La femelle est couleur de suie; sa gorge est irrégulièrement ta- 
chée de brun foncé et de brun clair ; sa poitrine est d'un brun rous- 
sâtre , et son ventre d'un cendré foncé ; pieds bruns; bec noirâtre. 

Le merle noir ou merle commun est l'espèce qui se trouve dans nos 
contrées. Il reste ordinairement sédentaire dans les lieux qu'il habite 
pourvu qu'on ne vienne pas le tourmenter; il se réfugie pendant l'hi- 
ver dans les bois les plus touffus et principalement dans ceux qui sont 
plantés d'arbres toujours verts: tels que les genévriers, les sapins, etc. 
On le voit quelquefois dans nos jardins. Le merle se laisse appro- 
cher difficilement du chasseur qu'il aperçoit de très loin ; et c'est 
sans doute à cette circonstance qu'il doit sa réputation de finesse. 
Cela ne l'empêche pas de tomber dans les différens pièges , pourvu 
que la main qui les tend sache se rendre invisible. La voix du 
merle, naturellement désagréable , peut facilement se modifier par 
l'éducation. Certains merles noirs retiennent aisément les airs qu'ils 
entendent siffler, et peuvent même contrefaire la voix humaine. Le 
merle entre de bonne heure en amour et chante bien avant les 
beaux jours du printemps. 

Il se trouve dans plusieurs parties de l'Europe; très commun en 
Hollande. 

Les œufs, au nombre de quatre à six, sont d'un gris verdâtre, avec 
des tâches d'un brun clair ou de couleur livide. 



MERLE A GORGE NOIRE. 



Turdus atrogularis , temm. Man^ Ornit,^ 2'= édiî. p. 169. v. 1. 

Le dessus de la tête et du cou, le dos, le croupion, les ailes et la 
queue d'un cendré olivâtre. Joues, gorge et devant du cou noirs; 
poitrine et ventre d'un blanchâtre mélangé de roux sur les flancs qui 
sont parsemés de petites taches d'un brun foncé. Couvertures in- 
férieures de la queue roussâtres , toutes terminées de blanc ; bec 
d'un brun noirâtre; la mandibule inférieure jaune à sa basej iris et 
pieds bruns. 

Cette espèce n'a encore été observée qu'en Hongrie et en Russie. 
On ne sait absolument rien sur sa nourriture et sa propagation. 

MERLE NAUMANN. 

Turdus naumanni, TiE.mm. Man. Omit., 2^ édit. p. 170 v. 1. 

Une tache noirâtre en forme de croissant occupe toute la région 
de l'oreille; sommet de la tête d'un brun foncé; toutes les autres 
parties supérieures d'un cendré roux passant au roux foncé sur le crou- 
pion et les pennes latérales de la queue; rémiges et pennes du milieu 
de la queue d'un brun foncé; les plumes des parties latérales du cou, 
de la poitrine et des flancs présentent à leur centre une tache d'un 
roux vif. Yentre d'un blanc pur; le dessous de la queue tout roux; 
bec et pieds bruns. 

Cette espèce se montre en Silésie, en Autriche et en Hongrie ; on 
la trouve aussi en Dalmatie et dans le midi de l'Italie. 

Nourriture et propagation inconnues. 



— 46 — 

DEUXIÈME SECTION. — SAXICOLES. 



Les oiseaux de cette section passsent leur vie au milieu des ro- 
chers et des montagnes rocailleuses. Ils sont solitaires ; se nourrissent 
presque exclusivement d'insectes, quelquefois de baies. 

MERLE DE ROCHE. 

Turdus saxatilis. lath. — Le Merle de roche, buff. pl. eul. 562. 

Le mâle. 

Tête et cou d'un bleu clair ; partie supérieure du dos et croupion 
noirs; milieu du dos blanc; ailes brunâtres; poitrine et ventre d'un 
beau roux ardent ainsi que la queue dont les deux pennes du milieu 
sont brunes ; pattes couleur de plomb. 

Il habite la Suisse, le Tyrol, la Hongrie, la Turquie, l'Archipel , les 
Apennins, les Alpes et les Pyrénées. On le trouve isolé sur les Vosges 
et d'autres montagnes de la France. 11 est commun dans le nord de 
l'Italie. 

Il niche dans les fentes des rochers ; construit son nid avec la 
mousse des arbres. 
Les œufs, au nombre de quatre, sont d'un bleu verdâtre sans taches. 

MERLE BLEU. 

Turdus cjanus. gmel. — Le Merle bleu. buff. Ois. v. 3. p. 355. t. 24 
Id. pl. enl. 250. Vieux mâle. 

Dessus de la tête et du cou, dos et croupion d'un beau bleu foncé; 
gorge, poitrine et ventre d'un bleu plus clair ; sur les plumes de la 
poitrine et du ventre se dessinent des croissans noirs et blancs; ailes 
et queue noires; pieds d'un gris bleuâtre. 

La femelle a le bleu des parties supérieures mêlé de brun et de 
cendré ; sur la gorge et le devant du cou sont de grandes taches 



— 47 — 

roussâtres. Les autres parties inférieures sont rayées et variées de 
bleuâtre , de cendré et de brun. 

Le merle bleu habite le midi de la France, TEspagne , la Sardaigne 
et l'Italie; très abondant dans les hautes vallées du Piémont; moins 
connu dans le Tyrol; rare en Suisse et très commun au-delà des Ap- 
pennins. Il niche dans les fentes des rochers, sur les vieilles tours et 
quelquefois dans les creux d'arbres. 

Les œufs, au nombre de cinq ou six, sont d'un blanc verdâtre. 

GENRE CINGLE. 

CINCLUS. (bescht.) 

Ce genre, qui appartient à la famille des mérulidés et à la section 
des dentirostres, offre les caractères suivans : bec tout-à-fait droit, 
comprimé et tranchant ; mandibule supérieure légèrement recourbée 
sur l'inférieure. Narines fendues longitudinalement, recouvertes par 
une membrane; trois doigts devant et un derrière; le doigt extérieur 
soudé à sa base ; la troisième et la quatrième rémiges sont les plus 
longues. 

Les cincles, auxquels on donne aussi le nom de merles d'eau, doi- 
vent être rangés, malgré leurs habitudes aquatiques, dans la classe 
des oiseaux terrestres. Ils habitent et nichent sur le bord des petits 
ruisseaux. Leur nourriture se compose d'insectes aquatiques. 

CINGLE PLONGEUR. 

Cinclus aquaticus, bescht. — Le Merle d'eau, buff. Ois, v. 8. p. 134- 
t. W.Id. pl. enl. 940. 

Le dessus de la tète et du cou d'un brun bai ; gorge et poitrine 
blanches; ventre et flancs d'un brun roux; ailes, dos, croupion et 
queue d'un brun noirâtre. Des écailles d'une teinte un peu plus 



— 48 — 

claire sur les tectrices alaires, le dos et le croupion ; iris gris ; pieds 
jaunâtres. 

Les habitudes de cet oiseau sont bien dignes de fixer l'attention du 
naturaliste. On ne voit point le cincle , à l'exemple de la plupart des 
oiseaux aquatiques, rechercher les eaux stagnantes des étangs et des 
marais fangeux; c'est près du bord des lacs et des ruisseaux des hau- 
tes montagnes qu'il dirige sa marche pleine de lenteur et de gravité. 

C'est là qu'on le voit souvent se reposer sur les pierres et les cail- 
loux contre lesquels viennent se briser en murmurant les eaux lim- 
pides des fontaines et des cascades. Le cincle se nourrit d'insectes 
qu'il va chercher sur le lit même de la rivière. 

Ce n'est point en plongeant , comme le font plusieurs oiseaux 
d'eau , qu'il parvient à s'emparer des petites proies aquatiques ; 
lorsqu'il entre dans un ruisseau, c'est le côté le moins profond qu'il 
choisit ; il suit la pente du terrain, s'avance avec sa gravité accoutu- 
mée et disparaît peu à peu sous les eaux au fond desquelles il marche 
toujours la tête haute et se promène en tous sens avec la même 
lenteur et la même facilité que s'il était encore sur le rivage; on a 
observé qu'au moment ou l'eau lui passait les genoux, il laissait pen- 
dre ses ailes elles agitait quelques instans , s'environnant ainsi d'une 
couche d'air qui pût lui permettre de respirer pendant un temps as- 
sez long. Ce fait pourrait peut-être servir à expliquer le mode de res- 
piration de cet oiseau. Ses plumes très épaisses sont rendues imper- 
méables par une substance graisseuse dont-elles sont enduites. 

Le cincle habite la Suède, l'Angleterre, la France, l'Allemagne, la 
Suisse et l'Italie; il est sédentaire dans tout ces pays, excepté en 
Hollande, où il est oiseau de passage. 

Buffon dit qu'il fabrique son nid avec beaucoup de soin et qu'il le 
place souvent près des roues des usines construites sur les ruisseaux; 
ce nid entrelacé d'herbe et de mousse est recouvert d'un dôme de 
même matière. 

Les œufs, au nombre de cinq à six, sont d'un blanc pur. 



GENRE BEG-FÎN. 



SYLVIA. (lath.) 

Bec très fin, droit, en alêne; base plus élevée que large; pointo. 
de la mandibule supérieure présentant souvent une échancrure; 
narines latérâles, ovoïdes, à moitié fermées par une membrane; trois 
doigts devant et un derrière, l'extérieur soudé à sa base à celui du 
milieu; la première rémige très courte ; les deuxième et troisième 
sont les plus longues. 

Ce genre, qui se compose des plus petites espèces d'oiseaux qui 
se trouvent eu Europe, doit être divisé en deux sections : les riverains 
et les sylvains ; cette dernière section se sub-divise en roitelets et 
en troglodytes. 

PREMIÈRE SECTION. RIVERAINS. 

Sommet de la tête déprimé; ailes courtes, très arrondies; queue 
longue, toujours très étagée. Quelques espèces de cette section ont 
beaucoup de rapport avec les merles et se trouvent placées entre 
ceux-ci et les bec-lins. 

Ils habitent au milieu des roseaux et des joncs dont est couvert 
le bord des fleuves, des marais, des rivières et des étangs. Leur chant 
est peu mélodieux. Leur nourriture consiste en insectes aquatiques. 

BEG-FIN ROUSSEROLLE. 

Sylvia turdoides. meyer. — Turdus aruiidinaceus . temm. Man, Orn. 
le édit. p. 96. — La Rousserolle. buff. Ois. v. 3. pag. 293. t. 18. 
7f/. pl. enl. 513. n 

Le dessus de la tête et du cou, le dos, le croupion , les ailes et la 
queue sont d'un brun roussâtre. Sourcils d'un blanc jaunâtre; gorge 

(*) Cette espèce chez laquelle des observations ultérieures oot deniontré les 
mêmes habitudes que chez les bec-fins, avail été rangée parmi les merles dans lu 
première édition de M. Temminck. 

Ois. d'Eur. 7''. Liv. 



- 50 — 

blanche ; poilrine d'un blanc jaunâtre devenant plus foncé sur le 
ventre et les flancs; bec jaune à sa racine, brun vers sa pointe ; iris 
brun ; queue arrondie ; pattes jaunâtres. 

Cette espèce, très abondante en Hollande, se trouve aussi assez 
communément dans quelques provinces de France et dans le Pié- 
mont. Elle niche dans les joncs et dans les roseaux. 

Les œufs, au nombre de trois à cinq, sont verdatres, avec des ta- 
ches cendrées et noirâtres. 

BEC-FIN RUBIGINEUX. 

Sjlvia galactotes, temm. Man. Orn, 2^ édit. p. 181 v. 1, 

Le dessus de la tête et du cou, le dos, le croupion et la queue 
d'un roux assez vif ; les yeux sont ombragés d'un sourcil blanc au- 
dessous du quel existe une petite raie brunâtre. Ailes d'un brun bordé 
de roussâtre ; gorge, poitrine et ventre d'un blanc isabelle qui de- 
vient roussâtre sur les flancs; toutes les pennes latérales de la queue 
présentent près de leur extrémité une grande tache noire. L'extré- 
mité de chaque penne est d'un blanc pur. Mandibule supérieure 
brune ; l'inférieure jaune excepté la pointe qui est brune ; pattes 
jaunâtres. 

Il habite les provinces méridionales de l'Espagne. 
La nourriture, la propagation et les habitudes de cette espèce 
sont totalement inconnues. 

BEC-FIN RIVERAIN. 

Sylvia Jluviatilis. meyer. Tasscheiih, deut, v. 1. p. 229. 

Dessus de la tête et du cou, ailes, dos, coupion et queue de couleur 
olivâtre avec quelques nuances de brun ; gorge blanche, parsemée 
de petites taches longitudinales de couleur olivâtre; côtés du cou, 
poitrine et ventre d'un blanc olivâtre avec des taches en forme de 
fer de lance d'un olivâtre plus foncé ; milieu du ventre blanc; cou- 



— 51 — 

vertures inférieures de la queue crnn brun olivâtre, terminées par 
un grand espace blaûc j queue très étagée ; pieds jaunâtres. 

11 habite en Autriche et en Hongrie, le long des bords du DanuLe. 

On ne connaît ni le nid ni les œufs de cette espèce. 

BEC-FIN LOGUSTELLE. 

SyUna locustella. lath. Ind. v. 2. p. 515. sp. 25. — V alouette locustelle. 
BUFF. Ois. V. 5. p. 42. — CUV. Reg. anirn. v. 1. p. 567.; mais les 
synonymes n'y appartiennent point. 

La tête, le cou, les ailes, le dos, le croupion et la queue sont bruns 
avec une légère nuance olivâtre dans quelques endroits ; une tache 
d'un brun noir occupe le centre de chaque plume. Gorge, devant du 
cou et milieu du ventre d'un blanc pur ; couvertures inférieures de 
la queue d'un jaune roussâtre avec des taches brunes. 

Il habite en Autriche, en Hongrie, en Italie et dans le midi de la 
France; rare en Hollande et en Angleterre. On le trouve sur le bord 
des fleuves. 

Il niche dans les roseaux et les grandes touffes d^herbes. 
BEC-FIN TRAPU. 

Sylvia certhiola. t emm. Man. orn. 2eédit. v. 1. p. 186. 

Toutes les parties supérieures d'une couleur olivâtre présentent 
ça et là des taches ovoïdes d'un brun noir ; ces taches occupent le 
centre de chaque plume. Gorge, devant du cou, poitrine et milieu 
du ventre d'un blanc pur ; de très petites taches d'un brun foncé 
existent sur le devant de la gorge. Flancs , abdomen et couvertures 
inférieures delà queue d'un roux clair ; queue longue et très étagée; 
les pennes noirâtres en dessous sont terminées par un grand espace 
d'un cendré blanchâtre ; pattes jaunâtres. 

Il habite la Russie méridionale. 

Propagation inconnue. 



- 52 — 

Cette espèce qui a les plus grands rapports avec la précédente s'en 
distingue par un bec fort, à mandibule supérieure noire, l'inférieure 
étant jaune, et par sa queue dont toutes les pennes sont terminées en 
dessous par un grand espace cendré. Le bec-fin locustelle a un bec 
unicolor, fortement en alêne; une queue unicolore jusqu'au bout. Le 
bec-fin trapu semble plus ramassé par la largeur de sa queue, tandis 
que la locustelle a des formes plus sveltes. 

BEC-FIN AQUATIQUE. 

Syh'ia aquatica. lath. ItkL v. 2. sp. 510. sp. 11. — Fauvette aquatique. 
soiNN. — Nouv. édit. BùFF. Ois. V. 15. p. 132. 

Une bande d'un brun noir s'étend depuis la base de la mandibule 
supérieure jusqu'à l'occiput \ au-dessus et au-dessous de cette bande 
en existe une autre d'un blanc jaunâtre. La nuque, le derrière du 
cou, le haut du dos et les scapulaires d'un gris très légèrement rous- 
sâtre avec des taches longitudinales noirâtres ; les ailes d'un brun 
grisâtre ; les tectrices bordées de gris blanchâtre et les rémiges de 
blanc jaunâtre ; gorge, côtés du cou, poitrine et ventre d'un blanc 
roux très clair se renforçant surtout sur le ventre et les flancs; rec- 
trices d'un brun foncé dans le milieu avec une large bordure gri- 
sâtre ; tectrices sub-caudales rousses ; bec noir à sa pointe, jaune à 
sa base; pattes jaunes. 

Cette espèce est très abondante en Italie, dans le Piémont et quel- 
\ quefois dans le midi de la France; elle est peu abondante en Allema- 
gne et très rare en Hollande. 

BEC-FIN PHRAGMITE. 

Sylvia phragmitis. ijesciit. Natur^ deut- v. 3- p. 633 lath syn. 

V. 4. p 430 sp. 'n.—Td. suppl p. 180. 

Au-dessus de l'œil existe une large bande d'un blanc jaunâtre, 
suivie d'une antre de couleur noire. Sommet de la tête, haut du dos 
et scapulaires, d'un brun olivâtre avec des taches nuancées de brun 



sur le centre de chaque plume ; ces taches sont noires sur le sommet 
de la tête. Rémiges noirâtres, bordées de blanc jaunâtre; partie in- 
férieure du dos, croupion et tectrices caudales supérieures brunâtres; 
gorge , poitrine et ventre d'un blanc roux surtout sur les flancs , la 
région anale et les tectrices sub-caudales ; queue d'un brun cendré ; 
pattes jaunâtres. 

Il habite les marais de la Hollande ; se trouve en Angleterre, en 
France et en Allemagne. 

Son nid, dont la forme est celle d'un panier, est entrelacé avec 
beaucoup d'art dans les roseaux. On le trouve quelquefois sous la ra- 
cine des arbres, et sur le bord des eaux. 

Les œufs, au nombre de cinq, sont d'un blanchâtre sale ou d'un 
cendré fauve, avec des petits points blancs qui sont le plus souvent 
réunis en zone. 

BECFIN DES ROSEAUX OU ÉFARYATTE. 

Syhia arnudinacea. lath. Ind. v. 2. p. 510- sp. 12 — Fauvette de 
roseaux, buff. Ois. v. 5. p. 142. 

Une petite bande d'un blanc jaunâtre s'étend depuis la base de 
la mandibule supérieure jusqu'au dessus de l'œil. Sommet de la tête, 
dessus du cou, dos et croupion d'un brun roussâtre ; les ailes brunes 
bordées de roux ; gorge et devant du cou d'un blanc pur; poitrine et 
ventre d'un blanc jaunâtre ; cette dernière couleur est plus pronon- 
cée sur les flancs. Queue d'un brun olivâtre ; pattes jaunâtres. 

Il est très répandu en Hollande , en France , en Allemagne et en 
Angleterre. Il devient très rare dans le midi et dans les contrées 
orientales. Il se cache dans les roseaux au milieu desquels il cons- 
truit son nid avec autant d'art que la précédente espèce. 

Les œufs , au nombre de quatre à cinq , sont d'un blanc verdâtre 
avec des taches vertes et brunes qui sont plus nombreuses et plus 
rapprochées vers le gros bout. 



— 54 — 



BEC-FIN VERDEROLLE. 

Syh'ia palustris. BESCHT. Ndtur^'. cîeiit, v. 3- pJig. 039. t- 2G. Ncimn. voy, 
édit. in 8. t. 46. p. 105. 

Une bande d'un blanc jaunâtre s'étend depuis la base de la mandi- 
bule supérieure jusqu'au dessus de l'œil. Dessus de la tête et du cou, 
dos, croupion et queue d'un brun olivâtre ; les ailes brunes bordées de 
cendré ; gorge d'un blanc pur ; poitrine et ventre d'un blanc jaunâ- 
tre ; le jaune domine sur le ventre et les flancs ; pattes jaunes. 

Cette espèce qui ne se cache jamais dans les roseaux, mais que l'on 
voit souvent posée sur les tiges les plus élevées des chanvres et des 
buissons, est assez commune dans tout le midi et les contrées orien- 
tales, le long du Danube. On la trouve encore en Suisse et dans quel- 
ques parties de l'Allemagne. 

Son nid, de forme sphérique, est placé à terre parmi les racines des 
buissons. 

Les œufs , au nombre de quatre à cinq, sont d'un cendré clair 
couvert de taches foncées et plus claires, d'un cendré bleuâtre. 

Outre les différences qui existent dans les habitudes et dans le 
chant du bec-fin des roseaux et du bec-fin verderoUe, espèces qui ont 
tant d'analogie entre elles, il y a encore d'autres signes qui permet- 
tent de les distinguer. Le plumage de la première est teint généra- 
lement de roussâtre et le bec est comprimé à sa base, tandis que le 
plumage de la seconde est généralement teint d'olivâtre et le bec 
est déprimé à sa base et dans toute sa longueur. 

BEC-FIN BOUSCARLE. 

Sylvia cetti. marmora — buff. Ois. pl. enl. 655. f. 2. 

Entre le bec et l'œil existe un petit trait grisâtre. Dessus de la tète et 
du cou, tectrices aiaires, dos et croupion d'un brun ferrugineux foncé; 
rémiges d'un brun foncé ; gorge, devant du cou, milieu du ventre 
blancs; côté du cou, flancs, cuisses et ventre d'un brun roux, moins 



fonce que celui des parties supérieures; tectrices sub-caudales rous- 
ses terminées de blanc ; bec et pieds d'un brun clair. 

Il habite la Sardaigne et plusieurs autres parties méridionales de 
l'Europe ; on l'a aussi aperçu en Angleterre. Il fréquente le bord des 
rivières et les buissons épineux ; il se nourrit des petits insectes ailés 
qui vivent dans le voisinage des eaux. 

DEUXIÈME SECTION. — SYLVAÏNS. 

Les oiseaux de cette section vivent habituellement dans les bois. 
Leur nourriture consiste en baies, vers et insectes. Leur corps est 
svelte ; leur queue qu'ils portent horizontalement est longue, large et 
à pennes égales. Le bec est droit, grêle, comprimé à la pointe. Leur 
voix est mélodieuse. 

BEC-FIN ROSSIGNOL. 

Sylvia luscinia. lath. IîicL v. 2. p. 506. sp. l — Le Rossignol. bU'FF. 
Ois. V. 5. p. 81. t. 6. f. t.— Ici. pl. en]. 615. 

Le dessus de la tête et du cou, les ailes, le dos et le croupion d'un 
brun légèrement roux; gorge et ventre blanchâtres ; poitrine et flancs 
d'un gris cendré ; queue couleur de rouille; bec brunâtre, un peu 
jaune à sa base ; tarses jaunes. La femelle ne diffère pas du mâle. 
Il existe des variétés albines. 

Tout le monde connaît le chant du rossignol , les sons moelleux et 
flutés qu'il tire de son gosier flexible ; son ramage a cela de remar- 
quable qu'il se compose d'une succession non interrompue de sons 
qu'il soutient quelquefois pendant vingt secondes, sachant toujours 
les moduler avec le goût et la précision du plus habile symphoniste, 
La voix de cet oiseau dont les muscles du larynx sont plus puissans 
que dans aucune autre espèce, et même plus puissans dans le mâle 
qui chante que dans la femelle qui ne chante pas, paraît égaler au 
moins la portée de la voix humaine. D'après M' le docteur Remond, le 
chant du rossignol, quoique très varié, ne comprendrait qu'une seule 



^ 56 — 

octave. Cet oiseau proflte des belles nuits du priutemps pour chanter 
ses amours, et se repose pendant le jour à Tombre des bosquets et 
des épais buissons. 

Les anciens qui pensaient qu'il ne dormait point dans cette saison, 
attachaient à sa chair une propriété anti-soporeuse. Il suffisait, sui- 
vant eux, de mettre le cœur et les yeux d'un rossignol sous l'oreiller 
d'une personne pour lui donner une insomnie. Non seulement, dit 
Buffon, les rossignols dorment pendant le jour, mais ils rêvent et 
d'un rêve de rossignol, car on les entend gazouiller à demi-voix et 
chanter tout bas. Ami brûlant de la liberté, le rossignol ne se laisse 
que très difficilement élever en cage; on y parvient cependant lors- 
qu'on sait l'entourer d'un printemps pour ainsi dire perpétuel ; dans 
ce cas il continue à chanter et finit par s'attacher à la personne qui a 
soin de lui, au point de mourir de regret lorsqu'il vient à être séparé 
d'elle. Il retient facilement les airs qu'on lui siffle, et apprend aussi 
à répeter des phrases. Ses chants commencent au mois d'avril et ne 
cessent qu'àla fin de juin. Quoique d'un caractère sauvage et timide, 
le rossignol n'est point défiant et tombe facilement dans les pièges 
qu'on lui tend. On le prend à la pipée, aux gluaux, dans le trébu- 
chet, e tc. Il vit toujours solitaire; il est assez commun dans toute l'Eu- 
rope et nous quitte l'hiver pour passer en Asie. Il se nourrit d'insectes 
aquatiques et autres , de petits vers et d'œufs de fourmis; il ne dé- 
daigne pas non plus les figues, les baies, etc. Sa chair est fort bonne à 
manger lorsqu'elle est grasse , et pourrait rivaliser avec celle des or- 
tolans. On se souvient sans doute de celle fantaisie d'Iiélyogabale qui 
mangeait des langues de rossignols, de paons, etc. Qui ne se rappelle 
encore ce plat fameux du comédien Esope , dont parle Pline , com- 
posé d'une centaine d'oiseaux plus ou moins célèbres par leurs talens 
déchanter et leur facilité à parler. 

Le rossignol place son nid sur les branches les plus basses des ar- 
bustes, ou sur une touffe d'herbe et quelques fois à terre, au pied 
même de ces arbustes. Il habite les bois, les buissons elles jardins. 

Les œufS; au nombre de quatre à six, sont d'un vert olivâtre. 



— :>i — 
BEG-FIN PHILOMÈLE. 



Syivia philoniéla, bescht. Naturg. deut. v. 3. p. 507. t. 35. f. 1. — Mo- 
tacilla luscinia major, gmel. — Syst. 1. p. 950. sp. 1. — Luscinia major. 
BRiss. Omit. V. 3. p. 400. 

La téle, le dessus du cou, le dos et le croupion d'un gris-brun terne; 
les ailes d'un gris un peu plus foncé; gorge blanche; poitrine, ventre et 
flancs d'un cendré clair devenant plus foncé près de la région anale; 
queue rousse ; mandibule supérieure brunâtre \ l'iniérieure blan- 
châtre; pattes jaunes. 

Il habite dans différentes parties de l'Aile magne. Il est très rare 
en France, et on ne le voit jamais en Hollande, lise trouve dans les 
bois et particulièrement le long des ruisseaux. 

Il niche comme l'espèce précédente, mais plus fréquemment dans 
les lieux bas et humides. 

Les œufs, d'un brun olive teint de brun foncée sont plus grands 
que ceux du rossignol. 

BEC-FIN SOYEUX. 

Sylvia sericea. natter. 

L'œil dont le pourtour est blanc est surmonté d'un sourcil de la 
même couleur. Tout le dessus du corps de cet oiseau est à-peu-près de 
la même couleur que dans l'espèce précédente; la queue au lieu d'être 
rousse est d'un gris brun semblable à celui des parties supérieures. 
La gorge est blanche , ainsi que le milieu du ventre ; les côtés du 
cou et la poitrine d'un gris cendré clair passant au gris brun sur les 
flancs , le ventre et les tectrices sub-caudales. La mandibule supé- 
rieure brune, Tinférieure jaune ; pattes jaunâtres. 

Les quatrième, cinquième et sixième rémiges les plus longues. 

Cette espèce dont la découverte est due à M. Natterer , com- 
missaire du musée de Vienne, ne mérite pas le nom qu'elle porte au- 

Ois. d'El'ii. 8« Liv. 



— 58 — 

jourd'hui ; car son plumage n'est pas plus soyeux que celui du ros- 
signol. 

Il habite les provinces méridionales de l'Espagne. 
On ne connaît point la couleur de ses œufs. 

BEC-FIN ORPHÉE. 

Sylvia orphea. temm. Man. ornith. 2^ édit. v. 1. p. 198. — L<2 Fau- 
vette. BUFF. pl. enl. 579. f. 1. Femelle du hec-fin orphce ; pour la 
description^ p. 119, depuis la ligne 5 jusqu'à la ligne 24. — La Fau- 
vette proprement dite. CUV. Règ. anim. v. 1. p. 397. 

Le front, le sommet de la tête et les joues sont noirâtres; occiput, 
nuque^ dessus du cou, dos et croupion d'un cendré très foncé; rémi- 
ges primaires noirâtres ; rémiges secondaires et tectrices alaires d'un 
noir tirant sur le brun \ gorge, côtés du cou et haut de la poitrine 
blancs; ventre, poitrine et flancs d'un rose clair; plumes de la région 
anale et tectrices sub-caudales d'un roux clair; queue d'un brun foncé; 
la penne extérieure de chaque côté de la queue est blanche dans 
toute sa longeur; l'extrémité des barbes intérieures est cendrée. Les 
autres pennes de la queue sont blanches à leur extrémité ; mandi- 
bule inférieure jaune à sa racine, la supérieure noirâtre; pattes d'un 
jaune brunâtre. 

11 est commun en Italie et dans les départemens méridionaux de la 
France et de la Savoie. On ne le trouve jamais dans le nord. 

Il niche dans les buissons , souvent aussi dans les trous de masure 
et sous les toits. 

Les œufs, au nombre de quatre ou cinq, sont presque blancs, mar- 
qués irrégulièrement de taches jaunâtres et de petits points bruns. 

BEC-FIN RAYÉ. 

Sjh'ia nisoria. bescu. Naturg. deut, v. 3. p. 547. 
La tète, le dessus du cou , les scapulaires , le dos et le croupion 



— 69 — 

d'un cendré un peu foncé ; les plumes des scapulaires et du croupion 
sont terminées par une petite raie brune et une autre blanche; les 
ailes d'un cendré brunâtre sont liserées de gris blanchâtre; gorge, 
devant du cou, poitrine et ventre blanchâtres avec des raies trans- 
versales de gris cendré; le devant du cou et le milieu du ventre sont 
d'un blanc pur. Couvertures inférieures de la queue cendrées, avec 
de .larges bordures ])lanches. 

Bec brun; iris jaune ; pattes d'un jaune verdâtre. 

Il habite les buissons et les taillis. On le trouve principalement en 
Suède, dans les provinces du nord de l'Allemagne et en Hongrie; il est 
assez rare en Autriche. 

Les œufs, au nombre de qualre à cinq, sont d'un blanchâtre 
marqué de taches d'un cendré pourpré, ou d'un cendré pur. 

BEC-FIN A TÊTE NOIRE. 

Sjh'ia atricapilla. lath. — Ind. v. 2. p. 508. sp. G. — La Fauvette à 
téte noire, buff. Ois. v. 5. p. 125. t. 8. f. 1. 

Dessus de la tête d'un noir profond; joues, côtés de la tète , dessus 
du cou et petit espace compris entre l'œil et la base du bec d'un gris 
cendré; ailes, dos, croupion et queue d'un cendré nuancé d'olivâtre; 
pennes des ailes d'un gris brun, bordées extérieurement d'olivâtre et 
intérieurement de blanchâtre; gorge, poitrine et ventre d'un cendré 
blanchâtre; bec et pieds brunâtres. 

La tête de la femelle est de couleur rousse; ventre d'un blanc légè- 
rement teint de roux. Cette espèce de fauvette, est, suivant Buffon, 
celle dont le chant est le plus pur et le plus mélodieux. Elle chante 
encore bien long- temps après que le rossignol s'est tu. Elle se laisse 
facilement élever en cage et montre beaucoup d'affection pour son 
maître. 

Elle habite depuis le nord, même depuis la Laponie jusque dans les 
provinces méridionales de la France et dans les parties orientales. 



- 60 — 

Elle niche dans les buissons. Les œufs, au nombre de quatre à six, 
de forme obtuse, sont d'un jaune blanchâtre nuancé de roux et par- 
semé d'un petit nombre de taches plus foncées. 

BEC-FIN MÉLANOCÉPHALE. 

Sylvia melanocephala, lath. IncL orn. v. 2. p. 509. sp. 7. 

Front, sommet delà tête, occiput et joues d'un noir profond; le des- 
sus du cou, le dos et le croupion d'un gris foncé ; ailes noirâtres; 
gorge, devant du cou et milieu du ventre blancs; le reste des parties 
inférieures d'un gris cendré; queue de la même couleur que les ailes. 
La première penne de chaque côté est blanche à son extrémité ainsi 
que sur ses barbes externes. Il y a aussi une tache blanche sur les 
deuxième et troisième pennes; les yeux sont entourés d'un cercle rou- 
geâtre clair, les orbites étant nus. Iris brun; pieds brunâtres; base de 
la mandibule inférieure blanche , le reste noir. 

La tête, chez la femelle, d'une couleur cendré noirâtre. 

Il habite le midi de l'Espagne , la Sardaigne et les états napolitains; 
il niche dans les buissons loin des habitations. 

Les œufs, au nombre de quatre à cinq, sont d'un blanc jaunâtre 
plus foncé. 

BEC-FIN SABDE. 

Sylvia sarcla, marmora. 

Front, sommet de la tête, joues, scapulaires, dos et croupion d'un 
cendré noirâtre plus profond au front et près des yeux; ailes noires; 
côtés et devant du cou , poitrine et flancs d'un cendré plus clair, se 
nuançant de vineux sur le ventre et près des cuisses; milieu du ven- 
tre d'un blanc légèrement teint de vineux; queue de la même cou- 
leur que les ailes. La première penne caudale est liserée de blanc; 



\ 

— 61 — 

orbitres des yeux nus, environnés d'un cercle rouge vermillon; base 
de la mandibule inférieure jaunâtre, le reste noir; pieds jaunâtres. 

Il habite les buissons dans les lieux incultes et déserts; très com- 
mun en Sardaigne; se trouve sans doute aussi dans le royaume de Na- 
ples et en Sicile. 

Propagation inconnue. 

BEC-FIN FAUVETTE, 

Sylvia hortensis. bescht. Naturg. deut. v. 3. p, 524. sp. 4. — La petite 
Fauvette, buff. pl. eul. 579. f. 2. 

Un cercle blanc autour de l'œil, dessus de la tête et du cou, scapu - 
laires, dos et croupion d'un gris brun très légèrement nuancé d'olivâ- 
tre; les pennes des ailes sont d'un cendré très foncé, noires sur la 
tige, bordées de gris en dehors. Une ligne blanche sur le pli de l'aile; 
sur la partie latérale du bas du cou une tache assez large d'un brun 
cendré pur; gorge blanchâtre; poitrine et flancs d'un gris roussâtre; 
ventre blanc; tectrices sub-caudales d'un blanc sale un peu roussâtre; 
bec brun; base de la mandibule inférieure jaunâtre; pattes brunâtres. 

Si la nature n'a point paré cette espèce d'une riche livrée, elle l'en 
a bien dédommagée par les grâces naturelles dont brille tout son petit 
être. Qui de nous n'a assisté par une de ces belles matinées du printemps 
aux délicieux concerts des fauvettes? qui n'a mainte fois été éveillé par 
leur aimable gazouillement? Alors que tout repose dans la nature, que 
l'air commence às'enbaumer des parfums du matin, la vigilante fau- 
vette nous annonce par ses chansons le lever du soleil, et déjà l'écho 
des bosquets répète au loin ses accens amoureux . Voyez-là cette petite 
folle, sautant de branche en branche, aller agacer ses compagnes, puis 
disparaître aussitôt dans le plus épais buisson pour y redire ses chan- 
sonnettes. Comme elle est vive et légère, pétulente et gracieuse dans 
tous ses mouvemens; touten elle respire la joie, le bonheur et l'amour; 
Aussi a-t-elle souvent inspiré nos poètes et lui devons-nous des vers 



— 62 — 

charmaiîs, empreints de la plus touchante mélancolie. La fauvette est 
un modèle d'amour maternel. Son mâle a mille petits soins pour elle 
tout le temps qu'elle est occupée à couver. Elle niche dans les jar- 
dins, les bocages et les champs semés de légumes. Elle place son nid 
sur la ramée qui soutient les fèves ou les pois, ou bien encore dans 
les buissons et dans les haies. 

L'espèce que nous venons de décrire se trouve dans presque tous 
les pays tempérés de l'Europe. Elle nous quitte en automne avec 
plusieurs autres espèces de fauvettes. 

Les œufs, au nombre de cinq à six, sont blanchâtres, parsemés de 
lâches et de points verdâtres et grisâtres. 

BEC-FIN GRISETTE. 

Sylvia cinerea. lath. Ind. v, 1. p. 514. — Fauvette grise ou grisette, 
BiiFF. Ois. V. 5. p. 132. Id. pl. enl. 579. f- 3. 

Tète et dessus du cou cendrés; dos et croupion d'un gris un peu 
ferrugineux; les ailes d'un brun noirâtre; les rémiges et les tectrices 
bordées de roux très vif; la première rémige liserée de blanc; gorge 
et milieu du ventre blancs; poitrine légèrement teinte de rose; les 
flancs et le reste du ventre d'un gris légèrement roussâtre ; queue 
d'un brun noirâtre ; la première penne caudale de chaque côté a la 
barbe extérieure et le bout d'un blanc pur; la suivante seulement 
terminée de blanchâtre. 

Il habite les haies et les taillis; se trouve en France et en Allema- 
gne; très abondant en Hollande. 

Les œufs, au nombre de cinq à six, sont d'^un gris verdâtre mou- 
cheté de nombreuses taches roussâtres et olivâtres. 

BEC-FIN BABILLARD. 

Sylvia curruca. lath Ind. v. 2. p. 509. sp. 9. — Curruca garrula. rriss. 
Omit. v. 3. p. 384. sp. 7. — La Fauvette hahillarde. «uff. Ois. v. 5. 
p. 135. 

Toutes les parties supérieures du corps d'un gris cendré plus foncé 



— 03 — 

sur la tête, en dessouset derrière l'œil; ailes d'un brun foncé, bordées 
de gris cendré à l'extérieur ; gorge et devant du cou d'un blanc pur ; 
côtés de la poitrine et du ventre d'un blanc un peu grisâtre et pre- 
nant un ton roux vers l'anus; queue noirâtre , la penne extérieure 
cendrée, bordée et terminée de blanc, n^ais blanche sur toute la barbe 
extérieure; les deux suivantes terminées par une petite tache blanche; 
mandibule supérieure noire, l'inférieure jaune, pattes gris -rosej tour 
des yeux blanc. 

Son nom de babillard vient de ce que ce bec -fin répète sans cesse 
le même refrain. Outre ce ramage plein de gaîté, il fait entendre une 
sorte de sifflement , bjie , bjie , dans l'épaisseur des buissons. 

Il n'habite que les provinces tempérées de TEurope; on le trouve 
aussi en Asie ; il niche dans les buissons épineux et les taillis. 

Les œufs, au nombre de cinq, sont d'un blanc verdâtre avec des 
taches bleuâtres et brunâtres. 

BEC-FIN A LUNETTES. 

Syhia conspicillata. marmora.- 

Un cercle blanc autour des yeux ; sommet de la tête et joues cen- 
drés ; un trait noir situé entre l'œil et le bec ; scapulaires et dos d'un 
roux un peu vineux; ailes noirâtres ; les couvertures bordées d'un roux 
vif; gorge d'un blanc pur; poitrine et ventre d'une teinte vineuse se 
nuançant de roussâtre sur les flancs; queue noirâtre; la penne exté- 
rieure presque entièrement blanche, la deuxième terminée par une 
grande tache blanche, et la troisième par une très petite; bec jaune à 
la base et noir à la pointe; pieds jaunâtres. 

Cette espèce qui a quelque ressemblance avec la grisette dont elle 
se distingue par sa petite taille, par des espèces de lunettes noi- 
res sur les yeux et ses couleurs plus vives, ne se trouve qu'en Sar- 
daigne. 

Propagation inconnue. 



— 64 - 



BEG-rm PITTE-CHOU. 

Sylvia provincialis . gmel. Syst. 1. p. ^958. sp. 67. — Le Pitte-Chou de 
Provence, buff. Ois.\, 5. p. 158. Id, pl. enl. 655. f, 1. 

Tête, cou , dos et croupion d'un gris noirâtre; ailes d'un brun noi- 
râtre, cendrées extérieurement; gorge, poitrine et ventre d'un rouge 
lie de vin, la gorge parsemée de petits points blancs; le milieu du 
ventre de cette dernière couleur ; queue d'un gris noirâtre, la penne 
externe de chaque côté terminée de blanc; pieds jaunâtres; bec noir, 
jaunâtre à la base. 

Le nom de ce bec-fin, qu'on pourrait croire venir de ce que l'oiseau 
a l'habitude de se cacher sous les choux oii il va chercher sa nourri- 
ture, signifie seulement en provençal, petit, menu ; ce qui est con- 
forme à réthymologie italienne, piccino, piccinino. 

Il habite en Espagne et dans le midi de l'Italie ; on le trouve le long 
de la Méditerranée ; il est assez rare au centre de la France et en An- 
gleterre ; on ne l'a jamais vu en Allemagne ni en Hollande; il niche 
dans les buissons touffus, à quelque distance de terre et dans l'épais- 
seur du feuillage. 

Les œufs, au nombre de quatre ou six, d'un blanchâtre marqué d'un 
grand nombre de [petits points bruns et cendrés , dont la réunion 
forme souvent une zone vers le gros bout. 

BEC FIN PASSERINETTE. 

Sylvia passerina, lath. Ind. v. 2. p. 508. sp. 5. — La Passerinette' 
BUFF. Ois. v. 5. p. 123. Id. pi. enl. 579. f. 2. 

Sommet de la tête, joues, nuque et côtés du cou d'un cendré blanchâ- 
tre; dessus du cou, dos, scapulaires et croupion d'un gris légèrement 
olivâtre; ailes d'un gris brunâtre ; tectrices alaires bordées de roux ; 
gorge, poitrine et ventre d'un blanc pur, une légère teinte de roux 



très clair se mêle au blanc de la poitrine et devient plus prononcée 
sur les flancs ; queue d'un cendré noirâtre. 

Cet oiseau a un petit cri dans lequel semble se trouver les deux 
dernières syllabes de son nom, passerine. 

Il habite le midi de l'Italie , la Sardaigne et le midi de l'Espagne; 
assez commun en Lombardie, dans les buissons proche du Pô. 

Propagation inconnue. 

BEC-FIN SUBALPIN. 

Sylvia suhalpina. bonnelli. Femelle. 

Tête, joues, dessus du cou, dos, scapulaires et croupion d'un cendré 
pur; ailes noirâtres; rémiges secondaires et tectrices liserées de roux; 
gorge, devant du cou, ventre et flancs d'une couleur vineuse; milieu 
du ventre et tectrices sub-caudales blanches; penne extérieure de 
chaque côté de la queue blanche en dehors et à son extrémité; bec 
brun en dessus et noir en dessous ; pieds bruns. 

On ne l'a encore trouvé qu'aux environs de Turin et de Gênes. 

BEC-FIN ROUGE-GORGE. 

Stjh'iarubecula. lath. Ind. v. 2. p. 520. sp. 42. — Rouge-Gorge, buff. 
Ois. v. 5. p. 196. t. 11. Ici. pl. enl. 301 f. 1. 

Sommet de la tête, dessus du cou, scapulaires, dos et croupion d'un 
gris-brun olivâtre ; rémiges noirâtres ; front, espace entre le bec et 
l'œil, gorge, devant du cou et poitrine d'un roux ardent; flancs d'un 
cendré olivâtre; ventre d'un blanc pur; bec et pattes noirâtres. 

La femelle a toutes les parties supérieures d'un brun cendré. Le 
roux de la poitrine est plus terne. 

Le rouge-gorge dont le nom vient de cette plaque d'un roux oran- 
ger qui recouvre sa gorge et sa poitrine, reste tout l'été dans l'épais- 
seur des bois et ne s'approche des habitations qu'au moment de sou 
départ qui a lieu en automne. Il se plaît dans les endroits humides; 

Ois. d'Eur. 9". Liv. 



— m ~ 

il chante dès l'aube du jour et ne se couche que fort tard. La voix du 
mâle est assez mélodieuse pendant le temps des nichées. 

Quelques-uns passentl'hiver dans nos contrées, et'quand le froid est 
trop rigoureux, que la neige qui couvre la terre ne permet plus au 
rouge-gorge d'y chercher sa nourriture, c'est alors qu'on le voit sou- 
vent entrer dans les maisons pour y ramasser les miettes de pain et 
autres débris du repas; s'il trouve les portes fermées, le petit auda- 
cieux frappe du bec les vitres comme pour demander l'hospitalité. 

Le rouge-gorge est fort en réputation dans l'Irlande et en Angle- 
terre par rapport à son heureux instinct, et son chant est si agréable 
et si varié qu'on le compare à celui du rossignol. 

Des écrivains dignes de foi prêtent à ces oiseaux une singulière ha- 
bitude. Dès qu'ils aperçoivent le cadavre de l'un des leurs ou bien 
encore des cadavres humains gisants et abandonnés, ils se rassem- 
blent par troupes et s'empressent de leur rendre la sépulture en les 
couvrant de branchettes, de mousse et de feuilles sèches, jusquà ce 
qu'ils les aient dérobés tout à fait à la vue. 

On lit dans le poète Michel Drayton, qui vivait sous l'illustre Éli- 
sabeth,le passage suivant relatif au rouge- gorge. 

o Le rouge-gorge nous enseigne l'amour du prochain; ne le voyons- 
nous pas couvrir religieusement de mousse légère le front elles yeux 
d'un mort, quand ses proches ou ses amis ont été assez inhumains pour 
lui refuser ces saints et derniers devoirs 1 » 

Les oiseaux de cette espèce sont peu défîans et surtout fort curieux: 
aussi tombent-ils souvent dans les pièges. Ce sont toujours les premiers 
oiseaux que l'on prend à la pipée. Le bruit occasioné par les prépa- 
ratifs de lâchasse, loin de les épouvanter ne fait au contraire que pi- 
quer leur curiosité; et bien souvent ils viennent derrière les pipeurs 
s'embarrasser dans les premiers gluaux qui sont à peine tendus. Il suf- 
fit quelquefois d'imiter, en suçant le doigt, le petit cri de uip, uip des 
rouge-gorges pour les voir arriver par bandes. Le cri àeti-ritf ti-rit, 
li-ri-ti-ti est celui qu'ils font entendre le matin et le soir, et toutes 
les fois que leur curiosité vient à être excitée. 



— (il — 

Celte espèce, très abondante en France et en Hollande, est répandue 
dans toute l'Europe; c'est surtout en Bourgogne et en Lorraine quel'on 
chasse ces petits oiseaux dont la chair est excellente à manger. Le rouge- 
gorge place son nid près de terre, dans la mousse ou dans les herbes. 
Onprétend qu'après l'avoir construit, il le couvre d'un amas de feuilles, 
ne laissant sous cet amas qu'une entrée étroite et oblique qu'il bouche 
d'une feuille en sortant. Les œufs, au nombre de cinq à sept, sont 
d'un blanc jaunâtre avec des taches et des raies brunes. 

BEC-FIN GORGE-BLEUE. 

Sylvia succica. i.ath. Ind. v. 2. p. 521. sp 43. — La Gorge-Bleue, buff. 
Ois. V. 5. p. 206. t. 12. 

Les yeux surmontes d'un sourcil blanc; dessus de la tête et du 
cou, ailes, dos et croupion brunâtres; gorge et devant du cou d'un 
bleu d'azur. La poitrine est traversée par trois larges bandes dont la 
première est noire, la seconde blanche et la dernière d'un roux vif; 
rectrices latérales d'un très beau roux dans leur partie supérieure et 
noire à leur extrémité; ventre d'un blanc grisâtre, passant au roux: 
sur les lianes. 

Notre description a été faite d'après un vieux mâle. Chez Tadulte 
il n'y a pas de raie blanche au-dessus des yeux ; il existe de plus une 
large tache blanche sur la gorge. La femelle diffère du mâle par une 
raie longitudinale noirâtre qui se réunit sur le haut de la poitrine en 
un large espace noirâtre teint de cendré. 

Tandis que le rouge-gorge habite l'intérieur des bois, le bec-fin 
gorge-bleu se tient le long de leurs lisières, cherchant les prés hu- 
mides et les roseaux. Il vient avant son départ visiter les jardins, les 
avenues et les haies; il se laisse facilement approcher. Ainsi que les 
rouge-gorges les oiseaux de cette espèce vivent solitaires ; on en voit 
rarement plus de deux ensemble. Le ramage du mâle n'a quelque 
douceur que pendant le temps des amours. Le gorge-blea niche dans 



— 68 — 

les l)uissons et dans les trous d'arbres. Les œufs, au nombre de six, 
sont d'un bleu verdâtre. 

BEC-FIN ROUGE-QUEUE. 

Sylvia tithjs . ^nn. hist, nat. 1. n" 233. — Sjlvia thys. lath- 

Ind.y.l.^. 512. sp. 16. — Le Rouge -Queue. ^\}¥F. Ois. v. 5./?. 180. 

La tête, le dessus du coUj le dos et les tectrices alaires d un cen- 
dré bleuâtre; rémiges d'un brun noirâtre, liserées de blanc, surtout 
les rémiges secondaires qui ont de larges bordures blanches ; capis- 
trum, joues, gorge et poitrine d'un noir profond; cette dernière couleur 
est mélangée d'un peu de gris sur la poitrine et le haut du ventre; le 
reste des parties inférieures d'un blanc grisâtre ;';rectrices et tectrices 
caudales d'un roux ardent; les deux rectrices du milieu brunes; bec 
et pieds noirâtres. La femelle a des teintes généralement plus ternes 
sur les parties supérieures, et d'un cendré plus clair sur les parties 
inférieures. Les rémiges sont bordées de gris cendré. 

Cet oiseau passe toute la belle saison dans l'intérieur des bois, et ne 
paraît guère en plaine qu'au moment de son départ, en automne. Il ne 
sort du bois que le matin et le soir. Le rouge-queue ne fait entendre 
qu'un petit son fluté, suit, prolongeant d'une manière très douce la 
première syllabe. Il se pose ordinairement sur les branches isolées 
qui sortent d'un buisson ou qui traversent un sentier; il niche dans 
les petits buissons près de terre, dans les fentes des rochers ou des 
masures. On le trouve souvent dans les lieux rocailleux et aux envi- 
rons des décombres et des vieux châteaux. 

Les œufs, au nombre de six, sont d'un bleu verdâtre. 

BEC-FIN DES MURAILLES. 

Sylvia phœnicurus . lath. Ind. v. 2. p. 511. sp. 15. — Le Rossignol des 
murailles, buff. Ois. v. 5. p. 170 t. G. f. 2. Jd. pl. enl. 351. 

Front et sourcils d'un blanc pur; capistrum noir, ainsi que la gorge 



- 69 - 

et le devant du cou ; la partie postérieure de la tête, le dessus du cou 
et du dos d'un gris cendré bleuâtre; ailes d'un cendré brunâtre ; poi- 
trine, ventre et flancs d'un roux vif; croupion et pennes latérales de 
la queue de couleur rousse; couvertures inférieures de la queue d'un 
blanc roussâtre; bec jaunâtre à sa base et noire à sa pointe; pattes d'un 
brun carminé. 

Dans la femelle, la gorge est blanche et d'un noirâtre tacheté de 
roussâtre ; quand c'est une femelle très vieille, les ailes sont bordées 
de jaune roussâtre dans Tun et l'autre cas. 

Cet oiseau, d'un caractère triste et sauvage, ne peut être que très 
difficilement apprivoisé ; il refuse de manger, et se laisse souvent 
mourir de tristesse et d'ennui ; son chant, quoique moins étendu et 
moins varié que celui du rossignol, se compose cependant de quelques 
modulations assez agréables. 

Le bec-fin des murailles niche comme l'indique son nom, dans les 
trous des rochers, des vieilles murailles ou dans les creux d'arbres. 
On prétend qu'ils abandonnent leur nid dès qu'ils s'aperçoivent qu'on 
les observe pendant qu'ils sont occupés à le confectionner. On les 
voit assez souvent dans nos villes, perchés sur une cheminée ou sur le 
pignon d'un mur, imprimant sans cesse à leur queue des petits mou- 
vemens latéraux de droite à gauche. Ils habitent encore le long des li- 
sières des bois, dans les buissons et dans les jardins où ils vivent so- 
litaires. Ils se trouvent en France et dans plusieurs autres parties de 
l'Europe. 

Les œufs, au nombre de cinq ou six, sont d'un bleu verdâtre clair. 
BEC-FIN A POITRINE JAUNE. 

Sylvia hippolais. lath. Ind. v. 2. p. 507. sp. i. — La Fauvette des ro- 
seaux. BUFF. pl. enl. 581. f. 2, mais la description appartient a la 
véritable Fauvette des roseaux. — Petite Fauvette a poitrine jaune. 
SONN. édit. de Buffon. Ois. v. 15. p. 96. — Le grand Pouillot. ctjv. 
Règ. anim. v. 1, p. 369. 

Un petit trait jaune entre le bec et l'œil; dessous de la tête et du 



— 70 — 

cou, dos, scapulaires et croupion d'un gris verdâtre; ailes brunâtres; 
rémiges primaires liserées de gris verdâtre, rémiges secondaires en- 
tourées de larges bordures blanchâtres ; gorge, devant du cou, poi- 
trine et ventre, y compris les tectrices sub-caudales, d'un jaune- 
paille; queue brunâtre; bec jaunâtre; pattes d'un brun noirâtre. 

Il habite la France, l'Allemagne, l'Angleterre, la Suède et la Hol- 
lande; il se tient dans les grands bois ; on l'aperçoit rarement dans les 
jardins. 

Ce bec-fin, ainsi que les cinq espèces qui vont suivre, se nourris- 
sent principalement de mouches qu'ils attrapent au vol ou sur les 
feuilles ; aussi M. Temminck en a-t-il fait une petite tribu qu'il a 
appelée les muscivores. » 

Le bec-fin à poitrine jaune niche sur les buissons de haute-futaie 
ou sur des pins. 

Les œufs, au nombre de cinq, sont d'un blanc-rougeâtre moucheté 
de petites taches rouges. 

BEC-FIN SIFFLEUR. 

Sylvia sibilatrix. bescht. Natuig, deuU v. 3. p. 561. — Sylvia sjlvicola. 
LATH. Ind. suppL V. 2. p. 53. sp. 1. 

Au-dessus de l'œil un large sourcil d'un jaune clair; sommet de la 
tête, dessus du cou, dos, croupion et tectrices uropygines d'un vert 
clair; ailes noirâtres; rémiges liserées de vert clair; gorge, devant du 
cou, plumes de l'aisselle et des cuisses jaunes; poitrine et ventre 
blancs; pennes delà queue noirâtres; bec jaunâtre; pieds brunâtres. 

Cette espèce, assez commune en France, en Allemagne et en Hol- 
lande, mais plus rare en Angleterre, habite les bois les plus touffus. 
Elle niche dans les troncs des vieux arbres, entre leurs racines ou à 
terre. 

Les œufs, au nombre de six, sont d'un blanc terne marqué de ta- 
ches rougeâtres dont la réunion forme un cercle vers le bout obtus. 



BEC-FIN POUILLOT. 



Sylvia ttochilus. lath. Ind. v. 2. p. 550. sp. 155 — Le Pouillot o\\ le 
Chantre, buff. Ois. v. 5. p. 344. Id, pl. enl. 651. f. 1. 

Une ligne demi-circulaire, d'un jaune sale, s'étend depuis la base 
du bec jusqu'au-dessus de l'œil. Tête, cou, dos, scapulaires et crou- 
pion olivâtres; rémiges et tectrices alaires d'un cendré foncé, liserées 
d'olivâtre ; poitrine, ventre et flancs jaunâtres; la gorge et le milieu du 
ventre d'un blanc assez pur ; bec et pieds bruns. 

La femelle a les parties inférieures d'une teinte moins pure et moins 
jaunâtre. 

Le roitelet, le troglodyte et le pouillot sont les trois plus petits oi- 
seaux que nous possédions en Europe. Le nom de pouillot vient, à ce 
qu'il paraît, de puUus^ jmsillus, pour désigner un oiseau de très petite 
taille. Dans quelques provinces on lui donne encore le nom de Tuit- 
tuit, qui exprime le chant qu'il fait entendre en automne, époque à 
laquelle il abandonne les Lois pour se réfugier dans nos jardins et 
nos vergers. Les oiseaux de cette espèce arrivent par troupe au mois 
d'avril ; mais une fois Installés, ils se séparent et vivent par paires de 
deux. Comme ils sont quelquefois chez nous avant le développement 
des feuilles, si la température vient à baisser un peu trop à cette épo- 
que, on les trouve souvent morts de froid sur les chemins. Leur nid 
de la même forme et construit de la même manière que celui des 
troglodytes, est placé dans l'épaisseur des buissons ou dans une touffe 
d'herbe. 

Le bec-fin pouillot se trouve en France, en Allemagne, en Angle- 
terre et en Hollande jusqu'en Suède. 

Les œufs, au nombre de six, sont blancs, marqués de petites 
taches d'un rouge pourpré. 



BEC-FIN YÉLOGE. 



Sylvia rufa, lath. Ind. v. 2. p. 516. sp. 27. — La petite Fauvette rousse. 
BUJFF. Ois. V. 3. p. 146. 

Les yeux surmontés d'un petit sourcil blanc jaunâtre ; dessus de 
la tête et du cou, dos et croupion d'un gris légèrement brun, avec 
des nuances olivâtres ; ailes et queue d'un cendré brunâtre ; rémiges 
et tectrices alaires liserées de vert ; couvertures inférieures des ailes 
jaunes; gorge et devant du cou blancs j ventre blanc, nuancé de brun 
très clair et de jaunâtre; la penne extérieure de la queue de chaque 
côléliserée de blanc; pieds jaunâtres; bec brunâtre, bordé de jaune. 

Cette espèce qui est assez difficile à découvrir, habite les grands 
bois, principalement ceux de pins et de sapins. Elle se trouve en 
France, en Suisse, en Allemagne et en Hollande. Elle niche à terre, 
parmi les feuilles et les herbes, quelquefois entre des racines. 

Les œufs, au nombre de quatre à cinq, sont d'un blanc verdâtre, 
avec des taches noirâtres très nombreuses sur le gros bout. 

BEC-FIN NATTERER. 

Sylvia nattereri. temm. Man. orn. 2^ édit. v. 1. p. 227. 

Sommet de la tête et nuque d'un cendré brun qui se nuance sur le 
dos et sur les petites couvertures des ailes en brun olivâtre. Depuis 
le bec jusqu'au-dessus des yeux s'étend une bandelette d'un blanc 
pur; pennes alaires d'un cendré noirâtre, toutes liserées de verdâtre 
clair; gorge, poitrine et ventre blancs; queue noirâtre; couvertures 
supérieures delà queue jaunes; mandibule inférieure blanche; la su- 
périeure d'un brun clair; pieds d'un cendré foncé. 

La femelle a les parties supérieures d'une teinte plus claire. 

Cet oiseau, qui se trouve en Espagne, porte le nom du naturaliste 
qui l'a découvert. 



— 73 — 



BEC-FIN CISÏICOLE. 

Sjh'ia cisticola. temm. Man. orn. 2«édit. v. 1. p. 228. 

Les plumes du dessus de la tête, du cou et du dos, les rémiges se- 
condaires et les tectrices alaires ont leur circonférence d'un roux pâle, 
tandis que leur centre est noir, ce qui produit un très grand nombre 
de taches très larges disposées l'ongitudinalement. Parties inférieures 
du dos et du croupion rousses sans taches noires; rémiges primaires 
noirâtres ; gorge blanche ; poitrine et ventre d'un blanc légèrement 
roussâtre , devenant plus foncé sur les flancs ; queue d'un brun noi- 
râtre ; une grande tache noire vers Textrémité de toutes ses pennes 
latérales; bec et pieds d'un jaune roussâtre. 

La femelle a des teintas plus claires. 

Cette espèce habite les provinces du Portugal et de l'Espagne. 

Son nid, composé de tiges de graminés liées entre elles, et dont la 
forme est celle d'un entonnoir fermé par le bas, est construit au mi- 
lieu des touffes d'herbe. 

PREMIÈRE SOUS-DlVISlON DES BECS-FINS. 

ROITELETS. 

Leur bec est très fin, en forme d'aiguille et très comprimé à sa base. 
Les deux mandibules rentrent un peu en dedans sur les côtés. Les 
narines sont couvertes de petits poils dirigés en avant. 

Ces oiseaux passent l'hiver dans nos climats oii ils font une chasse 
continuelle aux insectes. 



Ois. d'Eor. 



10® Liv. 



— 71 — 



ROITELET ORDINAIRE. 

Sylvia régulas, lath. Iiid. v. 2. p. 548. sp. 152. — frisch. t. 24. f. 4. — 
NAIJM. ^og. t. 47. f. 110. Z« femelle, 

La région des yeux d'un gris cendré; tête surmontée d'une huppe 
d'un jaune orangé très vif; les plumes placées sur les côtés de la huppe 
sont noires et disposées sons forme de deux petites bandelettes laté- 
rales ; derrière de la tête , dessus du cou , dos et croupion d'un vert 
olivâtre faiblement teint de jaune ; rémiges et tectrices alaires d'un 
brun noirâtre; les premières bordées extérieurement d'olivâtre et in- 
térieurement de blanchâtre ; les secondes terminées de blanc ; côtés 
du cou, gorge, poitrine et ventre d'un cendré roussâtre avec quelques 
nuances d'olivâtre ; rectrices brunâtres , liserées de vert; bec noir; 
pieds noirâtres. 

Chez la femelle la huppe est jaune-citron. Toutes les autres cou- 
leurs sont moins vives. 

Cet oiseau, dont le nom sert dans notre langue à peindre la faiblesse, 
est en effet le plus petit de tous les oiseaux qui vivent en Europe. 
La couronne qui brille sur sa tète lui a valu le nom de roi, dont le di- 
minutif roitelet indique la petitesse de sa taille. La gracilité de ses for- 
mes est telle, qu'il parvient presque toujours à s'échapper à travers 
les mailles des filets et les barreaux de sa cage. Doué d'une extrême 
agilité, il se livre à un mouvement presque continuel; on le voit quel- 
quefois se glisser avec la rapidité de l'éclair à travers les charmilles 
de nos jardins, voltigeant de branche en branche, et se tenant in- 
différemment dans toutes les situations et souvent les pieds en haut; 
il se laisse approcher de très près; son cri est celui de la sauterelle. 
L'automne sa chair devient très bonne à manger. 

Il habite de préférence dans les forêts de pins et de sapins, sur la 
cime desquels il aime à se percher. On le trouve aussi dans les 



— 75 — 

plaines, dans les bois et dans nos jardins. Il établit son nid sur l'ex- 
trémité des rameaux du pin ou du sapin. 

Les œufs, au nombre de cinq à six, qui ne sont guère plus gros 
que des pois, sont d'un blanc rose. 

Cette espèce se trouve répandue dans presque toute l'Europe. 

ROITELET TRIPLE BANDEAU. 

Sylvia ignicapilla. breh3I. — Le Roitelet, euff. Ois. v. 5. pag. 363. t. 16» 
f. 2. Id. pl. enl. 651. f. 3. — Roitelet huppé. Vieil ois, cVAmér. sept. 
V. 2. p. 50. pl. 106. — NAUM. Vog. t 47. f. 109. 

Tête surmontée d'une huppe d'un beau jaune doré ; les plumes de 
chaque côté de la huppe sont noires et diposées comme dans l'espèce 
précédente. Au-dessus et au-dessous de l'œil existe une bande blanche. 
L'œil est traversé par une raie noire. Dessus du cou, dos et croupion 
d'un vert olivâtre, passant au jaunâtre dans un assez grand espace 
sur les côtés du cou; les ailes et la queue, la gorge, la poitrine et le 
ventre sont comme dans l'espèce précédente. Bec et pieds noirs. 

Chez la femelle le blanc des bandelettes est moins pur et le noir 
plus terne. Les plumes de la huppe sont d'un orange terne ; le grand 
espace sur les côtés du cou qui est jaunâtre chez le mâle est ici d'un 
vert olivâtre. 

Cette espèce a des habitudes un peu différentes de celles du roitelet 
ordinaire. Elle fréquente les buissons, se perche sur les branches bas- 
ses des arbres et voyage ordinairement par paire ; tandis que le roite- 
let ordinaire ne se plaît que sur la cime des arbres, qu'il vit et émi- 
gré presque toujours en petites troupes. 

Les œufs de ces deux espèces sont semblables. 

Le triple bandeau est très commun en France et dans les provinces 
Belges. On peut le voir en hiver dans le jardin des Plantes, à Paris, 
oij il fixe sa résidence sur les pins et les sapins. 



— 76 — 



DEUXIÈME SOUS-DlVISlON DES BECS-FINS. 

TROGLODYTES. 

Le bec des troglodytes est légèrement arqué. Les ailes et la queue 
sont courtes. Ils vivent ordinairement cachés dans l'épaisseur du 
feuillage ; il n'en existe qu'une seule espèce en Europe. 

TROGLODYTE ORDINAIRE. 

Sylvia Troglodytes, lath. Ind. v. 2. p. 547. sp. 148. — Le Troglodyte. 
BUFF. Ois. V. 5. p. 352. t. 16. f. 1 Id. pl. enl.631. f. 2.— frisch. Vog. 
t. 24. f. 3.— NAUM. t. 47. f. 108. 

Les yeux sont ombragés d'un sourcil bîancj tout le dessus du corps 
brunj cette dernière couleur beaucoup plus terne sur le dessus de 
la tète et le cou que sur les ailes, le dos, le croupion et la queue; 
rémiges marquées extérieurement de taches noires et roussâtres; 
gorge et poitrine d'un gris légèrement bleuâtre; flancs, ventre, ré- 
gion anale et couvertures inférieures de la queue d'un brun marqué 
de taches blanches et de raies transversales noires; rectrices et cou- 
vertures supérieures de la queue rayées de noir ; pattes jaunâtres. 

La femelle a des teintes plus roses et les raies transversales moins 
bien dessinées. 

Le nom de troglodyte, qui a été donné à cet oiseau par les anciens, 
signifie habitant des cavernes. Le troglodyte se réfugie^ en effet, dans 
les trous des murs et sous les toitures des maisons. Il passe l'hiver 
avec nous dans nos contrées , et, malgré la rigueur des frimais, il 
conserve toujours sa gaîté. C'est surtout quand il est tombé de la 
neige qu'il fait entendre son petit ramage, représenté par les syl- 
labes si-di-ri-ti, si-di-ri-ti. Son chant, plus animé sur le soir, nous 
annonce du froid pour la nuit. Il vit ainsi dans les basse-cours et 
dans les chantiers , ne se montrant qu'à la dérobée au faîte des piles 



de bois et des tas de fagots qui lui servent de cachelle et sur les- 
quels il aime à sautiller un instant, sa petite queue toujours relevée. 
Il se trouve aussi sur le bord des ruisseaux qui ne gèlent pas, et se 
retire dans les saules creux, où un chasseur assura àBuffon en avoir 
trouvé plus de vingt réunis dans le même trou. 

Le troglodyte fixe son domicile dans les bois, où il fait son nid 
près de terre, sur des branchages entassés ou sur le gazon; quel- 
quefois sous un tronc, et même jusque sur la loge des charbonniers. 
Ce nid, presque tout rond, fort gros et composé presque entièrement 
de mousse à l'extérieur, n'a qu'une petite entrée fort étroite prati- 
quée sur le côté, et devient assez difficile à deviner en raison du tas 
de mousse dont il est environné sans aucun apprêt. L'oiseau aban- 
donne ses œufs s'il s'aperçoit qu'on les ait découverts. Les petits 
quittent le nid avant de pouvoir voler. Le peu de défiance et l'exces- 
sive curiosité du troglodyte pousse ce petit étourdi jusqu'à entrer 
dans la loge du pipeur. Cet oiseau est répandu dans une très g^'ande 
partie de l'Europe. 

Les œufs, au nombre de dix , sont d'un blanc terne avec unezône 
pointillée de rougeâtre au bout. 



— 78 - 



GENRE TRAQUET. 

SAXIGOLA. (Eescht.) 

Les traquets apparlienneiit à la famille des Sylvidés et à la section 
des Dentirostres. Le bec est droit et grêle, à arête saillante, un peu 
déprimé à la base ; la pointe des deux mandibules en alêne ; la supé- 
rieure semble courbée ; narines ovoïdes , situées sur les côtés du bec 
et à sa base, à moitié fermées par une membrane; trois doigts en 
avant et un en arriére ; Tex terne est soudé à sa base au doigt du 
milieu ; ailes toujours courtes et tarses allongés. S'il faut en croire 
Belon , le nom de ces oiseaux tirerait son origine du mouvement 
continuel qu'ils impriment à leurs ailes pour s'envoler à tout mo- 
ment, mouvement qui a été comparé à celui du traquet d'un moulin. 
Les traquets, en raison de la longueur de leurs tarses, sont assez 
bons coureurs ; ils ne se perchent jamais sur des arbres élevés; c'est 
tout au plus si on les aperçoit quelquefois sautillant dans le bas des 
buissons. C'est surtout sur les pierres, sur les mottes de terre et 
dans lés chemins rocailleux qu'ils passent la plus grande partie de 
leur vie. Ils se nourrissent exclusivement d'insectes qu'ils attrapent 
en courant. Ils différent en cela de plusieurs espèces qui ne les sai- 
sissent jamais qu'au vol. Ils sont difficiles à tuer parce qu'ils sont ca- 
chés par les pierres et les mottes de terre. Ils nichent dans des trous, 
souvent aussi à terre entre les racines de buissons. 

TRAQUET RIEUR. 

Saxicola cachinnans. temm. Man. orn. 2^ édit. v. 1, p. 236. — Turdus 
Leucurus. gmel. Syst. 1. p. 820. — lath. Ind. orn. v. 1. p. 344. sp. 58. 
— Merle à queue blanche, cuv. Règ. anim. v. 1, p. 351. 

La tête, le cou, le dos, la gorge, la poitrine et le ventre sont noirs; 
ailes d'un brun noir; couvertures supérieures et inférieures de la 



— 79 — 

queue blanches; les deux pennes caudales du milieu noires jusqu'à 
un demi-pouce de leur origine; toutes les autres ont une bande noire 
vers le bout, et sont terminées par une pointe blanche ; bec et pieds 
noirs. 

Il habite le midi de l'Espagne, la Sardaigne, la Sicile et les îles de 
l'Archipel. On ne le trouve que très rarement dans le midi de la 
France. 

On ne sait rien de sa propagation ni de sa manière de se nourrir. 
TRAQUET MOTEUX. 

Saxicola œnanthe. bescht. — SyUda œnanthe. latu. Ind. v. 2. p. 529. 
sp. 79. — Le Moteux ou Vitrée, buff. Ois. v. 5. p. 237. Id. pl. enl. 
554. f. 1 et 2. 

Sourcils blancs; espace noir entre la base du bec et l'œil ; cette der- 
nière couleur passe au-dessous des yeux et occupe une surface assez 
étendue derrière eux. Dessus de la tète et du cou, dos et croupion 
d'un gris cendré; ailes noires; gorge et devant du cou d'un blanc très 
légèrement roussâtre; ventre et poitrine d'un blanc mêlé de rous- 
sâtre sur les flancs; tectrices supérieures et inférieures de la queue 
blanches; à l'exception des deux pennes du milieu de la queue qui sont 
noires, toutes les autres sont blanches, avec du noir à leur extrémité. 
Bec et pieds noirâtres. 

La femelle a les parties supérieures d'un brun cendré ; le front est 
gris roussâtre, le dessus de l'œil d'un brun foncé ; ailes d'un brun 
noirâtre, liserées de brun clair; cou et poitrine roussâtres; le reste 
légèrement teint de cette dernière couleur. 

L'habitude qu'à ce traquet de se tenir habituellement perché sur 
les mottes de terre lui a valu le nom de Moteux. 11 porte aussi, dans 
les campagnes, celui de Cul-Blanc. Ce nom lui vient de ce qu'en vo- 
lant il laisse apercevoir la partie blanche du derrière de son corps» 
Du reste, il vole toujours en rasant la terre. 



— 80 — 

Cet oiseau, très coinnuin dans nos campagnes, niche sous les gazons 
et les mottes de terre qui se trouvent dans les champs nouvellement 
labourés ; il place encore son nid sous les pierres auprès des terriers 
abandonnés par les lapins. Le mâle a la plus vive affection pour sa 
femelle ; il lui apporte à manger pendant qu'elle couve, et se charge 
de faire sentinelle aux environs du nid. S'il aperçoit quelque pro- 
meneur, il vole aussitôt au-devant de lui, le dépasse souvent comme 
pour lui donner le change et le forcer à suivre un autre chemin. 
Quand il voit sa petite famille hors de danger, il prend sa volée en 
cercle et retourne , le cœur plein de joie , près de sa compagne 
chérie. 

Les oiseaux de cette espèce, répandus depuis le midi de l'Europe 
jusqu'en Suède, viennent dans nos provinces vers la fin de mars et 
s'en retournent en août et septembre. Ils voyagent par petites troupes. 
Du reste, ils sont assez solitaires et s'accouplent deux à deux tout le 
temps qu'ils sont parmi nous. Les traquets se trouvent aussi dans 
l'Asie méridionale. 

Ils se nourrissent de mouches, de hannetons et autres insectes. 

Les œufs, au nombre de six, sont de couleur verdâtre clair. 

TRAQUET-STAPAZIN. 

TEMM. Man. orn. 2^ édit. v. 1. p. 239. — Sylvia stapazina. lath. Jnd. 
V. 2. p. 530. sp. 80. — Le Cul-Blanc- Roux . buff. Ois. v. 5. p. 246. 
— Bec-fin montagnard, temm. Man. orn. édiL p. 437. 

Une large bande d'un beau noir sur les parties latérales de la tête; 
le dessus de celle-ci, le cou et le dos roussâtres; partie inférieure du 
dos et croupion d'un blanc pur; ailes noires; rémiges secondaires et 
tectrices alaires bordées et terminées de roux ; toute la gorge noire; 
poitrine et ventre d'un roux clair tirant sur la couleur de café au lait; 
tectrices caudales supérieures et inférieures d'un blanc pur; à l'exccp- 



— 81 — 

tion des deux pennes du milieu de la queue qui sont noires , toutes 
les autres sont blanches dans presque toute leur étendue, et noires 
à leur extrémité. Bec et pieds brunâtres. 

La description que nous venons de donner a été faite sur un vieux 
mâle après la mue d'automne. Dans ceux qui ont été pris au prin- 
temps, le sommet de la tête , le croupion et les parties inférieures 
sont d'un blanc pur. 

Chez la vieille femelle le sommet de la tête est d'un brun roussâtre; 
les yeux sont ombragés par de larges sourcils blanchâtres. Le noir de 
la gorge est mélangé de gris et quelquefois de roux. 

Le traquet stapazin ne se trouve jamais dans le centre de l'Europe; 
il est au contraire assez commun dans les parties méridionales, en 
Italie, en Dalmatie et dans l'Archipel. 

TRAQUET OREILLARD. 

Saxicola aurita. temm. Man. orn. 2® édit. v. 1. p. 241. — Sylvia stapa- 
zina. var. B, LATH. Ind. p. 531. — Le Cul-Blanc roussâtre. buff. Où, 

V. 5. p. 245. 

Ce traquet est absolument semblable au précédent, si ce n'est sa 
gorge qui est blanche, tandis qu'elle est noire dans le stapazin. On 
le trouve quelquefois en Lorraine où il habite les montagnes; suivant 
Brisson il se trouverait aussi en Languedoc. Il est abondant sur les 
Apennins, dans les provinces lUyriennes, en Sardaigne et dans les 
États napolitains. 

TRAQUET LEUCOMÈLE. 

Saxicola le ucomela. temm. Man. orn. 2' édit. v. 1. p. 243. — Muscicapa 
leucomela et melanoleuca. lath. Ind. v. 1. p. 469. sp. 6 et 7. 

Côtés de la tête, espace entre l'œil et le bec noirs ; haut de la tête, 
occiput et derrière du cou d'un blanc pur; dos et ailes d'un brun noi- 
râtre; gorge et devant du cou d'un noir profond; poitrine et ventre 
blancs; à l'exception des deux pennes du milieu delà queue qui sont 
noires, les autres pennes sont blanches et terminées de noir. Bec et 
pattes noires. 

Ois. d'Eur. ii*". Liv. 



-82 — 

La femelle a les parties supérieures d'un brun cendré qui est plus 
clair sur la tête. Poitrine et ventre d'un gris cendré; gorge et devant 
du cou d'un cendré foncé teint de roussâtre. 

Cette espèce n'habite que dans le nord de l'Europe, en Laponie et 
dans le nord de la Russie. Elle se nourrit de vers et autres insectes. 
Elle niche dans les fentes des rochers et dans les trous que construi- 
sent les guêpes le long des bords escarpés des fleuves. 

TRAQUET TARIER. 

Saxicola ruhetra. bescht. — Sflvia ruhetra. lath. Ind. v. 2. p. 525. 
sp. 58. — Grand Traquet ou Tarier. buff. Ois. v. 5. p. 224. Id. pl. 
enl. 678. f. 2.— naum. t. 48, f. 113 et 114.— frisch. t. 22. f. 1. b. Le 

mâle. 

Une bande blanche s'étend depuis la base de la mandibule supérieure 
de chaque côté jusqu'à l'occiput, en passant au-dessus des yeux. Des- 
sus de la tête et du cou, dos et croupion d'un brun noirâtre; les plumes 
de ces différentes parties sont bordées de jaune roussâtre. Les ailes 
qui sontbrunâtres et dont les rémiges sont liseréesde roux, présentent, 
sur leur bord supérieur et interne, une large bande longitudinale 
d'un blanc pur. Sur les côtés du cou existe une plaque d'un brun 
noir, dont les plumes ne sont point bordées de roux. Gorge blanche ; 
un trait longitudinal de cette dernière couleur s'étend sur les parties 
latérales du cou; le devant de celui-ci , poitrine et flancs d'un roux 
clair; milieu du ventre d'un blanc roussâtre; les deux pennes du 
milieu de la queue noires ; les autres blanches sur leur moitié supé- 
rieure et noires dans le reste de leur étendue ; bec et pattes noires. 

La femelle est d'un blanc jaunâtre partout où le mâle est d'un blanc 
pur. L'espace blanc sur l'aile est moins grand et toutes les plumes 
sont marquées d'une petite tache brune. 

Il habite le nord et le midi de l'Europe, surtout dans les pays mon- 
tueux. 

Son nid, placé dans les herbes et dans l'épaisseur des buissons, 
renferme sept œufs verdâtres. 



-83 - 



TRAQUET PATRE. 

Saxicola ruhicola bescht. — Sylvia rubicola. lath. Ind. v. 2. p. 523. 
sp. 49.— Ze Traquet. buff. Ois. v. 5. p. 215. t. 3. Id. pl. enl. 678. f. 1. 
— Traquet pâtre . Levaill. Ois. d'Afrique, v. 4. pl. 180. f. 1 et 2. ^ — 

Le très vieux mâle . 

Toute la tête , le dessus du cou et le dos noirs ; plumes du cou 
et du dos légèrement bordées de roux blanchâtre ; une large tache 
blanche sur le haut des ailes qui sont noirâtres ; gorge noire ; côtés 
du cou blancs ; poitrine d'un roux foncé ; ventre et { ancs d'un blanc 
roussâtre; tectrices caudales supérieures et inférieures blanches; 
queue noire. Bec et pattes noirs. 

La femelle a les parties supérieures d'un brun noirâtre; leurs plu- 
mes sont bordées de roux jaunâtre ; rémiges et rectrices brunes, lise- 
rées également de roux jaunâtre ; gorge noire , marquée de petites 
taches blanchâtres et roussâtres ; le blanc des côtés du cou et du haut 
de l'aile occupe une surface moins étendue. Le roux de la poitrine est 
moins ardent. 

Ce traquet se pose sur les branches les plus élevées des haies et 
des arbrisseaux ; il aime aussi à se percher sur les tiges du blé de Tur- 
quie et sur les échalas les plus hauts dans les vignes. Il fuit les lieux 
humides et se plaît davantage dans les terrains arides , les bruyères 
et les prés en montagne. Très solitaire, il est toujours seul, hors le 
temps de l'accouplement. Il se laisse approcher de très près. 

Cet oiseau dont la chair devient très grasse , nous quitte dès le 
mois de septembre. Il habite dans presque tous les pays de l'Europe ; 
est très commun dans les provinces de France et fait son nid dans 
les terrains abandonnés du cultivateur, sous les pierres et les racines 
des buissons. 

Les œufs , au nombre de cinq à six , sont d'un vert bleuâtre avec 
quelques taches rousses peu marquées , mais plus nombreuses vers 
le gros bout. 



— 84 — 



GENRE AGGENTEUR. 

ACCENTOR. (BEscHT.) 

Bec de moyenne longeur, robuste, droit, taillé en pointe acérée; 
les bords des deux mandibules comprimés; la supérieure échancrée 
vers la pointe; narines basales, nues, percées dans une grande mem- 
brane ; trois doigts devant et un derrière; l'extérieur soudé à sa base 
au doigt du milieu. Première rémige presque nulle; seconde presque 
aussi longue que la troisième qui est la plus longue. 

Les espèces qui composent ce genre supportent une température 
plus basse que les espèces précédentes. Outre les insectes , les se- 
mences des plantes et les grains leur servent de nourriture pendant 
l'hiver , époque à laquelle ils quittent les régions élevées des hautes 
montagnes pour descendre dans la plaine. 

Leur bec assez fort sert à briser les enveloppes des semences. 

ACGENTEUR-PÉGOT ou DES ALPES. 

Accentor Alpinus. bescht. Naturg. deut. v. 8. p. 700. n* 1. — Sturnus col- 
laris. — LATH. Ind. v. 1. p. 323. sp, 5. — La Fauvette des Alpes, buff. 
Ois, V. 5. p. 156. t. 10. Id. pl. enl. 668. 

Tête , cou , dos et croupion d'un gris cendré, marqué sur le dos de 
grandes taches brunes ; ailes d'un brun noirâtre; rémiges secondaires 
largement bordées de roussâtre ; celles-ci ainsi que les tectrices alai- 
res terminées par une tache blanche; gorge blanche avec des petites 
taches brunes à l'extrémité de chaque plume ; poitrine d'un gris cen- 
dré; ventre et flancs d'un roussâtre mêlé de blanc et de gris ; mandi- 
bule supérieure brune; l'inférieure jaune à sa base, noire à sa pointe. 

La femelle a des couleurs un peu moins vives que celles du mâle. 

Les oiseaux de celte espèce vont par petites troupes. Ils se tiennent 
communément à terre et se perchent rarement sur les arbres. Ils 
courent vite en rasant le sol comme la caille et la perdrix. 



— 85 — 

L'accenteurpégot habile les montagnes des Alpes voisines de France 
et d'Italie ainsi que celles de l'Auvergne et du Dauphiné. Il est très 
commun sur le mont Saint-Bernard , dans les environs de l'hospice. 
On le trouve encore assez abondamment dans quelques pays mon- 
tueux de la France et de l'Allemagne. 

Il niche dans les fentes des rochers , quelquefois sous les toits des 
maisons. 

Les œufs, au nombre de cinq, sont verdâtres. 

ACCENTEUR-MOUCHET. 

Acceîitor modularis , cuv. — ■ Sylvia modularis. — Intl. v. 2. p. 511. 

^ sp. 13. — Le Mouchet^ traîne-huis son ^ ou Fauvette cThiver. buff. Ois. 
V. 5. p. 151. 7^/. pl. enl. 615. f. 1. 

Dessus de la tête , derrière et côtés du cou cendrés ; dos et scapu- 
laires d'un brun roux avec des taches d'un brun plus foncé ; crou- 
pion gris roussâtre; ailes noirâtres , liserées de roux; gorge, poitrine 
d'un gris cendré bleuâtre , devenant blanchâtre sur le ventre 5 flancs 
roussâtres ; queue d'un brun noirâtre ; couvertures inférieures de la 
queue blanches avec une tache d'un brun roux au centre de chaque 
plume ; mandibule supérieure brune , blanche sur ses bords ; mandi- 
bule inférieure jaunâtre j pattes jaunâtres. 

Les taches brunes du sommet de la téte sont plus nombreuses chez 
la femelle. 

L'accenteur mouchet estdésigné dans quelques provinces de France 
sous les noms de fauvette d'hiver, de rossignol d'hiver et de traîne- 
buisson. Le premier de ces noms indique que l'oiseau passe la mau- 
vaise saison avec nous. Le second vient de l'habitude qu'il a de par- 
courir les buissons en se tenant toujours assez près de terre. Le nom 
de gratte-paille lui a encore été donné en Brie, sans doute parce qu'on 
le voit quelquefois en hiver s'approcher des aires des granges pour y 
chercher quelques grains dans les pailles. 

Ces oiseaux^ d'un caraclère peu défiant, voyagent par bandes ; ils 



— 86 ^ 

arrivent parmi nous vers la fin d'octobre ; ti-tit , ti-ti-tit, tel est le 
petit ramage par lequel ils annoncent leur arrivée dans nos provinces 
de France ; ils nous quittent au printemps. Ils habitent dans pres- 
que toutes les régions tempérées de l'Europe. 

Ils nichent dans les taillis ; leur nid est placé près de terre ou sur 
la terre même. Lorsqu'un chat ou quelque ennemi de ce genre vient 
à s'approcher du nid d'un mouchet, la mère, afin de détourner son at- 
tention, s'élance au devant de lui et voltige terre- à-terre jusqu'à ce 
qu'elle l'ait éloigné. 

Les œufs, au nombre de cinq à six, sont d'un bleu clair. 

AGCENTEUR MONTAGNARD. 

Accento montanellus. temm. Man. orn. 2*édit. v. 1. p. 251. 

Un capuchon d'un noir profond, couvre la tète et l'occiput. Une 
large bande jaunâtre passe au-dessus des yeux, à partir de la base du 
bec jusqu'à l'occiput; un trait noir s'étend de la base du bec jusque 
derrière l'œil oii il forme une plaque assez large qui couvre l'orifice 
des oreilles; parties supérieures du corps et scapulaires d'un cendré 
rougeâtre, marqué de grandes taches longitudinales d'un rouge bri- 
que; ailes d'un cendré brunâtre bordé de cendré rougeâtre ; tec- 
trices alaires bordées de roux et terminées de blanc jaunâtre formant 
sur l'aile une double bande. Gorge , poitrine et ventre d'un jaunâtre 
clair, avec des taches brunes rougeâtres sur le ventre et les flancs ; 
queue brune, mais les baguettes d'un brun rougeâtre ; base du bec 
jaune , pointe brune ; pieds jaunâtres. 

Il habite les parties orientales du midi de l'Europe ; on le trouve 
aussi en Asie. 

Sa nourriture consiste en insectes pendant l'été et en semences 
pendant l'hiver. 



— 87 — 



GENRE BERGERONNETTE. 

MOTACILLA. (latii.) 

Ce genre, qui appartient à la famille des Silvidés et à la section des 
Dentirostres a pour caractères : un bec grêle, en forme d'alène, avec 
un léger rebord à son extrémité; des narines latérales, ovoïdes, à moi- 
tié fermées par une membrane nue ; un tarse très élevé ; trois doigts 
devant et un derrière, l'extérieur soudé à sa base à celui du milieu ; 
l'ongle du doigt de derrière est plus long que ceux de devant qui sont 
très petits ; la queue est très longue , égale et borizontale. L'oiseau lui 
imprime un mouvement continuel de haut en bas, d'où lui est venu 
aussi le nom de hoche-queue. 

Ces oiseaux sont très peu farouches et se laissent approcher de 
fort près. C'est sans doute l'habitude qu'ils ont de se promener sans 
crainte au milieu des troupeaux, sur le dos desquels ils sautillent 
avec la plus grande sécurité et d'avertir, dit-on, le berger par leurs 
cris, de l'approche du loup, qui leur a valu le nom de Bergère lté 
ou Bergeronnette. 

Buffon s'exprime ainsi au sujet des bergeronnettes lavandières : on 
les voit souvent, dit-il, voltiger sur les écluses des moulins et se poser 
sur les pierres; elles y viennent, pour ainsi dire, battre la lessive avec 
les laveuses, tournant tout le jour alentour de ces femmes, s'en ap- 
prochant familièrement, recueillant les miettes que parfois elles leur 
jettent et semblant imiter du battement de leur queue celui qu'elles 
font pour battre leur linge, habitude qui a fait donner à cet oiseau le 
nom de Lavandière. 

Les bergeronnettes ne se perchent jamais sur les branches des ar- 
bres ou des arbustes. Outre les prairies, elles fréquentent encore la 
rive des eaux. Elles entrent même, à la faveur de leurs longs tarses, 
à la profondeur de quelques lignes dans l'eau qui mouille la grève 
des rivages. Elles arrivent au printemps en France et nous quittent 



— 88 — " 

pour la plupart en hiver. Vers la fin de l'automne elles s'attroupent 
en très grandes bandes et se réfugient le soir dans les oseraies , d'où 
elles appellent toutes celles qui passent en faisant entendre leur petit 
cri de ralliement: guit, guit, guit , guit, guit. Elles se dirigent en 
hiver vers les contrées méridionales et quelquefois très lointaines. 
Des navigateurs disent que dans leur trajet outre-mer, ces oiseaux se 
rabattent assez souvent sur les vaisseaux où ils boivent et mangent 
avec une grande familiarité. Leur nourriture consiste en insectes de 
tout genre. 

BERGERONNETTE LUGUBRE. 

Motacilla luguhris, pallas. 

Nous renvoyons, pour la description de cette bergeronnette, à l'es- 
pèce suivante qui lui est parfaitement semblable , et dont il n'est 
permis de la distinguer que par le blanc qui descend plus bas sur les 
parties latérales du cou de la bergeronnette grise. La lugubre habite 
le midi de l'Europe et quelques provinces du midi de la France : elle 
fréquente le bord des eaux et les prairies ; se nourrit de larves , de 
cousins et d'insectes de marais» 

Sa propagation est inconnue. 

BERGERONNETTE GRISE. 

Motacilla alba. i.m^. — La Lavandière . buff. Ois.y. 5. p. 251. t. 14. f. 1. 
Id. pl. enî. 652. f. i. Le mâle eji habit de noces. — frisch. ,t. 23. 
p. 2. A.— NADM. Vog. t. 59. f. 86. 

Le front, les joues et les côtés du cou d'un blanc pur ; le reste de la 
tête, le dessus du cou , le haut du dos et le croupion d'un noir pro- 
fond; gorge et haut de la poitrine de cette même couleur ; rémiges 
d'un brun noirâtre ; tectrices alaires noires, bordées de blanc; flancs 
et milieu du dos cendrés; ventre blanc; les deux pennes extérieures 
de la queue blanches, celles du milieu noires; bec et pieds de celte 
dernière couleur. 



— 89 — 

La femelle a le front et les joues d'un blanc un peu sale ; l'espace 
noir de l'occiput est moins grand et les tectrices alaires sont bordées 
de gris. 

Cette espèce est commune dans toute l'Europe jusqu'en Suède ; on 
la trouve aussi en Afrique et en Asie. 

Elle fait son nid à terre, sous quelques racines ou sous le gazon; sous 
les piles de bois qui forment des chantiers le long des rivières, ou bien 
encore entre les fentes des rocliers , sous les ponts , dans les tours et 
dans les troncs des arbres. Le père et la mère défendent leurs petits 
avec beaucoup de courage : quand une main cruelle vient leur enle- 
ver leur couvée, ils suivent le ravisseur en volant au-dessus de sa tète 
et cherchent à l'attendrir par des accents pleins de douleur. 

Les œufs, au nombre de quatre à cinq, sont blancs, semés de noir. 

BERGERONNETTE JAUNE. 

MotaciLla hoarula. linn. — Motacilla melanope. pall. v. 3. p. 696. n" 16 
p. 503. sp. 4 et 5. — La Bergeronnette jaune, buff. Ois, v. 5. p. 268 . 

LATH. I?id. V. 2. Id. pl. enl. 28. f. \ . Jeune femelle. — naum. Naturg. 

deut. V. 3. p. 459. 

Un sourcil blanc au-dessus de chaque œil ; la tête, le dessus du cou 
et le dos d'un cendré lavé de verdâtre sur le haut et sur les scapu- 
laires ; croupion et tectrices caudales supérieures jaunâtres : ailes noi- 
râtres ; tectrices alaires bordées de blanc et d'olivâlre ; une bande 
blanche sur les parties latérales de la gorge ; celle-ci, d'un noir pro- 
fond ; poitrine et ventre d'un jaune clair ; les six pennes intermé- 
diaires de la queue noires ; des trois pennes latérales l'extérieure 
entièrement blanche; les deux autres sont noires sur les barbes 
extérieures 5 pieds jaunes. 

La gorge, chez les femelles et les mâles après leur mue d'automne, 
est d'un blanc légèrement teint de rougeâtre; le trait au-dessus des 
yeux plus jaunâtre ; les parties supérieures sont d'un cendré olivâtre; 
la poitrine et le ventre d'un jaune plus pâle. 

Ois. d Eur. I^'^- 



— 90 — 

Cette espèce reste souvent avec nous pendant l'hiver. Elle cherche 
sa nourriture sur les bords des ruisseaux limpides et surtout des sour- 
ces chaudes. Elle fréquente moins les prairies que Tespèce précé- 
dente ; habite le nord de l'Europe et pose son nid sur la terre , entre 
des tas de pierres et dans les trous qui existent sur le bord des ruis- 
seaux. 

Les œufs, au nombre de six à huit, sont d'un blanc sale, parsemés 
<ie taches jaunâtres. 

BERGERONNETTE CITRINE. 

Motacilla citreola. pall. v. 3. p. 696. — lath. Ind. v. 2. p. 504. sp. 9. 

Sommet de la tête, joues, gorge, poitrine, ventre et tectrices supé- 
rieures de la queue d'un jaune citrin ; une large bande noire en forme 
de croissant existe sur l'occiput. Nuque, dos et scapulaires d'un cen- 
dré plombé ; rémiges primaires d'un brun noirâtre ; les secondaires 
bordées de blanc ainsi que les grandes tectrices alaires; rectrices 
d'un brun noirâtre ; les deux latérales de chaque côté d'un blanc 
pur ; bec et pieds bruns. 

Les femelles et les mâles, après leur mue d'automne ou en hiver, 
ont l'occiput du même jaune que le reste de la tête. Les vieilles fe- 
melles se distinguent toujours des mâles par le jaune un peu moins 
vif des parties inférieures ainsi que par le manteau et les petites tec- 
trices alaires qui sont d'un cendré olivâtre. 

Cette espèce, qui est très rare, n'a été trouvée que dans la Russie 
orientale et en Crimée. 



BERGERONNETTE PRINTANNIÈRE. 



Motacilla flava. linn. — Bergeronnette de printemps . buff. Ois. v. 5. 
p. 263. t. 14. f. 1. Id. pl. enl. 674. f. 2. — inaum. t. 39. f. 88. — frisch. 
t. 23. f. 2. 

Une ligne blanche s'étend depuis la base de la mandibule supé- 
rieure jusqu'au dessus de l'œil, derrière lequel elle se prolonge. Une 
seconde ligne blanche, partant de la base de la mandibule inférieure, 
va jusqu'au-dessous de l'orifice des oreilles. Tête et nuque d'un gris 
cendré; dos et croupion d'un vert olivâtre; ailes d'un brun noirâtre; 
tectrices alaires bordées de blanc jaunâtre ; gorge, poitrine et ventre 
d'un joli jaune clair ; pennes intermédiaires de la queue noires ; les 
latérales blanches sur leurs barbes externes et noires sur leurs barbes 
internes 5 pieds noirâtres. 

La femelle a les parties supérieures plus cendrées; les parties in- 
férieures sont d'un jaune moins vif. La gorge est blanche. 

Cette espèce fréquente le bord des eaux et les prairies. Elle vient 
en automne , comme les autres bergeronnettes , au milieu de nos trou- 
peaux. Elle est commune en Angleterre, en France et paraît être ré- 
pandue dans toute l'Europe. Les insectes de tout genre forment sa 
nourriture. Elle place son nid dans les trous abandonnés des taupes, 
sous les racines des arbres et quelquefois au milieu des blés avant la 
moisson. 

Les œufs, au nombre de six, sont d'un vert olivâtre avec des lâ- 
ches d'un rose clair. 



— 92 — 
GENRE PIPIT. 

ANTHUS. (bescut.) 

Ce genre , de la famille des Aîaiididés , a un bec droit , grêle , cylin- 
drique vers la pointe en forme d' alêne, à bords fléchis en dedans vers 
le milieu ; base de la mandibule supérieure en arrête; pointe légè- 
rement écliancrée; narines basâtes à moitié fermées par une mem- 
brane voûtée ; trois doigts devant et un derrière , l'extérieur soudé 
à sa base au doigt du milieu ; ongle de derrière plus ou moins courbé, 
le plus souvent excédant la longueur du doigt postérieur. La première 
rémige nulle , la seconde un peu plus courte que les troisième et qua- 
trième qui sont les plus longues. 

Ces oiseaux qui ont été confondus par plusieurs auteurs avec les 
véritables alouettes , en diffèrent essentiellemement, tant par leurs 
mœurs et leurs habitudes que par des caractères particuliers. Leur 
queue est très longue et leur tète en forme de cône allongé, carac- 
tères qu'on ne trouve dans aucune espèce d'alouette. Ils se nouris- 
sent exclusivement d'insectes, tels que mouches, cousins, petits han- 
netons, sauterelles, insectes aquatiques et larves. Ils se tiennent dans 
les champs ou sur le bord des eaux. 

PIPIT RICHARD. 

Anthus richardi. (vieïll.) 

Sourcils blancs au-dessus des yeux; dessus de la tête et du cou, sca- 
pulaires, dos et croupion d'un brun roussâtre ; le centre de chaque 
plume d'un brun très foncé ; ailes noirâtres liserées de jaunâtre; gorge 
et ventre d'un blanc pur; poitrine et flancs légèrement roussâtres, 
parsemés do taches lancéolées brunâtres; queue noirâtre; la penne 
caudale cxtcrieurc toute blanche; sur la seconde se dessine une grande 



— 93 - 

tache de cette dernière couleur. Bec fort; mandibule supérieure 
brune , l'inférieure jaunâtre ; iris brun ; pieds jaunâtres ; l'ongle pos- 
térieur peu arqué, et beaucoup plus long que le doigt. 

Cette espèce passe en Picardie ; on la trouve aussi vers les Pyré- 
nées et probablement dans les régions chaudes de l'Europe ; elle se 
tient toujours à terre et remue la queue comme les bergeronnettes. 

PIPIT SPIONCELLE. 

Anthus cujuaticus. bescht. Natmg. deut. v. 3, p. 745. — Alauda campes- 
tris spinoletta. lath. Ind. v. 2. p. 495. sp. 12. var. h. — buff. pl. enl. 
6C1 f, 2. représentation de la Spioncelle sous le faux nom d' Alouette - 
Pipi. 

Un trait blanc au-dessus des yeux ; dessus de la tète et du cou, dos 
et croupion d'un gris brun, le centre des plumes un peu plus foncé; 
ailes brunâtres; tectrices alaires bordées et terminées de blanc jau- 
nâtre ; gorge, poitrine , ventre et flancs blanchâtres, avec des taches 
longitudinales assez larges d'un brun cendre clair, dessinées çà et là 
sur ces différentes parties , mais plus nombreuses sur la poitrine ; les 
deux pennes du milieu de la queue d'un brun cendré ; les latérales 
noires; les trois extérieures blanches et noires; pieds d'un brun mar- 
ron ; ongle postérieur arqué et long de plus de quatre lignes. 

Les taches des parties inférieures sont plus nombreuses chez la fe- 
melle. Les vieux mâles pendant le peu de temps qu'ils se livrent à 
l'acte de la génération ont le devant du cou, la poitrine, la partie su- 
périeure du ventre et les flancs colorés d'une teinte de roux rose très 
clair ; le reste du plumage est de la même couleur qu'en automne. 

Cette espèce habite le midi de l'Europe. Elle se trouve aussi aux 
environs de Paris et dans quelques provinces du centre où elle est 
seulement de passage; paraît en Angleterre et en Hollande. Elle fré- 
quente le bord des eaux et des fleuves ; niche dans les lieux solitaires 
et cache son nid sous des mottes de gazon et quelquefois dans les 
fentes des pierres et des rochers. 



— 94 — 

Les œufs , au nombre de quatre à cinq , sont d'un blanc sale, mar- 
qués de petits points bruns vers le gros bout. 

PIPIT ROUSSELINE. 

Anthus rufesceus. temm. Man. orn. 2^ édit. v. 1. p. 267. — La Rousseline . 
BUFF. pl. enl. 661. f. 1. 

Au-dessus des yeux une large bande d'un blanc jaunâtre ; tête , 
dessus du cou, dos et croupion d'un gris lavé de roussâtre clair. Sur le 
milieu de chaque plume une légère teinte brune; ailes brunâtres ; tec- 
trices alaires bordées et terminées de roux clair ; gorge , poitrine et 
ventre d'un blanc teint de roux également clair ; de très petites ta- 
ches brunes et en très petit nombre sur les côtés de la gorge et sur la 
poitrine ; pennes de la queue d'un brun noirâtre ; les deux du milieu 
liserées de roussâtre , l'extérieure noire et blanche ; tectrices cau- 
dales supérieures d'un brun roussâtre et descendant fort bas sur la 
queue. Ongle du doigt postérieur plus court que ce doigt, et très fai- 
blement arqué ; bec et pieds jaunâtres. 

Elle habite en Allemagne et en France ; assez abondamment ré- 
pandue en Lorraine et en Alsace ; fréquente le bord des eaux et la 
lisière des bois non loin des champs cultivés. Elle fait son nid à terre , 
dans les herbes ou derrière une motte de terre. 

Les œufs, au nombre de quatre à six, sont bleuâtres avec des taches 
et des raies rousses et violettes. 

PIPIT FARLOUSE. 

Anthus pratensis. Naturg. deut. v. 5. p. 732. t. 36. f. 2. — Alauda pra- 
tensis. i,xTfi.Ind. v. 2. p. 493. sp. 5. — Le Cuj'elier. buff. pl. enl. 660. 
f. 2. — La femelle, naum. Vog. t. 8. f. 11. — La femelle et supp. t. 8. 
p. 16. — Le mâle. 

Un petit trait d'un blanc jaunâtre au-dessus des yeux ; dessus de 
la tête et du cou , dos et croupion d'un cendré olivâtre avec de gran- 



— 95 — 

des taches noirâtres au centre de chaque pUime; ces taches sont beau- 
coup plus grandes sur le dos. Ailes brunâtres ; tectrices alaires bor- 
dées de jaune olivâtre ; gorge , poitrine et ventre d'un blanc très lé- 
gèrement lavé de jaunâtre avec de grandes taches d'un noir brunâtre; 
celles-ci sont très longues et très larges sur les côtés du cou , sur 
toute la poitrine et le long des flancs. Rectrices noirâtres; la pre- 
mière penne caudale externe est blanche , avec une large tache noire 
sur la barbe interne ; la deuxième est noire et terminée par une tache 
blanche. Pieds jaunâtres ; l'ongle du pouce plus long que ce doigt, 
faiblement arqué de manière à former l'arc de cercle. 

La gorge est d'un roux rose très foncé chez le vieux mâle , à l'épo- 
que de la reproduction ; la femelle l'a au contraire d'un blanc pur. 

Cette espèce dont la voix ressemble assez à celle du rossignol, s'é- 
lève très haut en chantant et se soutient en l'air. Elle se plaît dans les 
lieux marécageux et dans les terres incultes qui avoisinent les taillis. 
Elle se perche quelquefois sur les arbres. La chair de ces oiseaux est 
fort bonne à manger en automne, époque à laquelle on les voit voler 
en troupes. 

Habite la Suède , la Hollande , l'Italie et probablement les climats 
intermédiaires. 

Niche à terre et dans les petits buissons près des eaux. 

Les œufs, au nombre de six, sont rougeâtres, marqués de taches 
pourprées. 

PIPIT DES BUISSONS. 

Anthus arboreus. bescht. Naturg. deut. v. 3. p. 706. t. 36. f. 1. — Alauda 
trivialis. lath. Ind. v. 2. p. 493. sp. 6. — Farlouse. buff. pl. enl. 660. 

f. 1. -NAUM. t. 8. f. 12. 

Dessus de la tête et du cou , dos et croupion d'un cendré lavé d'oli- 
vâtre avec des taches d'un brun noir sur le centre des plumes ; ailes 
d'un brun noirâtre; tectrices alaires bordées de blanc jaunâtre , de 
manière à former sur l'aile deux bandes transversales de cette cou- 



— 96 — 

leurj devant du cou, poitrine et flancs d'un roux jaunâtre; de grandes 
taches noires sur la poitrine, et sur les flancs des traits longitudinaux 
très étroits; milieu du ventre blanchâtre; couvertures inférieures de 
la queue légèrement nuancées de jaunâtre et sans taches ; reclrices 
brunes, l'externe blanche et noire; pieds jaunâtres. Cette espèce dont 
le plumage a une assez grande analogie avec celui de l'espèce précé- 
dente, s'en distingue par l'ongle du pouce plus court que ce doigt, 
et arqué de manière à former le quart de cercle, tandis que le pipit 
farlouse a l'ongle du pouce plus long que ce doigt et faiblement arqué. 

Le pipit farlouse se trouve en Italie , en France, en Allemagne, en 
Angleterre, en Suède et en Hollande ; il niche ordinairement dans les 
prés et se perche sur les buissons où il cache son nid sous des touffes 
d'herbes ou des racines de taillis. 

Les œufs, au nombre de cinq, sont d'un blanc rougeâtre couvert 
d'un grand nombre de taches d'un rouge foncé. 



— 97 — 



ORDRE DES GRANIVORES. 



Bec fort , court, plus ou moins conique , arête plus ou moins apla- 
tie , s'avançant sur le front ; mandibules le plus souvent sans éclian- 
crures ; piedsj trois doigts devant et un derrière ; les doigts antérieurs 
divisés ; ailes médiocres. 

Les oiseaux de cet ordre vivent par couples; les uns sont séden- 
taires, les autres voyagent par troupes nombreuses; ils se nourris- 
sent principalement de grains et de semences dont ils font un grand 
dégât ; ils ont recours aux insectes tout le temps qu'ils soignent 
leurs petits. On peut facilement élever ces oiseaux en domesticité; on 
les nourrit alors de grains. 



GEMRE ALOUETTE. 

ALAUDA. (linn.) 

Ce genre qui appartient à la famille des Alaudidés et à la section 
des Conirostres , est ainsi caractérisé : 

Bec assez droit et court , longicône; mandibule supérieure voûtée, 
ne dépassant pas l'inférieure ; narines ovoïdes , couvertes par de pe- 
tites plumes dirigées en avant j il y a aux pieds trois doigts devant et 
un derrière, entièrement divisés; ongle postérieur beaucoup plus long 
que le doigt; première rémige nulle ou presque nulle; la deuxième un 
peu plus courte que la troisième qui est la plus longue; grandes cou- 
vertures très longues. 

Ois. d'Eur. i3*. Liv. 



— 98 — 

L'alouette semble tirer son nom du mot celtique alaud d'où l'on 
a formé aloue, puis alouette. Il paraît que les soldats de la légion nom- 
mée alauda portaient sur leur casque un panache qui avait quelque 
rapport avec celui de Talouette huppée. 

Chacun a pu remarquer dans les champs la manière de voler de ces 
oiseaux. Caché dans son sillon l'alouette se laisse approclier d'assez 
près, puis s'élevant tout à coup d'un vol perpendiculaire et pour 
ainsi dire cadencé, elle se soutient à une grande hauteur dans les airs 
d'où elle fait entendre ses joyeuses chansons , car elle ne chante que 
très rarement à terre. Son ramage assez mélodieux est susceptible 
d'être perfectionné. On a vu des jeunes mâles retenir et répéter fort 
agréablement des airs qu'on leur avait sifflés. La chair des alouettes 
n'est bonne à manger qu'en hiver, époque à laquelle elle est fort 
grasse et très délicate. Si Ton pense que l'été devient pour ces oi- 
seaux un temps tout de plaisir et d'amour, qu'ils mangent fort peu et 
voltigent sans cesse, on s'expliquera aisément leur maigreur extrême 
pendant cette saison. Collet, traineaux, lacets, pantières, tels sont les 
différens pièges au moyen desquels on prend les alouettes. La chasse 
au miroir jouit surtout d'une très grande vogue. Ce n'est point comme 
on l'a dit pour s'y mirer qu'elles accourent de toutes parts, mais bien 
plutôt parce que leur curiosité est excitée par les éclats répétés de 
la lumière que produit le jeu du miroir, ou bien parce qu'elles croient 
cette lumière réfléchie par la surface argentée des fontaines et des 
ruisseaux limpides. Nous ne pouvons nous dispenser de citer en passant 
une chasse aux gluaux qui se fait en Lorraine et dans la quelle on prend 
jusqu'à cent douzaines d'alouettes et plus. Les alouettes se laissent fa- 
cilement apprivoiser et deviennent quelquefois très familières. Il faut 
avoir soin de tendre une toile à la partie supérieure de leur cage si on 
veut éviter qu'elles ne se brisent le crâne en s'élançant trop vive- 
ment, comme elles en ont l'habitude. Ces oiseaux aimant beaucoup se 
rouler dans la poussière afin de se soustraire aux tourmens que leur 
occasione la vermine , on a la précaution de mettre un peu de sable 
clans un coin de la cage. La longueur et la rectitude du doigt posté- 



rieur chez les alouettes ne leur permet pas de se percher sur les ar- 
bre ; un juchoir est donc inutile dans la volière où on les enferme. 
Les alouettes cachent leur nid avec la plus grande précaution. On 
trouve ces oiseaux dans presque tous les pays habités des deux con- 
tinents ; ils se nourrissent principalement de graines , quelquefois 
aussi de vermisseaux, 

ALOUETTE NÈGRE. 

Alauda tatarica. pall.v. 2. p. 707. t. c, — Alauda mutabiUs, GMEt.^ Syst. 
1. p. 790. sp. 10. — Alouette de Tartarie. sonn. édit. de Buff. v. 15. 
p. 18.— LATH. V. 4. p. 380et381.sp.;i3 et 14. Id. supp. v. 1. p. 177. 

La tête , les ailes et le dos d'un noir profond; gorge, devant du cou, 
poitrine et ventre de cette dernière couleur; plumes du dessus du cou, 
du croupion et des flancs bordées et terminées de gris blanc; queue 
noire ; bec jaune et noir à sa pointe ; pieds noirs. 

La femelle a du gris sur le front ; son plumage est d'un noir moins 
foncé. Toutes les plumes de la gorge et de la poitrine sont liserées de 
gris. 

Cette espèce se trouve en Asie. Elle arrive en automne dans quel- 
ques provinces de la Russie européenne. 

ALOUETTE CALANDRE. 

Alauda calandra. linn. — latii. Ind. v. 2. p. 496. sp. 17. — Grosst 
alouette ou Calandre. — buff. Ois. y. 5. p. 49. Id. pl. enl. 363. f. 2. 

Dessus de la tête et du cou , dos et croupion d'un cendré légère- 
ment roussâtre , avec du brun au milieu des plumes , formant des ta- 
ches plus grandes sur le milieu du dos ; ailes noirâtres ; rémiges pri- 
maires liserées de blanc , les secondaires terminées par une grande 
tache blanche ; tectrices alaires bordées et terminées de blanc et de 
roux ; gorge et ventre blancs ; une tache noire de chaque côté du cou; 
poitrine et flancs d'un gris légèrement teint de roux, avec de petites 
taches lancéolées brunâtres sur la poitrine ; première penne latérale 



— 100 — 

de la queue presque entièrement blanche , îla suivante bordée exté- 
rieurement de blanc; toutes, hormis celles du milieu , terminées par 
un peu de blanc ; bec gris, la pointe brune ; pieds jaunâtres. : 

L'espace noir des côtés du cou est moins grand chez la femelle. Les 
taches qui sont au centre des plumes sont d'un brun moins foncé. 

Cette alouette a une voix tout à la fois forte et agréable. En Italie 
on dit communément chanter comme une calandre, pour dire chanter 
bien. Elle imite parfaitement les ramages de plusieurs oiseaux. La ca- 
landre niche à terre sous une motte de gazon ; elle habite le midi de 
TEurope , l'Italie , la Turquie , l'Espagae et la France près des Py- 
rénées. 

Les œufs, au nombre de quatre à cinq, sont d'un pourpré clair avec 
de grandes taches grises et pointillés de brun foncé. 

ALOUETTE COCHEVIS. 

Alauda cristata. linn. — lath. Ind. v. 2. p. 499, sp. 25. L'Alouette co- 
chevis, BUFF. Ois. v. 5. p. 66. Id. pl. enl. 503. f. 1. — naum. Vog. 
deut. t. 7. f. 8. 

Tête surmontée d'une huppe dont les plumes du milieu sont noires 
et les autres d'un gris cendré; la tête, le cou, le dos et le croupion 
d'un gris cendré avec des taches brunes au centre des plumes ; ré- 
miges et tectrices alaires d'un gris cendré ; les unes et les autres bor- 
dées et terminées de roussâtre et de blanchâtre; gorge, poitrine et 
ventre d'un blanc légèrement teint de jaunâtre ; des taches longi- 
tudinales brunes couvrent la poitrine. Pennes du milieu de la queue 
i'un brun roussâtre, les suivantes d'un brun noirâtre et terminées 
par un bord blanchâtre ; les deux pennes latérales ^externes d'un 
roussâtre clair ; pattes jaunâtres. 

Le nom de cochevis^ c'est-à-dire visage de coq, paraît avoir été 
donné à cette espèce à cause de quelque ressemblance qu'on a cru 
lui trouver avec le coq par sa crête. Dans le Berry, elle j)orte le nom 
de crêtée, en Sologne celui de duppée (pour huppée), en Beauce celui 
de cornue, etc., etc. 



— 101 — 

Le cochevis ne peut pas vivre long-temps en captivité : toutefois 
il retient en très peu de temps les airs qu'il entend siffler. 

11 place son nid derrière quelque motte, dans le voisinage des prai- 
ries et des gands chpmins. Comme on a pu voir un crapaud auprès 
de ce nid et même sur les œufs, on a dit que les cochevis et plu- 
sieurs autres espèces d'alouettes laissaient aux crapauds le soin de 
couver leurs œufs. Une pareille fable ne pouvait être imaginée que 
par l'ignorance et la crédulité. Le cochevis est généralement répandu 
dans toutes les parties de l'Europe. 

Les œufs, au nombre de quatre à cinq, sont d'un cendré clair mar- 
qué de taches d'un brun foncé. 

ALOUETTE A HAUSSE-COL NOIR. 

Alauda alpestris. linn. — lath. Ind. v. 2. p. 498, sp. 21. — Le Hausse- 
col noir. BUFF. Ois. v. 5. p. 55. — La ceinture de prêtre. Id. v. 5. p. Cl. 
et pl. enl. 650. f. 2. 

Les yeux soîit ombragés par un long sourcil jaune surmonté d'un 
petit trait noir. Dessus de la tête et du cou lie de vin; dos et crou- 
pion d'un gris nuancé ça et là d'une légère teinte de cette der- 
nière couleur ; rémiges noirâtres , la première bordée de blanc ; 
petites et moyennes tectrices alaires d'un cendré lie de vin ; espace 
entre l'œil et le bec noir; au-dessous de l'œil une large plaque noire 
entourée de jaune ; gorge de cette dernière couleur ; poitrine re- 
couverte d'un large hausse-col d'un noir profond ; parties latérales 
de la poitrine de la même couleur que le dessus du cou ; les lianes 
d'un fauve blanchâtre ; ventre d'un blanc pur ; queue noire ; la penne 
latérale blanche sur la barbe extérieure ; pattes noires; bec brun. 

Le front de la femelle est jaunâtre; haut de la tète marqué de brun 
et de noir ; le hausse-col est moins grand et les pennes noires de la 
queue terminées par une petite bande blanchâtre. 

Cette espèce se trouve dans le nord de l'Europe, de l'Asie et de 
VAmérique ; elle fréquente les prairies et les lieux humides. 



ALOUETTE DES CHAMPS. 



Alauda arvensis. linn. — latii. Ind. v. 2. p. 491. sp. 1. — L'Alouette or- 
dinaire, hufe. Ois, V. 5. p.l.t. l.Id. pl. enl. 363. f.l. — naum. t. 6. f. 6. 

Dessus de la tête et du cou , scapulaires , dos et croupion d'un gris 
très légèrement roussâtre avec des taches d'un brun noirâtre au cen- 
tre de chaque plume ; ces taches sont plus grandes sur la tête et le dos. 
Rémiges d'un brun noirâtre, échancrées et terminées de blanc à leur 
extrémité; tectrices alaires brunâtres à leur centre, bordées et ter- 
minées de gris et de roux clair ; joues d'un brun gris ; gorge blanche j 
devant du cou , poitrine et flancs teints de roussâtre ; sur le centre 
de chaque plume une tache brune lancéolée ; sur les flancs des lignes 
brunes qui suivent la direction de la baguette ; ventre d'un blanc très 
légèrement roussâtre ; rectrices noirâtres ; la première penne externe 
de chaque côté presque entièrement blanche ; une longue tache bru- 
nâtre sur la barbe interne ; la deuxième penne a la barbe interne en- 
tièrement brune , et l'externe presque entièrement blanche j pattes 
jaunâtres. 

La femelle a un plus grand nombre de taches et celles-ci sont plus 
foncées sur le dos et sur la poitrine. 

Celte espèce habite toutes les parties de l'Europe. On la trouve 
aussi dans les parties septentrionales de l'Afrique. Elle se tient dans 
les champs et niche à terre. 

Les œufs, au nombre de quatre à cinq, sont grisâtres, marqués de 
taches brunes. 

ALOUETTE LULU. 

Alauda arborea. lijvn. — Alauda cristatella. lath Ind. v 2. p. 499. sp. 
26. — Le Lulu, V Alouette des bois et Cujelier.^ww , Ois. v. 5. p. 74 et 
25. pl. enl. 503. f. 2. — naum. t. 6. f. 7. 

Plumes de la tète plus longues que dans les autres espèces, moins 
acuminées'que dans le cochevis; une ligne blanchâtre passe au-dessus 



— 103 

(les yeux et se prolonge derrière l'occiput. La tête, le dessus du cou, 
le dos et le croupion d'un cendré légèrement roussâtre avec des ta- 
ches d'un brun noirâtre sur le milieu des plumes ; rémiges et tectri- 
ces alaires brunâtres , liserées et terminées de blanc ; les grandes 
tectrices sont très longues et échancrées à la pointe ; gorge , poitrine 
et ventre d*un blanc très légèrement teint de jaunâtre avec des taches 
longitudinales noirâtres sur la poitrine et le devant du cou ; flancs 
grisâtres ; couvertures supérieures de la queue roussâtres ; penne 
extérieure de celle-ci bordée de blanc , les trois suivantes noires , 
terminées de blanc pur ; pattes jaunes. 

Chez la femelle la gorge , la poitrine et le ventre sans nuances jau- 
nâtres; le trait au-dessus des yeux plus marqué et les taches de la 
poitrine plus nombreuses. 

Le nom de Lulu donné à cette alouette lui vient de son chant 
assez peu agréable. Elle va par troupe; se plaît dans les bruyères et 
même dans les bois où elle fait son nid, ainsi que dans les blés; se 
pose quelquefois sur les arbres. Elle se trouve dans une grande partie 
de l'Europe. 

Les œufs, au nombre de quatre à cinq, sont d'un gris taché de 
brun. 

ALOUETTE A DOIGTS COURTS ou CALANDRELLE. 

Alauda hrachidactyla. temm. Man. orn. 2* édit. v. 1. p. 285. 

Bande au-dessus des yeux d'un blanc pur; la téte, le dessus du 
cou, le dos et le croupion d'un roux assez vif, avec du brun au centre 
des plumes ; rémiges noirâtres ; les grandes couvertures aussi grandes 
que les rémiges sont brunâtres ainsi que les moyennes et les petites. 
Les unes et les autres ont de larges bordures d'un roux plus vif que 
celui du dos; gorge blanche; deux ou trois petits points bruns sur 
les parties latérales du cou; poitrine et ventre d'un blanc très légè- 
rement nuancé de roux clair ; le haut de la poitrine et les flancs d'un 



roux également clair; les deux pennes du milieu de la queue noires 
et cette couleur bordée d'un roux foncé; les trois suivantes noires, 
liserées et terminées de roux clair ; la quatrième d'un blanc rous- 
sâtre sur la barbe externe, et la plus extérieure presque entièrement 
de cette couleur, mais plus roussâtre vers la pointe ; pattes jaunâtres. 
La poitrine et le ventre d'un blanc pur sans aucune nuance de 
roussâtre. 

La calandrelle se trouve dans le midi de la France, le long de la 
Méditerranée, mais jamais dans le nord ; très abondante en Sicile, en 
Espagne et en Italie. 

Elle nicbe à terre. 

Les œufs, au nombre de quatre à cinq, sont d'une teinte uniforme 
de café au lait. 



— 105 — 



GENRE MÉSANGE. 

PARUS, (linn.) 

Ce genre appartient à la famille des Paridès et à la section des 
Conirostres. Ses caractères sont les suivans : 

Bec court, cônique, épais à la base, assez robuste, droit, pointu 
et un peu comprimé sur les côtés ; dépourvu d'échancrures ; la base 
est garnie de poils ; narines arrondies, cachées par des plumes diri- 
gées en avant; trois doigts devant et un derrière entièrement divisés; 
la première rémige de moyenne longueur ou presque nulle ; la se- 
conde beaucoup moins longue que la troisième , la quatrième et la 
cinquième ; ces deux dernières sont les plus longues. 

Nous avons déjà eu occasion de parler du courage et de l'intrépi- 
dité des pie-grièches : quoique d'une taille généralement plus petite 
que ces dernières , les mésanges ne leur cèdent en rien pour la har- 
diesse et l'ardeur belliqueuse qui va quelquefois jusqu'à la férocité. Il 
y a chez ces petits oiseaux une activité des plus remarquables. Doués 
d'un caractère excessivement hargneux, on les voit souvent se livrer 
à tous les emportemens de la colère. Cette passion brutale , qui chez 
l'homme étouffe les facultés les plus relevées, les sentimens les plus 
nobles, se manifeste chez les mésanges par des symptômes qui nous 
rappellent beaucoup certains paroxysmes de la colère humaine. Les 
plumes de tout leur corps, celles de leur tête surtout, se dressent da- 
bord, puis leurs petits yeux deviennent brillans et semblent jeter des 
flammes ; leur cri a quelque chose de plus aigu et de plus perçant; leurs 
ongles se contractent avec une force extraordinaire et leur.bec frappe 
à coups redoublés l'oiseau devenu l'objet d'une haine implacable ; il y 
a enfin dans tous ces mouvemens précipités auxquels elles se livrent, 
et les attitudes différentes qu'elles prennent à chaque instant , une 
énergie bien remarquable qui indique tout ce qu'a de violent la pas- 
sion qui les domine. Leur colère est quelquefois portée si loin qu'elles 

Ois. d'Ehp.. 14' Liv. 



— Î06 — 

ne craignent pas de l'assouvir sur leurs semblables; et si plusieurs 
mésanges restent quelque temps renfermées dans une cage, on peut 
être sûr que le sang ne tardera pas à couler. Souvent aussi leur cou- 
rage les pousse à attaquer des oiseaux beaucoup plus forts qu'elles. 
La chouette est de tous celui qui excite au plus haut degré leur fureur. 
Elles se lancent contre elle avec un acharnement difficile à décrire , 
lui crèvent les yeux et la poursuivent jusqu'à ce qu'elles l'aient 
tuée ou tout à fait mise hors de combat. Les amateurs de chasse à 
la pipée ont su profiter de cette antipathie si remarquable des mé- 
sanges contre la chouette, antipathie dont nous ne saurions du reste 
indiquer la véritable source. Aux premiers cris de la chouette, simulés 
par les pipeurs, les mésanges sentent renaître toute leur colère, se 
précipitent en foule du côté d'où part la voix de leur odieux ennemi, 
et ne tardent pas à devenir victimes de leur aveugle fureur. Elles 
ont aussi l'habitude d'accourir aux cris des autres mésanges, et leur 
peu de circonspection les fait souvent tomber dans les pièges dont 
sont entourées leurs congénères ; elles se nourrissent de semences et 
de graines dont elles font des amas et des provisions 5 mais au lieu de 
broyer celles-ci , comme la plupart des granivores , en les pressant 
entre les rebords iranchans des deux mandibules, elles les percent à 
coups de bec après les avoir assujetties dans leurs pattes. C'est aussi 
de cette manière qu'elles parviennent à percer même des noisettes , 
des amandes et des noix. On prétend que ce dernier exercice finit 
par les rendre aveugles quand elles s'y livrent trop long-temps. 
Outre les semences et les graines , elles se nourrissent encore de 
larves et d'insectes, qu'elles poursuivent jusqu'à l'extrémité des bran- 
ches les plus minces et les plus flexibles ; quelquefois enfin elles vont 
dépecer les charognes. Elles attaquent aussi les oiseaux malades ou 
pris dans les pièges , ainsi que les petits qu'elles trouvent abandonnés 
dans les nids , et dont elles percent le crâne pour en sucer la cer- 
velle. Les mésanges grimpent contre les troncs des arbres à la manière 
des pics, et prennent différentes attitudes; souvent môme elles se 
suspendent la tête en bas. L'épaisseur des os du crâne et la puissance 



- 107 — 

des muscles du cou leur permettent de briser des fragmens d'écorce 
fort gros, sous lesquels elles vont chercher les insectes à Taide des 
filets dont leur langue est garnie. Quelques espèces sont très friandes 
d'abeilles , dont elles font une grande destruction pour nourrir leur 
progéniture. La tendresse que les mésanges montrent pour leurs pe- 
tits et le courage avec lequel elles les défendent, forment une espèce 
de contraste avec leur caractère hargneux et souvent cruel. Elles sont 
assez difficiles à élever en domesticité ; leur voix consiste en un cri 
rauque et désagréable. 

PREMIÈRE SECTION. — SYLVAINS. 

La première rémige de moyenne longueur. Ces espèces vivent dans 
les bois et dans les buissons , et nichent dans les trous naturels des 
arbres. 

MÉSANGE CHARBONNIÈRE. 

Parus major, i.irviv. — latu. Ind. v. 2. p. 562. sp. 1. — La grosse Mé- 
sange ou Charbonnière, buff. Ois. v. 5. p. 392. t. 17. Id. pl. enl. 3. 
f. 1. — FRISCH. t. IS.f. 1. — NAIJM. t. 23. f. 12. Le mdle . 

Dessus de la tète d'un noir lustré ; un large espace blanc sur ses cô- 
tés; dos et scapulaires d'un vert olivâtre; croupion d'un cendré bleuâ- 
tre ; rémiges noirâtres, les primaires liserées de cendré bleuâtre , les 
secondaires de verdâtre ; tectrices alaires d'un cendré bleuâtre ; les 
grandes terminées de blanc ; gorge , devant du cou d'un noir lustré 
qui remonte sur les côtés du cou et va rejoindre la nuque ; poitrine et 
ventre jaunes ; une bande verticale noire sur le milieu de ce dernier. 
Queue d'un cendré noirâtre; la penne extérieure à moitié blanche , la 
deuxième terminée de blanc. Couvertures inférieures de la queue 
blanches ; pattes plombées ; l^ec noir. 

Chez la femelle le noir delà tète est plus terne, et le jaune du ven- 
tre plus pâle; la raie noire du centre est aussi moins longue et ne des- 



— 108 — 

cend jamais jusqu'à l'extrémité des couvertures inférieures de la 
queue. 

Cette espèce qui, dit-on, tire son nom de l'habitude qu'elle a de sui- 
vre les ouvriers qui fabriquent le charbon dans les forêts et de placer 
son nid sous la toiture de leurs maisons, est aussi désignée sous celui 
de serrurier, pour rappeler son chant qu'on a comparé au grincement 
d'une lime. Au printemps ce chant devient agréable et varié. Lors- 
qu'on introduit une baguette dans le trou oii se couche tous les soirs 
la mésange charbonnière, celle-ci fait entendre un petit sifflement 
que les enfans prennent souvent pour celui d'un serpent. On la fait 
sortir aisément en frappant le tronc des arbres creux ; c'est un moyen 
de découvrir son nid. Elle est très facile à apprivoiser. Buffon parle 
d'une mésange charbonnière qui étant devenue malade , s'accrocha 
aux bâtons de sa cage , la tête en bas et garda cette position jusqu'a- 
près sa mort. 

Cette mésange habite surtout les montagnes ; on la trouve dans les 
taillis, dans les vergers elles grands bois. Très commune en France; 
préfère les pays tempérés et froids aux pays chauds. Sa nourriture 
consiste en chenilles, mouches et larves. En automne elle se nourrit 
de graines et de fruits ; elle niche dans les^trous profonds des arbres 
et des murailles. 

Les œufs , au nombre de onze à quatorze , sont blancs avec des ta- 
ches rousses, principalement vers le gros bout. 

MÉSANGE PETITE CHARBONNIÈRE. 

Parus ater. linn. — lath. Ind. v. 2. p. 564. sp. 8. — La petite Charbon- 
nière. BUFF. Ois. V. 5. p. 400. — Mésange à tête noire, briss. Ornith. 
V. 3. p. 551. sp. 5. — FRïSCiï. Vog. t. 13. f. 2. a. — naum. t. 24. f. 46. 
Le mâle. 

Dessus de la tôte et du cou d'un noir profond; une large plaque 
blanche sur la nuque ; une large bande de la même couleur existe sur 
les parties latérales du cou ; scapulaires , dos et croupion de couleur 



— 109 — 

cendrée ; ailes noirâtres ; tectrices alaires terminées de blanc ; gorge 
et devant du cou d'un noir profond; poitrine et ventre blancs ; flancs 
et bas-ventre grisâtres ; queue noirâtre j pattes plombées. 

Le blanc des parties latérales du cou, ainsi que le noir de la 
gorge , sont moins étendus chez la femelle. 

Cette espèce, qui après la mésange à longue queue est la plus pe- 
tite de toutes , habite les différentes parties de l'Europe , surtout la 
Hollande et la Norvège où elle est très commune. Elle se tient dans 
les bois , principalement ceux plantés de pins et de sapins; on la trouve 
aussi dans les jardins et les vergers. Il paraît qu'en Suède elle se re- 
pose de préférence sur les aunes. Sa nourriture consiste en semences 
et en insectes. Elle place son nid dans les arbres creux, quelquefois 
dans les trous de masures , ou bien encore dans les trous de petits 
mammifères , tels que souris , taupes , etc. 

Les œufs, au nombre de huit à dix , sont blancs avec quelques 
taches de couleur pourpre. 

MÉSANGE BLEUE. 

Parus cœruleus. linn. — lath. Ind. v. 2. p. 566. sp. 12. — La Mésange 
bleue. BUFF. Ois. v. 5. p. 413. Id. pl. enl. 3. f. 2. — frisch. t. 14. f. 1, a. 
— NAUM. J^og. t. 23. f. 43. Le mâle. 

Sommet de la léte d'un bleu clair ; l'oiseau peut en relever les 
plumes à volonté; parties latérales de la gorge, joues et front d'un 
blanc pur qui se prolonge au-dessus de l'œil jusque derrière l'oc- 
ciput ; les tempes sont traversées par une raie d'un bleu foncé qui 
va se réunir à un large collier de la même couleur, faisant le tour du 
cou. Une bande verticale d'un noir bleuâtre sur le milieu de la gorge; 
scapulaires, dos et croupion d'un vert olivâtre ; rémiges noirâtres sur 
leurs barbes internes, et bleuâtres sur leurs barbes externes; quelques 
rémiges secondaires terminées de blanc ; tectrices alaires bleues ; les 
grandes terminées de blanc forment une ligne blanche transversale 



— 110 — 

sur les ailes; poitrine, flancs, ventre et bas- ventre d'un joli jaune; 
queue bleuâtre ; pattes noires. 

Chez les femelles la raie longitudinale du ventre est très peu mar- 
quée ; moins de bleu sur la tête ; ce bleu et le jaune du dessous du 
corps moins vifs. 

La pétulance qui règne dans tous ses mouvemens et la vivacité des 
couleurs qui parent le pluniage de la mésange bleue en ferait un de 
nos plus jolis oiseaux de volière, s'il était permis de l'élever en cap- 
tivité ; mais jusqu'ici on n'a pu y parvenir, et c'est tout au plus si on 
peut la garder quelques mois en cage. Cette espèce est une de celles 
dont le caractère est très hargneux et qui chamaille souvent ses com- 
pagnes. Elle habite toute l'Europe ; on la trouve aussi en Afrique; se 
nourrit d'insectes et de semences, mais principalement de baies sau- 
vages et de noix de hêtre; cause de grands dommages dans les ver- 
gers en pinçant les boutons des arbres fruitiers , et attaque au besoin 
les petits oiseaux tombés dans les pièges ; elle fait son nid dans les 
trous des arbres et siffle comme la charbonnière , quand on y intro- 
duit la main. 

Les œufs, au nombre de huit à dix-sept, sont blancs, marqués de 
petits points rouges et bruns. 

MÉSANGE HUPPÉE. 

Parus cristatus. linn. — lath. Ind, v. 2. p. 567. sp, 14. — Za Mésange 
huppée, BUFF. Ois, V. 5. p. 447. Id. pl. enl. 502. f. 2. — frisch. Vog. t. 14. 
f. 1. B. — NAUM. t. 24. f. 45. 

Les plumes de la tête noires et bordées de blanchâtre ; l'oiseau peut 
les redresser à volonté en forme de huppe; dessus du cou, dos et 
croupion d'un brun un peu roussâtre ; ailes brunâtres ; joues et côtés 
du cou blanchâtres; raie transversale sur les tempes; collier, gorge, 
haut et devant du cou d'un noir profond; poitrine, ventre et flancs 
d'un blanc légèrement teint de roussâtre ; pattes d'un brun jaune. 



— ni- 
chez ia femelle le noir de la gorge occupe un espace moins consi- 
dérable ; la huppe est aussi moins longue. 

Celle mésange, dont la nourriture consiste en insectes, araignées, 
chenilles et baies , se plaît surtout dans les forêts de genévriers et de 
pins. 

Elle est répandue dans toute l'Europe ; très commune en Norman- 
die ; elle pose son nid dans les trous d'arbres et de masures. 

Les œufs , quelquefois au nombre de dix , sont blancs. Il existe 
vers le gros bout des taches rougeâtres. 

MÉSANGE NONNETTE. 

Parus palustris. linn. — lath, Ind. v. 2. p. 565. sp. 9. — La Nonnette 
cendrée, buff. Ois. v. 5. p. 403. Id. pl. enl. 3. f. 3. — La Mésange à 
téte noire du Canada. Biiiss. Orn. v. 3. p. 553. sp. 6. pl. 29. f. 1. — 

FRISCH. t. 13. f. 2. B. — NAÎJM. t. 23. f. 44. 

Tout le dessus de la tète et le haut du cou d'un noir profond ; dos 
et croupion d'un gris légèrement teinté de roux; ailes brunes; rémiges 
bordées et terminées de roux clair ; gorge noire ; joues, devant du 
cou, poitrine, ventre et flancs d'un blanc grisâtre; queue brunâtre 
terminée de roux clair ; pattes noires. 

Le noir de la téte est moins foncé chez la femelle et très peu appa- 
rent sur la gorge où il est parsemé de petites taches grises. 

La nonnette cendrée se tient dans les bois ; elle se plaît beaucoup 
sur les aunes et sur les saules plantés près des rivières; c'est ce qui 
lui a fait aussi donner le nom de mésange des marais ; elle vit solitaire 
et ne peut-être élevée en cage ; habite toute l'Europe, mais particuliè- 
rement la Suède et la Norvège , la Lorraine et l'Italie. 

Sa nourriture consiste en graines, guêpes, chenilles. 

Les œufs, au nombre de dix à douze, sont blancs avec des taches 
rouges. 



MÉSANGE LUGUBRE. 



Parus luguhris. natt. — temm. Man. orn. 2^ ëdit. v. 1. p. 293. — pall. 
Panna rossica. Ouv, inéd. 

Dessus de la tête d'un noir brun ; dos et scapulaires d'un brun cen- 
dré ; rémiges et tectrices alaircs brunâtres , liserées de cendré blan- 
châtre; gorge noire; tempes, côtés du cou, poitrine, ventre et flancs 
d'un blanc nuancé de gris. Queue brunâtre; bec et pieds d'un gris 
foncé. 

M. Temmink caractérise ainsi la mésange lugubre et la mésange 
nonnette. Pour la première : taille de la mésange charbonnière; le noir 
mat et rembruni, ne s'étendant pas au-delà de l'occiput ; le noir de la 
gorge occupe un grand espace. Pour la seconde : taille de la mésange 
bleue ; le noir profond qui recouvre le sommet de la tête se dirige très 
avant sur la nuque; le noirâtre sur la gorge peu étendu. 

Elle habite les parties orientales du midi de l'Europe ; l'espèce n'a 
pas encore été trouvée en Italie. 

On ne sait rien des habitudes ni des mœurs de cette mésange. 

MÉSANGE A CEINTURE BLANCHE. 

Parus sibîricus. gmel. ^j.vf. 1. p. 1013. sp. 24. — lath. //zJ. v, 2. p. 571. 
sp. 25. — La Mésange à ceinture blanche de Sibérie, buff. Ois. v. 5. 
p.446.7û?. pl. enl. 708. f. 3. 

Dessus de la tète et du cou , dos et croupion d'un cendré roussâtre 
nuancé de brun sur la tète et sur la nuque ; ailes d'un brun cendré; 
Rémiges bordées de roussâtre ; tempes et côtés du cou d'un blanc 
pur; gorge, devant du cou et haut de la poitrine d'un noir pro- 
fond ; partie inférieure de la poitrine traversée par un petit ceintu- 
ron blanc ; ventre d'un blanc légèrement cendré et se nuançant de 
roussâtre sur sa partie inférieure et sur les flancs ; queue d'un brun 
cendré; pattes couleur de chair. 



Cette espèce habite les régions les plus septentrionales de l'Europe 
et de l'Asie. Elle paraît en hiver dans quelques provinces de la Russie. 
Sa nourriture et sa propagation sont jusqu'à présent inconnues. 

MÉSANGE AZURÉE. 

Parus cyanus. pall. Nov. acatL peterop. v. 14. p. 588. t. 23. f. 3. — 
GMEL. Sjst. 1. p. 1007. sp. 16. — Azuré timouse* lath. Sjn. v. 4. p. 538. 
— La grosse mésange bleue, buiss, Ornith. v. 3. p. 548. — buff. Ois. 
V, 5. p. 455, — NAUM. Vog. nacht. f. 20. p. 42. Le mâle^ 

Tête blanche nuancée sur le sommet de couleur azurée; une bande 
bleue très foncée s'étend de la base du bec jusque sur la nuque où elle 
va en s' élargissant; dos et croupion d'un bleu d'azur; rémiges d'un 
bleu foncé, terminées de blanc pur; tectrices alaires d'un bleu d'azur; 
gorge, devant du cou, poitrine et ventre d'un blanc de neige; pennes 
du milieu de la queue d'un bleu d'azur; les latérales bordées et ter- 
minées de blanc; pattes d'un brun rouge. 

On ne sait rien des mœurs de cette mésange qui habite les par- 
ties les plus septentrionales de l'Europe et de l'Asie. 

MÉSANGE A LONGUE QUEUE. 

Parus caudatus. liniv. — latii. Ind. v. 2. p. 569. sp. 20. — La Mésange à 
longue queue, buff. Ois. v. 5. p. 437, f. 19. Id. pl. enl. 502. f. 3. La 
femelle. — frisch. t. 14. f. 2. Le mâle. — naum. f^og. t. 24. f. 47 et 48. 
Mâle et femelle. 

Tète d'un blanc pur ; dos et croupion d'un noir profond; scapu- 
laires d'un rouge lie de vin; rémiges noires; grandes tectrices alaires 
cendrées et bordées de blanc pur; gorge et poitrine blanches; ventre, 
flancs et lectrices subcaudales de la même couleur que les scapulaires; 
queue noire ; pennes latérales blanches sur les barbes extérieures et 
à leur bout; pieds bruns. 

Ois. d'Eur. 15**. Liv. 



— 114 — 

Chez la femelle les yeux sont surmontés d'un large sourcil noir qui 
se prolonge sur la nuque et \ a se réunir au noir du haut du dos. 

La facilité avec laquelle les pennes de la queue de cette mésange 
se détachent avait engagé Belon à lui donner le nom de perd-sa-queue. 
Cet oiseau se trouve répandu dans toute l'Europe pendant l'hiver; 
à cette époque il quitte les hois, les buissons et les taillis. 

Son nid, assez artistement construit, est placé sur l'enfourchement 
des branches d'arbrisseaux; il est d'une forme ovale, et fermé à sa 
partie supérieure. Une ou deux et quelquefois plusieurs ouvertures, 
destinées à livrer passage à la queue trop longue de l'oiseau , sont 
pratiquées sur les parties latérales. 

Les œufs, au nombre de huit à dix et même quinze , sont blanchâ- 
tres , environnés d'une zone de très petits points rougeàtres . 

DEUXIÈME SECTION. RIVERAINS. 

Les mésanges comprises dans cette section ont la première rémige 
nulle ou presque nulle. Elles construisent leur nid avec beaucoup 
d'art et le placent dans les roseaux et dans les buissons qui bordent 
les rivières. 

MÉS7VNGE MOUSTACHE. 

Parus hiarmicus. linn. — lath. IncL v. 2. p. 570. sp. 23. — La Mésange 
barbue ou Moustache, buff. Ois. v. 5. p. 518. t. 18. Id. pl. eiiî. Cl8. f. 1 
et 2. — FRiscH. t. 8. f. 2. Le mâle. — naum. Vog. nacht. t. 2. f. 1 et 2. 

Mâle et femelle. 

Deux grandes moustaches noires descendent jusque sur les parties 
latérales du cou; tête d'un gris cendré; dessus du cou, dos et crou- 
pion d'un joli roux; rémiges primaires noirâtres, hserées de blanc; 
rémiges secondaires noirâtres liserées de roux extérieurement et 
bordées de blanc intérieurement; tectrices alaires d'un noir profond, 
liserées de roux ; gorge , devant du cou et poitrine d'un blanc pur, 



— 115 — 

légèrement nuancé de rose sur les côtés de la poitrine et le bas du 
ventre; flancs roux; queue rousse; tectrices subcaudales d'un noir 
profond; pattes noires. 

Les deux moustaches noires manquent chez la femelle ; la gorge et 
le devant du cou sont d'un blanc sale ; tête brune; quelques taches 
longitudinales noires sur le dos ; tectrices subcaudales d'un roux 
clair. 

La mésange moustache habite le nord de l'Europe, l'Angleterre, 
la Suède et l'Asiej très abondante en Hollande; seulement de passage 
dans quelques provinces de France. 

Elle se nourrit d'insectes aquatiques et de semences de joncs; sus- 
pend son nid entre trois tiges de roseaux; celui-ci , composé du du- 
vet des sommités d'herbes aquatiques desséchées, contient six à 
huit œufs rougeàtres , avec des taches brunes très nombreuses sur 
le gros bout. 

MÉSANGE RÉMIZ. 

Parus pendulinus. linn. — lath. Ind. v 2. p. 568. sp. 18. — Le Rétniz ou 
Mésange de Pologne, buff. Ois. v 5. p. 423. Id. pl. enl. 018. f. 3. — 
NAUM. Vog. deut. nacht. l. 3. f. 5 et 0. 

Espace entre l'œil et le bec, front et joues d'un noir profond; des- 
sus de la tête et du cou d'un cendré pur ; dos et scapulaires d'un gris 
roussâtre ; croupion cendré ; rémiges noirâtres , liserées de blanc 
roussâtre ; tectrices alaires marron , bordées et terminées de roux 
jaunâtre et de blanc; gorge blanche; poitrine et ventre blanchâtres, 
avec des teintes roses ; queue noirâtre, bordée de blanc roussâtre ; 
pattes jaunâtres. 

Le bandeau du front chez la femelle n'est ni aussi large ni aussi 
noir que chez le mâle ; la tête est plus grise ; les parties supérieures 
ont plus de roux; les inférieures sont d'un blanc roussâtre, avec du 
jaunâtre sur le milieu du ventre. 



— 116 — 

Cet oiseau se trouve dans la Bohême, laSilésie , la Russie, la Hon- 
grie, I-a Sibérie, dans quelques parties de l'Allemagne, dans l'Italie 
et dans tout le midi de la France. Sa nourriture consiste en insectes 
aquatiques , chenilles et semences d'herbes aquatiques. 

Le nid de la mésange rémiz est construit avec un art vraiment 
bien merveilleux. Sa forme est celle d'un petit sac n'ayant qu'une ou- 
verture latérale. Il est composé avec le duvet fourni par les aigrettes 
des différentes plantes de la famille des amantacés , que l'oiseau sait 
admirablement entrelacer avec son bec, de manière à en composer un 
tissu presque aussi épais et aussi serré que celui du drap. Ce nid, 
dont l'ouverture regarde le côté des eaux, est suspendu à l'extrémité 
d'une des branches les plus minces des arbres qui bordent le rivage. 
De cette manière la couvée se trouve désormais protégée contre les 
attaques des oiseaux rapaceset de petits mammifères, tels que rats, 
lésards, couleuvres, etc., dont le rameau trop flexible nesaura^it sup- 
porter le poids. Le voisinage des eaux fournit en même temps à la 
mère couveuse une provision d'insectes qu'elle peut à chaque instant 
distribuer à ses enfants chéris. 

Dans certaines contrées, les habitans poussent la superstition j'us- 
qu'à suspendre un nid de mésange rémiz à la porte de leur cabane 
pour la préserver de la foudre, et la rémiz passe à leurs yeux pour un 
oiseau sacré. 

Les œufs de cette espèce , au nombre de six, sont d'un blanc pur 
marqué de quelques taches rousses. 



— 117 — 



GENRE BRUANT. 

EMBERIZA. (linn.) 

Ce genre appartient à la famille des Fringillidés et à la section des 
Conirostres. Ses caractères sont les suivans : Bec court, de grosseur 
médiocre, fort, conique et pointu, comprimé sur les côtés ; Lords 
des mandibules rentrant en dedans, celles-ci distantes l'une de 
l'autre à leur base; la supérieure moins large que l'inférieure. Le 
palais garni d'un petit tubercule osseux. 

Lorsque le froid devient trop vif, les bruants quittent le nord et 
se réfugient dans les pays tempérés dont ils s'éloignent à Tapprocbe 
des beaux jours. Quelques espèces ne s'écartent jamais des lieux où 
elles sont nées. Ils se nourrissent de graines et quelquefois d'insectes. 
Leur voix est en général peu agréable. 

Les bruants sont divisés en deux sections d'après la conformation 
de l'ongle postérieur. 

PREMIÈRE SECTION. BRUANTS PROPREMENT DITS. 

Les espèces qui composent cette section, ont l'ongle postérieur 
court et courbé. Elles vivent dans les bois et dans les jardins. 

BRUANT CROCOTE. 

Emberiza melanocephala. scopoi.i. Ann. 1. p. 142. n°208. — lath. Ind. 
V. 2. p. 412. sp. 46. — Fringille crocote. vieill. Ois. chant, p. 51. 
pl. 27. Le mâle. 

Tète noire; dessus du cou, dos, scapulaires et croupion d'un roux 
clair;'ailes et queue d'un brun roussâtre clair, liserées de blanchâtre; 



— 118 — 

gorge, poitrine et ventre d'un jaune citron ; première penne externe 
de la queue liserée de blanc. 

Chez la femelle toutes les parties supérieures sont d'un gris rous- 
sâtre; la gorge est blanche; la poitrine et le ventre sont d'un roux 
blanchâtre, avec quelques légères teintes de jaunâtre. 

Ce bruant dont la voix est très agréable , habite les contrées orien- 
tales de l'Europe; sa nourriture principale consiste en semences four- 
nies par les plantes potagères et sauvages; se nourrit aussi d'insectes. 
Il niche très près de terre, dans les haies et dans les buissons. 

Les œufs , au nombre de quatre à cinq, sont blancs , avec de très 
petits points d'un cendré clair. 

BRUANT JAUNE. 

Emheriza cltrinella. linn — lath. Jnd. v. 1. p. 400. sp. 7. — Le Bruant. 
BUFF. Ois.N. 4. p. 342. t. 8. Id. pl. enl. 30. f. 1. — natjm. Vog. t. 11. 
f. 26 et 27. — FRiscH. t. 5. f. A. et B. 

Tête jaune, marquée de petites taches brunâtres ; derrière et au- 
dessous de l'œil une bande d'un noir brunâtre ; derrière du cou oli- 
vâtre ; plumes du dos et scapulaires noires , entourées de brun roux; 
croupion et tectrices caudales supérieures, d'un marron clair; ailes 
noirâtres ; rémiges liserées de verdâtre ; tectrices alaires bordées de 
roux; gorge, poitrine et ventre, d'un beau jaune; les côtés de la 
gorge, la poitrine et les flancs sont marqués de quelques taches rous- 
sâtres ; queue noire ; les deux premières pennes latérales marquées 
de deux taches blanches. 

Chez la femelle, les plumes de la poitrine et des flancs ont à leur 
centre une tache longitudinale brune. Le ventre est d'un jaune pâle. 

Les oiseaux de cette espèce sont répandus dans toute l'Europe, 
depuis la Suède jusqu'à l'Italie inclusivement. Ils se tiennent l'été 
près des haies et des buissons qui bordent les bois, quelquefois aussi 
dans les vignes. Le millet et le chenevis sont leur nourriture favo- 



— 119 — 

rite. L'hiver , plusieurs se réunissent par bandes et s'approchent 
des fermes et des grandes villes ; ils se nourrissent alors de petites 
graines éparses sur la terre ou restées sur les buissons , ou bien en- 
core des grains qui se trouvent dans la fiente des animaux. 

Le bruant niche à terre, sous une motte, dans un buisson, ou sous 
une touffe d'herbe, et quelquefois sur des arbrisseaux. 

La femelle à une tendresse si grande pour ses petits, que souvent 
elle se laisse prendre à la main dans son nid plutôt que de les aban- 
donner. 

Les œufs, au nombre de quatre à cinq, sont blancs, avec des ta- 
ches et des raies brunes. 

BRUANT PROYER. 

Emheriza miliaria. linn. — lath. Jnd. v. 1. p. 402. sp, 12. — Le Proyer. 
BUFF. Ois. v. 4. p. 355. 1. 16. Id. pl. enl. 233. — naijm. Vog. 1. 10. f. 25. 
— FRiscn. Vog. t. 6. f 2. B. 

Les plumes du dessus de la tête, du cou, du dos, du croupion et 
des scapulaires d'un brun cendré , marquées d'une tache longitu- 
dinale noire le long des baguettes ; rémiges et tectrices alaires d'un 
noirâtre cendré, liserées de brun blanchâtre; devant du cou, poitrine 
et ventre d'un blanc sale ou blanc jaunâtre; de petites taches noires 
triangulaires sur la gorge, et longitudinales sur les côtés de la poi- 
Irine et les flancs ; bec d'un cendré bleuâtre; iris brun ; pieds d'un 
brun clair. 

Le bruant proyer est un oiseau de passage. Il reste toute la belle 
saison avec nous, et disparaît en automne pour retourner dans des 
climats plus chauds. Il est répandu dans presque toute l'Europe; 
se tient dans les prairies , les avoines , les orges et les luzernes, au 
milieu desquelles il établit son nid à quelques pouces au-dessus du 
sol, dans l'herbe la plus serrée ; on le voit quelquefois se poser sur 



— 120 — 

la branche la plus haute et la plus isolée d'un arbre ou d'un buisson, 
d'où il fait entendre , pendant des heures entières, un ramage désa- 
gréable , assez semblable à celui de la sauterelle. 

La femelle pond quatre à six œufs d'un gris cendré, pointillés et 
rayés de rouge blanc. 

BRUANT DE ROSEAU. 

Emheriza schœniculus . linn. — Emheriza arundinacea. — latiï. Ind. 
V. 1. p. 403. Var. — Ortolan des roseaux, buff. Ois. v. 4. p. 315. 
Id. pl.'enl. 247. f. 2. le mâle^ et pl. 477. f. 2, la femelle. — fivisch. 
t. 7. f. 1. A et B. — NATjM, t. 2. f. 28 et 29. — Coqueluche, buff. Ois, 
V. 4. p. 320. Le mâle. 

Tète noire ; un collier blanc ; plumes du dos bordées de roux et 
une large tache noire à leur centre; croupion gris; rémiges et tectri- 
ces alaires noirâtres, bordées de roux; gorge et devant du cou noirs; 
une bande blanche parlant de la base de la mandibule inférieure s'é- 
tend sur les côtés du cou ; poitrine et ventre blancs ; des taches lan- 
céolées roussâtres sur les flancs ; queue noirâtre ; la première penne 
externe blanche dans presque toute sonétendue avec une tache noire 
à son origine ; la deuxième penne noirâtre avec une tache blanche 
à son extrémité. Bec noir ; pieds bruns. 

La femelle n'a point de collier; la tète est de couleur rousse avec 
des taches noires. Les yeux sont surmontés d'une espèce de sourcil 
d'un roux clair; un trait de la même couleur s'étend depuis l'angle 
des deux mandibules jusque sur les côtés du cou ; gorge blanchâtre 
avec une bande noire de chaque côlé; poitrine et flancs roussâtres, 
marqués de taches blanchâtres. Le reste des parties inférieures est 
blanc. 

Ce bruant , très commun en Hollande , se trouve aussi en Suède 
en Allemagne, en Angleterre, en France et quelquefois en Italie. 

Ces oiseaux arrivent chez nous au mois d'avril et s'en retournent 
au mois d'octobre; ils ne vont jamais guère que trois ou quatre à la 



— 121 — 

fois. Quelques uns passent l'hiver dans nos contrées ; ils se plaisent 
le long des rivières et des marais et se jettent dans les blés , sur la 
lin d'août. 

Leur nid, artistement tissu et composé de joncs secs et de mousse, 
est suspendu aux roseaux. Ils le placent encore entre les racines des 
arbustes qui croissent près des eaux. Leur nourriture consiste en 
semences de plantes aquatiques, et pendant l'automne en toutes 
sortes de graines. Ils ajoutent des insectes à la nourriture de leurs 
pctiis. 

Les œufs , au nombre de quatre, sont d'un gris foncé avec des 
taches et des raies brunâtres. 

BRUANT A COURONNE LACTÉE. 

Emheriza pithjornus. pall. It. 2 p. 710. n* 22. — latii. Jnd. v. 2. p. 413 
sp. 50. — Emheriza leucGcephala. s-. G. gmel. nov. comm. petr.i5. 
p. 480. t. 23. f. 3. 

Sur le sommet de la téte , une large plaque blanche; front et 
circonférence de cette plaque d'un noir profond qui passe au brun 
roux dans la région des yeux, sur la nuque et les côtés du cou; un 
large espace blanc sur les parties latérales de la tête, au-dessous 
des yeux et dans la région des oreilles ; dos et croupion d'un roux 
vif avec des taches longitudinales noires sur le haut du dos; ailes 
noires , bordées de roux vif; gorge de cette dernière couleur; de- 
vant du cou , collier et milieu du ventre d'un blanc purj flancs et 
poitrine marqués de taches rousses; pennes de la queue d'un brun 
noirâtre, bordées de roux; une large tache blanche sur les deux 
pennes latérales ; bec et pieds jaunâtres. 

Chez la femelle la couronne blanche est à peine indiquée. La gorge 
n'est point rousse; les parties supérieures d'un brun roussâtre et les 
inférieures blanchâtres. 

Cette espèce habite la Sibérie; très commune dans le midi de la 
Ois. n'Eim. i6* hiv. 



- 122 ^ 

France. Elle paraît souvent l'hiver en Hongrie et en Bohême, quel- 
quefois en Autriche et dans îes provinces de l'Illyrie. Se nourrit de 
toutes sortes de graines. 

BRUANT ORTOLAN. 

Emheriza hortulana. linn. — lath. Ind. v. i. p. 399. sp. 5. L'ortolan, 
— BiJFF. Ois. V.4. p. 305. t. H. Id. pl. en). 2i7. f. 1. — T^e mâle.) — 

FRISCH. — NATJM. 

Un cercle jaune autour des yeux ; tête et dessus du cou d'un gris 
olivâtre ; plumes du dos d'un gris roussâtre avec une tache noire à 
leur centre. Croupion d'un gris roussâtre; ailes noirâtres; lectrices 
alaires bordées de roussâtre ; gorge, devaiit du cou d'un jaune clair ; 
sur les côtés de ce dernier, deux Landes dont l'une d'un gris olivâtre, 
et l'autre d'un jaune clair; haut de la poitrine d'un cendré olivâtre; 
le reste des parties inférieures d'un roux clair; queue noire; les deux 
pennes externes marquées d'une large tache blanche à leur extré- 
mité; bec et pieds couleur de chair. 

Chez la femelle toutes les parties supérieures sont moins foncées. 
Il existe un grand nombre de taches brunes sur la tête , le cou et 
la poitrine. Le reste des parties inférieures est d'un roux blan- 
châtre. 

L'ortolan ! à ce nom savoureux le gastronome sent palpiter son 
cœur ; son visage se colore, ses yeux paraissent brilîans, tous ses 
traits s'épanouissent : des flots de salive viennent comme une douce 
et humide rosée rafraîchir les parois de son gosier brûlant. L'exalta- 
tion est bientôt à son comble, et dans son délire gastronomique, nou- 
veau Lucullus^ il rêve les délices d'une table somptueusement servie. 
Déjà il se sent enveloppé des vapeurs d'une osmazôme odoriférante 
qu'exhalent les viandes les plus exquises et les plus recherchées ; il 
les aspire avec volupté , se sature de cette ambroisie délicieuse, et le 
Champagne qui pétille dans les brillans cristaux lui rappelle un 



— 123 ~ 

instant le nectar des dieux. Tel est pourtant l'effet magique d'un 
seul mot, qu'il peut, rapide comme l'étincelle électrique , sillonner 
tout le système nerveux, retentir jusque dans les profondeurs de 
notre organisme et développer en nous mille sympathies diverses, 
dont la physiologie et l'anatomie humaines peuvent seules nous don- 
ner la clef. Du reste, l'ortolan n'a point usurpé la brillante réputa- 
tion dont il jouit. Sa chair est en effet des plus délicates , et la 
graisse qui l'enveloppe des plus succulentes (1). Aussi les oiseleurs 
de Paris en font-ils une très grande spéculation ; mais aux riches 
seuls le privilège d'en connaître la saveur , et jamais on ne le verra 
ligurer sur la table du laborieux prolétaire. 

Les ortolans sont très communs en Italie ; ils habitent princi- 
palement le midi de l'Europe : toutefois on en trouve dans les pro- 
vinces du centre. Ou en a vu en Hollande et en Suède ; ils arri- 
vent chez nous au mois de mai et s'en retournent au mois de sep- 
tembre dans les contrées méridionales. Les fatigues du voyage et 
• le temps des amours sont les principales causes de leur maigreur à 
leur arrivée. Ils sont au contraire fort gras au moment de leur dé- 
part, La Provence , la Bourgogne , la Lorraine sont les provinces 

(i) Le gobe-mouche bec-figue, auquel nciis consacrons cette note qui doit 
compléter son histoire , a souvent été pris pour l'ortolan avec lequel il peut 
rivaliser par la délicatesse de sa chair. Tout son corps n'est i^éelleuient qu'une 
petite pelolte de graisse très fine et très estimée des gourmets. Les Italiens sa- 
vent très bien distinguer cet oiseau de toutes les espèces de fauvettes, auxquelles 
ils donnent indifféremment le nom de bec-figue. 

Ainsi que les ortolans, les bec-figues sont des oiseaux de passage ; ils arrivent 
au printemps parmi nous et disparaissent avant les ])remiers froids d'automne. 
Outre les insectes qu'ils aiment de préférence, ils se nourrissent encore de dif- 
férentes baies. En Provence, on It^s voit sans cesse sur les figuiers, becquetant les 
fruits les plus mûrs , d'où leur est venu le nom de bec-figue. 

Le vieux mâle et l'adulte du gobe-mouche bec-figue, au printemps, repré- 
sentent le muscicapa atricapilla de Gmel , syst. i. p. gô5. sp. 9. — Id. de Lath. 
Ind. V. I. p. 467. sp i>.. — Le traquet d'Angleterre, de Buffon. Ois. v. 5. 
p. 2a'2. — Le vieux mâle, la femelle et les jeunes^ en hiver, représentent le syl- 
via ficedula de Lalh. înd. v. 2. p. 5. 7! sp. 28. — Le bcc-fi^uc de Buff. ois. 
v. 5. p. 187. id pl. enl. 668. f. i. 



— m — 

de la France où ils sont en plus grand nombre. Ils chantent le jour 
et la nuit; leur chant a, dit-on, quelque ressemblance avec celui 
du bruant. 

Les oiseleurs de Paris parviennent à rendre ces oiseaux extrême- 
ment gras en les laissant dans une chambre obscure, éclairée seule- 
ment par une lanterne autour de laquelle on a répandu beaucoup 
d'avoine et de millet, ou bien encore en les enfermant dans une cage 
entièrement enveloppée d'une serge verte , à l'exception de l'auge à 
graines qui reste éclairée. Les ortolans se nourrissent de graines fari- 
neuses, principalement de millet; les insectes font aussi partie de 
leur nourriture. Dans les pays vignobles ils placent leur nid sur les 
ceps de vignes ; dans d'autres ils nichent dans les blés ou dans les 
buissons. 

La femelle pond quatre à cinq œufs d'un gris rougeâtre avec 
des raies brunes. 

BRUANT ZIZI ou DE HAIE. 

Emberiza Cirlus — linn. — lath. Ind. v. 1 p. 401. sp. 10. — Le bruant 
de haie ou zizi. buff. Ois. v. 4. p. 347. pl. enl. 653 f. 1. 

Les yeux sont traversés par une bande noire qui s'étend depuis 
l'angle des deux mandibules jusqu'à la nuque ; deux larges sourcils 
jaunes et une bande de la même couleur au-dessous des yeux; dessus 
de la tête et du cou d'un vert olivâtre avec des petites taches noires 
sur la tête ; plumes du dos et scapulaires d'un roux marron à leur 
centre , cendrées à leur circonférence et noires à l'extrémité de la 
baguette ; ailes noirâtres ; rémiges liserées de verdâtre ; grandes 
tectrices alaires bordées de roux ; gorge noire ; sur le bas du cou une 
large plaque jaune ; poitrine olivâtre ; parties latérales de celle-ci 
et flancs d'un roux marron ; bec cendré j pieds couleur de chair. 

Le mâle en hiver a les plumes de la gorge noirâtres, toutes bor- 
dées et terminées de jaune clair; chez la femelle le manteau est d'un 
roux clair avec des taches noires plus grandes que chez le mâle ; 



— 125 — 

toutes les parties inférieures d'un jaunâtre terne ; poitrine tachetée 
de roussâtre, une fine tache lancéolée sur chaque plume. 

Le zizi est un oiseau peu défiant qui tombe facilement dans tous 
les pièges; son chant est monotone; il habite les pays méridionaux. 
Abondant en Suisse et en Italie, particulièrement sur les bords de 
la Méditerranée. Il est rare dans plusieurs de nos provinces de 
France où on le voit quelquefois se mêler à de nombreuses volées 
de pinçons. H se tient sur les arbres, mais de préférence dans les 
haies , et principalement dans les champs nouvellement labourés ; 
niche dans les haies et dans les buissons, près de terre. 

Les œufs, au nombre de quatre à cinq, sont grisâtres, tachetéS; 
pointillés et rayés de cendré et de noir. 

BRUANT FOU ou DE PRÉ. 

Emheriza Cia. linn. — lath. Ind. v. 1 p. 402. sp. 11. Le bruant fou ou de 
pré. — BUFF. Ois. V, 4. p. 351. Id. pl. enl. 30. f. 2. Le mâle. — Ortolan 
de Lorraine, — buff. Ois. v. 4. p. 323 (Description du mâle.) 

Un trait noir s'étend de la partie inférieure du front jusqu'à l'oc- 
ciput , en passant par les yeux. Ce trait se réunit à un second de 
la même couleur qui part de la base de la mandibule inférieure ; 
plumes du cou et du dos d'un roux cendré avec des taches longitu- 
dinales noires; rémiges brunâtres; les primaires liserées de blanc 
un peu roussâtre ; les secondaires de roussâtre; tectrices alaires bor- 
dées de roux et terminées de gris; gorgCj devant du cou, poitrine 
d'un cendré bleuâtre ; ventre et flancs roussâtres ; pieds bruns. 

Chez la femelle, le cou et la poitrine sont d'un cendré plus claire 
avec de petites taches brunes ; parties inférieures d'un roux moins 
vif, parsemé de quelques taches longitudinales brunes. Le dessus de 
la tête d'un cendré roussâtre avec de nombreuses taches noires. 

Ce Bruant est très commun en Italie et en Espagne ; assez rare 



— 126 — 

dans les provinces du nord de la France. On le trouve aussi assez 
souvent sur les bords du Rhin, en Allemagne ; mais jamais en Hol- 
lande ni dans le nord. 

Il niche dans les haies et dans les buissons ; s'approche des villes 
et des maisons de campagne. 

Les œufs, au nombre de quatre à cinq, sont blanchâtres, avec quel- 
ques raies noirâtres. 

BRUANT MITILÈNE. 

Ernheriza leshia. gmel. Syst. 1. p. 882. — lath. Ind. orn. v. 1. p. 404. 
sp. 16. — Le Mitilène de Provence, euff. Ois. v. 6. p. 322 Id. pl. 
enl. 656. f. 2. 

Front, sourcil et méat auditif d'un roux clair ; trois petites lignes 
noirâtres sur les côtés de la tête ; dessus de celle-ci , cou, dos et sca- 
pulaires d'un cendré roussâtre avec de grandes taches noirâtres au 
centre des plumes; rémiges et tectrices brunes, liserées de roux; 
rémiges primaires liserées de blanc ; une large bande de cette der- 
nière couleur sur le milieu des ailes ; gorge , poitrine et ventre 
d'un blanc mélangé de roux sur la poitrine et les flancs ; rectrices 
brunes , liserées de blanc ; une bande blanche longitudinale sur la 
baguette des deux pennes latérales ; bec d'un brun clair ; pieds et 
ongles jaunâtres. 

Cette espèce, connue en Provence sous le nom de Chic de Mitilène 
ou CMc proprement dit d'après son cri , habite le midi de la France, 
près des Alpes. 

Propagation inconnue. 



— 127 — 



DEUXIÈME SECTION. — IÎRUaNTS ÉPERONNIERS. 

L'ongle de derrière est long et faiblement arqué. 
Les espèces de celte section vivent toujours à terre et dans les 
lieux découverts. 

BRUA]ST DE NEIGE. 

Emheriza nivalis. linn. — lath. Incl. v. 1. p. 9. L'ortolan de Tieige. 
— BUFF. Ois. V. 4. p. 329. Id. pl. enl. 497 f. 1. — naum Fog. deut. 
nacht. t. 1. f. 2. — Ortolan de passage, buff. Ois. v. 4. p. 323. (sous 
le nom de femelle de l'Ortolan de Lorraine. ) Les jeunes de l'année. 

Tête, cou, gorge, poitrine, ventre et tectrices subcaudales d'un 
blanc pur; dos et scapulaires noires ; moitié supérieure des rémiges 
primaires d'un blanc pur ; moitié inférieure et rémiges bâtardes 
noires j tectrices alatres blanches; bec jaune à sa base et noir vers la 
pointe ; pieds et ongles noirs. ( Le vieux mâle en habit d'été. ) 

Toutes les parties de la tête et du cou qui chez le mâle sont blan- 
ches, deviennent couleur de tuile chez la femelle; la poitrine est tra- 
versée par un hausse-col de cette dernière couleur; les plumes du 
dos sont terminées de blanc roussâtre ; les rémiges et les pennes 
du milieu de la queue sont liserées et terminées de blanchâtre ; le 
reste est blanc comme dans le mâle. 

Le vieux mâle se revêt en automne de la livrée de la femelle. 

Les oiseaux de cette espèce habitent les Alpes lapones, les côtes 
du détroit d'Hudson et probablement des régions encore plus rap- 
prochées du pôle. Si on réfléchit aux [nuances variées qu'éprouve le 
plumage de cet oiseau, suivant les saisons, on ne pourra s'empêcher 
de faire un rapprochement entre ce changement et celui que subis- 
sent les poils des quadrupèdes qui habitent ces contrées glaciales. 
Les bruants de neige sont de passage en automne et en hiver dans 



, — 128 — 

le nord de l' Allemagne et de la France; on les voit en Suède, en Saxe , 
en Pologne, en Russie et en Angleterre. Ils sont très abondants en 
Hollande. Quand le froid est trop rigoureux et que la neige leur dé- 
robe toute nourriture, ils descendent des montagnes pour se rendre 
dans ces différens pays. Ils se nourrissent de grains, d'insectes et de 
toutes sortes de graines qu'ils ramassent dans la fiente des animaux. 

Ils se tiennent à terre et marchent comme les alouettes. Leur chant 
consiste en un cri aigre assez désagréable. Ils placent leur nid sur 
les rochers et les montagnes. 

Les œufs, au nombre de cinq, sont blanchâtres avec de nom- 
breuses tâches brunes et cendrées; ils ont une forme obtuse. 

BRUANT MONTAIN. 

Emheriza calcarata. temm. Man. Ornith. v. 1. p. 322. — Fringilla cal- 
carata. pall. It, v. 2. p. 710. n° 20. t. e. — Fringilla laponica. lath. 
Tnd. V. 1. p. 440. sp. 18. — Le grand montain. buff. Ois. v. 4. p. 134. 
— NAIT M. Vog. nacht. t. 20. f. 41. (Le mâle en automne). 

Un trait blanc entre le bec et l'œil ; derrière celui-ci un autre trait 
plus large de la même couleur qui se dirige sur les côtés du cou ; des- 
sus de la tête, d'un noir mêlé de petites taches rousses; nuque, dos 
et scapulaires d'un brun roux; rémiges et tectrices brunes, lise- 
rées de roux ; moyennes et grandes tectrices terminées de blanc, 
formant sur les ailes deux bandes transversales blanches; gorge 
blanchâtre, finement rayée de noir; poitrine noire, nuancée de gris 
blanchâtre ; le reste des parties inférieures blanc , à Texception des 
flancs; rectrices d'un brun foncé, liserées de roux; les deux latérales 
terminées par une tache blanche ; bec jaunâtre à la base, brun à la 
pointe; pieds bruns. 

Chez la femelle, le sommet de la tête, le cou , les scapulaires et le 
dos sont d'un cendré roux , marqué de taches noires. Une bande d'un 
blanc roussâtre se réunit à un trait blanc qui part de l'angle du 



— 129 — 

bec ; gorge blanche , avec une bande brune sur les côtés ; taches 
longitudinales sur les flancs; poitrine marquée de nombreuses taches 
grises et noires. 

Le bruant montain habite les régions les plus septentrionales. 11 
les abandonne l'hiver; assez abondant dans les parties orientales de 
l'Europe, surtout dans les pays montueux; apparaît quelquefois en 
Allemagne. Les jeunes de l'année émigrent jusque dans la Suisse. Ses 
habitudes et ses mœurs sont à peu près les mêmes que celles du 
bruant de neige. Il niche dans les lieux marécageux où se trouvent 
quelques tertres élevés. 

Les œufs , au nombre de six, sont d'un jaune roussâtre ondé de 
- brun. 



Ois. d'Euh. 



ly". Liv. 



— 130 — 



GENEE BEG-GROÎSÉ. 

LOXIA. ( BRiss. ) 

Ce genre, de la famille des Fringiilidés et de la section des Coni- 
rostres a pour caractères : un bec fort, très comprimé; deux man- 
dibules courbées en sens opposé et se croisant l'une sur l'autre à leur 
extrémité, tantôt à droite, tantôt à gauche; des narines situées à la 
base du bec, latérales, arrondies, cachées par des poils dirigés en 
avant ; trois doigts devant et un derrière ; ailes médiocres ; la pre- 
mière rémige la plus longue ; queue fourchue. 

Les oiseaux qui composent ce genre habitent les régions septen- 
trionales de l'Europe, principalement dans les bois plantés de pins et 
de sapins, dont la graine fait leur principale nourriture. La confor- 
mation bizarre de leur bec , qui se termine , comme nous l'avons dit, 
par deux crochets, leur permet de détacher avec la plus grande faci- 
lité les écailles dont sont composées les pommes de pin , et d'en ex- 
traire l'amande qui se trouve cachée dessous. Bien dil'férens des au- 
tres oiseaux chez lesquels les feux de l'amour renaissent avec les 
beaux jours du printemps, les becs croisés se livrent aux élans de 
cette énivrante passion pendant les rigueurs de l'hiver ; c'est à cette 
époque qu'on les voit dans nos climats. Ils émigrent en été vers les ré- 
gions du cercle arctique. Ce qu'il y a de plus extraordinaire chez ces 
oiseaux, ce sont les variations de couleur qui s'opèrent dans leur plu- 
mage. Leur voix est désagréable. 

BEC-CROISÉ PERROQUET ou DES SAPINS. 

Loxia pytiopsittacus.Ji^%£.wi. — Loxia cuj^virostra major, gmel. Sjst. 1. 
p. 843. sp. 1. Var. Y. — lath. Ind. 1. v. p. 371. sp. 1, Far. T.— frisch. 

NAUM. 

( Mâle adulte et vieux. ) Le fond du plumage d'un cendré olivâtre; 
dessus de la létc marqué de taches brunes bordées de cendré verdâ- 



— 131 — 

ire; croupion d'un jaune verdâtrc; rémiges cl lectrices d'un brun 
noirâtre, liserées de cendré olivâtre ; joues , gorge el côlés du cou 
cendrés; poitrine et ventre d'un jaune verdâtre avec des nuances de 
gris; quelques taches longitudinales d'un cendré foncé sur les flancs; 
tectrices subcaudales brunes avec une large bordure plus claire ; bec 
couleur de corne noirâtre; ce bec est très recourbé; la pointe croisée 
de la mandibule inférieure ne dépasse point le bord supérieur du bec; 
pieds bruns. Chez les jeunes de l'année^ les parties supérieures sont 
d'un brun cendré avec des taches d'un brun foncé sur la tête et sur 
le dos; croupion et tectrices caudales supérieures d'un cendré jaunâ- 
tre ; gorgC; poitrine et ventre d'un gris blanchâtre avec des taches 
longitudinales brunes. 

Le mâle, depuis sa première mue jusqu'à Vâge d'un an, a toutes les 
parties supérieures et inférieures du corps d'un rouge ponceau. 

La femelle^ quelque soit son âge, diffère peu du jeune de l'année. 
F.es parties supérieures sont d'un cendré verdâtre , marquées de 
grandes taches d'un brun cendré. Croupion jaunâtre; gorge et cou 
d'un grisâtre nuancé de brun; poitrine , ventre et flancs cendrés avec 
une légère teinte de jaune verdâtre ; bas-venlre et tectrices subcau- 
dales blanchâtres. 

Elle ne revêt jamais la livrée rouge du mâle. 

Cet oiseau, qui se trouve aussi en Amérique , habite les environs 
du cercle arctique. On ne le voit qu'accidentellement en France et 
en Hollande. Les semences du sapin et de l'aune luiserventde nour- 
riture. Il niche dans nos climats. Son nid se trouve sur les bran- 
ches du sapin. 

Les œufs , au nombre de quatre à cinq , sont cendrés ; sur le gros 
bout quelques grandes taches irrégulières d'un rouge de sang , et sur 
le reste quelques points épars de la même couleur. 



— 132 — 

BEC-CROISÉ COMMUN ou DES PINS. 

Loxia cuîTÎrostra. — gmel. Syst. l.p. 843. sp. 1. — lath. Jnd. 

V. 1. p. 370. sp. 1. — CUV. Reg. Anim. v. 1. p. 391. — Le Bec-croisé. 
RUFF. Ois. V. 3. p. 449. t. 27. f. 2. Id. pl. cnl. 218. — naum. 

Mâle adulte et vieux. 

Tête, cou, dos et croupion d'un ronge brique plus ou moins nuancé 
de verdâtre et de jaunâtre ; ailes noires liserées de verdâtre ; gorge , 
devant du cou , poitrine et ventre de la même couleur que les parties 
supérieures ; pennes de la queue noires, liserées de verdâtre ; cette 
dernière estécbancrée. Pieds bruns; bec d'un brun couleur de corne, 
faiblement courbé; la pointe croisée de la mandibule inférieure dé- 
passe le bord supérieur du bec. 

Le mâle depuis sa première mue jusqu'à l'âge d'un an. 

Tète, cou, dos, scapulaires et croupion d'un rouge brique avec 
des teintes plus ou moins fortes de verdâtre et de jaunâtre; rémiges 
et tectrices noires liserées de vert rougeâtre ; gorge , poitrine et ven- 
tre de la même couleur que les parties supérieures ; tectrices subcau- 
dales blanches avec une grande tache brune à leur centre. 

Chez les jeunes de l'année , les parties supérieures sont d'un gris 
brun nuancé de verdâtre; les parties inférieures blanchâtres avec 
des taches longitudinales brunes et noires. 

La femelle ressemble beaucoup au jeune. Le fond de son plumage 
est nuancé de teintes verdâtres et jaunâtres. Ainsi que la femelle de 
l'espèce précédente, celle-ci ne prend jamais la livrée rouge du mâle. 

Le bec-croisé commun habite les climats les plus froids. On l'a 
trouvé dans le Groenland; fixe aussi son séjour en Suède, en Pologne 
en Allemagne, en Suisse, dans nos Alpes et dans nos Pyrénées; le plus 
ordinairement il n'est que de passage en France et en Hollande. Il 
se nourrit des semences de pins , de l'aune et du corbier, de noyaux 
de fruits et de bourgeons des arbres. 

Les œufs, au nombre de quatre à cinq, sont d'un gris verdâtre. Des 
lâches et des raies d'un rouge bnin forment un cercle sur le gros 
l)oul. Les raies se prolongent quelquefois sur toute la surface do l'œuf. 



— 133 — 



GENRE BOUVREUIL. 

PYRRHULA. (brîss.) 

Ce genre qni, dans la première édition de M. Temminck formait 
une division des gros-becs dont, selon nous, il n'aurait dû jamais être 
séparé, appartient à la famille des Fringillidés et à la section des 
Conirostres. Ses caractères sont les suivans : bec court, dur, conique, 
bombé sur les côtés et comprimé à sa pointe. Les deux mandibules 
plus ou moins arquées, surtout la supérieure qui forme souvent une 
arête assez saillante , dont la base s'avance entre les plumes du front. 

Les bouvreuils babitentrEurope et l'Amérique; on les trouve aussi 
dans le nord de l'Asie et en petit nombre en Afrique. Ils se nourris- 
sent de toutes sortes de graines, surtout de celles qui sont très dures. 
Ils mangent aussi des baies, des bourgeons et quelquefois des insectes. 

Leur ramage naturel est peu agréable ; toutefois, ils répètent avec 
beaucoup de facilité, et non sans quelque mélodie, les airs qu'on leur \ 
a appris. 

BOUVREUIL DURBEG. 

Pyrrhula enucleator. tem. Man. ornith. 2- édit. v. 1. p. 333, — Loxia 
enucleator. gmel. Sy.'^t. 1. p. 845. sp. 3. — Le diirhec du Canada, btiff . 
Ois. V. 3. p. 457. Id. pl. enl. 135. f. 1. — naum. 

Tête, cou, dos et croupion d'un rouge cramoisi ; plumes du dos €t 
scapulaires noires à leur centre, bordées de rouge cramoisi ; rémiges 
noires, les primaires liserées de rouge, les secondaires de rose ; 
moyennes et grandes tectrices alaires terminées de rose ; gorge, poi- 
trine et une partie du ventre d'un rouge cramoisi ; flancs , bas- 
ventre et tectrices subcaudales cendrés ; rectrices liserées de rouge 
clair. ( mâle depuis sa première mue jusqu'à l'âge d'un an. ) 



Mdle adulte et vieux. 

Tête et dessus du cou d'un rouge orange ; les plumes du dos, des 
scapulaires et du croupion d'un brun noirâtre à leur centre, et lar- 
gement bordées de jaune orange; ailes noires; rémiges primaires 
liserées d'orange; les secondaires de blanc ; deux bandes transver- 
sales blanches sur les ailes ; rectrices noires, liserées d'oranc^e. 

La femelle d'im an seulement. Le haut de la tête et le croupion rou- 
geâtres ; chez la femelle adulte, ces parties sont brunes avec des 
teintes orangées ; des nuances de cette dernière couleur sur la nuque 
et les joues ; dos et scapulaires d'un cendré brun ; toutes les pennes 
alaires liserées d'orange verdâtre; deux bandes d'un blanc grisâtre 
sur l'aile ; le changement de plumage de cet oiseau est aussi remar- 
quable que celui des becs-croisés. Le bouvreuil durbec habite près 
du cercle arctique ; abondamment répandu dans le nord de l'Europe 
et de l'Amérique ; niche sur les arbres, assez près de terre. 

Les œufs , au nombre de quatre , sont blancs. 

BOUVREUIL PALLAS. 

Pyrrhula rosea. temm. Man. ornith. 2e ëdit. v. 1. p 335. — Fringilla ro- 
sea. PALL. It, V. 3. p. 699. — gmel. Syst. 1. p. 923. — lath. Ind. v. 1. 
p. 444. sp. 33. 

Plumes du front argentées et lustrées ; tête, cou et croupion d'un 
cramoisi très vif; plumes du dos et scapulaires noires à leur centre et 
bordées de cramoisi ; rémiges d'un brun cendré ; lectrices alaires 
bordées de blanc sale et terminées de blanc rose ; cette dernière cou- 
leur forme deux bandes transversales sur les ailes ; plumes de la 
gorge semblables à celles du front ; poitrine et flancs d'un rouge cra- 
moisi ; ventre et tectrices subcaudales d'un blanc rose ; rectrices 
bordées de cramoisi ; bec et pieds d'un brun clair. {Le vieux mâle.) 
Ce bouvreuil se trouve principalement en Sibérie le long des 
fleuves; on le voit en hiver dans les parties orientales du midi de 
l'Europe. 



BOUVREUIL CRAMOISI. 



Pyrrhula erythrina. — temm. Man. ornith. I"" ëdit. v. 1. p. 336. — 
Loxia erythrina. pall. — Loxia obscura. gmel. Syst. 1. p. 862. sp. 88. 
— LATH. Ind. V. 1. p. 379. sp. 27. — Petit cardinal du Volga, soinn. 
nouv. édit. de buff. Ois. v. 11. p. 105. — aaiim. 

Plumes des narines et tour du bec d'un rose terne; tout le dessus 
de la têle et le haut du dos d'un rouge cramoisi ; base des plumes de 
ces parties d'un brun roux, avec une pelite raie longitudinale de la 
même couleur le long des baguettes j le reste du dos d'un cendré 
brun ; croupion d'un cramoisi clair; rémiges d'un brun noirâtre, lise- 
rées de rougeutre ; tectrices aiaires d'un cendre brun, terminées par 
une teinte légère de rougeâtre ; côtés de la téte, gorge, devant du 
cou et poitrine d'un cramoisi clair ou rose ; ventre, flancs et tectrices 
subcaudales d'un blanc pur ; bec et pieds bruns. 

Habite près du cercle arctique et dans quelques provinces de la 
Russie. ISiche sur les arbres des forêts. 

Pond six œufs verdàtres. 

BOUVREUIL COMMUN. 

Pyrrhula vulgaris. briss. — Loxia pyrrhula. gmel. Syst. 1. p. 846. sp. 4. 

— Le Bouvreuil, buff. Ois. v. 4. p. 372. t. 17. Id. pl. enl. 145. — Le 
Bruant écarlatc, sonn. nouv. édit. de buff. Ois. v. 13. p. 114. — frisch. 

— NAUM. 

Tout le dessus de la têle noir ; dessus du cou , dos et croupion 
cendrés ; parties inférieures de ce dernier blanches ; rémiges d'un 
gris cendré sur leurs barbes intérieures et d'un noir lustré de violet 
sur les barbes extérieures; petites et moyennes tectrices aiaires 
cendrées; les grandes d'un noir lustré de violet, terminées de gris 
blanchâtre; gorge et tour du bec noirs; joues, devant du cou, 



— 136 — 

poitrine et ventre ronges ; bas-ventre et couvertures inférieures de 
la queue d'un blanc pur, celle-ci et les couvertures supérieures 
d'un noir lustré de violet; pieds bruns; bec d'un brun noirâtre. 

Chez la femelle, toutes les parties inférieures sont d'un brun rous- 
sâtre 5 il y a moins de blanc sur le croupion et le bas-ventre. 

Ce bouvreuil est celui que nous élevons dans nos volières; la 
vivacité des couleurs répandues sur une partie de son plumage, et 
plus encore la flexibilité remarquable de son gosier le font surtout 
rechercher des amateurs d'oiseaux. Il siffle très bien les airs qu'on 
lui apprend, et articule des phrases entières, souvent avec tant de 
vérité et de précision, qu'on croirait entendre une voix humaine. La 
femelle apprend, dit-on, aussi bien à chanter que le mâle : ce serait 
la seule exception à la règle générale relative au chant des femelles. 

Les oiseaux de celle espèce sont susceptibles de beaucoup d'atta- 
chement. On en a vu qui, s'étant échappés de leur volière, sont re- 
venus, après un an d'absence et de séjour dans les bois, à la voix de la 
personne qui les avait élevés. Ils paraissent avoir la conscience très 
exacte du bien ou du mal qu'on leur fait. On cite l'histoire d'un bou- 
vreuil qui, ayant été jeté par terre avec sa cage par un homme de la 
populace, était pris d'accès épileptiques toutes les fois qu'il voyait 
des gens couverts de haillons ; il mourut au bout de huit mois, au 
milieu d'un de ces accès. 

Le bouvreuil commun habite le nord, il est de passage jusque vers 
les provinces méridionales de FEurojje ; vit pendant la belle saison 
dans les bois, sur les montagnes et s'approche pendant l'hiver des 
lieux habités. Ceux qui voyagent nous quittent à peu près à la Tous- 
saint et reviennent dans le mois d'avril. Ces oiseaux vont toujours 
deux à deux. Ils nichent, suivant M. Temminck, dans les enfourche- 
mens élevés et les moins accessibles des arbres ; et , suivant Buffon , 
sur les buissons, à cinq ou six pieds de haut ou quelquefois plus bas. 
' Les œufs, au nombre de trois à six, sont d'un blanc bleuâtre, mar- 
qués à leur gros bout d'une zone formée par des taches brunes et vio- 
lettes. 



— 137 — 



BOUVREUIL A LONGUE-QUEUE. 

Pjrrhula longicauda. temm. Man. Orn. 2« ëdit. v. 1. p. 340. — Loxia 
sihirica. — pall. — gmel. Syst. 1. p. 849, sp. 57. — lath. Ind. v. 1. p. 
378. sp. 23. — Le Cardinal de Sibérie. SONN. nouv. édit. de buff. Ois. 
V. 11. p. 99. 

Tour du bec d'un rouge ponceau ; plumes du haut de la tête d'un 
rose clair et comme lustré ; plumes du dos et des scapulaires noires 
dans leur milieu , bordées et terminées de rouge cramoisi ; rémiges 
noires, bordées de blanc; tectrices alaires blanches; gorge, devant 
du cou de la même couleur que les plumes du haut de la tête ; poi- 
trine et ventre d'un rouge cramoisi; bas-ventre d'un rouge rose ; les 
trois pennes latérales de la queue blanches, à baguettes noires ; les 
autres noires, bordées de rose clair ; bec et pieds bruns. 

Le mâle, après la mue d'automne, a toutes les plumes liserées de 
blanchâtre, ce qui donne à tout le plumage une teinte d'un rose léger. 
Le bord des plumes en s'usant fait paraître au printemps le beau rouge 
et le rose foncé. 

Chez la femelle, la tête, le cou et tout le corps sont d'un olivâtre 
clair ou d'un cendré verdâtre. 

Il se trouve dans les contrées les plus septentrionales de l'Europe. 
Très abondant en Sibérie ; se plaît dans ïe voisinage des torrens et 
dans les vergers les plus touffus. En hiver il passe dans le midi delà 
Russie. \ 



Ois. d Eur. 



iS« Liv. 



- 138 ^ 
GENRE GROS-BEC. 



FRINGILLA. ( illig. ) 

Ce genre , delà famille des Fringillidés et de la section des Coniros- 
tres , offre les caractères suivans : bec court , fort , ayant la forme d'un 
véritable cône; mandibule supérieure renflée, un peu inclinée à la 
pointe, sans arête; sa partie supérieure déprimée, souvent prolon- 
gée en angle entre les plumes du front. Narines rondes, placées à 
la base du bec, tout à fait près du front et en partie cachées par les 
plumes de ce dernier. Quatre doigts aux pieds , un en arrière , trois 
en avant, entièrement divisés. Ailes courtes; la troisième et la qua- 
trième rémige les plus longues. 

Les espèces qui composent ce genre sont très répandues dans 
tous les pays du globe et se laissent facilement apprivoiser. Ce sont 
elles qui peuplent habituellement nos volières. Ces oiseaux se nour- 
rissent principalement de semences de toute espèce dont ils font une 
énorme consommation. Ainsi que les bouvreuils et les bruants, ils ne 
mangent ce que contient la graine qu'après l'avoir très bien mondée. 
Les différentes baies et quelquefois les insectes font aussi partie de 
leur nourriture. Ils s'attroupent en nombre considérable et émigrent 
par bandes. Le genre gros-bec a été divisé par M. Temminck en 
trois sections. 



PREMIÈRE SECTION. LATICONES. 



Les oiseaux de cette section ont le Lec gros, bombé , plus ou moins 
renflé sur les côtés. 



LE GROS-BEC. 



Fringilla coccothraustes. temm. Man. orn. T édit. v. 1. p. 344. — 
Loxia coccothraustes . gmel. syst. 1. p. 844. sp. 2. — lath. Ind. v. 1. 
p. 371. sp. \— Le gros bec. buff. Ois.v. 3. p. 444. t. 27. f. 1. /^/. pl. 
enl. 99 et 100.— FrascH. t. 4. f. 2. A et b.— ivaum. t. 7. f. 17 et 18. 

Tour du bec, espace entre l'œil et ce dernier, noirs ; tète et joues 
d'un brun roux foncé, mais plus clair sur le front; un large collier 
cendré sur le haut du cou ; dos brun ; croupion d'un brun légèrement 
roussâtre ; rémiges noires , dont la plupart , échancrées à leur extré- 
mité, offrent des reflets d'un bleu d'acier trempé. Une large tache 
blanche sur lémilieu des barbes internes desrémiges primaires; gran- 
des tectrices alaires blanches ; quelques unes sont terminées de rous- 
sâtre; d'autres sont entièrement de cette dernière couleur; gorge 
noire ; ventre et flancs d'un roux vineux ; tectrices subcaudales blan- 
ches ; vues en dessous les pennes caudales sont noires et blanches; 
en dessus elles sont d'un brun-noir sur les barbes extérieures , et 
blanches sur les barbes intérieures ; bec et pieds d'un brun grisâ- 
tre. Chez la femelle , toutes les couleurs sont plus claires j la tache 
blanche des rémiges est d'un gris blanchâtre ; parties inférieures 
cendrées ; flancs teints de roux et de vineux. 

Les oiseaux de cette espèce habitent depuis l'Espagne et l'Italie 
jusqu'en Suède ; ils sont peu nombreux , de passage périodique dans 
quelques-unes de nos provinces de France. Ils se tiennent l'été dans 
les bois de haute futaie et les vergers des pays montagneux. L'hi- 
ver ils s'approchent des villages et des fermes ; ils sont générale- 
ment silencieux; ils brisent avec leur bec, qui est excessivement 
fort , des noyaux de cerises dont ils mangent l'amande. Les semen- 
ces du platane , du hêtre , du pin et du sapin forment leur princi- 
pale nourriture. En captivité , ils deviennent à peu près omnivores. 
Leur nid , artistement construit , est placé sur les plus hautes bran- 
ches des arbres. Ces oiseaux défendent leurs petits avec beaucoup 



— 140 — 

de courage, frappent à coups redoublés avec leur énorme bec et 
pincent très fort la main du ravisseur. 

Les œufs, au nombre de trois à cinq, sont d'un gris cendré 
nuancé de verdâtre , avec des taches brunes et des raies d'un noir 
bleuâtre. 

GROS-BEC VERDIER. 

Fringilla chloris- temm. Man. Ornith. T édit. v. 1. p. 346. — Loxia chlo- 
ris. GMEL, syst. 1. p. 853. sp. 27. — i.ath. Tnd. v. 1. p. 382. sp. 39. — 
Le verclier. btjff. Ois. m. 4. p. 172. t. 15. Zc/.pl. enl. 267. f. 2. — frisch. 
t. 2. f. 2. A et B.— NAUM. t. 4. f. 8 et 9. 

Tète , cou , scapulaires , dos et croupion d'un vert jaunâtre ; rémi- 
ges noirâtres ; fouet de l'aile et les cinq ou six premières rémiges 
primaires, bordées d'un joli jaune dans leurs deux tiers supérieurs; 
le reste des rémiges primaires légèrement liserées de vert jaunâtre j 
rémiges secondaires bordées de cendré ; grandes tectrices alaires de 
cette dernière couleur ; gorge , devant du cou , poitrine et ventre 
d'un jaune verdâtre ; les pennes de la queue , à Texception des deux 
du milieu , sont jaunes dans les trois quarts supérieurs , et noires 
dans le quart inférieur ; bec et pieds couleur de chair. 

Chez la femelle , le vert jaunâtre des parties supérieures est d'un 
cendré nuancé de verdâtre ; milieu du ventre et gorge légèrement 
nuancés de vert jaunâtre ; flancs cendrés ; bas-ventre et tectrices 
ubcaudales d'un blanc nuancé de jaunâtre ; la base des pennes de 
la queue d'un jaunâtre clair, le reste noirâtre et bordé de cendré. 
Cette espèce , que l'on confond souvent avec le bruant , et dont le 
nom indique la couleur du plumage , est abondamment répandue 
dans presque toutes les contrées de l'Europe : elle se plaît sur la li- 
sière des bois, dans les buissons, les parcs cl les jardins; se nourrit 
de toutes sortes de graines, mais principalement de chenevis. Le 
verdier est un oiseau qui se laisse très bien apprivoiser ; on le 
condamne aisément à la manœuvre de la galère; il niche sur les 
nrbres et les buisFons. 



Les œufs, au nombre de quatre à six, sont blancs, avec des 
points isolés , bruns et violets. 

GROS-BEC SOULCIE. 

Fringilla petronia. linn. — gmel. syst. 1. p. 919. sp. 30. — lath. Ind. v. 
1, p. 435. sp. 6. — Le moineau des bois ou soulcie. 

Au-dessus des yeux, un sourcil d'un blanc roussâtre , surmonté 
d'une autre bande très large , d'un brun foncé , qui va jusqu'à l'occi- 
put. Sur le milieu de la tête, une troisième bande fort large , d'un 
blanc roussâtre , mêlé de brun , s'étendant de la base du bec jusqu'à 
la nuque ; scapulaires et plumes du dos , moitié brun foncé , moi- 
tié blanc roussâtre ; rémiges brunâtres , liserées de jaune ; tectrices 
alaires brunes, terminées de blanc roussâtre; poitrine et ventre 
d'un blanc sale , mêlé de brun roussâtre j une large tache d'un 
jaune souci sur la partie inférieure du cou ; mandibule supérieure 
brune , l'inférieure jaunâtre ; pieds d'un brun couleur de chair. 11 
y a très peu de différence entre la femelle et le mâle. 

Le gros-bec soulcie se plaît dans les bois ; il habite plus particu- 
lièrement l'Italie , la Suisse et les contrées méridionales de la 
France. Les oiseaux de cette espèce vivent sédentaires dans le midi; 
ils émigrent par bandes seulement dans les provinces du centre de 
l'Europe ; ils ne sont que de passage en Allemagne ; se nourrissent 
de toutes sortes de semences et nichent dans les trous naturels des 
arbres. 

GROS-BEC MOINEAU. 

Fringilla domestica. linn. — gmel. Syst, 1. p. 925. sp. 36. — lath. 
Ind. v. 1. p. 432. sp. 1. — Le moineau, buff. Ois. v. 3. p. 474. t. 29. f. 1, 
f. 1. — Id. pl. enl. 6. f. 1- — FRiscïi. t. 8. f. 1. a et e. — naum. t. 1. f. 1. 
et 2. 

Au-dessus des yeux , une bande de couleur marron qui devient 
plus large sur les côtés du cou; espace entre le bec et l'œil d'un 
noir profond ; tempes d'un blanc cendré ; dessus de la tête d'un 
cendré bleuâtre;- plumes du dos moitié noires moitié marron; rémi- 



ges et tcctriqes alaires noires, bordées de marron; une bande blanche 
sur Taile; gorge, devant da cou d'un noir profond ; poitrine et ventre 
d'un blanc cendre ; bec noir. 

La femelle a le dessus de la tête d'un cendré brunâtre; une 
bande rousse au-dessus et derrière les yeux ; plumes du dos et 
scapulaires moitié rousses moitié noires; une bande d'un blanc 
roussâtre sur les ailes. Cette bande est formée par les tectrices 
moyennes dont l'extrémité est terminée de cette couleur ; la gorge 
est blanchâtre , ainsi que le devant du cou. 

Les moineaux (1), dontl'espèce est excessivement nombreuse, se 
trouvent répandus depuis les provinces méridionales de France 
jusque dans les régions du cercle- arctique ; très rares en Italie ; ils 
vivent au milieu des villes et des villages ; on ne les rencontre guère 
dans les bois ni les campagnes désertes ; ils fréquentent de préfé- 
rence les granges, les basse-cours, les colombiers , en un mot , tous 
les lieux où se trouvent des grains. Chacun de nous connaît Tau- 
dacieuse familiarité des moineaux : malgré le bruit des voitures et 
des passans , malgré le tumulte et les cris , on les voit se promener 
avec la plus grande tranquillité au milieu des rues de Paris. C'est 
dans nos jardins publics qu'ils sont le plus nombreux, et c'est là 
surtout qu'on peut leur donner, à juste titre , le nom de moineaux 
domestiques ; il s'y abattent par nuées , y poursuivent l'écolier qui 
vient à la promenade et ne craignent pas d'aller ramasser jusqu'à 
ses pieds les miettes de pain qu'il leur jette. Leur voracité est telle 
que plusieurs fois on a été sur le point de mettre leur tête à prix. 
Pleins de finesse et de ruse, leur effroi n'est pas de longue durée 
à l'aspect des étendards noirs ou rouges que le cultivateur fait plan- 
ter au milieu de ses blés. Ils se familiarisent bientôt avec de teîs 
épouvantails , et n'en deviennent que plus audacieux et plus voraces. 
C'est par troupes de cinq ou six cents qu'ils se réunissent à l'époque 
des moissons. Qu'on juge d'après cela du dégât qu'ils doivent occa- 

(i) Suivanf quelques auteurs le mot moineau viendrait de //oi-ot seul ; parce que 
CCS oiscanx sont assez solitaires. 



! 



— 143 — 

sionner dans le champ qui reçoit leur visite. Voici un calcul fait à 
à ce sujet, qui ne laisse pas d'offrir quelque intérêt. M. Rougier de 
la Bergerie, en supposant qu'il y avait au moins dix millions de 
moineaux en France, et que chacun mangeait un boisseau de grains, 
a trouvé que dix millions de boisseaux étaient ainsi détournés de la 
consommation et du commerce des hommes , par des oiseaux qui ne 
nous sont d'aucune utilité; mais un calcul de compensation a aussi 
été établi : M. Pradley a observé que deux vieux moineaux por- 
taient à leurs petits, aux époques des couvées, quarante chenilles 
par heure , et que ne résidant dans leur nid que douze heures cha- 
que jour, il en résultait une consommation quotidienne de quatre 
cent quatre-vingt chenilles, et parconséquent de trois mille trois 
cent-soixante chenilles en une semaine par un seul couple de moi- 
neaux (I). Si ces différens calculs sont exacts, il y aurait, comme on 
voit, une sorte de balance entre les pertes que ces oiseaux peuvent 
faire éprouver aux cultivateurs et les avantages qu'ils procurent en 
détruisant un nombre considérable de chenilles. Les gros-becs moi- 
neaux sont très faciles à apprivoiser et deviennent très familiers. En 
captivité , ils sont à peu près omnivores. Leur chant consiste en un 
cri désagréable. Leur chair n'est pas bonne à manger. A l'époque 
de l'accouplement, ce sont, entre les mâles, des combats à ou- 
trance : la femelle reste en la possession du plus fort. Peu d'oiseaux 
se livrent avec autant d'ardeur aux luttes amoureuses : on en a vu 
s'unir jusqu'à vingt fois de suite , toujours avec la même passion. Ils 
se multiplient trois fois par an et nichent sous les tuiles , dans les 
chéneaux , dans les trous de murailles et même dans des pots qu'on 
suspend contre le pignon des murs ; quelquefois , cependant , on a 
trouvé de ces nids sur des noyers et des saules très élevés. 

Les œufs , au nombre de cinq à six , sont d'un vert blanchâtre, 
avec un grand nombre de points bruns et cendrés. 

(i) Revue encyclopédique du mois de mai i833^ 3« vol. du Bulletin universel 
des sciences, n 96. 



GROS BEC CISALPIN. 



Fringilla cisalpina. — temm. Man, ornith. T édit. v- 1 p. 351 

Yeux ombragés d'un petit sourcil blanc et traversés par un trait 
noir ; joues d'un blanc pur ; dessus de la tête et haut du dos d'un 
beau marron vif en été, et d'un marron roussâtre après sa mue d'au- 
tomne , toutes les plumes étant alors terminées de roux ; rémiges et 
tectrices d'un brun noirâtre, liserées de roux; une bande blanche 
transversale sur le haut de l'aile; gorge et devant du cou noirs; 
poitrine et ventre d'un blanc cendré. 

Chez la femelle , le sommet de la tête et la nuque sont d'un cen 
dré brun ; la bande au-dessus et derrière les yeux d'un blanc rous- 
sâtre ; toutes les autres couleurs sont aussi plus claires. 

Cette espèce ne se voit que dans les contrées méridionales au-delà 
de la grande chaîne des Alpes Gottiennes et Pennines ; ses mœurs 
sont à peu près les mêmes que celles du moineau vulgaire, avec cette 
seule différence pourtant que ce dernier ne se plaît que dans les vil- 
les et les villages , tandis que le moineau cisalpin fréquente surtout 
les montagnes et les champs. 

GROS-BEC ESPAGNOL. 

Fringilla kispaniolensis . — temm. T édit. v. 2. p. 353. 

Yeux surmontés d'un sourcil blanc et entourés de noir; joues et 
côtés du cou d'un blanc pur ; le dessus de la tête et la nuque d'un 
marron très foncé; plumes du dos et des scapulaires noires , bordées 
de roux jaunâtre ; rémiges et tectrices alaires d'un brun noir liserées 
de jaunâtre ; plumes de la gorge , du devant du cou et du haut de la 
poitrine largement rayées de noir j taches lancéolées de cette der- 
nière couleur sur les flancs et la poitrine ; milieu du ventre et bas- 



ventre d'un blanc pur. On ne sait rien sur les mœurs de cet oiseau 
qui se trouve en Sicile, dans l'Archipel , dans le midi de l'Espagne 
et jusqu'en Egypte. 

GROS-BEC FRÏQUET. 

Fringilla montana. linn. — gmel. Sjst. 1. p. 925. sp. 27. — lath. Ind. v. 
1. p. 433. sp. 2 —Le Friquet. buff. Ois. v. 3. p. 489. t. 29. f. 2. Id. pl. 
enl. 267. f. 1.— FRîSCH. Vog. t. 7. f. 2. — naum. Vog, t. 1. f. 3. 

Dessus de la tête d'un brun vineux; scapulaires et plumes du 
dos moitié noires moitié marron ; rémiges primaires brunâtres, fine- 
ment liserées de blanc roussâtre; rémiges secondaires d'un brun 
foncé , largement bordées de roux ; petites tectrices alaires de cou- 
leur marron ; les moyennes et les grandes brunâtres , liserées de 
marron et terminées de blanc; gorge et demi-collier blancs; une 
large bande noire sur la gorge et le devant du cou ; deux grandes 
taches noires sur les côtés de celui-ci; poitrine d'un gris blanchâ- 
tre ; ventre blanc ; flancs d'un cendré un peu roussâtre ; queue d'un 
brun foncé ; bec noir. 

Chez la femelle , les couleurs sont plus claires , principalement 
sur la tête ; il y a moins de noir sur la gorge , et le collier blanc est 
moins apparent. 

Cet oiseau paraît tirer son nom de l'habitude qu'il a de se remuer 
sans cesse, de frétiller, comme le ditBuffon, de hausser et de baisser 
sa queue. Le friquet ne s'approche jamais des villes ; il se tient dans 
la campagne sur le bord des chemins et les lisières des bois, dans les 
jardins, les buissons et les champs. Son caractère est peu sauvage ;e 
il se laisse facilement priver ; toutefois il est moins docile que 1 
moineau. Son chant, très différent de celui de ce dernier, n'est pas 
beaucoup plus agréable. Les oiseaux de celte espèce vivent en gran- 
des troupes et habitent dans presque tous les pays de l'Europe, de- 
puis l'Italie et l'Espagne jusque dans les régions du cercle arctique. 
Bien moins gourmands que les moineaux, ils se nourrissent d'in- 

Ois, d'Eor, ig*". LîV. 



— 146 — 

sectes, de fruits et de toutes sortes de graines , mais ne dévastent 
jamais les blés. Ils nichent dans des crevasses , dans des trous à peu 
de distance de terre et quelquefois dans des trous d^arbres. 

Les œufs, au nombre de cinq à sept, sont d'un blanc cendré, avec 
de très petits points et des taches rougeâtres et cendrées. 

GROS-BEC SERIN ou SINI. 

Fringilla serinus. ltnn. — gmel, Syst. 1. p. 908. sp. 17. — lath. Ind. v. 1. 
p. 454. sp. 69. — Le Serin ou Cinl. buff. Ois. v. 4. pl. enl. 658. f. 1. 

Front, tour des yeux et sourcils jaunes, nuancés de grisâtre; dessus 
de la tête et du cou, dos et scapulaires d'un cendré olivâtre, avec des 
taches noires au centre des plumes ; croupion d'un joli jaune clair j 
rémiges noires , liserées de gris verdâtre ; petites tectrices alaires 
vertes; les moyennes et les grandes noires ; les premières terminées 
de vert jaunâtre; gorge, devant du cou et poitrine jaunes; ventre, flancs 
et tectrices subcaudales blancs; des taches longitudinales noires sur 
les flancs et la poitrine. 

Chez la femelle, en automne, les teintes jaunes sont bien plus clai- 
res; les parties supérieures sont nuancées de cendré; les parties in- 
férieures sont d'un blanc jaunâtre sale, avec un grand nombre de ta- 
ches longitudinales. 

Le sini est assez rare dans les provinces du centre de la France. 
On le trouve principalement en Provence, en Dauphiné, dans le Lyon- 
nais , en Bourgogne, à Genève, dans le midi de l'Allemagne, en Suisse 
en Italie et en Espagne. Il se plaît le long du bord des rivières et 
des ruisseaux, sur les saules, les chênes et les arbres fruitiers; il vit 
longtemps en cage; son chant est agréable et varié. On lui apprend 
à siffler et à parler. Sa nourriture consiste en très petites graines, 
telles que séneçon , plantin, etc. Il place son nid sur les osiers et les 
différens arbres dont nous venons de parler. 

Les œufs , au nombre de quatre à cinq , sont blancs. Sur le gros 
bout existe un cercle de points et de taches brunes et rougeâtres. 



— 147 — 



DEUXIÈME SECÎION. BBEVICONES. 

Les oiseaux de cette section ont un bec en cône plus ou moins court, 
droit et cylindrique, souvent conique partout. 

GROS-BEC PINSON. 

Fringilla cœlebs. i.inn. — gmei,. Syst. l.p. 901. sp. 3. — lath. Ind. v. 1. 
p. 437. sp. 12. — Le Pinçon, buff. Ois. v. 4. p. 109. t. 4. Id. pl. enl. 54. 
f. 1 .— FRISCII. t. 1 f. 1. — NAUM. t. 2. f. 4 et 5. 

Front noir ; dessus de la tête et du cou d'un cendré bleuâtre; haut 
dudosetscapulaires d'un brun clair; partie inférieure du dos etcrou 
pion verts ; rémiges noires, liserées de vert avec une grande taclio 
blanche à leur origine; grandes tectrices alaires noires, terminées 
de blanc ; petites et moyennes tectrices blanches ; côtés de la tête 
gorge, poitrine et ventre d'une lie de vin roussâtre, plus claire sur le 
ventre ; queue noire; une grande tache blanche sur les deux pennes 
latérales; bec d'un bleuâtre foncé ; pieds bruns. ( Le vieux mâle au 
printemps. ) 

La femelle est plus petite; le dessus de la léte, la nuque , le dos et 
les scapulaires sont d'un brun nuancé d'olivâtre; joues , gorge , poi- 
trine et ventre d'un cendré blanchâtre ; les bandes transversales de 
Taile moins marquées ; l'inférieure d'un blanc jaunâtre. 

Chez le mâle, en automne, les couleurs du plumage sont, après 
la mue , plus claires qu'au printemps, parce que toutes les plumes 
des parties supérieures et inférieures sont alors terminées de cen- 
dré clair. 

Cette espèce habite presque tous les pays de l'Europe ; elle vit 
dans les bois, les buissons et les jardins. Son nom de pinson vient, 
suivant plusieurs auteurs, de la force avec laquelle il pince la main 
qui le tient ou qui veut le saisir ; mais cette habitude de pincer appar- 
tient à bien d'autres espèces , et l'opinion de Friscli , qui tire ce mot 
pinçon de pincio , latinisé du mot allemand pinck, et indiquant le cri 



— 148 — 

de l'oiseau , parail beaucoup plus raisonnable. C'est sans doute à sa 
vivacité et à la gaieté de son ramage que l'on doit cette locution pro- 
verbiale : gai comme pinson. Sa voix n'est pas sans un certain charme. 
Pris tout jeune, il imite le chant du rossignol ou celui du serin qui 
se trouve dans sa cage ; mais il ne peut jamais répéter les airs 
qu'il entend siffler. Il est très difficile de l'élever en captivité. Quel- 
ques-uns restent avec nous pendant l'hiver; d'autres vont i^ejoin- 
ure les contrées méridionales ; ils se nourrissent de semences de 
chanvre , de navette, de lin, de salade et de millet; nichent sur les 
arbres. 

Les œufs, au nombre de quatre ou cinq, sont d'un bleu verdâlre 
clair-semé de taches et de petites bandes d'un brun couleur de café. 

GROS-BEC D'ARDENNES. 

Fringilla MoTiti-fringilla. lIxVN. — gmel. Syst. 1. p. 902. sp. 4. — latiï. 
Ind. v 1. p. 439. sp. 17. Le Pinson cV Ardennes. — buff. Ois. v. 4. 
p. 124. Id. pl. enl. 54. f. 2. — frisch. t. 3. f. ff. — naum. t. 3. f. C et 7. 

Tête , joues, côtés du cou et haut du dos d'un noir brillant ; crou- 
pion blanc ; rémiges primaires noires ; les secondaires noires , bor- 
dées de roux ; scapulaires et petites tectrices alaires de cette 
dernière couleur ; moyennes tectrices alaires d'un blanc légère- 
ment roussâtre , formant une bande transversale sur le haut de 
l'aile; une seconde bande de la même couleur, formée par l'ex- 
Irémité des grandes tectrices alaires qui sont noires dans le reste de 
leur étendue , existe sur le milieu de l'aile ; gorge , devant du cou , 
poitrine, d'un beau roux; ventre et bas- ventre d'un blanc purj flancs 
roussâtres, avec des taches noires, de forme arrondie ; queue noire; 
bec d'un noir bleuâtre. Chez le mâle, après la mue d'automne , les 
plumes des parties supérieures sont bordées de cendré roussâtre ; le 
roux de la poitrine et du devant du cou est moins vif; bec jaune 
à la base et noir à la pointe. 

Cliez la femelle, le sommet de la tète est d'un roux grisâtre ; les 
joues et le liant du cou d'un gris cendré; yeux surmontés d'un sour- 



— 149 — ' 

cil noir; plumes du dos d'un brun noirâtre , bordées et terminées de 
roux cendré ; le roux de la poitrine et du devant du cou plus terne 
que chez le mâle. 

Les oiseaux de cette espèce sont abondamment répandus dans 
toutes les parties de l'Europe , où ils ne sont que de passage. Séden- 
taires dans quelques pays seulement ; ils ne nichent pas dans nos 
contrées où ils passent en grandes troupes l'automne et l'hiver. 
D'un caractère peu sauvage , ils se laissent approcher d'assez près ; 
leur voix est peu mélodieuse; la chair en est meilleure à manger que 
celle du pinson ordinaire; leur nourriture est à peu près celle de 
Tespèce qui précède; ils nichent sur les pins et sapins. 

Les œufs, au nombre de cinq, sont tachés de jaunâtre. 

GROS-BEC NIVEROLLE. 

Fringilla nivalis. linn. — gmel. Syst. 1. p. 911. sp. 21. — lath, Ind. 
V. 1. p. 440. sp. 19. — Le Pinson de neige ou Niverolle. buff. Ois. 
V. 4. p. 136. — NAiJM. Fog. nachts. t. 20. a. f. 38. 

Joues, dessus de la tête et du cou d'un cendré foncé ; plumes du 
dos et des scapulaires d'un brun foncé , bordées de brun-clair ; 
croupion et tectrices caudales supérieures noires ; les sept premiè- 
res rémiges primaires noires , avec un liseré blanchâtre à leur extré- 
mité; la huitième rémige blanche sur sa barbe intérieure et noire sur 
l'extérieure ; le reste des rémiges primaires et les secondaires d'un 
blanc pur, à l'exception des deux dernières secondaires qui sont de 
la même couleur que le dos ; gorge d'un blanc grisâtre , avec quel- 
ques taches noires ; poitrine et ventre d'un blanc légèrement teinté 
de gris sur les flancs ; à l'exception des deux pennes du milieu qui 
sont noires , les autres pennes caudales sont blanches et terminées 
de noir; bec noir et pieds bruns. 

Chez la femelle , le cendré de la tête est nuancé de roussâtre. 
Les parties inférieures sont d'un blanc moins pur. Les rémiges et 
les deux pennes du milieu de la queue sont d'un noir brunâtre. 

Ces oiseaux sont répandus dans toutes les parties de l'Europe dont 



— 150 — 

ils habitent les plus hautes montagnes. Ils voyagent par grandes trou- 
pes et se nourrissent de toutes sortes d'insectes et de graines. Leur 
voix est très désagréable, mais en revanche leur chair est fort bonne 
à manger. Ils nichent dans les trous des rochers ; ne font jamais de 
ponte dans nos pays. 

Les œufs , au nombre de trois à cinq , sont d'un vert clair, parse- 
mé de taches, dont les unes sont cendrées et les autres d'un vert foncé. 

GROS-BEC LINOTTE. 

F/ingilla Cannabina. Liixrv. — Fî^ingilla Linota. gmel. S^st. l.p. 91G 
sp. 67. — LATH. Ind.y. 1. p. 457. sp. 81. — La Linotte ordinaire, bvff. 
Ois. y. 4. p. 58. t. 1. 7â?.pl. enl. 151. f. 1. 

Front rouge; le reste de la tête, le dessus du cou et les parties laté- 
rales de celui-ci d'un cendré roussâlre ; dos et scapulaires d'un roux 
lîrunâtre ; tectrices caudales supérieures blanches à l'extérieur, avec 
une tache noire au centre des plumes ; rémiges primaires noires , 
bordées de blanc dans leur partie supérieure ; rémiges secondaires 
également noires et terminées de blanc roussâtre ; tectrices aîaires 
de la même couleur que le dos ; gorge et devant du cou blanchâtres, 
avec des taches longitudinales brunâtres; poitrine rouge ; flancs d'un 
Ijrun roussâtre ; milieu du ventre blanc ; bec d'un bleuâtre foncé ; 
j)ieds d'un brun rouge, {Le vieux mâle au printemps). 

Le mâle , après la mue d'automne , à l'âge d'un an accompli : de 
très grandes taches noires sur le sommet de la tête ; le dos roussâtre, 
avec des taches d'un brun châtain , bordées de brun blanchâtre ; 
l>oilrine d'un rouge cendré brun ou d'un rouge brun ; des taches 
brunes sur les flancs; tectrices caudales supérieures noires, bordées 
intérieurement de blanc et extérieurement de gris-roussâtre. 

Chez la femelle , qui est plus petite que le mâle , toutes les parties 
supérieures sont d'un cendré jaunâtre, avec des taches d'un brun 
noirâtre ; tectrices alaires d'un brun-roux terne ; parties inférieures 
d'un roussâtre clair ; poitrine et flancs parsemés de plusieurs taches 
d'un brun-noirâlre ; milieu du ventre blanc. 



— 151 — 

Chez les jeunes mâles , jusqu'au printemps ^ le dessus de la téte et 
le dos sonl d'un brun-roussâtre et parsemés de taches lancéolées, 
d'un brun foncé ; joues et nuque cendrées ; toutes les parties infé- 
rieures d'un blanc légèrement roussâtre , avec les taches longitudi- 
nales brunâtres sur la gorge et la poitrine; de larges taches d'un brun 
roussâtre sur les flancs; pieds couleur de chair; base du bec d'un 
bleu livide. 

Le gros-bec linotte a été ainsi nommé parce qu'il aime beaucoup 
la graine de lin et celle de la linaire. Il se nourrit encore de clie- 
nevis, de millet, d'alpiste, de graines de rave, de chou , de pavot, 
de plantin , de poirée, de mouron, de chardon, etc. L'hiver, il pique 
l'intérieur des boutons des chênes et des peupliers. Sa voix est des 
plus douces et des plus mélodieuses. On est parvenu à lui appren- 
dre à siffler des airs, quelques mots italiens et français, et môme à 
les articuler assez nettement; mais il faut pour cela que ce soient de 
jeunes mâles pris au nid. Les femelles ne chantent jamais , pas même 
dans les bois. Ces oiseaux se laissent facilement apprivoiser et sont 
très affectueux pour les personnes qui les soignent. Malheureuse- 
ment la belle couleur rouge dont sont ornés leur front et leur poi- 
trine disparaît bientôt dans les cages et les volières. Il semble que 
la nature a voulu par là les venger contre nous de la perte de leur 
liberté. Ils vont par troupe jusqu'à l'époque où commencent les cou- 
vées ; habitent une grande partie de l'Europe et se plaisent dans 
les haies , les buissons , les taillis , les vignobles , les pays mon 
tueux et sur la lisière des bois; ils nichent dans les vignes, les buis- 
sons , les charmilles , sur les groseillers , les noisetiers , etc. 

Les œufs , au nombre de quatre à six, sont d'un blanc sale , avec 
des points et des petites raies couleur de chair. 



— 152 — 



GROS-BEC A GORGE ROUSSE ou DE MONTAGNE. 

Fringilla montium. — gmel. Syst. 1. p. 907. sp. 68 — latii. Ind. v. 1. p. 
459. sp. 84. — La Linotte de montagne , vieil, mém de Pacad. de Turin, 
année 1816. p 212.— naum, Vog. t. 20. f. 39.— frisch. t. 10. f. 1. 

Sourcils et pourtour des yeux d'un roux clair; plumes de la tête, 
du dessus du cou , du dos et des scapulaires noires à leur centre et 
bordées de roux ; croupion d'un rose foncé ; rémiges noirâtres ; les 
primaires liserées de blanc pur, à Texception des trois premières qui 
le sont de blanc jaunâtre ; tectrices alaires brunes ; les grandes ter- 
minées de roux blanchâtre, formant une raie transversale sur le mi- 
lieu de l'aile ; les petites terminées de roux ; gorge, devant du cou 
d'un roux clair ; poitrine et flancs de cette dernière couleur, avec 
de grandes taches noires ; le reste des parties inférieures blanc ; bec 
d'un jaune de cire ; pieds noirs. 

Chez les femelles et les jeunes de l'année , la couleur rousse est 
plus claire. Les grandes taches longitudinales qui existent au centre 
des plumes des parties supérieures sont d'un brun très foncé; le 
croupion n'a aucune nuance de rose ; le bec est d'un jaune plus clair, 
avec une tache noire à sa pointe. 

Cette espèce , dont la nourriture est à peu près la même que 
celle de la linotte , avec laquelle elle voyage en bandes pendant 
l'automne , n'est que de passage dans quelques contrées d'Allema- 
gne , de France et de Hollande. Quelques jeunes habitent acciden- 
tellement la Suisse et le midi de la France ; très commune pendant 
Tété en Ecosse , en Norvège et en Suède , rare en Russie et dans 
les contrées orientales de l'Allemagne. 



— 1Ô3 — 



TROISIÈME SECTION. LONGICONES. 

Le bec est un cône droit, long et comprimé. La pointe des 
deux mandibules est aiguë. 

GROS-BEC VENTURON. 

FringiUa citrlnella. lïinn. — lath. Ind. v. 1. p. 454. sp. 70. — gmel. Sjst. 
1. p. 873. sp. 41. — Le Venturon de Provence (serin d'Italie.) buff. Ois. 
pl. enl. 658. f. 2. 

Front , tour des yeux, sommet de la tête d'un vert jaunâtre ; oc- 
ciput, nuque, côtés et dessus du cou cendrés; dos et scapulaires 
d'un cendré olivâtre 5 croupion d'un vert jaunâtre ; rémiges noirâ- 
tres, liserées de blanc jaunâtre ; tectrices alaires noires , terminées 
de vert jaunâtre ; gorge, devant du cou , poitrine et milieu du ven- 
tre d'un vert jaunâtre ; queue noire; flancs cendrés. 

Chez la femelle , les couleurs sont plus vives : le cendré des 
côtés du cou descend davantage sur le devant ; le dos est plus cen- 
dré ; les plumes de cette partie ont un trait brun le long des ba- 
guettes. 

Le gros bec venturon habite toute l'Italie, la Grèce, la Turquie, 
l'Autriche, la Suisse et les provinces du midi de la France, oii il est 
seulement de passage. Son chant est assez agréable et assez varié. Il 
niche dans les taillis de pins et de sapins. 

Les œufs , au nombre de trois à cinq , sont blanchâtres avec des 
taches d'un rouge brique. 



Ois. d'Eupv. 



20^. Liv. 



GROS BEG TARIN. 



Tringilla sptnus. LINN. — gmel. Sjst. 1. p. 914. sp. 25. — lath. Ind. v. 1. 
p. 452. sp. 65. — Le Tarin, buff. Ois. v. 4. p. 221. Ici. pl. enl. 485. 
f. 3. — FRisciï. t. 11 f. 1. A. et B. — NAUM. t. 6. f. 13 et 14. 

Une bandejaune derrière les yeux ; front et sommet delà tête noi- 
res; nuque d'un noir mêlé de verdâtre ; dessus du cou , dos et scapu- 
laires verdâtres avec une légère nuance de cendré; une tache longi- 
tudinale noirâtre au centre de chacune des plumes de ces parties ; 
rémiges noires, jaunes à leur origine et liserées de cette dernière cou- 
leur ; le jaune de l'origine des rémiges est disposé de manière à for- 
mer une bande transversale sur le haut de l'aile. Tectrices alaires noi- 
res , terminées de vert; croupion jaune ; gorge noire; devant du cou 
et poitrine jaunes; ventre et flancs d'un blanc jaunâtre avec des taches 
longitudinales noires ; pennes caudales jaunes dans une grande par- 
lie de leur étendue et noires à leur extrémité. 

Chez la femelle, toutes les parties supérieures, les joues et les côtés 
du cou sont cendrés avec des taches longitudinales noires ; gorge, poi- 
trine et ventre bleuâtres avec des taches longitudinales également 
noires et disséminées çà et là ; bande transversale sur l'aile d'un 
blanc jaunâtre. 

Le tarin est de passage périodique en France et en Hollande. Il ha- 
bite les pays du nord jusqu'en Suède ; fréquente les forêts noires et 
celles d'aunes. Il vit très bien en captivité et manifeste toujours beau- 
coup de gaîlé et de vivacité. Cet oiseau a la singulière habitude de 
faire choix d'un ami parmi les autres oiseaux qui vivent dans sa 
volière et de lui donner la becquée toutes les fois qu'il mange. Il boit 
aussi très souvent, ce qui fait qu'on peut en prendre un très grand 
nombre à l'abreuvoir. Sa voix est assez agréable. Il niche sur les ra- 
meaux les plus élevés du pin. 

Les œufs, au nombre de cinq, sont d'un blanc grisâtre, avec des 
points d'un brun pourpré. 



— 155 — 



GROS-BEC SIZERIN. 

FringUla Linaria. linn — gmel. Syst. 1. p. 917. sp. 29. — lath, v. 1. 
p, 458. sp. 83. — Le Sizerin. buff. Ois. v. 4. p. 216. {Le vieux mâle.) 
Le Cabaret, buff. Ois\ 4. p. 76. Id. pl. enl. 485 f, 2. Le mâle. — 
Petite Linotte des vignes, brîss. Ornith. v. 3, p. 138. {Le vieux mâle.) 

Petite Linotte ou Cabaret, beiss. Ornith. v. 3. p. 142 {Jeune mâle , 
e/z FRiscH. — naum. 

Front et sommet de la tête d'un rouge foncé; le reste de la tête , le 
dessus du cou , les scapulaires et le dos ont les plumes d'un brun noi- 
râtre vers le centre et roussâtre à leur circonférence. Çroupion rose; 
rémiges et lectrices alaires noirâtres , bordées et terminées de blanc; 
le blanc qui termine les tectrices alaires forme sur Taile deux bandes 
transversales. Espace entre l'œil et gorgeret noirâtres ; parties laté- 
rales de la gorge , devant du cou, haut de la poitrine et parties laté- 
rales du ventre roses ; celui-ci d'un blanc rosé ; des taches longitu- 
dinales brunâtres sur les flancs et les couvertures inférieures de la 
queue ; couvertures supérieures de cette dernière, brunâtres , bor- 
dées de blanc. 

Chez la vieille femelle, il n'y a point de rouge sur le croupion ni 
sur les parties inférieures. Gorge noire; parties latérales de la gorge, 
poitrine et milieu du ventre blanchâtres; flancs et abdomen roussâ- 
tres, marqués de grandes taches longitudinales noires. Les très vieilles 
femelles ont souvent un peu de couleur rose sur la poitrine. 

Cette espèce se trouve dans les contrées du cercle arctique jusque 
vers la Sibérie et leRamtschatka. On la rencontre aussi dans les pays- 
tempérés de l'Europe et dans l'Amérique septentrionale ; de passage 
périodique dans certaines provinces de France. Sa nourriture consiste 
en semences de l'aune, du pin, de la ronce, du lin, et en hiver ea 
bourgeons de l'aune ; niche dans les taillis d'aunes et sur les rameaux 
du pin. 

Les œufs , au nombre de cinq, sont d'un blanc bleuâtre avec des 
taches nombreuses rougeâlres sur le gros bout. 



— 166 — 



GROS-BEC CHARDONNERET. 

Fringilla carduelis. liisn. — gmel, Sjst. 1. p. 903. sp. 7. — lath. Ind. 
V, l.p. 449. sp.58. — Le Chardonneret, buff. Ois. v. 4, p. 187. t. 10. 
Id. pl. enl. 4. f. 1. — Le mâle, frisch. t. 1. f. 2. a. b. — naum. t. 5. 
f. 12. 

Tour du bec, espace entre l'œil et le bec, occiput, nuque et demi- 
collier d'un noir profond; dessus des yeux et front d'un très beau 
rouge cramoisi ; dos et scapulaires brunâtres ; rémiges noires avec 
une petite tache blanche à leur extrémité; la moitié de leurs barbes 
extérieures d'un très joli jaune ; petites et moyennes tectrices alaires 
noires ; les grandes noires et terminées de jaune; gorge d'un beau 
rouge cramoisi; côtés de la tête, devant du cou, milieu de la poi- 
trine et ventre blancs; côtés de la poitrine et flancs d'un brun un 
peu roussâtre ; couvertures supérieures de la queue noires, termi- 
nées de blanc ; rectrices noires ; les deux premières extérieures mar- 
quées d'une large tache blanche ; les autres terminées de blanc. 

Chez la femelle, le rouge du front et de la gorge est moins étendu 
et moins vif; joues d'un brun clair; tectrices alaires brunes; le jaune 
et le noir des rémiges moins vif; plus de roussâtre surles parties in- 
férieures. 

Le plumage de cet oiseau est sujet à de grandes variations. 

Le chardonneret, ainsi nommé parcequ'on le voit habituellement 
sur les chardons dont il mange les graines, est un de nos jolis oiseaux 
d'Europe qui se recommande tout à la fois par la vivacité des couleurs 
dont brille son plumage , la douceur de sa voix et sa docilité à toute 
épreuve. Non seulement il chante bien, mais il apprend encore à faire 
plusieurs petits tours dont s'amusent beaucoup les enfans : tels que 
mettre le feu à des petits canons , faire le mort et se relever aussi- 
tôt à un signal donné , tirer des petits sceaux de fer-blanc placés sur 
une poulie et qui contiennent son boire et son manger. Ce dernier 
exercice fait partie de ce qu'on appelle éducation de la galère. Pour 



- 157 - 

mettre un chardonneret à la galère, il faut lui placer autour du corps 
une bande de cuir très doux, de deux lignes de large, dont les deux 
bouts venant se joindre sous le ventre, sont maintenus par un anneau 
auquel s'attache la chaîne destinée à retenir l'oiseau captif sur son 
juchoir. Celui-ci forme le demi-cercle et reste fixé contre le mur de 
l'appartement. L'oiseau vient de temps en temps oublier ses ennuis 
devant le miroir de sa galère ; il s'y mire en chantant^ s'y regarde 
manger et croit avoir trouvé un compagnon d'infortune. La linotte , 
le cini et le tarin peuvent être également dressés à celte manœuvre. 

Les chardonnerets sont très communs dans plusieurs provinces de 
France et d'Allemagne. Ils se trouvent depuis les îles méridionales 
de l'Archipel jusqu'en Sibérie. En automne et en hiver ils se réu- 
nissent par troupes fort nombreuses. Ils se nourrissent de toutes 
sortes de graines et de semences huileuses, telles que celles de pavot, 
de chardon, de chanvre, etc. Les chenilles elles insectes forment la 
nourriture de leurs petits. Ils ont pour ces derniers un attachement 
très marqué, au point de continuer à les nourrir dans la cage où l'on 
les tient enfermés. Les chardonnerets mâles s'apparient très bien en 
cage avec des femelles d'une autre espèce et en particulier avec celle 
du serin de Canarie. Ils nichent sur les arbres fruitiers, dans les ver- 
gers et sur les autres arbres placés sur la lisière des bois. 

Pondent quatre à six œufs d'un vert clair, marqués çà et là de quel - 
ques taches rougeâtres, et vers le gros bout , de quelques traits d'un 
rouge noirâtre. 



— 168 — 



ORDRE DES ZYGODACTYLES. 

Le caractère principal sur lequel on a fonde cet ordre consiste 
dans la disposition des doigts des pieds qui sont toujours au nombre 
de deux en avant et de deux en arrière. Dans quelques espèces, 
le doigt externe peut, à volonté, se diriger en arrière et en avant; 
dans d'autres , ce mouvement est impossible, les doigts restant réu- 
nis par paires. 



GENRE COUCOU. 

CUCULUS. (LiNN.) 

Ce genre de la famille des Cuculidés , de l'ordre des Grimpeurs 
de Cuvier, offre les caractères suivans : Bec médiocrement long , 
comprimé, légèrement arqué; mandibule supérieure arrondie, lisse ; 
point d'échancrure; narines ovoïdes, basales, percées dans les bords 
de la mandibule, entourées d'une membrane nue et proéminente; 
tarses courts, emplumés à leur partie supérieure; deux doigts de- 
vant, soudés à leur base; deux doigts derrière entièrement divisés, 
l'extérieur pouvant à volonté se porter en avant; première rémige 
de moyenne longueur; la deuxième un peu plus courte que la troi- 
sième qui est la plus longue. 

Le Coucou , dont le nom représente le triste et monotone ramage , 
est un de ces oiseaux dont l'histoire nous fournit encore une preuve 
de l'influence du merveilleux sur l'esprit humain. Les principaux faits 
relatifs aux mœurs du coucou étaient connus il y a déjà vingt siècles. 
Tout le monde savait alors (Pline et Aristole l'avaient écrit) que la 
femelle ne construit pas de nid ; mais qu'elle abandonne ses œufs 



— 169 — 

dans celui de plusieurs espèces auxquelles elle confie le soin de les 
couver pour elle. Il était difficile d'expliquer un fait qui semblait 
renverser l'admirable harmonie des lois de la nature. Aristote préten- 
dait que la femelle du coucou n'en agissait ainsi que parce qu'ayant 
la conscience de sa propre lâcheté , elle se trouverait dans l'impos- 
sibilité de défendre sa progéniture si d'autres oiseaux venaient l'atta- 
quer. On a dit ensuite, et c'est l'opinion de Mont-Beillard , que l'ins- 
tinct qui porte le mâle à manger les œufs des autres oiseaux obligeait 
la femelle à cacher les siens. Une explication qui semblait devoir sa- 
tisfaire l'esprit beaucoup plus que les deux précédentes , parce qu'elle 
reposait sur la physiologie et l'anatomie était celle de Hérisson. Ayant 
remarqué que le gésier est situé chez les coucous à la partie infé- 
rieure du ventre, sous la peau duquel il forme une saillie très dure 
lorsqu'il est rempli d'alimens , ce savant pensa qu'une semblable 
disposition devait être un obstacle à ce que l'oiseau pût couver ses 
œufs. Malheureusement cette particularité anatomique existe chez 
bien d'autres espèces que le coucou , qui cependant n'en suivent pas 
moins la règle ordinaire pour la ponte. 

Le problème restait donc encore à résoudre, lorsque dans ces der- 
niers temps M. Florent Prévost fît part du résultat de ses observations 
à cet égard. Suivant ce naturaliste , les coucous mâles, plus nom- 
breux que les femelles , demeurent cantonnés chacun de leur côté , 
dans un bouquet de bois , pendant le temps des amours. Une seule 
femelle se trouve souvent forcée d'alleren visiter plusieurs à des dis- 
tances assez considérables , de sorte qu'après une première ponte , 
elle oul)lie forcément ses œufs pour courir ailleurs remplir ses 
devoirs de femelle. Maintenant, comment le coucou s'y prend-il pour 
transporter ses œufs ? C'est ce qu'on ignora fort long-temps jusqu'à 
ce que le hasard vint fournir à Leyaillant l'explication de cette es- 
pèce de mystère ornilhologique. Parmi les cinq cents coucous que 
tua pendant son voyage au Cap, ce studieux et infatigable naturaliste, 
il s'en trouvait un qui présentait dans la région du cou une tumeur 
assez volumineuse. Après avoir examiné attentivement le fond de la 



— 160 — 

gorge, Levaillant Y découvrit un œuf de coucou. Plus de doute alors: 
il fut constaté que c'est avec son bec , qui est naturellement assez 
fendu, que l'oiseau transporte ses œufs. M. Florent Prévost a lui- 
môme remarqué que le coucou pond d'abord son œuf à terre , qu'il 
le saisit ensuite avec son bec, puis part en voltigeant au milieu de 
la forêt , ainsi chargé de son précieux fardeau. Ce sont les nids d'oi- 
seaux plus faibles que lui, tels que ceux de fauvette, de. rouge-gorge, 
de pouillot, de rouge queue, de rossignol, de bruant, de troglodyte 
et même de roitelet, que le coucou choisit pour placer ses œufs. 
Souvent il les y dépose de vive force et en retire au besoin un ou 
deux de ceux qu'il trouve dans le nid, quand celui-ci lui paraît 
trop petit pour les contenir tous. Si la propriétaire s'aperçoit de la 
fraude , elle brise les œufs du coucou, ou finit par se décider à les 
couver avec les siens. Plus tard, la gloutonnerie des nouveaux nour- 
rissons oblige les malheureux parens à leur donner une triple ration 
au détriment des petits légitimes. Il n'est pas vrai comme on l'a dit, 
que le jeune coucou dévore sa mère nourrice; seulement quand il a 
acquis une certaine grosseur, comme le nid n'est plus assez large 
pour lui, il pousse ses frères de lait à droite et à gauche et parvient 
à les chasser du nid , ce qui fit aussi supposer qu'il les dévorait. Si 
les petits n'ont pas été tués dans leur chute , ils se roulent dans la 
mousse, restent au pied de l'arbre et la mère partage ses soins entre 
les siens et le coucou. Le plus souvent la femelle du coucou ne dé- 
pose qu'un seul œuf dans chaque nid, et s'il lui arrive d'en laisser 
deux , c'est alors que les deux coucous devenus un peu gros , se gê- 
nent mutuellement et finissent par se livrer un combat qui a pour 
résultat l'expulsion de l'un des deux. L'on a dit, à tort, que la mère 
coucou restait pour veiller sur ses petits, aux environs des nids qui 
leur servent de berceau. M. le docteur Girardin, auquel il nous est 
enfin permis d'exprimer ici toute notre gratitude pour l'obligeance 
avec laquelle il a mis à notre disposition sa brillante et riche collec- 
tion d'oiseaux de France, M. Girardin, disons-nous, dont les doigts 
habiles savent imprimer de nouveau le sentiment de la vie à l'oiseau 



— 161 — 

qu'il vient de tuer, nous a assuré que depuis quinze ans qu'il se livre 
à l'étude des mœurs ornithologiques , il n'a jamais vu que le coucou 
mâle témoigner de la sollicitude pour ses petits. Ou l'aperçoit, dit 
ce naturaliste ami de la vérité, s'approcher en roucoulant du nid 
étranger, et voltiger alentour de manière à faire comprendre à son 
enfant qu'il est là sans cesse pour veiller sur lui. On ne saurait réel- 
lement méconnaître au frémissement dont ses ailes sont agitées dans 
un pareil moment, à l'expression sentimentale qu'il donne à son 
refrain coucou , un langage tout paternel qui sans doute ne peut être 
bien compris que de'celui auquel il s'adresse. Les femelles du coucou 
sont excessivement rares et n'ont jamais été vues remplissant le rôle 
que M. Girardin vient d'assigner au mâle. 

L'instinct de migration est très développé chez les coucous. Le doc- 
teur Gaspard a observé , à l'époque du départ de ces oiseaux , une 
agitation très remarquable chez de jeunes coucous qu'il tenait cap- 
tifs ; aussi est-il impossible d'élever ces derniers en cage. Leur nour- 
riture consiste en insectes et en fruits; mais on doit les regarder 
comme des oiseaux insectivores. 

COUCOU GRIS. 

Cucuhis canorus . linn. — gmel. Syst. 1. p. 409. sp. 1. — la-TH. Incl. v. i 
p. 207. sp. 1. — Le Coucou gris . bijff. Ois. v. 6. p. 305. Id pl. enl. 81L 
— LEVAILL. Ois d'Jfr. V. 5. pl. 202. — frtsch. t. 40. — naum. 809. t. 45. 
f. 102. 

Tête, cou, dos, scapulaires, ailes et croupion d'un cendré bleuâtre 
devenant plus foncé sur les ailes; plusieurs grandes taches blanches 
transversales sur les barbes intérieures des rémiges ; gorge , devanî 
du cou et poitrine d'un cendré clair ; ventre , flancs , cuisses et tec- 
trices subcaudales blanchâtres avec des raies transversales d'un brun 
noirâtre ; queue noire ; toutes les pennes terminées de blanc avec de 
petites taches de la même couleur le long des baguettes. 

Ois. u Eur. 20* Liv. 



— 162 — 

Chez les jeunes qui émigrent en automne , toutes les parties supé- 
rieures sont d'un cendré olivâtre très foncé. Des bandes roussâtres 
peu distinctes sur la nuque ; mais plus larges sur les ailes ; des raies 
transversales de cendré roussâtre et de noir sur la gorge et la poitrine. 

Suivant Buffon et M. Temminck, la femelle du coucou ressemble 
beaucoup au mâle, sa taille est seulemement un peu plus petite. 
Quelques naturalistes disent au contraire, que la femelle se distin- 
gue du mâle par la couleur rousse qui domine sur une partie de son 
corps. 

La ressemblance qui parut exister entre le plumage du coucou et 
celui de Tépervier donna sans doute lieu à cette fable bien digne 
des temps où elle fut imaginée. On prétendait que le coucou était un 
petit épervier métamorphosé, que cette métamorphose s'opérait tous 
les ans , et qu'il revenait chaque année , porté sur les ailes du milan. 
Nous ne chercherons point à répondre à de pareilles absurdités. Les 
coucous sont généralement répandus dans tout l'ancien continent. 
Le gris ne vit l'été que dans les pays froids ou tempérés, tels que l'Eu- 
rope, et passe l'hiver dans des climats plus chauds, tels que ceux de 
l'Afrique septentrionale. Les températures excessives ne paraissent 
pas lui convenir. Il quitte nos contrées vers le mois de septembre , 
lorsque les insectes commencent à lui manquer, époque à laquelle 
les adultes, surtout les femelles, sont fort gras et bons à manger, 
tandis qu'ils étaient au mois de mai d'une maigreur extrême. C'est 
donc au printemps seulement que cet oiseau peut donner lieu de 
faire une juste application du proverbe si connu : maigre comme 
un coucou. A son arrivée dans notre pays , le coucou s'éloigne 
peij des lieux habités et se tient dans le voisinage des prairies. 
Plus tard il ne quitte pas les bois où son chant prolongé décèle 
toujours la présence d'un mâle. La femelle ne chante pas. Quoique 
d'un caractère triste et sauvage, quelques coucous se sont, dit-on, 
pourtant laissé apprivoiser. On a souvent trouvé, l'hiver, dans des 
creux d'arbres un ou deux coucous , entièrement dépouillés de plu- 
mes , et l'on en a conclu qu'ils restaient engourdis pendant cette sai- 



— 163 — 

son. Ce n'esl pas ainsi que les choses se passent. La femelle du cou- 
cou n'ayant pas de nids à sa disposition , où elle puisse déposer ses 
œufs, les abandonne quelquefois dans des trous d'arbres où d'autres 
oiseaux font le leur, et l'on comprend alors que les petits puissent 
mourir dans le lieu de leur naissance ou y demeurer chétifs et sans 
force. Le coucou gris se laisse difficilement approcher du chasseur ; 
mais si ce dernier reste bien caché ou qu'il réponde au coucou en 
imitant son ramage avec un appeau, l'oiseau ne tarde pas à venir se 
placer sur l'arbre le plus voisin. En général il se perche de préfé- 
rence sur les branches desséchées. La nourriture principale des cou- 
cous consiste en chenilles , sauterelles , limaçons, phalènes , hanne- 
tons et autres insectes qu'il va chercher dans le bas des buissons. 

Les œufs, au nombre de cinq à six, sont très petits, d'un blanc 
verdâtre ou bleuâtre , d'un blanc jaunâtre ou grisâtre, avec des lâ- 
ches olivâtres ou bien avec des taches cendrées. Ces couleurs varient 
chaque année et suivant la localité. Un tel changement dans la cou- 
leur des œufs , fit long-temps croire que la femelle du coucou , a 
soin pour mieux tromper la mère, de pondre dans chaque nid un œuf 
de la couleur des œufs de ce nid. 



GENRE PIC. 

PICUS. (linn.) 

Ce genre, delà famille desPicidés, de Tordre des Grimpeurs (Cuvier), 
a pour caractères dislinclifs : un bec long et droit, d'une substance 
forte et dure, de forme pyramidale, cannelé et présentant une arêle 
longitudinale sursa mandibule supérieure; des narines ovales, ouver- 
tes, cachées par des poils dirigés en avant; des pieds forts, armés de 
cinq doigts; toujours deux devant soudés à leur base, et deux der- 
rière entièrement divisés, avec des ongles recourbés en demi-cercle, 
très robustes et très acérés; la première rémige est très courte, la 
deuxième do moyenne longueur, la troisième ou la quatrième la 
plus longue. Les ailes étant obtuses , deviennent d'une utilité 
tout-à-fait accessoire. La langue du pic est éminemment contrac- 
tile , éffîlée et semblable à un ver de terre ; de plus , elle est 
visqueuse et armée, à son extrémité, de petites épines dirigées 
en arrière, à l'aide desquelles l'oiseau peut piquer les insectes si 
l'espèce de glu dont elle est enduite ne suffît pas pour les retenir. 
On a cru pendant long-temps que cette langue devait être très lon- 
gue. Cette erreur prenait sa source dans la grande facilité qu'à l'oi- 
seau , en raison d'une disposition toute particulière de l'appareil hyoï- 
dien, de la projeter très loin. La langue des pics est au contraire 
excessivement courte, et se trouve renfermée dans une espèce de 
fourreau. La queue présente une organisation toute particulière. 
Les tiges des plumes qui la composent sont très fermes , résis- 
tantes et élastiques; aussi s'en servent-ils souvent pour s'appuyer 
lorsqu'ils grimpent le long des arbres. La queue fait ici office d'une 
troisième jambe , ce qui explique l'usure des barbes h l'extrémité 
des tiges de chaque penne caudale. Ils s'accrochent à l'écorce , et 
se dirigent perpendiculairement ou bien en décrivant une spirale le 
loîig des troncs et dey grosses branches. Les pics se nourrissent prin- 



— 166 — 

cipalement d'insecles. Ils ne se contentent pas d aller les chercher 
dans les trous qui existent tout faits sur les arbres 5 mais on les voit 
plus souvent encore , à la faveur de l'épaisseur de leur crâne ei des 
muscles puissans de leur cou , frapper à coups redoublés sur l'écorce , 
avec leur bec vigoureux et dur, entamer la substance du bois , 
la réduire en fragmens et arriver enfin jusqu'à l'insecte contre 
lequel ils dardent leur langue visqueuse, et qu'ils retirent par ce 
moyen du fond de sa retraite , pour l'avaler ensuite. Cette manière 
de chasser est surtout mise en usage par les pics dont le bec est le 
plus robuste, et qui vont à la découverte des grosses larves retirées 
plus profondément dans l'épaisseur des couches ligneuses. Il arrive 
aussi quelquefois que lorsqu'ils ont donné plusieurs coups de bec sur 
un côté de l'arbre, ils se portent précipitamment sur le point diamé- 
tralement opposé, afin de guetter l'animal qui, réveillé et mis en mou- 
vement par l'ébranlement communiqué au tronc , cherche quelque- 
fois à s'échapper de ce côté. C'est principalement sur les arbres ver- 
moulus que les pies vont chercher leur nourriture , sans doute parce 
qu'ils reconnaissent au son que donnent ces arbres que ce sont eux qui 
fournissent le plus d'insectes. Quand il y a disette d'insectes sur les 
arbres, ils font la guerre aux fourmis, dont ils dépeuplent souvent 
des républiques entières en plongeant, à plusieurs reprises, leur lan- 
gue glutineuse au sein des fourmilières. Si d'une part on considère 
que ces oiseaux ne s'adressent le plus souvent qu'à des troncs à moi- 
tié morts, et que de l'autre i!s tuent une grande quantité d'insectes , 
ils devront être considérés comme des êtres plutôt utiles que nuisi- 
bles, et dès lors, on concevra difficilement pourquoi les paysans de 
certaines contrées les poursuivent avec autant d'acharnement. La 
manière de vivre des pics , exige de leur part une grande activité 
et des travaux bien rudes et bien pénibles : c'est une vie toute de 
tristesse et de labeur. Ces oiseaux vivent solitaires et nichent dans 
des trous d'arbres où ils passent habituellement la nuit; ils ne se 
donnent pas la peine de faire de nid. Leur voix consiste en un cri 
rauque; ils ne peuvent être élevés en domesticité. 



— 1C)6 — 



PIC NOIR. 

Piciis martius. linîv. — gmel. Syst, 1. p. 424. sp. 1. — latu. Ind. v. 1 
p. 224. sp. 1. — Le Pic iioir. buff. Ois. v. 71. p. 41. f. 2 /J. pl. enl. 59G. 

— FRISCH. t. 34. — NAIIM. t. 25. f. 49. 

Dessus de la iôte d'un très beau rouge ; tout le reste du plumage 
d'un noir profond. 

Chez la femelle , il n'y a qu'un très petit espace de rouge sur l'oc- 
ciput. Chez les très vieux mâles , le ventre et le bas ventre sont 
teints de roussâtre. Chez les jeunes mâles, les parties supérieures de 
la tête sont marquées de taches rouges et noirâtres. 

Cet oiseau lout-à-fait inconnu dans la plupart de nos provinces, 
se trouve dans les.grandes forêts en montagnes de l'Allemagne, de la 
France et de la Suisse j habite le nord de l'Europe jusqu'en Sibérie ; 
ne se rencontre jamais dans les pays de plaine. Le Pic noir se nour- 
rit de larves, d'abeilles, de guêpes, de fourmis, de chenilles et, dans 
les temps de disette, de semences et de baies. Les coups qu'il donne 
avec son bec sur les arbres , afin de se loger au centre , sont si 
violents , qu'on croirait entendre le bruit de la hache du bûcheron. 
Il dépose son nid dans les trous naturels des arbres ou dans ceux qu'il 
creuse lui-même. 

Les œufs , au nombre de trois , sont blancs. 

PIC VERT. 

Picus viridis. linn. — gmel. Syst. 1. p. 433. sp. 12. — lath. Ind. v. 1. 
p. 234. sp. VI.— Le Pic vert, btjff. Ois. v. 7. p. 23. t. 1. Id. pl. enl. 371 

— Fiscn. t. 35. — NAUM.t. 26. f. 50. 

Sur les parties latérales de la tête, une espèce de triangle noir, au 
centre duquel est placé l'œil, et dont le sommet repose sur la base 
de la mandibule supérieure ; dessus de la tête et deux grandes mous- 
taches d'un beau rouge qui se prolonge jusque sur le cou ; dos, sca- 



— 167 — 

pulaires et tectrices alaires d'un beau vert; croupion jaune j rémiges 
primaires noires; des taches régulières noires et blanches, ressem- 
blant à des espèces de petits parallélogrames existent sur les barbes 
extérieures ; rémiges secondaires noires sur leurs barbes intérieures 
et vertes sur leurs barbes extérieures; gorge, devant du cou, poi- 
trine et ventre d'un cendré verdâtre; queue noire, nuancée de brun 
verdâtre et rayée transversalement; bec noirâtre; base de la man- 
dibule inférieure jaunâtre; pieds d'un brun verdâtre. 

Chez la femelle, les moustaches sont noires. 

Le pic vert est répandu sur toute la surface de l'Europe. Il habite 
les bois, les forêts, les parcs et les vergers. Sa nourriture est la 
même que celle de l'espèce précédente. Cet oiseau jouait autrefois, 
chez les romains, un très grand rôle dans les auspices. Il niche dans 
les trous d'arbres et pond huit œufs blancs. 

PIC CENDRÉ. 

Picus canus. gmel. Sjst. 1. p. 434. sp, 45. — Picus viridis norvegicus, 
— BRiss. Orn. V. 4. p. 18. sp. 4. — naum. Vog. t. 26. f. 1. La Femelle. 

Un trait noir entre l'œil et le bec ; front rouge ; deux bandes noires 
sur les côtés du cou; quelques taches noires sur le sommet de la tête; 
celui-ci, la nuque, le dessus du cou et les joues d'un cendré clair; 
dos et scapulaires d'un vert clair; croupion jaunâtre; rémiges pri- 
maires noires , avec des taches blanches sur les barbes extérieures ; 
barbes intérieures des rémiges secondaires noires, avec des taches 
blanches, barbes extérieures d'un vert olivâtre; tectrices alaires de 
cette dernière couleur; gorge, devant du cou, poitrine et ventre 
cendrés , avec des nuances légères d'olivâtre ; pennes de la queue 
d'un brun uniforme , à l'exception des deux du milieu qui sont rayées 
transversalement; bec couleur de corne. Chez la femelle il n'y a pas 
de ronge au front; il est remplacé par quelques petites taches noires. 



Celle espèce se Iroiive principalement dans le Nord de l'Europe, de 
l'Asie et de l'Amérique; très abondamment répandue en Russie et en 
Allemagne j assez rare en France et en Suisse. Même nourriture que 
le {)récédeiit; niche dans les trous d'arbres et pond quatre ou six 
œufs blancs. 

PIC ÉPEIGHE. 

F uns major, linn. — gmel. Syst. 1. p. 436. sp. 17. — lath. Ind. v. 1. 
p. 228. sp. 13. — Le Pic varié on Épeiche. buff. Ois. v. 7. p. 57. Ici. pl. 
onl. 196 et 595.— frisch. t. 36.— naum. Fog. t. 27. f. 52 et 53. 

Front blanchâtre; dessus de la tête d'un beau noir; une bande 
transversale rouge sur Focciput; un large espace l)lanc sur les par- 
ties latérales de la tête; un trait noir s'étendant depuis la base de la 
niandibule iurérienre jusqu'à la partie inférieure du cou et sur les 
parties supérieures et latérales de la poitrine où il va en s'élargissant; 
deux larges taches blanches sur le dessus du cou qui est noir ainsi que 
le dos et le croupion; scapulaires blanches ; rémiges noires avec des 
taches irrégulières blanches sur leurs barbes extérieures ; tectrices 
alaires entièrement noires ; gorge, poitrine et ventre d'un blanc pur ; 
bas-ventre et tectrices subcaudales d'un beau rouge ; les trois pen- 
nes externes delà queue, noires, avec des raies transversales noires 
et blanches à leur extrémité , les quatre intermédiaires entièrement 
noires. / 

La femelle n'a point de rouge cramoisi sur Focciput. 
Le pic épeiche , dont le nom tiré de l'allemand , paraît répondre 
à celui de pic varié , dans notre langue , habite les différentes par- 
ties de FEurope; fréquente les bois , les parcs et les vergers. Même 
nourriture que les précédens; d'un caractère excessivement iuquiet 
et défiant ; niche dans les trous naturels des arbres. 
Les œufs, au nombre de quatre à six , sont blancs. 



— 169 — 



PIC LEUCONOTE. 

Picus leuconotus. bescht. naturg. deut. Voj. 2. p. 1034. t. 25. f. 1 et 2. 
— NAUM. Vog. nacht. t. 35. f. 69. 

Front d'un blanc jaunâtre; dessus de la tête d'un rouge vif; par- 
ties supérieures variées de blanc et de noir ; dos et croupion blancs ; 
rémiges largement tachetées de noire et de blanc ; tectrices alaires éga- 
lement coupées par de larges bandes noires et blanches ; une bande 
déliée noire, partant de l'angle du bec, ceint la nuque et descend, 
en s'élargissant , sur les côtés de la poitrine; joues, côtés et devant 
du cou, poitrine et milieu du ventre blancs; flancs roses , avec des 
taches longitudinales noires; bas- ventre et tectrices subcaudales 
d'un rouge cramoisi. 

Chez la femelle , le dessus de la tête est tout noir. 

Le pic leuconote habite dans le nord ; il ne se montre qu'en hiver 
dans les provinces septentrionales de l'Allemagne j on le trouve dans 
les bois de hautes-futaies. 

Même nourriture et même propagation que les précédents . 

PIC MAR. 

Picus médius, linn. — gmel. Sjst, \. p. 436. sp. 18. — \.k.TVL,Ind, v. 1. 
p. 229. sp. 14. Le Pic varié à téte rouge, buff. pl. enl. 611. — naum. 
Vog. nacht. t. 4. f. 7. 

Front cendré ; tout le dessus de la tête d'un beau rouge ; sur ses 
parties latérales, un large espace blanc qui se prolonge jusqu'à la par- 
tie inférieure du cou ; une bande d'un brun grisâtre part de Fangle des 
mandibules et descend sur les parties latérales de la poitrine , après 
être passée au noir profond; dessus du cou, dos et croupion noirs; 
scapulaires blanches ; rémiges , grandes et moyennes tectrices alai- 

Ois. d'Eur. 20'*^'* LiV* 



— 170 — 

ics noires, avec des taches blanches régulières sur leurs barbes ex- 
térieures; petites tectrices alaires entièrement noires; gorge, devant 
du cou et poitrine blanc grisâtre ; flancs rosés avec des taches longi- 
tudinales noires; bas-ventre et tectrices subcaudales roses j les trois 
pennes extérieures de la queue noires, avec des raies transversales 
blanches et noires à leur extrémité ; les quatre du milieu entièrement 
noires. 

La femelle est un peu plus petite, et le rouge du dessus de sa tête 
moins vif ; les plumes de cette partie sont moins allongées. 

Le pic-mar est beaucoup plus répandu dans le midi que dans le 
nord; fréquente la lisière des bois , les parcs et les jardins. Nourri- 
ture et propagation comme chez les précédentes espèces. 

PIC ÉPEIGHETTE. 

Picus minor. liniv. — gmel. Syst. 1. p. 437. sp. 19. — lath. Ind. v. 1. 
p. 229. sp.l5. — Le petit épeiche. buff. Ois. v.7. p 62. et id. pl. enl. 598. 
f. 1 et 2. — FRiscii. f^og. t. 37. — rjAUM. t. 27. f. 64 et 55. 

Front d'un blanc terne ; dessus de la tête rouge ; sur ses parties 
latérales, un large espace blanchâtre qui descend jusque sur le cou; 
une bande noire va de l'angle du bec sur les parties latérales du cou ; 
occiput, nuque, haut du dos, petites tectrices alaires et croupion 
d'un noir profond; des bandes blanches et noires sur le reste du dos» 
sur les rémiges, les moyennes et grandes tectrices alaires ; gorge, de- 
vant du cou, poitrine et ventre d'un blanc sale; taches longitudi- 
nales noires sur les flancs; pennes latérales de la queue terminées de 
blanc et rayées de noir; celles du milieu entièrement noires. 

Le rouge de la tête n'existe pas chez la femelle ; le blanc du plu- 
mage est nuancé de brun et les raies noires sont plus nombreuses. 

Cette petite espèce de pic, qui n'est guère plus grosse qu'un moi- 
neau, se trouve en France, en Angleterre , en Suède, en Allemagne 
et en Suisse ; plus nombreuse dans le nord que dans le midi ; elle fré- 



— 171 — 

quente les bois en montagnes et les grandes forêts de sapins et de 
pins ; s^approclie pendant l'hiver des habitations. 
Nourriture et propagation comme les précédents. 

PIC TRIDACTYLE ou PICOÏDE. 

Plcus tridactylus, linn. — gmel. Syst. 1. p. 439. sp. 21. — lath. Ind. 
V. 1. p. 243. sp. 56. — NATJM. Vog. nacht. t. 41. f. 81. — Picus hirsu- 
tiis. viEiLL. Ois, d'Jm. sept, v. 2. p. 68. pl. 124. 

Front blanc mélangé de noir ; sommet de la tête d'un jaune clair ; 
nuque et joues d'un noir lustré ; une moustache de la même couleur 
se prolonge sur les côtés du cou ; dos largement rayé de blanc et de 
noir; rémiges d'un brun noirâtre, toutes terminées de blanc avec 
plusieurs petites taches transversales et régulières de cette dernière 
couleur; tectrices alaires d'un brun foncé; gorge, devant du cou, 
poitrine et ventre blancs; côtés de la poitrine, flancs et bas-ventre 
rayés de noir et de blanc ; mandibule supérieure brune , l'inférieure 
blanchâtre jusqu'à la pointe. 

Chez la femelle, le sommet de la tête d'un blanc lustré, finement 
rayé de noir. 

Le pic tridactyle n'est que de passage accidentel en France et en 
Allemagne ; il habite les forêts en montagnes du nord de l'Europe, de 
l'Asie et de l'Amérique. 

Nourriture et propagation , comme les précédents. 



- 172^ 



GENRE TORGOL. 

YUNX. (UNN.) 

Ce genre, de la famille des Picidés, de l'ordre des grimpeurs de Cu- 
vier, présente les caractères suivans : bec rectiligne, moins long que 
la tête , effilé vers la pointe; pas d'écliancrures aux mandibules ; la 
langue qui est très longue est lancée au loin par le même méca- 
nisme que celle des pics. Narines basales nues , en partie fermées par 
une membrane ; deux doigts devant soudés à leur origine, deux der- 
rière divisés ; des ongles très recourbés ; première rémige un peu 
moins longue que la deuxième qui est la plus longue. La queue n*a 
rien de la conformation de celle des pics, elle est ordinaire. 

Les torcols ne grimpent pas comme les pics le long des arbres; les 
pennes de leur queue n'ont pas assez de fermeté pour les y soutenir. 
Us se contentent de se cramponner à Técorce entre les fentes de la- 
quelle ils cherchent leur nourriture. Us vont très souvent à terre 
faire la chasse aux fourmis et aux autres insectes. Ces oiseaux ont 
Thabitude de tordre le cou et souvent à un tel degré qu'ils font dé- 
crire à la tête un demi-cercle complet, de manière que le bec vient se 
placer sur le dos tandis que l'occiput regarde en avant. Ce mouvement 
s'exécute avec beaucoup de lenteur et paraît être le résultat de la 
surprise ou de l'effroi. 

TORCOL ORDINAIRE. 

Yunx torquilla liniv*- — gmel. Sjst. 1. p. 423. — latiï. Incl v. 1. p. 223. 
Le Torcol. BUFF. Ois. v. 7. p. 84. t. 3. ici. pl. enl. 698. — frisch. t. 38. 
— NAUM. t. 28. f. 56. 

Dessus de la tête et du cou , dos et croupion d'un gris cendré mé- 
langé de roux ; plumes du dessus de la tête terminées de blanc et 



— 173 — 

rayées de brun et de roux ; depuis l'occiput jusqu'à la partie infé- 
rieure du dos, une large bande formée par des plumes noires à leur 
centre et bordées de roux ; deux autres bandes longitudinales sur les 
côtés du dos, formées par les plumes scapulaires qui sont noires à leur 
centre , bordées de roux et terminées par des yeux de celte dernière 
couleur ; rémiges brunes ; sur leurs barbes extérieures des petits car- 
rés roussâlres disposés comme les cases d'un damier; gorge, devant 
du cou et haut de la poitrine d'un jaune roussâtre avec des petites 
raies transversales brunâtres; le reste.des parties inférieures blan- 
châtres avec des petites taches triangulaires; queue brunâtre , poin- 
tillée de noir et de gris et rayée de zig-zags noirs. 

La femelle a les teintes moins foncées que le mâle ; la bande du mi- 
lieu de la nuque et celle du dos sont moins longues. 

Le torcol , dont le nom vient de l'habitude qu'a cet oiseau de tour- 
ner la tète de côté et en arrière , passait chez les Grecs comme un des 
phyltres puissans propres à inspirer les passions amoureuses. Il est 
répandu dans toute l'Europe, depuis les provinces méridionales jus- 
qu'en Suède et même en Laponie; commun en Grèce et en Italie; 
habite aussi l'Asie et l'Amérique. Cette espèce est peu nombreuse ; 
elle vit et voyage solitairement; arrive chez nous au mois de mai et 
s'en retourne en sept'smbre ; se perche sur les arbres isolés ; vit 
dans les bois et dans les plaines. On la trouve aussi dans les blés et 
surtout dans les avoines. Elle compose sa nourriture de fourmis et 
d'autres insectes qu'elle poursuit presque toujours à terre. Le cri 
du torcol est une espèce de sifflement. Il est presque impossible d'é- 
lever cet oiseau en cage. Vers la fin de l'été sa chair est fort grasse et 
bonne à manger. Il niche dans les trous naturels des arbres. Les œufs 
sont d'un blanc lustré. 



— 174 — 



ORDRE DES ANISODACTYLES. 

Les oiseaux de cet ordre ont un bec plus on moins arqué, souvent 
droit, toujours en alêne, eflilé et grêle ; trois doigts devant et un der- 
rière , l'extérieur soudé à sa base au doigt du milieu , le postérieur 
le plus souvent long , tous pourvus d'ongles assez longs et courbés. Il 
y a une grande analogie d'habitudes et de mœurs entre les oiseaux 
de cet ordre et les zygodactyles. C'est ce dont nous pourrons nous 
convaincre dans l'élude des genres qui vont suivre. 

GENRE SITELLE. 

SITTA. (linn.) 

Ce genre, de la famille des Sittidés et de la section des Tenuiros très , 
a pour caractères : un bec droit , déprimé , terminé par une pointe 
très fine ; arête de la mandibule supérieure droite ; la mandibule in- 
férieure convexe; des narines basâtes arrondies, recouvertes par des 
poils dirigés en avant ; trois doigts devant et un derrière très longs , 
avec un ongle long et courbé, l'extérieur soudé à sa base au doigt du 
milieu^ première rémige très courte , la seconde moins longue que 
la troisième et la quatrième qui sont les plus longues. 

Ces oiseaux marchent avec une facilité extraordinaire etdans tousles 
sens sur le tronc et les grosses branches des arbres. Ils se nourrissent 
d'insectes et de leurs larves ; à défaut d'insectes ils se rejettent sur 
les noix et les noisettes qu'ils ouvrent à coups de bec après les avoir 
fixées dans un sillon. Il y a dans leur manière de vivre quelques rap- 
ports avec celle des mésanges. 



— 175 - 



SITELLE TORCHE-POT. 

Sitta Europea. linn. — gmel. Syst. 1. p. 440. — lath. Ind. v. 1. p. 26. 
sp. 1. — La Sitelle ou Torche-pot. buff. Ois. v. 5. p. 460. t. 20. id. 
pl. enl. 623. f. 1. — frisch. Vog, t. 39. — naum. t. 28. f. 57. 

Une bande noire parlant de la base de la mandibule supérieure se 
prolonge très loin derrière l'œil ; dessus de la tête et du cou , scapulai- 
res, dos et croupion d'un cendré bleuâtre; rémiges primaires brunâtres; 
rémiges secondaires et tectrices alaires cendrées ; gorge, devant du 
cou, poitrine et ventre roussâtres ; flancs et cuisses d'un roux marron ; 
les deux pennes du milieu de la queue cendrées ; les quatre extérieures 
sont noires avec une tache blanche vers le bout et terminées de cen- 
dré; pieds gris; bec d'un cendré bleuâtre. 

La femelle est d'une taille plus petite et ses couleurs sont généra- 
lement moins pures. 

La sitelle (l) habite très avant dans le nord et dans le midi ; 
commune au centre de l'Europe ; elle ne quitte jamais le lieu qui l'a 
vue naître. Se tient dans les bois en futaies, dans les buissons, et 
s approche l'hiver des lieux habités , jusque dans les vergers et 
les jardins. Elle fait son nid dans les trous d'arbres ou de rocher. 
Quand l'ouverture en est trop large, elle la rétrécit avec de la terre 
grasse, et quelquefois avec des excrémens qu'elle gâche et façonne avec 
beaucoup de soin. Ce nid est difficile à découvrir ; et , quand on 
vient a y faire pénétrer la main, on ne rencontre point les petits 
qui sont placés beaucoup plus profondément; si on y enfonce un bâ- 

(i) Le nom de Torche-pol donné à cet oiseau , vient du nom Bourguignon Tor- 
che-poteux , qui signifie , à la lettre, Torche-pertuis et convient assez bien à notre 
oiseau , à cause de l'art avec lequel il enduit et resserre l'ouverture du trou où il 
niche. Ceux qui ne connaissaient pas le patois bourguignon auront fait de ce nom 
celui de Torche-pot, qui peut-être ensuite aura donné lieu de comparer l'ouvrage 
de la Sitelle à celui d'un potier de terre. (Buffon). 



— 17G — 

ton , alors la mère s'agite , cl défend les siens avec courage et non sans 
quelque danger pour l'agresseur , car son bec extrêmement aigu , 
peut faire des blessures assez profondes. 
La sitelle peut vivre en état de captivité. 

Les œufs, au nombre de cinq à sept, sont grisâtres, avec des pe- 
tites taches rouges. 



GENRE 6RIMP£IIEAU. 



CERTHIA. (illig). 

Ce genre, de la famille des Certidés, de la section des Tenuirostres, 
a pour caractères : un bec long ou de moyenne longueur , très fin, plus 
ou moins arqué, triangulaire et comprimé ; des narines basâtes, nues , 
percées horizontalement , à moitié fermées par une membrane voû- 
tée; une langue non extensible; trois doigts devant, l'extérieur sou- 
dé à sa base au doigt du milieu ; un doigt derrière ; des ongles très 
courbés, celui de derrière le plus long ; pennes de la queue à baguet- 
tes raides et piquantes ; première rémige courte , les deuxième et 
troisième étagées , moins longues que la quatrième qui est la plus lon- 
gue. 

Ces oiseaux peuvent , en raison de la structure des pennes de la 
queue, grimper contre les arbres à la manière des pics. Leur nour^ 
riture consiste en petits insectes et en semences. Ils nichent dans les 
trous naturels des arbres. 



— 177 — 



LE GRIMPEREAU. 

Certhia familiaris, linn. — gmel. Syst\. p. 469. sp. 1. — latii. Ind. v. 1. 
28o. — Le Grimpereau. buff. Ois. v. 5. p. 581. t. 21. f. 1, Jd. pl. enl. 
681.— FRiscH. Vog. t. 39. f. 1 et 2— naijm. t. 28. f. 58. 

Une bande blanchâtre derrière les yeux j plumes de la tête , du 
dessus du cou , du dos et des scapulaires bordées de roux et de 
noir, blatîcbâtres à leur centre et à la pointe ; ces couleurs sont dispo- 
sées par traits longitudinaux ; croupion roux ; rémiges d'un brun 
foncé, terminées sur leurs barbes extérieures par une tache d'un blanc 
jaunâtre ; elles sont toutes traversées dans leur milieu et sur les deux 
barbes par une tache roussâtre ; gorge et poitrine d'un blanc pur; 
flancs et bas-ventre d'un blanc roussâtre; pennes de la queue d'un 
cendré roussâtre ; mandibule supérieure brune , l'inférieure jaunâtre ; 
pieds gris. 

La femelle est moins grande. Les taches jaunes roussâtres des ré- 
miges sont ici blanches ; le blanc des parties inférieures est moins 
pur. 

Ce petit oiseau, d'une vivacité extraordinaire, habite les diffé- 
rentes parties de l'Europe. Il est ordinairement sédentaire j vit dans 
les bois, les parcs et les jardins; se nourrit d'insectes; grimpe sur 
les arbres et niche dans leurs trous. 

Les œufs , au nombre de six , sont d'un blanc pur, parsemé de ta- 
ches d'un brun roussâtre. 



Ois d'Eur 



20**' LlV 



— 178 — 



GENRE TIGHODROME. 

TIGHODROMA. (illig. ) 

Ce genre, de la famille des Certidés , de la section des Tenuiros- 
tres, a pour caractères : un bec très long, grêle , cylindrique, un peu 
infléchi à sa pointej des narines basales nues, percées horizontalement, 
à moitié fermées par une membrane voûtée ; trois doigts devant , 
l'extérieur soudé à sa base au doigt du milieu ; un doigt derrière, ar- 
mé d'un ongle très long ; baguettes caudales faibles ; première rémige 
courte ;les deuxième et troisième étagées ; les quatrième , cinquième 
et sixième les plus longues. 

Ce genre ne comprend qu'une seule espèce ; c'est le tichodrdme 
échelette, dont nous allons donner la description. 

TIGHODROME ÉGHELETTE. 

Tichodroma phœnicoptera. temm. Man. Orn. T édit. v. 2. p. 412. — 
Certia mm^aria» gmel. Sjst. 1. p. 473. sp. 2. — lath. Ind. v. 1. p. 294. 
sp. 40. — Le Grimpereau de muraille, buff. Ois, v. 5. p. 487. t. 22. 
id. pl. enl. 372. f. 1. et 2. — levaïll. Ois. de parcid. v. 3. pl. 20. — 
NAUM. Vog. Nachtr. t. 41. f. 32 

Tout le dessus de la tête d'un cendré foncé ; dessus du cou , dos et 
scapulaires d'un cendré clair; croupion d'un cendré foncé ; rémiges 
noires sur leurs barbes intérieures; moitié supérieure de leurs barbes 
extérieures d'un beau rouge , moitié inférieure noire ; deux taches 
blanches arrondies sur les premières rémiges; petites et moyen- 
nes tectrices alaires rouges ; les grandes noires sur leurs barbes in- 
térieures et rouges sur leurs barbes extérieures; gorge et devant du 
cou noirs ; poitrine, ventre et flancs d'un cendré foncé ; pennes de 
la queue noires , terminées de blanc ; bec et pieds noirs. 

Chez la femelle , le cendré de la tète est de la même teinte que ce- 



— 179 — 

lui du dos; gorge et devant du cou d'un blanc très légèrement teint 
de cendré ; le reste est semblable au mâle. 

Le tichodrôme échelette, connu aussi sous le nom de grimpereau 
de muraille , ne paraît que très rarement sur le tronc des arbres ; 
c'est contre les grands rochers coupés à pics qu'il s'accroche de pré- 
férence, 11 ne grimpe pas précisément comme le font les pics sur les 
arbres, mais s'assujétit seulement entre les fentes et les crevasses 
des murailles et des vieilles tours. On a dit que cet oiseau se plaisait 
dans les cimetières et qu'il pondait ses œufs dans des crânes hu- 
mains. Le tichodrôme habite les contrées méridionales ; assez com- 
mun en Suisse, en Espagne et en Italie ; il vit solitaire et s'approche 
seulement des habitations pendant l'hiver; se nourrit d'insectes, d'a- 
raignées et de leurs œufs ; niche dans les fentes des rochers et des 
masures. 



HUPPA. (Lim,) 



Ce genre , de la famille des Hupupidés et de la section des Tenui- 
rostres , offre les caractères suivans : un bec très long , grêle , com- 
primé, triangulaire et faiblement arqué ; narines basâtes ovoïdes, 
ouvertes, surmontées par les plumes du front; trois doigts devant , 
l'extérieur soudé à celui du milieu jusqu'à la première articulation ; 
ongles courts et peu courbés, celui de derrière presque droit ; pre- 
mière rémige de moyenne longueur, les deuxième et troisième moins 
longues que la quatrième et la cinquième qui sont les plus longues. 

Ces oiseaux se tiennent rarement perchés sur les arbres ; ils cou- 
rent avec facilite à la surface des terrains ; se nourrissent d'insectes 



— 180 — 

terrestres qu'ils vont le plus souvent déterrer dans les prairies et au- 
tres lieux humides et boueux ; leur long bec devient dans cette cir- 
constance un instrument très commode. On le voit aussi se suspen- 
dre quelquefois aux branches d'arbres pour saisir les petits insectes 
qui s'attachent au-dessous des feuilles. ïls nichent dans les fentes des 
rochers, des masures , et dans les trous naturels des arbres. 

LA HUPPE. 

Upupa epops. linn — gmel. Srst. 1. p. 466. — latiï. Ind. v. 1. p. 227. 
La Huppe, buff. Ois. y. 6. p. 439. t. 21. id. pl. em. 52. — levaill. 
Ois. de parad. et promer. v. 3 pl. 22. — frisch. Vog. t. 43. — naum. 
t. 38. f. 85. 

Téte surmontée de deux rangées de longues plumes droites repré- 
sentant une huppe; (*) ces plumes sont rousses, terminées de noir et de 
blanc; tête et cou d'un roussâtre clair, tirant sur le café au lait; haut 
du dos d'un gris roussâtre ; le reste des plumes du dos et les scapulai- 
res, noires, terminées par une large bande d'un blanc roussâtre; ré- 
miges primaires noires, avec une large tache blanche ; les secondaires 
également noires, traversées par trois bandes blanches ; les deux der- 
nières rémiges secondaires noires , avec de larges bordures rousses 
et une bande longitudinale de cette dernière couleur à leur centre ; 
gorge blanchâtre ; devant du cou , poitrine et ventre café au lait; le 
reste des parties inférieures d'un blanc pur, avec de longues taches 
noires ; queue noire , traversée par une bande blanche ; bec couleur 
de cliair à sa base et noir vers la pointe ; pieds bruns. 

La femelle est d'une taille moins grande ; sa huppe est moins lon- 
gue et la teinte du plumage moins pure. 

Cet oiseau est répandu dans presque tout l'ancien continent, depuis 
la Suède et môme depuis la Lapoiiie jusqu'au cap de Bonne-Espérance 
et aux îles de Ceylan et de Java ; il est de passage dans toute Europe 
et quitte nos contrées de France pendant l'hiver. En Egypte, on voit 
arriver les huppes par troirpes nombreuses, â l'époque où les eaux 

(*) D'où lui est venu son nom. 



— 181 — 

du Nil commencent à se retirer. Elles savent très bien que ces terres 
limoneuses, abandonnées par le fleuve puis réchauffées par les rayons 
d'un soleil brûlant, vont leur fournir une riche moisson d'insectes de 
toute espèce. Ces oiseaux sont , on peut le dire , essentiellement in- 
sectivores. Ceux qui vivent dans les environs des grandes villes se 
trouvent souvent forcés d'aller chercher leur nourriture dans les im- 
mondices de tout genre et jusque dans les excrémens des hommes et 
des animaux : d'un autre côté , comme il est impossible de toucher 
aux petits d'une huppe sans se salir les doigts, attendu la profondeur 
de leur nid Ç^) qui les empêche de jeter leur fiente en dehors ; c'est 
sans doute le concours de ces deux circonstances qui a donné lieu au 
proverbe, sale comme une huppe, proverbe qui pourrait tout au plus 
s'appliquer aux huppes de cité, car le plumage de ces oiseaux, et sur- 
tout la manière de vivre de celles qui habitent loin des hommes, n'in- 
diquent pas qu'elles se plaisent dans la malpropreté. Leur chair, du 
reste, sent très fort le musc. Il n'est pas vrai, comme on l'a dit, 
qu'elles crépissent leur nid avec de la fiente de loup , de renard , de 
cheval , en un mot , de toutes sortes d'animaux , sans même excepter 
l'homme. La sitelle seule mérite ce reproche. La huppe jouissait au- 
trefois d'une très grande réputation ; on lui reconnaissait le pouvoir 
de rompre tous les charmes ; elle indiquait les herbes qui rendent la 
vue aux aveugles, celles qui ouvrent les portes les mieux barricadées. 
Son cœur, son foie ou sa cervelle appliqués sur différentes parties du 
corps, enrichissaient du don de prophétie, guérissaient la migraine, 
ramenaient la mémoire , procuraient le sommeil et vous envoyaient 
des songes pleins de bonheur ou d'effroi. Dans un temps , elle pas- 
sait en Angleterre pour un oiseau de mauvais augure ; et , de nos 
jours encore , son apparition parmi les Suédois , fait craindre une 
guerre prochaine. La huppe ne fait point, a proprement parler, de 
véritable nid ; elle dépose sans aucune préparation , dans les trous 
d'arbes et de rochers , quatre ou cinq œufs d'un gris blanchâtre , 
nuancés de gris foncé. Elle est assez facile à apprivoiser. 

(*) Celui-ci a quelquefois seize à dix-huit pouces de profondeur. 



— 182 — 



ORDRE DES ALGIONS. 

Bec médiocre ou long , pointu , presque quadrangulaire , faiblement 
arqué ou droit ; tarses très courts ; trois doigts devant réunis ; un 
seul doigt derrière. 

Les oiseaux de cet ordre sont doués d'un vol très puissant. La con- 
formation des doigts ne leur permet ni de marcher ni de grimper. 
Ils placent leur nid dans des trous pratiqués en terre sur le bord des 
rivières. 

GENEE GUEPIER. 

MEROPS. (linn.) 

Ce genre, de la famille des Méropidés et de la section des Syndacty- 
les de Cuvier offre les caractères suivans : Bec grêle , allongé , trian- 
gulaire à sa base , un peu arqué et terminé en pointe ; point d'échan- 
crure; narines basâtes ovoïdes, ouvertes, cachées par des poils dirigés 
en avant ; tarses courts ; trois, doigts devant; l'extérieur soudé jusqu'à 
la seconde articulation ; un seul doigt derrière , large à sa base ; pre- 
mière rémige presque nulle, la seconde la plus longue. 

Les guêpiers ont un vol extrêmement rapide. On les voit en troupes, 
voguant sans cesse au milieu des plaines de l'air et recherchant par- 
dessus tout certains insectes que les autres oiseaux savent éviter 
avec le plus grand soin , tels que les frelons , les abeilles et les guê- 
pes. Leur peau , dont le tissu est très ferme , les préserve naturel- 
lement de la piqûre de ces petits animaux. Souvent aussi ils rasent 
la surface des eaux pour y faire la guerre aux insectes de tout genre. 
Leur peau répand, dit-on, une odeur fort agréable. Les services que 
rendent ces^ oiseaux , en détruisant une grande quantité d'insectes . 
les ont fait révérer dans certains pays. 



GUÊPIER VULGAIRE. 



Merops apiaster. lïniv. — gmel. Sjst, 1. p. 460. — lath. Ind. v. 1. p. 269. 

— Le Guêpier, buff. Ois. 6. v. 6. p. 480. t. 23. id. pl. enl. 938. — le- 
VAiLL. Ois. de parad. et promer. v. 3. pl. 1 et 2. — frisch. Fog. t. 221 . 

— NAUM. T^og. nachlr.X. 27. f. 56. 

Front cVun blanc nuancé de verdâtre; yeux surmontés d'un sour- 
cil verdâtre ; une bande noire s'étend depuis la base du bec jusqu'au 
conduit auditif, en passant par les yeux ; dessus de la tête , du cou 
et haut du dos d'un beau brun-marron ; le reste du dos , scapulaires 
et croupion d'un roux jaunâtre ; rémiges d'un vert foncé sur leurs 
barbes extérieures, avec des reflets bleuâtres , toutes terminées de 
noir; grandes tectrices alaires et plusieurs des rémiges secondaires 
d'un roux foncé ; petites tectrices vertes; gorge d'un joli jaune ; un 
demi-collier noir; poitrine et ventre d'un vert bleuâtre ; queue d'un 
vert olivâtre ; les deux pennes du milieu excèdent les deux autres 
d'un pouce. 

Chez la femelle , les couleurs sont généralement plus ternes ; les 
yeux sont surmontés d'une bande rousse ; point de demi-collier noir; 
toutes les pennes de la queue d'égale longueur. 

Le nom de guêpier, d'apiaster ( du latin a'pis, abeille ) a été donné 
à l'oiseau qui nous occupe, pour désigner sa nourriture favorite. 
Le guêpier vulgaire est commun en Italie, en Espagne, en Sicile, 
dans l'Archipel et en Turquie ; assez rare en Suisse et en France , et 
beaucoup plus encore dans les parties méridionales de l'Allemagne ; 
il est très répandu dans l'île de Candie , où les enfans le prennent 
à la ligne, en se servant d'une cigale vivante comme d'appât. A 
peine l'insecte a-t-il développé ses ailes , que l'oiseau fond dessus 
et l'avale avec l'hameçon» Le guêpier se sert de son bec et de ses 
pieds, très robustes , pour creuser le long des rivages des trous de 
cinq à six pieds de profondeur, dans lesquels il dépose sept œufs 
d'un blanc pur. Ces oiseaux sont déiians et se laissent difficilemeut 
approcher. 



GENRE MARTIN-PÊGHÊDR. 



ALCEDO. (linn). 

Ce genre , de la famille des Alcédidés et de la section des Syndac- 
tyles de Cuvier, offre les caractères suivans : 

Bec long , droit, quadrangulaire , solide, gros à sa base, comprimé 
et terminé en pointe ; narines placées de chaque côté du bec et près 
de sa base, percées obliquement et presque entièrement fermées 
par une membrane nue ; pieds fort courts et placés très en arrière 
du corps ; trois doigts devant et un derrière, l'externe soudé au doigt 
du milieu jusqu'à la seconde articulation , et celui-ci avec l'interne 
jusqu'à la première articulation ; première et deuxième rémiges 
moins longues que la troisième qui est la plus longue. 

Ces oiseaux , d'un caractère défiant et farouche , font leur nid 
sur le bord de eaux et se nourrissent de petits poissons et de plu- 
sieurs insectes aquatiques , de vers et de limaçons ; leur vol est 
très prompt , mais ils ne peuvent ni marcher ni grimper. 

MARTIN-PÊCHEUR ALCYON. 

Alcedo ispida. linn. — gmel. Sjst. p. 488. sp. 3. — lath. Ind. v. 1, 
p. 252. sp. 20. — Le Martin-Pêcheur, buff. Ois. v. 7. p. 164. t. 9. — 
FRISCH. t. 223. — NAtJM. t. 72. f. 113. 

Dessus de la tête et du cou , dos , petites et moyennes tectrices 
alaires d'un vert bleuâtre, avec de petites taches d'un bleu d'azur 
sur sa tète , le cou , les petites et moyennes couvertures des ailes ; 
rémiges noirâtres sur leurs barbes intérieures et bleues sur les ex- 
térieures; une bande verticale d'un bleu d'azur sur le milieu du dos ; 
au-dessous des yeux , une bande horizontale d'un roux foncé , suivie 



— 185 — 

d'un espace blanc ; au-dessus de cette môme bande horizontale , à 
partir de la base de la mandibule inférieure et sur les parties laté- 
rales du cou, existe une longue et large moustache d'un bleu verdâ- 
tre ; gorge et devant du cou blancs ; poitrine , flancs , ventre et tec- 
trices subcaudales couleur rouille ; rectrices d'un bleu foncé ; cou- 
vertures supérieures de la queue d'un bleu d'azur magnifique ; 
bec rouge à sa base et brun dans le reste de son étendue ; pieds 
rouges. 

Chez la femelle , les teintes sont plus foncées et la couleur azurée 
se nuance en vert. 

Les mœurs des martins-pêcheurs sont assez remarquables : doués 
d'une patience infatigable , ces oiseaux restent perchés sur une 
des branches flexibles qui bordent le rivage , et là , l'œil fixe et le 
corps immobile, attendent souvent des heures entières , jusqu'à 
ce qu'ils aient aperçu un petit poisson nageant près de la surface 
de l'onde. A peine s'est-il montré, qu'ils se laissent tomber d'aplomb 
et arrivent avec la rapidité d'une flèche sur le pauvre poisson que 
rien ne peut avertir, dans cette circonstance , du danger qui le me- 
nace. L'oiseau ressort de l'eau quelques instans après et avale aus- 
sitôt la proie qu'il tient à son bec. Si celle-ci est trop grosse pour être 
engloutie d'un seul coup, il la dépose sur une pierre et , au moyen 
de son bec vigoureux , la réduit en fragmens d'une plus facile diges- 
tion. Quand les martins-pécheurs ne trouvent pas de petites bran- 
ches suspendues au-dessus de l'eau pour se mettre en embuscade , 
ils choisissent la pointe d'un rocher, une pierre ou bien une motte 
de terre placée près du rivage. Souvent aussi on les voit plonger, 
tout en explorant, dans leur vol rapide, la surface des rivières. Ils 
nichent au bord de celles-ci dans des trous creusés par les rats et 
les écrevisses. Les anciens , qui n'avaient pu parvenir à découvrir 
ces nids, prétendaient qu'ils étaient fiottans sur la mer. Aldrovande 
dit que ces oiseaux font sécher les branches sur lesquelles ils se 
perchent. Cette opinion vient sans doute de ce qu'ils se posent de 
préférence sur des branches desséchées. 

Ois. d'Eur. 20**'*'*^. Liv. 



— 186 — 

L'alcyon est le plus }3el oiseau que nous possédions en Europe, 
il n'en est aucun dont le plumage offre des reflets aussi éclalans. 
Celle espèce, peu nombreuse, habite une grande partie de l'Europe; 
plus abondant dans le midi que dans le nord j assez rare en France , 
où il est très difficile à approcher. Il ne peut être élevé en cage , 
son caractère est trop inquiet et trop sauvage. 

Les œufs , au nombre de six à huit, sont d'un blanc lustré. 



ORDRE DES CHÉLIDONS. 

Bec^très court , très déprimé , très large à sa base ; mandibule su- 
périeure courbée à sa pointe ; pieds courts , trois doigts devant , en- 
tièrement divisés ou unis à la base par une courte membrane ; doigt 
de derrière souvent réversible ; ongles très crochus ; ailes longues. 

Le vol de ces oiseaux est excessivement rapide. Ils jouissent 
d'une vue très perçante ; quelques-uns ont sans cesse leur large bec 
entr'ouvert afin d'engloutir les insectes qui voltigent autour d'eux; 
ils sont exclusivement insectivores, et c'est toujours en volant qu'ils 
font la chasse aux insectes. 

GENRE HIRONDELLE. 

HIRUNDO. (LiNN.) 

Ce genre, de la famille des Hirundidés et de la section des Fissi- 
rostres , offre les caractères suivans : 
Bec court , triangulaire , large à sa base , déprimé , fendu jusque 



- 187 — 

près des yeux ; mandibule supérieure un peu crochue à sa pointe; 
narines basales, oblongues , en partie fermées par une membrane 
surmontée par les plumes du front ; tarses courts , à doigts et ongles 
faibles ; trois doigts devant, l'extérieur uni jusqu'à la première arti- 
culation au doigt du milieu ; un doigt derrière ; ailes longues ; la 
première rémige la plus longue. 

Les mœurs des hirondelles ont toujours excité au plus haut degré 
l'intérêt et la curiosité de celui qui se livre à Tétude de la nature. 
Ces oiseaux, sont, on peut le dire, de véritables habitans des airs; 
c'est dans l'air qu'ils prennent leur nourriture ; c'est dans Tair qu'ils 
boivent en rasant la surface des eaux, et le jjlus souvent c'est encore 
en volant qu'ils donnent à manger à leurs petits. Leur vie est toute 
de mouvement et d'agilité. Suivez de l'œil un instant l'hirondelle à 
travers son domaine aérien, vous la verrez d un vol puissant et hardi 
le parcourir dans tous les sens, y décrire mille sinuosités diverses : 
les ailes entièrement développées et en apparence immobiles, elle 
glisse d'abord dans l'espace , rapide comme la pyrogue qui fend les 
vagues, puis tout-à-coup c'est le vaisseau battu par la tempête; les 
coups d'ailes deviennent brusques et nombreux ; vingt fois en une 
seconde , elle dévie de la ligne qu'elle semblait vouloir parcourir; se 
porte subitement à droite et à gauche, tombe perpendiculairement, 
puis se relève de même ; son vol enfin n'est plus qu'un dédale de 
crochets et de courbes géométriques, que Tœil peut à peine saisir et 
dont la plume ne saura jamais tracer le trop mobile tableau. Les 
hirondelles fréquentent de préférence les lieux humides où les in- 
sectes prennent naissance. Nous les voyons chaque jour au sein de 
Paris , explorer par troupes nombreuses la surface de la Seine. Le be- 
soin de voler est chez elles si impérieux, qu'elles préfèrent souvent 
détacher d'abord l'insecte qu'elles aperçoivent accroché contre la mu- 
raille , pour pouvoir ensuite le poursuivre au milieu des airs ; leur 
dextérité à le saisir volant est en effet des plus merveilleuses. Elles 
ne chassent point, comme nous le verrons chez l'engoulevent, le bec 
tout grand ouvert; seulement quand elles sont sur le point de saisir 



— 188 — 

leur proie, les deux mandibules s'écartent avec beaucoup de rapi- 
dité et se rerermcnt aussitôt en produisant une sorte de claquement; 
on pourrait dire, sans trop forcer la comparaison , qu'elles happent 
à la manière du chien. Elles ne se posent presque jamais à terre d'où 
elles ne peuvent s'élever que très difficilement , tant elles sont gê- 
nées par la longueur de leurs ailes et la brièveté de leurs tarses. 

Le nid des hirondelles est bâti avec tout l'art du maçon. La femelle 
remplit ordinairement le rôle d'architecte constructeur, tandis que 
le mâle se charge d'apporter des matériaux. Les fondemens de ce nid 
se composent de boue délayée dans de l'eau. On trouve dans l'in- 
térieur de ces masses de boue , différentes matières destinées à soli- 
diGcr le nid et à empêcher la formation de crevasses dans ses pa- 
rois. Les hirondelles pétrissent donc avec la terre , des plumes ou 
des brins de paille, mais principalement des plumes, comme étant 
plus propres à opérer une liaison entre les différentes parties cons- 
tituantes du nid; aussi remarque-t-on qu'à l'époque de leur ponte, 
elles s'emparent avec beaucoup d'empressement des petites plumes 
qui voltigent dans l'air. On a môme profité de cette circonstance 
pour les prendre à la ligne , en faisant flotter des plumes attachées à 
l'extrémité d'un fil qui forme le nœud coulant. Ces oiseaux ont la 
plus grande tendresse pour leur progéniture. Dans les premiers 
temps, l'hirondelle donne la becquée à ses petits ; elle leur compose 
une sorte de pâtée avec des insectes bien pétris. Plus tard, quand 
ils commencent à voler, on les voit s'élancer hors du nid, à un petit 
cri que pousse leur mère; et, pendant qu'ils décrivent un cercle , 
celle-ci leur décharge la nourriture dans le bec. On a compté dans 
une journée , jusqu'à deux cents voyages d'une hirondelle à son nid, 
et Ton a observé qu'à chaque voyage elle était porteuse de six insectes. 

L'instinct des hirondelles est très développé et tout-à-fait digne de 
remarque. Elles vivent, comme l'on sait, par troupes nombreuses; 
quand une d'elles a besoin de secours, non seulement celles de sa 
bande, mais encore les bandes voisines s'empressent d'accourir. Voici 
un fait très aullicnlique dont MM. Geoffroy-St-Hilaire et Dupont de 



— 189 — 

Nemours ont été les témoins oculaires : une hirondelle se trouvait prise 
par la patte, sur une des cheminées de l'Institut, près du pont des 
Arts, où ces oiseaux sont fort nombreux; aux premiers cris d'alarme 
poussés par notre prisonnière', toutes ses amies du voisinage ne tardè- 
rent pas à paraître; puis à leur tour celles-ci se mettant à demander du 
secours par leurs cris répétés , l'on vit bientôt arriver de toute part 
des troupes innombrables d'hirondelles, dont plusieurs sortaient du 
jardin des Tuileries. Toutes se mirent aussitôt à l'œuvre, et à force 
de coups de bec , parvinrent à couper le fil qui retenait leur compa- 
gne captive. 

Il arrive souvent que des moineaux , paresseux de leur naturel , 
trouvent tout simple de déposer leurs œufs dans les nids de ces labo- 
rieuses habitantes des airs. On remarque alors que les propriétaires 
du nid et plusieurs de leurs bandes se réunissent pour livrer un as- 
saut à l'usurpateur. Quelquefois, celui-ci soutient un siège de plu- 
sieurs heures et souvent aussi reste maître de la forteresse ; câr il lui 
suffît de mettre la tète dehors pour repousser avec son bec vigou- 
reux , les efforts de ses nombreux ennemis. On raconte à ce sujet, 
qu'une hirondelle n'ayant pu parvenir à débusquer un moineau qui 
occupait son nid, alla chercher de la terre délayée, et lui jeta sur la 
tête; plusieurs des siennes imitèrent bientôt son exemple et firent si 
bien , qu'elles claquemurèrent le pauvre oiseau , qui mourut asphyxié. 
Je donne ce fait pour ce qu'il vaut, sans chercher à le discuter. 

Il y a tant de prestesse dans les mouvemens de l'hirondelle, qu'elle 
n'a guère à redouter les serres de l'oiseau de proie. Elle frappe sur 
celui-ci avec son tout petit bec , tant de coups répétés , lui arrache 
tant de plumes et avec tant d'agilité , que l'oiseau est bientôt obligé 
de s'éloigner. Les hirondelles ne passent pas l'année entière dans la 
môme contrée. On les voit à rapproche des froids , se rassembler en 
troupes nombreuses , (sans doute au moyen d'un signal de convention 
qu'il ne nous est pas permis de connaître) puis prendre tout-à-coup 
leur vol pour des contrées situées au-delà des mers. L'année suivante, 
et quelquefois au bout de plusieurs années , elles reviennent encore 



— 190 — 

à leur premier gite. Ce fait a été constaté par une expérience facile à 
répéter ; il suffit d'attacher un ruban iila patte de l'oiseau , qui le rap- 
porte au printemps suivant. On a remarqué qu'elles n'y revenaient 
plus après cinq ou six ans d'absence , parce qu'à cette époque les 
nids sont remplis de punaises et autres insectes. Dans quelques pays, 
on a la plus grande vénération pour les hirondelles; à Thèbes, on cé- 
lébrait leur arrivée et l'on quittait les habits d'hiver pour les rempla- 
cer par ceux d'été. 

Il ne nous est pas permis de passer sous silence le phénomène de 
l'hibernation que quelques auteurs pensent exister chez les hiron- 
delles. Olaus Magnus, évôque d'Upsal, a dit que dans les pays sep- 
tentrionaux, les pêcheurs amenaient souvent dans leurs filets des hi- 
rondelles accrochées les unes aux autres et pelotonnées entre elles; 
qu'elles semblaient engourdies et qu'il suffisait de les réchauffer pour 
les voir sortir de leur état de torpeur. Aujourd'hui , il faut ajouter 
que, si dans le mois de décembre ou de janvier, quelques rayons 
de soleil viennent à darder par hasard sur la terre, on voit tout- 
à-coup plusieurs hirondelles voltiger çà et là. Or, il n'est pas pro- 
bable que ces oiseaux aient mis si peu de temps à revenir du Séné- 
gal. Il y aurait donc une espèce d'hirondelle qui resterait l'hiver 
parmi nous, et se trouverait dans le même cas que la marmotte ; c'est- 
à-dire dans une sorte d'engourdissement et de sommeil hibernal , 
pliénomène bien difficile à comprendre , il faut en convenir , quand 
on réfléchit à l'activité prodigieuse que nous avons remarquée chez 
ces oiseaux. Les expériences de Spalanzani tendraient pourtant à 
établir ce fait, et Cuvier lui-même n'hésitait pas à partager cette 
manière de voir. Quant à nous, s'il nous est permis, après une autorité 
aussi imposante que celle du savant que nous venons de nommer, d'é- 
mettre tiuïidement notre opinion, nous dirons que les faits apportés à 
l'appui de l'hibernation des hirondelles ne nous paraissent ni assez 
nombreux ni assez bien observés, et que de plus, ils sont trop en 
opposition avec les lois de la physiologie, pour que nous n'élevions 
pas au moins un doute immense sur leur authenticité. 



— 191 — 
HIRONDELLE DE CHEMINÉE. 



Hirundo rustica. linn. — gmel. Syst. 1. p. 1015. — lath. Ind. v. 2. 
p. 572. — Hirondelle de cheminée ou domestique . btiff. Ois. v. G. 
p. 519. t. 25. f. 1. — NAUM. t. 42. f. 96 et 97. 

Front d'un brun marron; le dessus de la tête et du cou, scapulai- 
res , tectrices alaires , dos et croupion noirs , aA^ec des reflets violets ; 
ailes d'un noir mat ; gorge d'un brun marron ; côtés du cou et poi • 
trine noirs, avec des reflets violets ; ventre, flancs et bas-ventre d'un 
blanc légèrement roussâtre; queue noire; toutes les pennes, à l'ex- 
ception des deux du milieu , sont marquées d'une tache blanche sur 
leurs barbes intérieures ; la première penne extérieure de chaque 
côté dépasse de beaucoup les autres. 

Chez la femelle, le roux du front est moins étendu ; la bande noire 
de la poitrine est moins large ; les parties inférieures plus blanches , 
et les pennes extérieures de la queue plus courtes. 

L'hirondelle de cheminée est répandue dans toute l'Europe. Elle 
recherche surtout la société de l'homme; c'est la première qui pa- 
raisse dans nos climats ; elle arrive vers le mois d'avril , et nous quitte 
dans le mois d'octobre; émigré régulièrement, mais ne va pas au- 
delà du Tropique; se pose sur les toits , les barres de fer, mais ra- 
rement à terre. Cette espèce place son nid dans les tuyaux de che- 
minée, jusque dans les granges et les chambres. Elle en reconstruit 
tous les ans un nouveau au-dessus de l'ancien. A Nantes, en 1830, 
une hirondelle avait fait son nid dans un tuyau de poêle qui servait 
de girouette , et qui , par conséquent, tournait à tous les vents. L'oi- 
seau ne s'en trouva pas plus mal, puisqu'il revint en 1831. On a pré- 
tendu que lorsque les petits de l'hirondelle de cheminée ont les yeux 
crevés, la mère les guérit et même leur rend la vue avec une herbe 
qu'on a appelée pour cela chélidoine, dont l'éthymologie signifie 
herbe aux hirondelles. Le chant de cette espèce consiste en un ga- 
zouillement qui n'a rien de désagréable et qui , dans certaines cir- 



— 192 — 

constances, prend des inflexions qui annoncent chez Toiseau les sen- 
timens dont il est agité. 
La femelle fait deux pontes. 

Les œufs, au nombre de quatre à six, sont blancs , marqués de pe- 
tites taches brunes et violettes. 

HIRONDELLE DE FENÊTRE. 

Hirundo urhica. linn. — gmel. Sjst. 1. p. 1017. sp. 3. — la.th. Ind. 
v. 2. p. 573. sp. 3. — Hirondelle à cul-blanc ou de fenêtre, buff. 
Ois. V. 6. p, 614. t. 25. f. 2. id. pl. enl. 542. f. 2. — frisch. t. 17. f. 2. 
— NAUM. t. 43. f. 98. 

Dessus de la tête et du cou , dos et scapulaires d'un noir à reflets 
violets ; ailes d*un noir mat ; croupion blanc ; gorge , poitrine , ventre 
et tectrices subcaudales d'un blanc pur ; queue et tectrices caudales 
supérieures de la même couleur que les ailes ; pattes et doigts cou- 
verts de plumes blanches ; bec noir. 

La femelle a pour toute différence , le blanc de la gorge un peu 
sale. 

Cette espèce , d'un caractère un peu plus sauvage que l'hirondelle 
de cheminée , habite les mêmes pays qu'elle, et comme elle aussi n'é- 
migre point au-delà du Tropique. Elle place son nid à l'extérieur des 
maisons , dans l'encognure des fenêtres , sur les corniches et , quand 
elle le peut, au haut des rocs escarpés. Elle se sert plusieurs années 
de suite du même nid. On dit qu'un cordonnier de Baie, ayant mis à 
une hirondelle de fenêtre un collier sur lequel était écrit : 

Hirondelle 
qui est si belle, 
dis-moi, l'hiver où vas-tu? 
reçut, le printemps suivant et par le même courrier, cette réponse à 
sa demande: 

A Athènes, 
chez Antoine, 
pourquoi t'en informes-tu? 



— 193 — 

L'hirondelle de fenêtre arrive chez nous à peu près à la même épo- 
que que l'espèce précédente. L'une et l'autre se laissent assez facile- 
ment apprivoiser. 

Les œufs , au nombre de six , sont d'un blanc pur. 

HIRONDELLE DE RIVAGE. 

Hirunclo riparia. liimn. — gmel. Syst. 1. p. 1019. sp. 4. — lath. Ind. v. 2. 
p. 575. sp. 10. — L'Hirondelle de rivage, buff. Ois. v. 6. p. 632. Id. pl. 
€nl. 543. f. 2.— FRïScn. t. 18. f. 2.— naum. t. 42. f. 100. 

Dessus de la tête , joues , dos , scapulaires et croupion d'un cendré 
brun ; ailes d'un brun noirâtre ; un plastron de cette dernière couleur 
traverse la poitrine; gorge, poitrine, ventre et tectrices subcauda- 
Jes d'un blanc pur ; queue fourchue; tarses et doigts nus, garnis seu- 
lement de quatre ou six petites plumes à l'insertion du doigt posté- 
rieur. 

La femelle ressemble en tout au mâle , seulement les couleurs de 
son plumage sont plus ternes. 

L'hirondelle de rivage, la plus petite de nos hirondelles d'Europe, 
a des mœurs un peu différentes de celles des deux espèces précéden- 
tes. Tandis que celles-ci construisent leur nid avec beaucoup d'art , 
l'hirondelle de rivage se contente de placer ses œufs dans les trous 
pratiqués sur le bord des eaux, et de préférence, dans les falaises 
escarpées ; elle les creuse tantôt elle-même, ou bien profite de ceux 
tout faits des guêpiers et des martins-pêcheurs. Quelquefois aussi elle 
niche dans des trous d'arbres ou de rochers. 

Cette espèce, d'un caractère assez sauvage, se nourrit d'insec- 
tes qui voltigent au-dessus des eaux , et ne se porche jamais. On la 
rencontre dans toute l'Europe ; assez commune en France, en Es- 
pagne et en Italie. Elle va souvent de compagnie avec l'hirondelle de 
fenêtre. 

La femelle ne fait qu'une seule ponte. 

Les œufs , au nombre de cinq à six , sont d'un blanc pur. 

Ois. d Eur. 20**"** Liv. 



— 194 — 



HIRONDELLE DE ROCHER. 

Hiriindo nipestris. linn. — gmei. '. Syst. 1. p. 1019. sp.[20. — lato. Ind. 
V. 2 p. 576. sp. 11. — L' Hirondelle grise des rochers, buff. Ois. y. 6. 
p. 641. 

Dessus de la tête et du cou , ailes , dos et croupion d'un brun clair ; 
les rémiges d*un brun un peu plus foncé ; gorge , devant du cou , 
poitrine et ventre d'un blanc sale , avec une légère teinte roussâtre 
sur les flancs et le bas- ventre; pennes de la queue presque égales; à 
Texception des deux du milieu , toutes les autres ont à leur extrémité 
une grande tache ovale d'un blanc pur ; tarses garnis d'un duvet gri- 
sâtre. 

La femelle ressemble au mâle. 

Cette espèce, également répandue dans toute l'Europe, se mêle 
souvent aux hirondelles de fenêtre. Elle ne niche jamais ailleurs que 
dans les rochers. Quand elle descend dans la plaine, c'est pour y sui- 
vre les insectes que les variations de l'atmosphère forcent à aban- 
donner la montagne ; aussi son apparition annonce-t-elle la pluie un 
jour ou deux d'avance. L'hirondelle de rocher se trouve sur les ro- 
chers escarpés des contrées méridionales de l'Europe ; très commune 
le long des bords de la Méditerranée, en Savoie et dans le Piémont ; 
de passage dans quelques dépariemens méridionaux de la France. 

P'>nd dix œufs blancs , tachetés. 



— 195 — 



GENRE MARTINET. 

CYPSELUS. 

Ce genre , de la famille des Hirundidés et de la section des Fissi- 
rostres, offre les caractères suivans : 

Bec très petit, triangulaire , large à sa base , se contournant supé- 
rieurement , très fendu ; mandibule supérieure crocbue à la pointe ; 
narines percées dans de petites fossettes à la base du bec , allongées 
plus ou moins, semblables à une fente ; les trois doigts de devant d'é- 
gale grandeur; le pouce dirigé en dehors et latéralement, et plut ôt 
en avant qu'en arrière; tarses excessivement courts et recouverts de 
quelques plumes à la partie antérieure ; ailes extraordinairement dé- 
veloppées, dépassant la queue qui elle-même est très longue. 

Toutes les conditions d'un vol plein de vigueur et de rapidité se 
trouvent réunies pour faire de ces oiseaux d'excellents voiliers. Ce 
sont bien toujours les mêmes conditions , mais plus exagérées que 
celles que nous avons analysées dans le genre précédent. Les marti- 
nets , dont les mœurs sont un peu différentes de celles de leurs sœurs 
les hirondelles , ont en effet la plus grande ressemblance avec ces 
dernières, sous le rapport de l'organisation physique ; mais ils volent 
peut-être encore mieux qu'elles, plus haut et plus long-temps. Ja- 
mais on ne les voit se poser à terre , par les mêmes raisons que l'hi- 
rondelle ; ils ont besoin , pour prendre leur vol , de s'exhausser en 
grimpant sur une pierre ou sur une motte de terre. Ces oiseaux sont 
d'un caractère sauvage et craintif ; ils vivent en bonne intelli- 
gence avec ceux de leur espèce , mais ne se mêlent jamais aux com- 
})agnies d'hirondelles. Leur ramage consiste en une espèce de siffle- 
ment aigu. Comme ils supportent difficilement la chaleur, ils res- 
tent une partie du jour dans leur nid et sous les tuiles d'un toit. Les 
martinets de nos pays sont de tous les oiseaux de passage , ceux qui 
arrivent les derniers et partent les premiers. Leur nourriture consiste 
en insectes ailés qui.habitent les régions élevées de l'air. 



MARTINET A VENTRE BLANC. 



Cfpseius alpinus. temm. — Man. orn. 2* édit. v. 1 p. 433. — Hiruudo 
melpa. — gmel. Syst. 1. p. 1013. sp. 11. — lath. Intl. v. 2. p. 582. 
sp. 11. — Grand Martinet à ventre blanc, buff. Ois, v. 6. p. 660. 

Tête, scapulaires , ailes, croupion et queue d'un gris brun ; une 
huge bande de cette couleur sur la poitrine; gorge, devant du cou , 
poitrine et ventre d'un blanc pur; flancs et lectrices subcaudales de 
la même couleur que les parties supérieures; quelques bordures 
blanches sur les flancs , suivant Tâge ; pieds couverts de plumes bru- 
nes; queue échancrée. 

Chez la femelle , la bande de la poitrine est moins large ; les cou- 
leurs du plumage sont moins foncées. 

Ces oiseaux habitent principalement les pays couverts de monta- 
gnes et de rochers. On les trouve abondamment sur les rochers de 
Gibraltar , de laSardaigne , de Malte et de tout l'Archipel ; se voient 
aussi dans les Alpes suisses. Leur vol est plus élevé que celui du mar- 
tinet noir. Ils nichent dans les fentes des rochers qui bordent la mer. 

Les œufs , au nombre de trois à quatre , sont d'un blanc d'ivoire. 

MARTINET DE MURAILLE. 

Cypsclus murarius, temm. man, ornith, 2" édit. v. 2. p. iSi.—Hirundo 
apiis. GMEL. Syst. 1. p. 1020. sp. 6. — la.th. Ind. v. l.p. 582. sp. 32. 
— Le Martinet noir on Grand Martinet, buff. Ois. v. 6. p. 643. Id. pl. 
enl. 542 f. 2.— frisch. Vog.i. 17. f 1. — naum. Fog.i. 42. f. 95. 

A l'exception de la gorge qui est d'un gris cendré tout le reste du 
plumage est d'un brun noirâtre; bec noir, tarses garnis de petites 
plumes. 

La femelle ressemble entièrement au mâle. 

Cette espèce est répandue dans toute l'Europe et même dans TA- 
frique ; elle est très nombreuse sur les ports de mer ; fait son nid 
dans les trous de muraille, au sein même des villes, dans les clochers 



— 197 — 



et les tours les plus élevées , quelquefois sous les arches des ponls , 
enfin dans les arbres creux ou bien encore sur les rivages escarpés, 
ce nid ressemble assez à celui des moineaux, par l'entrelacement des 
substances qui servent à sa construction ; il se compose de paille, 
d'herbe sèche, de mousse, de bouts de ficelle, de charbon,etc. On pen- 
se que ces oiseaux ramassent ces objets dans les rues tout en rasant la 
terre ; d'autres les accusent d'aller prendre une partie de leurs maté- 
riaux dans les nids des moineaux. Ils ne portent à manger à leurs pe- 
tits que trois fois par jour; mais ils ont soin de bien les gorger à 
chaque fois. Les martinets de muraille vont par troupes nombreuses 
et ne se posent jamais sur les arbres , et encore moins à terre; ils sont 
très difficiles à tuer. On les prend à la ligne comme les hirondelles ; il 
suffit de se placer aux crénaux d'une tour et de faire voltiger la plume 
dans l'air. 

Ils sont très défiants ; c'est à l'improviste et en volant qu'ils plon- 
gent dans leur nid, où règne le plus profond silence. 
Les œufs, au nombre de trois à quatre, sont d'un blanc pur. 



GENRE ENGOULEVENT. 

CAPRIMULGUS (linn). 

Ce genre de la famille des Caprimulgidés et de la section {'^) dos 
Fissirostres , offre les caractères suivans. 

(•) Cette famille et cette section, ainsi que celles dont-il a été question au 
commencement de la description des caractères distinctifs de chacun de nos gen- 
res, ne doivent point être considérées comme faisant partie de la classification de 
M. Temminck. La première (la famille) répond à l'ancienne classification de 
Linnée et à celle de quelques autres auteurs. I a seconde ( la section ) à la pre- 
mière grande division des passereaux de Cuvier, en quatre famillès. Nous avons 
pensé que toutes les méthodes étaient bonnes à connaître, et c'est pour cela que 
nous avons voulu, en passant, en rappeler quelques unes , différentes de celle 
que nous avons adoptée. Du reste , nous nous proposons d'ajouter à la fin 



— 198 — 

Le bec à peu près semblable à celui des hirondelles ; fendu jusqu'au- 
delà des yeux ; mandibule supérieure très petite et très peu recour- 
bée, garnie de poils raides, dirigés en avant ; narines basâtes, larges, 
fermées par une membrane surmontée par les plumes du front; trois 
doigts devant et un derrière, le doigt de derrière réversible ; l'ongle 
du doigt médian présente à son bord interne des petites dentelures 
semblables à celles d'un peigne, (ongle pectiné.) Les ailes longues, 
mais établies sur un type moins parfait que celui des hirondelles ; 
première rémige plus courte que la deuxième qui est la plus longue. 

Ces oiseaux restent cachés le jour et la nuit; ils ne sortent que 
pendant deux ou trois heures le matin et le soir pour chercher leur 
nourriture, qui consiste en phalènes et autres insectes de nuit. La con- 
formation de leurs yeux ne lenr permet pas de supporter l'éclat du 
jour ; c'est seulement au crépuscule qu'on les voit s'élancer dans l'es- 
pace, le bec toujours largement ouvert , engloutissant ainsi toutes 
les petites proies ailées qui se trouvent sur leur passage ; celles-ci y 
sont retenues par une espèce de matière visqueuse qui paraît couler 
de la partie supérieure du bec. L'air venant à s'engouffrer dans 
l'espèce d'entonnoir formé par l'écartement des deux mandibules, on 
conçoit qu'il doit en résulter un bourdonnement plus ou moins fort, 
suivant la vitesse du vol de l'oiseau ; et c'est de là qu'est venu le 
nom d'Engoulevent ; on lui a encore donné ceux de crapaud volant, de 
tette chèvre, etc. Le premier à cause de sa figure hideuse et le second 
parce qu'on prétend qu'il suce le lait des chèvres. Le bruit singulier 
que produisent en volant ces oiseaux et leur physionomie repoussante 
les ont souvent fait prendre dans nos campagnes pour des revenants 
ou des monstres vomis par l'enfer. Une fois en repos les engoulevents 
font entendre un cri plaintif. Ils vivent ordinairement seuls ; leur af- 
fection pour leurs petits est très grande, et quand ils craignent quel- 
ques dangers pour leurs œufs, ils les transportent ailleurs. 

de cet ouvrago, des tableaux synoptiques représentant la classification de Cuvier, 
celle de M. Tcmminck et une troisième adoptée par M. Isidore Saint-Hilaire, an 
Cours d'ornithologie qu'il professe au Jardin des Plantes, 



— 199 — 



ENGOULEVENT ORDINAIRE. 

Cuprimulgus europeus. linn. — gmel. Sjst. 1. p. 1027. sp. 1. — t.ath. 
Ind. V. 2. pl. 584. — L'Engoulevent, buff. Ois. v. 6. p. 502. Ici. pl. enl. 
19S. — f Crapaud volant. J FRiscn. 1. 100.— naum. t. 44. f. 101. 

Les plumes du dessus de la tête, du cou et du dos sont cendrées, très 
finement rayées de noir et de roussâtre ; de grandes taches longitu- 
dinales noires existent sur ces différentes parties ; les plumes du haut 
du dos ont une teinte cendrée un peu plus foncée que celles du dessus 
de la tête 5 les scapulaires très finement rayées de brun et de cendré 
sont terminées par de larges zigzags noirs et roux , disposés sous 
forme de deux bandes longitudinales de chaque côté du dos. Petites 
tectrices alaires noires finement pointillées de roux et formant une 
bande noire transversale sur le haut de Taile. Au-dessous de celle-ci 
une rangée de plumes d'un jaune roussâtre ; moyennes et grandes 
tectrices alaires traversées par deux autres rangées de plumes 
de la même couleur ; rémiges noires , avec de petites taches rousses 
éparses çà et là sur les barbes extérieures ; une large tache blanche 
sur les barbes intérieures des trois premières rémiges; les plumes 
de la région des yeux sont à barbes décomposées et traversées par 
de petites raies noires et d'un roux assez vif; un trait blanc part de 
Tangle des mandibules et se prolonge jusque près de la nuque en 
passatit au-dessous des yeux; gorge rayée de noir et de jaune rous- 
sâtre; deux larges taches blanches à sa partie inférieure. Plumes du 
tour du cou plus largement rayées de noir et de roux que celles de 
la gorge; poitrine rayée de cendré, de noir et de roussâtre, avec 
une zone de taches d'un blanc roussâtre sur le milieu ; ventre, flancs 
et tectrices subcaudales un peu roussâtres, régulièrement rayés de 
noir ; des zigzags noirs , roux et cendrés sur la queue 5 les deux 
pennes extérieures terminées de blanc. 

La femelle a les couleurs d'une nuance moins foncée. Les taches 
noires du dos et du sommet de la tète sont moins marquées. Il n'y a 



— 200 — 

point de grandes taches blanches sur la barbe intérieure des rémiges 
ni sur les deux pennes latérales de la queue. 

L'engoulevent, à peu près répandu dans toutes les contrées de l'Eu- 
rope n'est cependant commun nulle part; il quitte les pays froids pen- 
dant l'hiver; habile plutôt le midi que le nord ; il est très rare en 
France et en Allemagne. Cet oiseau que l'on voit surtout voler en 
automne ne se perche que très rarement. On prétend qu'il ne se pose 
pas entravers comme les autres oiseaux mais longitudinalement; c'est- 
à-dire la branche entre leurs deux pattes, dans l'attitude du coq qui 
coche sa poule ; circonstance qui lui a aussi valu le nom de coche 
branche. Les guêpes, les hannetons, les bourdons, les cantliarides et 
les papillons de nuit composent sa nourriture ; il place ses œufs sans 
aucune espèce de préparatif , dans un trou qu'il trouve tout fait dans 
la terre, dans des pierrailles, au pied d'un arbre ou bien encore dans 
les trous des arbres et des rochers. 

On le rencontre dans les pays de montagnes et dans les plaines, 
sous un buisson , dans les taillis ou bien autour des vignes ; il choi- 
sit de préférence les terrains secs et pierreux, les bruyères, etc. 

Les œufs , au nombre de deux, sont blancs avec des taches brunes 
et cendrées. 



TABLE DES MATIÈRES. 



ESPiiCKS. 



Accenteur pégot ou des Alpes. 

id mouchet. 

id montagnard. 
Alouette nègre. 

id. calandre. 

id. cochevis. 

id. à hausse-col noir. 

id. des champs. 

id. lulu. 

id. à doigts courts ou ca 
lendrelle. 



B, 



Bec croisé perroquet ou des 
sapins. 

Bec croisé, commun ou des 
pins. 

Bec fin rousserole. 
id. rubigineux, 
id. riverain, 
id. locustelle. 
id. trapu, 
id. aquatique, 
id. phragmite. 
id. des roseaux ou éfarvatte 
id. verderolle. 
id. bouscarle. 





Bec fin 




id. 


84 


id. 


85 


id. 


86 


id. 


99 


id. 


99 


id. 


100 


id. 


101 


id. 


102 


id. 


162 


id. 




id. 


130 


id. 




id. 




id. 




id. 




id. 


130 


id. 




id. 


132 


id. 


49 


id. 


50 


id. 


50 


id. 


51 


id. 


51 


id. 


52 


id. 


52 


id. 


53 


id. 


54 


id. 


54 


id, 



rossignol. 

philomèle. 

soyeux. 

orphée. 

rayé. 

à tête noire. 

mélanocéphalc. 

sarde. 

fauvette. 

grisette. 

babillard. 

à lunettes. 

pitte chou. 

passerinette. 

subalpin. 

rouge-gorge. 

gorge bleue. 

rouge queue. 

des murailles. 

à poitrine jaune. 

siffleur. 

pouillot. 

véloce. 

natteres. 

cisticole. 

bergeronnette lugubre. 

grise 

jaune 

citrine. 

printanière. 



55 
57 
57 
68 
58 
59 
60 
60 
62 
61 
62 
63 
64 
64 
65 
65 
67 
68 
68 
69 
70 
71 
72 

72 
73 
88 
88 
89 
90 
91 



— 202 — 



kSPÈCBS- 

Bouvreuil durbec. 

id pallas. 

id. cramoisi. 

id. commun. 

id. à longue queue. 
Bruant crocote. 

id. jaune. 

id. proyer. 

id. de roseau. 

id. à couronne lactée 

id. ortolan. 

id. zizi ou de haie. 

id. fou ou de pré. 

id. mitilen. 

id. de neige. 

id. montain. 

C. 

Casse noix (le). 
Choucas. 
Cincle plongeur. 
Corneille noire. 
Corneille mantelée. 
Corbeau noir. 
Coucou gris. 

E. 

Engoulevent ordinaire. 
Etourneau vulgaire, 
id. unicolore. 

r. 

Freux. 

G. 

Geai. 

Geai imitateur. 
Gobe-mouche gris. 

id. à collier. 

id. becfigue. 

id. rougeâtre. 

id. grimpereau (le). 
Gros-bec (le^. 

id. verdier. 

id. soulcie. 

id. moineau. 

id. cisalpin. 

id. espagnol. 



PAGES. 


ESPÈCES* 




133 


Gros-bec friquct. 


145 


134 


id. serin ou cini. 


146 


135 


id. pinson. 


147 


135 


id. d'Ardennes. 


148 


137 


id. niverolle. 


149 


117 


id. linotte. 


150 


118 


id. à gorge rousse ou 


de 


110 


montagne. 




121 


id. venturon. 


153 


122 


id. tarin. 


154 


124 


id, sizerin. 


155 


124 


id. chardonneret. 


156 


125 


Guêpier vulgaire. 


183 


127 


H. 




128 








Hirondelle de cheminée. 


191 




id. de fenêtre 


192 




id. de rivage. 


193 


22 


id. de rocher. 


194 


i O 

lo 






47 






15 






16 


Jaseur (Grand). 


24 


15 




161 








Loriot. 


28 


199 


M. 




50 






30 


Martinet à ventre blanc. 


196 




id. de muraille. 


196 




Martin-pêcheur alcyon . 


184 




Martin roselin. 


31 


17 


Merle draine. 


41 




id. litorne. 


41 




id. grive. 


52 




id. mauvis. 


42 


20 


id. à plastron. 


43 


21 


id. noir. 


44 


38 


id. à gorge noire. 


45 


38 


id. naumann. 


45 


39 


id. de roche. 


46 


39 


id bleu. 


96 


177 


Mésange charbonnière. 


107 


130 


id. petite charbonnière. 


108 


140 


id. bleue. 


109 


141 


id. huppée. 


110 


141 


id. nonnette. 


111 


144 


id. lugubre. 


112 


144 


id. à, ceinture blanche . 


112 



— 203 — 



ESPfcCBS. PAfiES. 

Mésange azurée. 113 

id. à longue queue. 113 

id. moustache. 11* 

id. rémiz. 115 

P. 

Pie. 18 

Pic noir. I(i6 

id. vert. 166 

id. cendré. 167 

id. épeiche. 168 

id. luconote. 169 

id. mar. 169 

id. épeichette. 170 
id. tridactyle ou picoïde. 171 

Piegrièche grise. 34 

id. méridionale. 34 

id. à poitrine rose, 55 

id. rousse. 35 
id. échorcheur. 

Pipit richard. 92 

id. spioncelle. 93 

id. rousseline. 94 

id. farlouse. 94 

id. deshuissons. 95 



ESPÈCES. PAGBS. 

Pyrrochorax choquard. 23 

id, coracias. 23 

R* 

Roitelet ordinaire. 74 

id. triple bandeau. 75 

Rollier vulgaire. 26 

S. 

Sitelle torchepot. 175 
T. 

Traquet rieur. 78 

id. moteux. 79 

id. stapazin. 80 

id. oreillard. 81 

id. leucomèle. 81 

id. tarier. 82 

id. pâtre. 83 

Tichodrôme échelette. 178 

Torcol ordinaire. 172 

Troglodyte ordinaire. 76 



ERRATA. 



Page 6. Au lieu de tim espèce de trituration, lisez me espèce de 
trituration des alimens. 

Page 43. Aulieude le plumage du merle mauvis, lisez leplumagedu 
merle à plastron. 

Page 145. Au lieu de ne s'approche jamais , lisez ne s'approche 
presque jamais. 

Page 147. Au lieu d'une lie de vin, lisez de couleur lie de vin. 



IMPRIMERIE DE MOESSARt, RUE FURSTEMRERG, H, 




PAUQUET. 



Ois d Evirope . 




Ois . d Europe 



Pl. 16. 




Ois. d'Europe 




Ois . cLEtYr . 



P. 55 




Ois . d'Eur. 



P. 56. 




Ois. d'Eiir, 




Ois . a-Enr 



P. 63. 




/ 



Ois d'Eiir 




Ois.aEui- 



V.6'6. 




p. 66. 




Ois . cl'Eiir . 



P. 67. 




Ois. d'Etir. 



P 68 




is <f Eur 




Ois . d'Eiar 




I 



Ois.dEur 



P. 78 




DE LA CHASSE 

ET DE LA 

PRÉPARATION DES OISEAUX 



Il y a plusieurs manières de faire la chasse aux oiseaux, qui toutes 
ont les mêmes résultats; mais la plus sûre et la moins embarrassante 
est, sans contredit, celle au fusil. On doit, avant de partir pour la 
chasse, se munir des objets suivants, qu'il faut mettre dans sa carnas- 
sière : 

1** Des moyennes brucelles; 2" des feuilles de papier de diverses 
grandeurs; o" du coton haché; ¥ du fil; 5" des aiguilles; 6*^ du 
plâtre fin. 

Lorsqu'on a tué un oiseau, il faut se hâter de le ramasser et chercher 
la blessure, soulever avec les brucelles les plumes qui la couvrent, 
jeter dessus une pincée de plâtre, et mettre dans le trou que le plomb 
a fait un petit tampon de coton; saupoudrer de nouveau jusqu'à ce 
que le sang soit étanché; laisser la dernière couche de plâtre pour que 
le sang ne s'épanche pas sur d'autres parties du corps, et rabattre les 
plumes que l'on avait soulevées. On passe ensuite un fil dans les na- 
rines, puis on met dans le bec un peu de plâtre et par-dessus une 
pet'te bourre de coton que l'on enfonce avec les brucelles le plus avant 
possible dans le gosier, afin d'absorber tout ce que l'oiseau pourrait 
dégorger pendant le dépouillage, ce qui tacherait son plumage et 
mettrait dans la nécessité de le laver de nouveau, comme nous l'indi- 
querons plus tard. Il faut aussi, pour les gros oiseaux, introduire du 
coton haché dans les narines et dans l'anus. 

Un amateur qui veut avoir une collection où la nature soit rendue 
avec vérité doit, avant de mettre son oiseau dans sa carnassière, en 
ouvrir les paupières et mettre en écrit la couleur des yeux, sa lon- 
gueur depuis le bec jusqu'au bout de la queue, et sa grosseur prise 
sur l'estomac. 

Lorsqu'on se dispose à tuer un oiseau, il est bon d'observer son 
attitude, afin de la lui rendre lorsqu'il sera monté. 



Il 



DE LA CHASSE 



Quand tout ce que nous venons d'indiquer sera terminé, on prendra 
son oiseau par le fd que l'on aura eu soin de passer dans le bec, on 
soufflera dessus dans le sens des plumes afin de les bien lisser et de 
leur faire reprendre leur position naturelle. 

On prendra alors un carré de papier proportionné à la grosseur de 
l'oiseau que l'on vient de tuer, on en formera un cornet et on Ty fera 
descendre la tête la première, en le tenant par le bout des ailes, les 
pattes et la queue, avec l'attention de ne pas la plier ou casser lors- 
qu'on fermera le haut du cornet. On le placera ensuite dans la carnas- 
sière, en mettant les plus gros au fond et les petits par-dessus. 

Au retour de la chasse, si, malgré les précautions que nous venons 
de prescrire, les plumes de quelques oiseaux se trouvaient tachées, 
nous allons indiquer le moyen de leur rendre leur premier éclat : 

On prend de l'eau pure dans une soucoupe, et avec une éponge on 
lave la place jusqu'à ce que le sang soit entièrement disparu; ensuite, 
on la saupoudre avec du plâtre bien tamisé; on soulève les plumes 
pour que le plâtre pénètre jusqu'à leur racine et les sépare; on les 
agite un peu afin de les aider à reprendre leur fraîcheur naturelle; 
lorsqu'elles sont bien sèches, on les époussette avec un petit plumeau 
d'appartement jusqu'à ce qu'il ne reste plus de plâtre. On passe ensuite 
dessus une petite éponge imbibée d'esprit-de-vin pour leur rendre 
tout le brillant qu'elles avaient avant de subir aucune préparation. 

Lorsqu'un oiseau a été pris au filet, il faut agir avec beaucoup de 
précautions, afin qu'il ne se déplume pas pendant qu'on l'étouffé, ce 
qui ne doit se faire qu'en le prenant par-dessous les ailes et en lui ser- 
rant fortement les flancs avec le pouce et l'index, jusqu'à ce qu'il soit 
ent'érenient mort; et si l'oiseau est d'une grosseur telle que cette opé- 
ration ne puisse se faire ainsi, il faut l'étouffer en appuyant d'une main 
sur l'estomac et en lui serrant le cou avec l'autre. 

Si c'est un oiseau pris à la glu, voici les moyens qu'il faut employer 
pour l'enlever. On frotte fortement la place engluée avec un tampon 
d'étoupe ou de coton trempé dans l'essence de térébenthine pure, 
jusqu'à ce que la glu soit entièrement disparue : ensuite on sèche 
avec le plâtre de la même manière qu'il a été dit plus haut, pour faire 
disparaître le sang qui aurait pu sortir de la plaie faite par le coup 
de fusil. 

On opère de même pour les oiseaux mis en peau depuis longtemps 
et dont les plumes auraient été gâtées par la graisse, lors du dépouil- 
lage. 

DÉPOUILLAGE ET MISE EN PEAU 

On place son oiseau sui' le dos, la léle tournée vers la main gauche, 
ou écai'te avec les doigts les plumes du venti e à partir de la moitié du 
sternum jusqu'à l'anus, on ai'rache le duvet sui* toute celle ligne; 
alors, ave(! la poijile du scalpel, tn fait une iiu'ision dans toute la 



ET DE LA PRÉPAHATION DES OISEAUX. 



longueur : on prend un des bords de la peau avec des pinces à dis- 
séquer, et avec le pouce et l'index de la main droite, lorsque les oiseaux 
ne sont pas trop petits, on la détache et on la soulève le plus loin que 
l'on peut, toujours en allant vers le croupion. On jette de temps en 
temps du plâtre pour empêcher que les chairs, le sang et les excré- 
ments ne viennent à tacher les plumes. On retourne son oiseau, la 
tète à droite, et on agit de la même manière que pour le côté que l'on 
vient d'opérer. Lorsqu'on aperçoit le croupion, on renverse son oiseau, 
la poitrine sur la table, le croupion en l'air, le dos tourné vers l'estomac 
de la personne qui travaille, on le dégage le plus avant possible, on 
passe dessous une des pointes des ciseaux courbes, et on le coupe 
en ayant soin de laisser la dernière vertèbre de la colonne dorsale. 
On fait ensuite descendre la peau jusqu'aux genoux, qui se présentent 
tout naturellement, on les coupe et l'on continue l'opération jusqu'aux 
ailes, qu'on désarticule afin de les avoir tout entières, on détache 
ensuite la peau autour de la base du cou et on le coupe par la moitié. 

Si l'on dépouillait un canard ou un autre oiseau d'eau dont la graisse 
fût trop huileuse et dont les plumes pourraient se tacher facilement, 
on doit, dès que les bords de la peau sont dégagés et séparés du corps, 
mettre à cheval sur ces mêmes bords une bande de calicot fin, que l'on 
faufile après, de manière à préserver de la graisse et du sang les plumes 
qui ont une tendance naturelle à rentrer en dedans. On laisse cette 
même bande jusqu'à ce que l'oiseau soit prêt à coudre. 

Il faut alors dépouiller la tête : de la main gauche on saisit le cou, 
et avec l'ongle de la main droite on fait glisser la peau jusqu'au crâne, 
que l'on découvre avec beaucoup de précaution par le même moyen. 
Lorsqu'on est arrivé à l'oreille, on la détache en la soulevant par- 
dessous avec la pointe d'un petit ébauchoir, d'un scalpel ou des bru- 
celles, afin de ne pas couper l'espèce de petit sac formé par la mem- 
brane. Pour que le préservatif, dont on enduit la peau de la tête avant 
de la retourner, ne pénétre pas par le trou de l'oreille et ne vienne 
pas en tacher les plumes, arrivé aux yeux, toujours avec l'ongle, et 
quelquefois aidé du scalpel, on coupe la membrane qui unit la partie 
clignotante aux bords des os formant les orbites. Lorsque l'on a ren 
versé la peau, s'il est possible jusqu'à la naissance du bec, on retire 
les yeux de leur orbite, on ôte soigneusement les chairs qui sont sur 
le crâne et autour des mandibules, on coupe avec le scalpel la partie 
de ce même crâne formant le trou occipital jusqu'aux fosses nasales, 
afin d'avoir plus facilement la cervelle. Si l'oiseau est gros et que le 
crâne offre de la résistance, on se servira d'une petite scie à main; on 
enduira fortement de préservatif l'intérieur de la tête, les mandibules 
et la cavité des yeux : on en fait autant sur la peau de la tête et du 
cou. 11 faut avoir la précaution de n'en point mettre sur le bord des 
paupières, parce qu'il passerait par l'ouvertui e des yeux et salirait les 
plumes de la tête. On remplit l'intérieur du crâne avec de l'ctoupe 



IV DE LA CHASSE 

liachéo, et celle des yeux avec du coton aussi haché; il faut ensuite 
faire ressortir la tête : à cet effet, on retourne la peau jusqu'à ce qu'on 
ait découvert le bout du bec, on saisit le fd passé dans les narines, on 
lire légèrement la peau en sens opposé, et lorsque la tête est tout à fait 
dehors, avec la pointe d'une grosse aiguille on remet la peau en place, 
ainsi que les paupières, que l'on a soin de bien arrondir vis-à-vis la 
cavité qui renfermait l'œil. 

Maintenant, il faut s'occuper de dépouiller les ailes. On commence 
par ôter entièrement tous les muscles et les tendons de l'humérus; si 
l'oiseau est d'une petite espèce, on découvre seulement une partie du 
cubitus et du radius, on enlève les muscles, on fait entrer à leur place, 
c'est-à-dire sous la peau, une bonne quantité de préservatif, et en tirant 
l'aile en dehors, on la rentre dans sa position nouvelle; on entoure 
en.suite l'humérus en forme de fuseau avec du coton ou de l'étoupe, 
selon la grosseur de l oiseau, pour remplacer les chairs que l'on vient 
d'enlever, afin que les ailes se placent plus facilement sur le dos et lui 
rendent toute sa rondeur. On en fait autant à l'autre aile. 

Cette opération terminée, on arrive à la patte, on la refoule en de- 
dans jusqu'au talon en faisant descendre la peau avec l'ongle du pouce 
de la main droite : on coupe avec la pointe du scalpel les muscles et 
les tendons, on les enlève de dessus la cuisse, que l'on garnit en forme 
de fuseau avec de l'étoupe si l'oiseau est gros, et du coton s'il est petit; 
on passe sur la peaji une forte couche de préservatif, on retire la patte 
en dehors, et l'on fait rentrer l'os dans son fourreau. On agit de même 
sur la seconde patte. 

. Si l'oiseau était de la grosseur du merle, on doit détacher les grandes 
pennes qui sont adhérentes au cubitus et mettre ce même os ainsi 
que le radius entièrement à découvert jusqu'au métacarpe. Si l'oiseau 
est au-dessus du geai, d'une pie, etc., on doit opérer par-dessous l'aile; 
on soulève les plumes qui cachent l' entre-deux du cubitus et du ra- 
dius, on fait à la peau une incision longitudinale entre ces deux os. 
On extrait toutes les chairs, on introduit à leur place du préservatif, 
et on recoud la peau. On ne peut se dispenser de dépouiller ainsi les 
ailes des oiseaux qui doivent les avoir étendues, parce qu'il ne faut pas 
que les pennes qui sont implantées à l'un des os du bras soient dé- 
tachées. 

Tout ceci terminé, on prend l'oiseau par le bout du fil passé dans 
le bec, on le secoue doucement, on sopffle légèrement dessus du haut 
en bas, on le pose sur la table, on arrange toutes les plumes avec les 
brucelles, on arrondit de nouveau les paupières, on y introduit un peu 
de coton haché, et on en passe légèrement derrière les joues, afin 
qu'elles restent pleines après la dissection, sans cependant paraître 
trop gonflées. 

Aussitôt que tous les membres sont rentrés à leur place, que la peau 
a repris, pour ainsi dire, sa première forme, on s'occupe du montage, 



ET DE LA PRÉPAIUTION DES OISEAUX. v 

c'est-à-dire de bourrer. On commence cette opération par placer son 
oiseau sur le dos, la tête tournée vers la main gauche ; on pose sur les 
ailes, les pattes et la queue une plaque carrée de plomb, on écarte 
les plumes de Touverture, on étend avec un pinceau, proportionné 
à la grosseur de l'oiseau, du préservatif dans toute la longueur du 
col, et avec des brucelles à longues branches on y introduit jusque 
près du crâne delà filasse bien hachée; on ferme alors ces mêmes 
brucelles, on les replace au miheu de l'étoupe, que l'on écarte de 
côté et d'autre. On introduit une seconde fois de l'étoupe que l'on 
étend et écarte de même, puis une troisième et quatrième fois, jusqu'à 
ce que le cou soit bourré uniformément et bien légèrement, en ob- 
servant de ne pas l'allonger; pour cette opération, on ne se servira 
jamais de coton, parce qu'il est trop compacte, qu'il serait un obstacle 
pour passer le fil de fer, et qu'étant monté, on lui donnerait difficile- 
ment une forme gracieuse. 

On saisit ensuite les deux humérus, on attache à la patte de chacun 
d'eux un bout de fil ou de ficelle ; selon la grosseur de l'oiseau, on les 
lie ensemble, en ne laissant entre eux que l'intervahe qui existait sur 
l'oiseau vivant, et que l'on a pris avant de jeter le corps. On retire les 
ailes le plus en dehors possible, on place entre les humérus une petite 
bourre de coton ou d'étoupe pour les empêcher de se rapprocher (on 
aura soin de mettre sur toutes ces parties une couche de préservatif), 
puis on tourne son oiseau la tête en avant, on rephe sur l'ouverture 
par laquelle on avait fait sortir le corps de ce dernier les pattes et la 
queue, de manière à laisser à découvert les deux coudes qui réunissent 
les humérus aux cubitus et radius. Ensuite, on passe une aiguillée de fil 
dans la filasse tournée au bas de l'humérus, et on laisse le même espace 
que celui donné à la tête de ces mêmes os en dedans du corps, on fait 
un nœud, on coupe le fil et l'on rabat la queue et les pattes comme elles 
étaient auparavant. En opérant ainsi, les ailes se trouvent en dedans et 
en dehors attachées comme dans la nature, ce qui donne à l'oiseau 
toute la grâce de la vie. 

On enduit ensuite tout l'intérieur d'une bonne couche de préser- 
vatif, sans oubher le croupion, auquel on a eu soin d'ôter, lors du dé- 
pouillage, toute la graisse et les chairs qui entouraient les deux der- 
nières vertèbres qu'on y a laissées. On remplit tout le corps d'étoupe 
sans trop gonfler la peau, on en rapproche les bords en faisant un 
point de suture, on lisse les plumes qui pourraient être dérangées, on 
saisit les jambes proche du talon, on les repousse vers la poitrine, afin 
de bien mettre les cuisses dans leur position naturelle, c'est-à-dire de 
les reposer à la hauteur de la pointe du sternum ; ensuite, pour empê- 
cher les pattes de s^écarter de droite à gauche et de déchirer la peau 
des cuisses, on les rapproche par les talons, que l'on unit par un fil 
passé dans les jointures des tarses. 

Pour empêcher que le cou des oiseaux en peau ne se casse dans un 



VI 



DE LA CHASSE 



voyage on les omballanl ou en les déballant, il faut nécessairement 
passer par l'anus, le long du corps, du col et du crâne, un fd de fer 
bien pointu proportionné à la grosseur de l'oiseau. On lisse de nou- 
veau les plumes, on fait un rouleau de papier comme un rond de ser- 
viette, dans lequel l'oiseau ne soit ni trop serré ni trop à l'aise, on 
le passe dedans, et toujours en ayant soin de ne rien changer à l'ar- 
rangement des plumes, on le laisse sécher dans cet état un temps illi- 
mité, jusqu'à ce qu'on veuille le monter. Dans cet état, l'oiseau est en 
peau . 

DU MONTAGE 

La méthode que nous allons donner ici est la plus ancienne, elle est 
généralement employée dans tous les musées, et nous la regardons en 
outre comme la plus facile. 

On appelle monter un oiseau lui rendre l'attitude, l'air et la grâce 
qu'il avait avant sa mort. On monte un oiseau en chair ou en peau. 

Lorsqu'un oiseau est bien préparé, comme nous venons de le dire, 
et qu'on veut le monter en chair, il n'a besoin que d'être rempli à 
peu prés à moitié d'une couche d'étoupe. Alors on prépare les fils de 
fer qui doivent lui servir de charpente ; on les choisit, quant à la 
grosseur, selon celle de l'oiseau ; on en coupe un d'une longueur con- 
venable pour faire la traverse, c'est-à-dire un quart plus long que 
l'oiseau, en le mesurant depuis le bout du bec jusqu'à l'anus ; on le 
redresse parfaitement bien, on fait une pointe aux deux extrémités. 
On prend deux autres fils de fer de la même grosseur que celui de la 
traverse, mais pas aussi longs; ils doivent dépasser les jambes, afin 
que d'un côté du corps on puisse trouver suffisamment de longueur 
pour tordre et représenter le fémur, et que, sous le talon, il en sorte 
assez pour fixer l'animal sur son perchoir. On plie le fil de fer qui doit 
traverser le corps vers les deux tiers de sa longueur pour en former un 
anneau ; on le tient par le bout le plus court avec le pouce, l'index et 
le médium, et, en le faisant tourner toujours en sens inverse, on l'en- 
fonce dans toute la longueur du cou, en ayant soin de le diriger bien au 
miheu de la filasse qui garnit ce dernier. Lorsque la pointe est par- 
venue dans le crâne en appuyant la tête dans la main gauche, en la 
tenant par le bec avec le pouce et l'index, on continue de tourner le 
fil de fer jusqu'à ce que sa pointe soit sortie en dehors juste au 
milieu du crâne : cette traverse devra dépasser la tête de trois à quatre 
pouces. L'anneau sera placé au bas du sternum, et le bout inférieur 
de cette même traverse sortira par le croupion tout à fait au milieu 
des plumes de la queue qu'il doit égaler en longueur. Si l'oiseau a le 
cou long et grêle comme les hérons, les butors, etc., on opère diffé- 
remment pour les bourrer. On prend un fil de fer aussi long que le 
cou de l'oiseau et d'une grosseur proportionnée ; on tourne autour de 



ET DE LA PRÉPARATION DES OISEAUX. vu 

la filasse longue que l'on assujettit avec soin en donnant à cette espèce 
de mannequin la grosseur et la longueur exactes du cou ; on passe 
dessus une bonne couche de préservatif, on en fait autant à la peau et 
on l'introduit dans le cou, qui se trouve par ce moyen bourré d'un seul 
coup. Cela fait, on saisit une des pattes de l'oiseau, on introduit der- 
rière le tarse un des fils de fer préparés pour les jambes, on le fait 
glisser jusqu'au talon ; parvenu là, on redresse l'articulation, et on 
continue à enfoncer le même fil de fer en lui faisant longer le tibia, que 
l'on garnit de filasse pour rendre à la jambe sa longueur naturelle ; on 
passe dessus une couche de préservatif, on la rentre à sa place, et l'on 
en fait autant à l'autre patte. 

Avant de passer dans le croupion le bout inférieur du fil de fer qui 
est déjà dans le cou, on prend les extrémités libres des fils de fer des 
jambes, on les passe dans la boucle de la traverse, et avec des pinces 
plates on saisit les deux bouts et l'anneau, on les tord ensemble en 
spirale serrée de manière à les fixer solidement: on prend alors l'ex- 
trémité inférieure de cette même traverse que l'on recourbe plus on 
moins pour ramener la pointe dans le croupion , la lui faire traverser, 
l'en faive sortir, et la redresser ensuite. 

Pour donner à la traverse la position qu'elle doit conserver^ on 
appuie fortement dessous, et, relevant au contraire le fil de fer des 
jambes, afin de les détacher du corps, on les écarte du milieu de ce 
dernier en les renvoyant tant soit peu sur les côtés ; on continue à 
bourrer le bas-ventre, et à donner à l'extrémité postérieure de l'oiseau 
cette forme ovale d'œuf qui permet de placer le bout des ailes, et prin- 
cipalement la queue, dans l'attitude qu'elles ont pendant la vie. Lors- 
que la peau est entièrement bourrée, on commence la couture par en 
bas en remontant le long du ventre : pour cela on aura une aiguille 
enfilée avec du fil proportionné à la grosseur de l'oiseau; on implan- 
tera l'aiguille en dessous de la peau près du (croupion pour la faire 
sortir en dessus; on reviendra au premier bord, puis à l'autre, et ainsi 
de suite, toujours en piquant de dessous en dessus ; on réunira par ce 
moyen, le mieux possible, les deux bords de la peau sans rien déchirer. 
On retirera les plumes qui pourraient se prendre sous le fil avec l'ai- 
guille même, on les redressera et on les mettra au fur et à mesure en 
place. Arrivé à l'autre bord de l'incision, on fera un nœud au fil et on 
le coupera au-dessus avec des ciseaux. 

Si pendant cette opération l'oiseau se déformait un peu, on remédie à 
cet inconvénient en enfonçant dans la peau à différentes places un car- 
relet fin, ou une grosse aiguille dont on se sert pour remuer et relever 
les parties affaissées. Cela fait, on s'occupe des jambes. Pour leur don- 
ner la longueur naturelle on les tire ou on les pousse sur le fil de fer 
selon qu'elles sont trop courtes ou trop longues ; on les rapproche l'une 
de l'autre pour voir si elles sont de la même longueur, ce qui se recon- 
naît lorsque les talons sont en face de l'anus; on donne ensuite la 



VIII 



DE I.A CHASSE 



courbure à ces derniers en observant que leur saillie regarde le des- 
sous de la queue; ils doivent toujours être plus rapprochés l'un de 
l'autre que l'extrémité inférieure des tarses. 

C'est alors qu'il faut donner à l'oiseau l'attitude convenable. L'étude 
de l'histoire naturelle peut seule faire acquérir des connaissances pré- 
cises sur cet objet important. Cependant nous allons donner à mes- 
sieurs les amateurs quelques notions générales pour leur éviter des 
erreurs trop grossières. Soit que l'oiseau que l'on veut mettre sur pied 
perche ou non, il faudra lui choisir un support proportionné à sa 
taille. Ce support sera un petit cylindre posé en travers ou une plan- 
chette servant de socle (nous donnerons à la table de cet ouvrage une 
planche représentant un oiseau perchant et un marchant pour servir 
de modèle). Avec une vrille on fait deux trous aux places déterminées, 
on y introduit les lils de fer qui dépassent sous les tarses de l'oiseau, 
on en tire les extrémités par-dessous jusqu'à ce que les pattes posent 
naturellement sur le support et que les doigts saisissent hien le cyhn- 
drc ; puis pour fixer l'oiseau on roule le fd de fer autour et on l'arrête 
par derrière. Si c'est un oiseau qui marche, on perce les trous des 
pattes à la distance voulue, on y introduit les fds de fer, on les tire 
par-dessous comme nous l'avons dit ; on couche dans les rainures faites 
à la planchette leurs extrémités excédantes, puis au moyen d'un cro- 
chet que l'on fait sur les bouts et que l'on implante dans les mêmes 
rainures de la planche qui doivent être faites dessous, on les fixe solide- 
ment avec le marteau. 

On place son oiseau debout dans l'attitude du repos : on s'en assure 
en supposant une ligne verticale qui, tombant du front de l'oiseau, 
coupe sa tête, son cou et sa poitrine en deux portions parfaitement 
égales, et va passer juste entre ses deux pattes et à une distance pa- 
reille de l'une à l'autre; il est entendu que pour cela l'oiseau doit 
avoir le bec dirigé en avant. Cela fait, on donne l'attitude à la tête, 
on saisit le bout du fil de fer qui dépasse le front ainsi que le bec, et 
on tourne la tête soit à gauche, soit à droite, en ayant soin de lever 
légèrement le bec, qui généralement doit être horizontal. Si l'on veut 
que l'oiseau ait de la grâce et un air animé, il ne faut jamais qu'il re- 
garde en avant. On recourbe ensuite le fil de fer qui dépasse le front, 
on l'appuie contre le bec du côté opposé où il a été tourné : par ce 
moyen la tête ne perdra son attitude ni pendant que l'oiseau séchera ni 
lorsqu'on posera les yeux. 

Si l'oiseau est gros, pour soutenir les ailes on prend un morceau 
de fil de fer bien appointé par un bout, avec lequel on les traverse, 
ainsi que le corps; on les laisse dépasser de chaque côté environ d'un 
demi-pouce que l'on courbe et cache dans les plumes de chaque aile; 
si l'oiseau est plus petit, on se sert d'épingles longues que l'on enfonce 
dans les ailes, de manière à en laisser voir la tête, et l'on coupe la 
pointe qui dépasse. 



ET DE LA PRÉPAKATIOiN DES OISEAUX. ix 

La queue est soutenue par le support fourni par l'extrémité infé- 
rieure de la traverse du corps ; pour l'écarter on la serre entre les deux 
branches d'un fil de fer plié en deux et tordu en spirale; on voûte 
un peu la queue en arrondissant cette branche. On laisse ainsi sécher 
l'individu plus ou moins longtemps selon sa grosseur. 

On linge ensuite l'oiseau, c'est-à-dire qu'on l'enveloppe de bande- 
lettes de mousseline. Ces bandelettes sont au nombre de trois, d'une 
largeur calculée d'après la grosseur de l'oiseau : avec la première on 
enveloppe la partie inférieure du cou, on en croise les deux extré- 
mités sur le dos où on les maintient avec une ou plusieurs épingles, 
selon leur largeur. La seconde enveloppe le milieu du corps et une 
bonne partie des ailes. La troisième se passe sous l'abdomen et vient 
se fixer au-dessus du croupion sur les ailes mêmes, en montant vers 
le haut du dos. Ces bandes doivent être suffisamment serrées pour 
maintenir le plumage, sans cependant l'affaisser. Nous avons donné, 
planche à la fin de l'ouvrage, deux modèles ainsi lingés. 

Le lendemain on enlève les bandelettes, on fisse et retouche le plu- 
mage s'il en est besoin; et si on le juge nécessaire, on replace de nou- 
veau les bandelettes : ordinairement vingt-quatre heures suffisent. 

Lorsque l'oiseau est entièrement sec, on place les yeux artificiels; 
ils doivent être d'émail et de la môme couleur qu'étaient ceux de l'ani- 
mal lorsqu'il vivait. Pour cela, après avoir enlevé avec des brucefies 
une partie du coton que l'on avait mis dans les orbites en dépouillant 
l'oiseau, on ramollit les paupières en le remplaçant par un morceau 
d'éponge humide. Au bout d'une heure ou à peu près, selon la gros- 
seur de l'oiseau, on enlève cette éponge et avec les brucelles on ar- 
rondit l'ouvertu-^e des paupières. Avec un pinceau on introduit un peu 
d'une dissolution de gomme arabique et de sucre candi fondus en- 
semble dans une quantité suffisante d'eau: on place l'œil et l'on relève 
les paupières avec la pointe d'une aiguille. Pour faire plus facilement 
ce travail, il est indispensable de se servir d'un instrument que nous 
appellerons télégraphe et dont nous donnerons le modèle, planche l'": 
on s'en sert aussi pour dépouiller les oiseaux et les remplumer. Ensuite 
on enlève le fil de fer qui servait à écarter les plumes de la queue et 
on coupe celui qui passe dessous. 

Avant de couper l'extrémité de la traverse qui passe sur la tête, on 
la courbe à angle aigu, au niveau du crâne, en la couchant dessus; 
alors on la coupe en biseau de manière qu'il reste un petit crochet 
pointu qui se trouve retenu en dehors du crâne. On peut encore aug- 
menter la solidité de la tête en enfonçant dans le crâne un fil de fer 
pour les grandes espèces et une longue épingle pour les petites, en leur 
faisant parcourir le mifieu du cou pour aller s'implanter dans le corps. 
Dans les oiseaux nageurs on passe une couche de préservatif sous les 
membranes formant la palmure des doigts. On se sert en outre d'un 
mélange d'essence de térébenthine et de vernis à l'esprit de vin qu'on 



xrf DE LA CHASSE ET DE LA PRÉPARATION DES OISEAUX. 



applique sur les pattes et autour du bec, pour les préserver des der- 
inestes. Ainsi préparé, l'oiseau peut être mis dans la collection. 

Voilà pour un oiseau au repos: si Ton désire en monter un les 
ailes étendues, il faut procéder comme nous l'avons fait pour les 
pattes. 

Pour un oiseau en peau, on agira absolument de la même manière 
que pour celui en cbair, après l'avoir toutefois fait ramollir. 

Voici comment ce travail se fait : on commence par débourrer entiè- 
rement l'oiseau et l'on introduit à la place de la filasse des éponges 
mouillées : lorsque toute la peau en est bien garnie, on enveloppe les 
pattes de plusieurs tours de chiffons humides. Il est à remarquer que 
dans les grands individus il faut plusieurs jours pour ramollir les pattes, 
et que par conséquent on doit les garnir de chiffons humides quelques 
jours avant la peau. On a une terrine, au fond de laquelle est du sable 
mouillé, et dessus ce sable une planche en zinc, percée de beaucoup 
de trous : on y place l'oiseau, on le couvre soigneusement, et vingt- 
quatre heures suffisent pour mettre les petites espèces en état d'être 
montées, et trois ou quatre jours au plus pour les grosses. 

Conmie nous avons parlé dans le cours de cette méthode du pré- 
servatif et que beaucoup d'amateurs n'en connaissent pas la recette ou 
seraient embarrassés de s'en procurer s'ils çtaient éloignés des grandes 
villes, nous allons la leur donner ici. 

RECETTE DU PRESERVATIF 

kil. sr. 



Savon blanc parfumé au suif 1 250 

Sel de tartre » 575 

Chaux en poudre » 375 

Arsenic pulvérisé 1 » 

Camphre . . » 125 

Eau commune. 1 » 



On coupe le savon en petits morceaux, on le met dans une teri'me 
de grès sur un feu assez doux, on y mêle une quantité d'eau suffisante 
pour le faire fondre ; on remue à mesure avec une spatule de bois. 
Lorsqu'il est bien fondu, on le retire du feu, on ajoute le sel de tartre 
que l'on mélange bien, et successivement la chaux et l'arsenic; ce mé- 
lange prend de la consistance, et on le triture jusqu'à ce qu'il soit par- 
fait. Lorsque le tout est bien refroidi, on y ajoute le camphre, mais 
pas avant, car si la composition avait la moindre chaleur, il s évapore- 
rait en tout ou en partie. 

Pour l'acquisition des nécessaires d'empaillage et des télégraphes, 
on les trouvera chez M. Lefèvre, naturaliste, 10, (|uai Malaquais; on 
pourra aussi se pi ocurer à son magasin des instruments partiels, des 
yeux d'émail, le savon arsenical tout préparé, et enfin tout ce qui peut 
servir au montage des oiseaux. 



EXPLICATION DES PLANCHES 



Figure 1 . Boîte en zinc sei vant iv iirettre le i)iéservatir. 

FiG. 2, 5, 4 et 5. Quatre vrilles de diverses grosseurs servant à pej-cer les 
traverses des juchoirs et ICvS socles plats sur lesquels on place les oiseaux. 

FiG. 6. Étui en bois des îles, dans lequel il y a un petit cure-crâne, des aiguilles 
longues à coudre et d'autres à têtes d'émail, servant à mettre les yeux arti- 
ficiels, à relever ou enfoncer Tétoupe dans le corps des petits oiseaux lors- 
(ju elle a été dérangée pendant le montage, ou à la fouler dans les endroits 
atïaissés. 

FiG. 7. Une petite case pour mettre du coton, du fil, de la cire jaune, et 
quelques paires d'yeux d'émail. 

FiG. 8 et 9. Deux scalpels pour dépouiller. 

FiG. 10 et 11. Petites et moyennes brucelles pour bourrer et débourrer les 
petits et moyens oiseaux; on en trouve cliez M. Lefèvre, à partir de ces 
deux numéros, d'excessivement longues pour débourrer les grandes espèces. 

FtG. 12. Une lime. 

FiG. 15. Un marteau. 

FiG. 14. Un cure-crâne pom- enlever la cervelle des grands et moyens oiseaux. 

FiG. 15. Une pince coupante sur le bout pour couper les fils de fer servant à 
faire la charpente interne des oiseaux. 

FiG. IG. Une pince coupante sur le côté pour couper sous les plumes les épingles 
que Ton est quelquefois obligé d'enfoncer dans les ailes, la tête, ou toute 
autre partie du corps. 

FiG. 17. Une pince à bec de coibin, qui se tiouve sous la pince que nous 
venons de décrire, pour faire un anneau à la traverse de la cliarpeîJte interne 
de Foiseau. 

FiG. 18 et ly. Deux pinces plates Fune sur l'autre, pour lordie les lils 
fer de la charpente, ou i)our tout autie usage. 

FiG. 20. Une petite case longue pour meltic les lils de fer poiii' monter les 
Itetils oiseaux. 



xn 



EXrLlCATIO> DES riANCIIES. 



FiG. 21 et 22. Deux brosses de crin pour étendre le préservatif dans les petits 
et grands oiseaux. 

FiG. 25 et 24. Deux pinceaux en poil de blaireau : l'un mou. pour lisser les 
oiseaux lorsqu'on ôte les bandes de mousseline et qu'on les tinit avant de les 
mettre dans la collection, ou lorsqu'ils ont de la poussière; 1 autre dur, pour 
ôter le plâtre lorsqu'on les a lavés et séchés. 

FiG. 25. Ciseaux courbes pour dépouiller. 

FiG. 26. Pince à pansement pour débourrer les oiseaux étrangers et ôter les 
éponges de ceux qu'on a fait ramollir. 

FiG. 27. Ciseaux pointus pour couper l'intérieur du crâne, laire l'ouverture des 
oiseaux, ôter la membrane autour des yeux lorsqu'on dépouille, etc., etc. 

FiG. 28. Une filière pour avoir chez le quincaillier la grosseur juste des tils de 
fer servant à monter les oiseaux. 

FiG. 29. Oiseau perchaiit monté sur son juchoir et entouré de ses trois ban- 
delettes ; la traverse du juchoir doit être en bois blanc pour que l'on puisse 
la i)ercer plus facilement avec les vrilles qui sont dans le nécessaire d'em- 
paillage. 

FiG. 30. Oiseau marchant, enveloppé de même de ses trois bandelettes, mis sur 
sa planchette, qui doit être aussi de bois bien tendre. Ces deux oiseaux doivent 
servir de modèles tant pour la pose que pour leurs juchoirs. 

FiG. 51. Télégraphe servant à placer les oiseaux (toujours sur leurs juchoirs) 
pour achever de les monter, leur donner l'attitude, pour poser les yeux et 
les réparer lorsqu'ils ont été endommagés pendant l'opération de l'empaillage. 

FiG. 52. Télégraphe augmenté de sa potence pour dépouiller les petits oiseaux, 
en lui faisant subir les changements suivants : 

On ne conserve du tél'graphc que nous venons de décrire, Fig, 31, que le 
pied avec sa vis ; on enlève tout ce qui servait à percher l'oiseau, on le rem- 
placé par un appareil que nous avons fait représenter Fig. 52. La tige destinée 
à être enfoncée dans le pied peut se hausser et se baisser à volonté au moyen 
de la vis de pression que nous avons recommandé de laisser au pied : on accroche 
l'oiseau à un crochet qui pend à une licelle, par l'extrémité du sacrum, aus- 
sitôt qu il est mis à découvert : par ce moyen, on a les deux mains libres et 
beaucoup plus de facilité pour dépouiller. 



□J- 



LIBIIAIRIE F. SAVY, '24, HUE IIAUÏEFEUILLK 



MACQUART. — HISTOIRE NATURELLE DES INSECTES DIPTÈRES (Mouches. Cousins, etc.). Paris, 
1854. '2 vol. avec 24 pl. col 23 fr. 

MARSEUL (DE). — ESSAI MONOGRAPHIQUE SUR LA FAMILLE DES HISTÉRIDES. Paris, 1853. 

1 très-fort vol. in-8 avec 2:) pl 60 fr. 

SUPPLÉMENT A LA MONOGRAPHIE DES HISTÉRIDES. Paris, 1863. In-S de 350 pages et 

13 planches 32 fr. ÎJO 

— CATALOGUE DES COLÉOPTÈRES D'EUROPE. Paris, 1858. In-18 3 fr. 50 

MÉMOIRE INSTRUCTIF sur la manière de rassembler, de préparer, de conserver et d'envoyer les di- 
verses curiosités d'histoire naturelle, de transporter par mer les arbres, les plantes vivaccs, les 
semences et autres curiosités d'histoire naturelle. Lyon, 1758. ln-8 de 254 pafes et 25 pl. . . 4 fr. 

MEIGEN (J. W.). — SYSTEMATISCHE BESCHREIBUNG DER BEKANNTEN EUROPAISCHEN 
ZWEIFLUGELIGEN INSECTEN. Aachen, 1818-1833. 7 vol. in-8, fig. col 90 fr. 

MULSANT. — HISTOIRE NATURELLE DES COLÉOPTÈRES DE FRANCE. Paris, 1840-1SG3. 

Lamellicoiines. 1 vol. in-8 17 fr. » 

Palpicor.nes. 1 vol. in-8. . 5 fr. » 

SULCICOLLES ET SÉCDHIPALPES. 1 VOl. in-S 10 fr. » 

lUTÉiionmEs (Latigèncs). 1 vol. in-8 10 fr. » 

— (Pectinipèdes). 1 vol. in-8. , ^ 3 f r » 

— (Vésicants). i \o\. in-8 6 fr. » 

— (Barbipalpes-lonfiipcdes-Ialipennes). 1 vol. in-8 10 fi-. >> 

— (Angustipennes). 1 vol. in-8 4 fr. 50 

— [Rostrifercs). 1 vol. in-8. . 1 fr. 75 

— {Altisides, par Foldras). 1 vol. in-8 10 fr. » 

OPUSCULES ENTOMOLOGIQUES. Coléoptères, Hémiptères, Diptère's, Coccinellides, Pédinites, 

Pandarites, Larves, Cantharidiens, Curculionites, Blapstinites, Opatrites. Paris, 1832-1860.12 cahiers 
grand in-8, avec planches. 75 fr. 

OLLIVIER. — ENTOMOLOGIE, ou Histoire naturelle des insectes coléoptères, avec leurs caractères 
génériques et spécifiques, leur description, leur synonymie et leur figure enluminée. Paris, 1789- 
1808. 8 vol. in-4 avec 363 planches col 250 fr. 

PANZER. — FAUN/E INSECTORUM GERMANIOE INITIEE ODER DEUTSCHLANDS INSECKTEN. 

Nurnberg und Regensburg, 1793-1844. 190 parties avec 4,372 pl. col.'(65t> fr-) 500 fr. 

PERCHERON.(A.). - BIBLIOGRAPHIE ENTOMOLOGIQUE, comprenant l'indication par ordre alphabé- 
tique des noms d'auteur : 1" des ouvrages entomologiques publiés en France et à l'étranger, depuis 
les temps les plus reculés jusqu'à nos jours; 2° des monographies et mémoires contenus dans les 
recueils, journaux et collections académiques françaises et étrangères; accompagnée de notices sur 
les ouvrages périodiques, les dictionnaires et les mémoires des sociétés savantes; suivie d'ime table 
méthodique et chronologique des matières. Paris, 1837. 2 vol. in-8. (14 fr.i 5 fr. 

PERROUD. — MÉLANGES ENTOMOLOGIQUES. Lyon, 1846-1855. 3 vol. grand in-S. 8 fr. 

PICTET (F. J.). - HISTOIRE NATURELLE, GÉNÉRALE ET PARTICULIÈRE DES INSECTES NÉ- 
VROPTÈRES, famille des Perlides. Genève, 1841. 1 vol. in-8 avec 53 planches col 66 fr. 

FAMILLE DE% ÉPHÉMÉRIDES. Genève, 1843. In-8 avec 47 pl. gravées et coloriées. ... 60 fr. 

DESCRIPTIONS DE QUELQUES NOUVELLES ESPÈCES DE NÉVROPTÈRES. Genève, 1836. ln-4, 

fig. . . 2 fr. 

NOTE SUR LES ORGANES RESPIRATOIRES DES CAPRICORNES. Genève, 1830. ln-4, fig. 1 fr. 50 

RECHERCHES POUR SERVIR A L'HISTOIRE ET A L'ANATOMIE DES PHRYGANIDES. Genève, 

1834. In-4 avec 20 pl. col 40 fr. 

PINART. — LES PAPILLONS DU DÉPARTEMENT DE L'OISE, ou Catalogue méthodique des Lépi- 
doptères qu'on trouve dans ce département, avec des indications propres à en faciliter la recherche 
et l'étude. Beauvais, 1847. In-4. (5 fr.) 1 fr. 50 

PRÉVOST (F.). — DES ANIMAUX D'APPARTEMENTS ET DE JARDINS. - Oiseaux. — Poissons. — 
Chiens. — Chats. — Paris, 1861. 1 vol. in-32 de 192 pages, avec 46 gravures dans le texte. . 1 fr. 

Le même ouvrage, figures coloriées 2 fr. 50 

La Société protectrice des animaux a décerné à ce volume une mention honorable. 

RAMBUR. - HISTOIRE NATURELLE DES INSECTES NÉVROPTÈRES (Demoiselles, Éphémères, etc ). 
Paris, 1842. 1 vol. in-8 avec 12 pl. col 12 fr. 50 

RÉAUMUR. — MÉMOIRE POUR SERVIR A L'HISTOIRE DES INSECTES. Paris, 1734. 6 vol. in4 avec 
nombreuses planches gravées. 40 fr. ^ 



5 



LIBRAIRIE F. SAVY, 24, RUE HAUTEFEUILLE 



REICHE(L.) ET DE SAULCY (F.). — COLÉOPTÈRES NOUVEAUX OU PEU CONNUS, recueillis par 
-M. DE Saulcy, en Grèce, en Palestine et autour de la mer Morte. Paris, 1855-1858. 1 volume in-8, 
avec 5 pl. col 15 fr. 

ROBINEAU DESVOIDY. — HISTOIRE NATURELLE DE LA FAMILLE DES DIPTÈRES. (Œuvre pos- 
thume publiée par sa famille sous la direction de H. Monceaux.) Paris, 1863. 2 vol. in-8. . SO fr. 

SCHAUM (H.). — CATALOGUS COLEOPTERORUM EUROP>E. Edilio secunda. Berolini, 1862. 1 volume 
in-8 2 fr. 50 

SCHLEGEL (H.). - REVUE CRITIQUE DES OISEAUX D'EUROPE. Leyde, 1844. 1 v. in-8. (10 fr.) 6 fr. 

ET VERSTER VQN WULVERHORST. - TRAITÉ DE FAUCONNERIE. Leyde, 1844-1853. 1 vol. 

grand in-folio avec 17 superbes planches coloriées (200 fr.) 140 fr. 

SELBY. — ILLUSTRATIONS OF BRITISH ORNITHOLOGY. l dinburgh, 1834. 2 vol. grand in-folio 
avec 223 pl. (2,500 fr.) 1,100 fr. 

ILLUSTRATIONS OF BRITISH ORNITHOLOGY. Edinburgh, 1833. 2 v. in-8. (26 fr. 23). 16 fr. 

SERVILLE. — HISTOIRE NATURELLE DES INSECTES ORTHOPTÈRES (Grillons. Criquets, Saute- 
relles). Paris, 1839. 1 vol. in-8 avec 14 planches col 12 fr. 50 

SPEYER (AD. ET AUG.).- DIE GEOGRAPHISCHE VERBREITUNG DER SCHEMETTERLINGE DEUT- 
SCHLANDS UND DER SCHWEIZ. Leipzig, 1858.' 2 vol. in-8 22 fr. 

SPINOLA (MAXIMILIEN). - ESSAI SUR LES INSECTES HÉMIPTÈRES RHYNGOTES OU HÉTÉRO- 
PTÈRES. Paris, 1840. 1 vol. in-8 7 fr. 

ESSAI MONOGRAPHIQUE SUR LES CLÉRITES. Paris, 1844. 2 vol. in-8 avec 47 pl. col. 60 ir. 

HYMÉNOPTÈRES RECUEILLIS A CAYENNE EN 1839. Paris, 1840. 1 vol. in-8 avec pl. col. 7 fr. 

SPRY (W.) AND SHUCKARD (W. E.). _ THE BRITISH COLEOPTERA DELINEATED. London, 1861. 
1 vol. in-8 avec 94 pl. col 63 fr. 

STAUDINGER ET WOCKE. — CATALOGUE DES LÉPIDOPTÈRES D'EUROPE ET DES PAYS LIMI- 
TROPHES. Dresden, 1861. In-8 5 Ir. 

STEPHENS. — ILLUSTRATIONS OF BRITISH ENTOMOLOGY, or a Synopsis of British insects; 
conlaining their generic and spécifie distinctions or a complet description of ail the known 
British species. London, 1846. 12 vol. in-8 demi-rel. contenant plus de 600 figures col. (523 fr.) 
Bel exemplaire 250 fr. 

STRAtJCH (A.). — CATALOGUE SYSTÉMATIQUE DE TOUS LES COLÉOPTÈRES DÉCRITS DANS LES 
ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE DEPUIS 1832 JUSQU'A 1859. Halle, 
1861. In-8de159 p 6 fr. 

ZOOLOGICAL ILLUSTRATIONS or original figures and descriptions of new rare or interesting 

animais selected chieily fro'm the class of ornithology, entomology and conchology. London, 1835. 
1 vol. grand in-8, demi-reliure maroquin avec 510 planches col. (420 fr.) 250 fr. 

SWAMMERDAM (J.). — BIBLIA NATUR/E, historia insectorum in classes certas redacta, necnon 
exemplis et anatomico variorum animalculorum examine illustrata, etc. Leyde, 1738. 2 vol. in-folio 
avec 33 planches grav. représentant plus de 50U figures 40 fr. 

TEMMINCK (J. C). — MANUEL D'ORNITHOLOGfE, ou Tableau systématique des oiseaux qui se 
trouvent en Europe, précédé d'une analyse du système général d'ornithologie, d'une table alphabé- 
tique des espèces, etc. Paris, 1840. 4 vol. in-8 50 fr. 

Cet ouvrage j)eut servir de texte complémentaire aux ouvrages de Lemaire : Oiseaux d'Europe et Oiseaux 
exotiques. 

ET LAUGIER. — NOUVEAU RECUEIL DE PLANCHES COLORIÉES D'OISEAUX, pour servir 

de suite et de continuation aux planches enluminées de Bufïon. Paris, 1S22-1838. 5 v. in-folio 

avec 600 planches grav. et col., dessinées d'après nature par Huet et Phètre 1,000 fr. 

Le même ODvr.AGE. ln-4 750 fr. 

THOMSON (J.). — MONOGRAPHIE DE LA FAMILLE DES CICINDÉLIDES. Paris, 1859. 5 liv. in-4 

de 66 pages avec 11 planches 24 fr. 

Le .même ocvhage, avec pl. col 30 fr. 

ARCHIVES ENTOMOLOGIQUES, ou Recueil contenânt des indications d'insectes nouveaux et 

rarfs. Paris, 18.37. 2 vol. in-8 avec 55 planches. 60 fr. 

Le MKMt euviuGK, avec jtl. col . . • 75 fr. 

ARCANA NATUR>C. Paris, 1859. 1 vol. grand in-folio avec 15 pl 00 fr. 

Le même otviiAGE, avec pl. col 75 fr. 



LIBRAIRIE F. SAVY, 24, RUE HAUTEFEUILLE 



THOMSON. — MUSÉE SCIENTIFIQUE, ou Recueil d'histoire naturelle. Paris, 5 liv. avec pl. H fr. 

Avec pl. col 12 fr. 25 

ESSAI D'UNE CLASSIFICATION DE LA FAMILLE DES CÉRAMBYCIDES. Paris, 1861. 1 vol. gr. 

in-8 avec pl 30 fr, 

MONOGRAPHIE DE LA FAMILLE DES MONOMMIDES de l'ordre des Coléoptères. Paris, 1860. 

Grand in-8 de 58 pl. avec 2 pl. col 15 fr. 

VOYACE DANS L'ASIE ORIENTALE. Description d'insectes nouveaux et rares. Paris, 1857. In-8 

avec 5 pl 8 fr. 

Le même. In-folio avec 5 pl. col. de 40 pages 15 fr. 

MONOGRAPHIE DE LA FAMILLE DES NILIONIDES. Paris, 1860. ln-8 de 14 p. avec 4 pl. 10 fr. 

MONOGRAPHIE DU GENRE BATOCERA de la famille des Cérambycides. Paris, 1^59. In-folio de 

20 pages avec 3 pl 15 fr. 

MONOGRAPHIE DU GENRE SPHENISCUS de la famille des Tenebriobidae. Paris, 1859. In-folio 

de 14 pages avec 2 pl 12 fr. 

VIEILLOT (L. P.) ET OUDART (P.). — GALERIE DES OISEAUX. Paris, 1834. 2 vol. in 4 avec 330 pl. 
(410 fr.) 40 fr. 

WALCKENAER. — TABLEAU DES ARANÉIDES, ou Caractères essentiels des tribus, genres et 
familles que renferme le genre Aranea. Paris, 1805. 1 vol. in-8, avec 9 pl 7 fr. 

• FAUNE PARISIENNE, ou Histoire abrégée des insectes des environs de Paris. Paris, 1802. 

2 vol. in-8. (14 fr.) 10 fr. 

ET P. GERVAIS-— HISTOIRE NATURELLE DES APTÈRES (Araignées, Scorpions, etc.). Paris, 

1837-1847. 4 vol. in-8 avec 52 planches col 56 fr. 

WOOD (W.). — INDEX ENTOMOLOGICUS OR A COMPLETE ILLUSTRATED CATALOGUE consisting 
of 1,944 figures of the Lepidopterous insects of Great Britain. London, 1839. 1 vol. in-8 avec 53 pl. 
gravées et coloriées représentant 1,944 sujets. (204 fr.) 125 fr. 



ICONOGRAPHIE ET DESCRIPTION DES CHENILLES ET LÉPIDOPTÈRES INÉDITS 

Par P. MILLIÈRE. Paris, 1859-1864.— Cet ouvrage se publie par livraisons grand in-8 de texte et de 
planches, gravées et coloriées avec une perfection extrême. 

Chaque planche avec le texte correspondant est de 1 fr. 25 

NOUVEAUX ÉLÉMENTS DE BOTANIQUE ET DE PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE 

Contenant l'organographie, l'anatomie et la physiologie végétales, les caractères de toutes les familles 
du règne végétal, par ACHILLE RICHARD. Neuvième édition, revue et augmentée et mise au 
courant de la science par le professeur CHARLES MARTINS. Paris, 1864. 1 vol. in-18 avec 500 fig. 
dans le texte 6 fr. 

NOUVEAUX ÉLÉMENTS D'HISTOIRE NATURELLE 

A l'usage des candidats au baccalauréat ès sciences et aux écoles du gouvernement; par le pro- 
fesseur E. LAMBERT. Paris, 1862-1865. 3 vol. in-18 avec gravures dans le texte. ... 7 fr. 50 
Le même, cartonné en'toile anglaise, non rogné 9 fr. 

GÉOLOGIE. Paris, 1862. 1 vol. in-18 de 240 pages, avec 138 gravures, 
BOTANIQUE. Paris, 1864 1 vol. in-18 avec 200 gravdres dans le texte. 
ZOOLOGIE. Paris, 1864. 1 vol. in-18 avec grav. dans le texte. 

Chaque volume se vend séparénaent, broché 2 fr. 50 

— — cartonné 3 fr. 

DE LA CULTURE DES FLEURS 

Dans les petits jardins, sur les fenêtres et dans les appartements, par COURTOIS GÉRARD, Membre 
de la Société impériale et centrale d'Horticulture. 4' édilion. Paris, 18G4. 1 vol. ii^2de 192 pages, 

avec 15 gravures 1 fr. 

La Société impériale et centrale d'Horticulture a décerné une médaille de vermeil à cet ouvrage. 

^ ^ 

PARIS. — IMI'. SIMON RAÇON ET COMP., nUE D'EIiFURTH, 1.